dimanche 17 septembre 2017

Le Notre Père

Lectures bibliques : Lc 11, 1-13 ; Mt 6, 5-14
Thématique : Une interprétation du Notre Père
Prédication de Pascal LEFEBVRE / le 17/09/17
(Inspirée d’un ouvrage de Jean Marc Babut : Un tout autre Christianisme)

Tous les dimanches, les chrétiens récitent la prière du « Notre Père » que Jésus a laissé à ses disciples et que les Eglises ont reprise. Je vous propose de réécouter ce matin cette prière, pour essayer de voir un peu plus précisément ce qu’elle recouvre :

Notre Père, qui est aux cieux 

Jésus parle de Dieu comme « Père ». Qu’est-ce que cette métaphore signifie pour nous ?

Tout d’abord, cela semble introduire l’idée d’une autorité supérieure, qui décrit celui qui a le pouvoir sur une famille, ses membres et leurs biens. Le Père… à l’époque de Jésus… c’est le maître de famille, celui qui guide et protège les siens.

Mais, Jésus apporte immédiatement dans ses discours des qualificatifs à ce titre de Père : il le décrit comme bon et miséricordieux… juste et plein de compassion… patient et généreux… On pourrait donc attacher un caractère de bienveillance et de tendresse à ce titre par lequel Jésus parle de Dieu. 

Un Père (digne de ce nom) aime ses enfants, quoi qu’il arrive… qu’ils soient sur un bon chemin ou qu’ils fassent des bêtises.… qu’ils soient bons ou méchants… justes ou injustes. 
Il y a donc une idée de gratuité, d’amour inconditionnel dans ce titre de « Père ». Par la force de cette comparaison - s’il on pense, par exemple, à la parabole du « fils prodigue » (cf. Lc 15) ou à celle de la brebis perdue - Jésus rappelle que Dieu nous aime comme ses enfants… ou comme un bon berger qui prend soin de son troupeau… donc que nous sommes précieux à ses yeux. 

Il ajoute dans la prière dominicale un « lieu » pour qualifier ce « Père » : il est « aux cieux ». 
A l’origine, dans la pensée juive, cela ne décrit pas un espace ni un lieu, mais parler du « ciel » ou des « cieux » est une manière de nommer Dieu, sans avoir besoin de prononcer son nom. 

Toutefois, pour nous, le « ciel » ou les « cieux » traduisent un ailleurs inaccessible… un ailleurs qui permet d’exprimer l’idée d’un Dieu toujours présent, puisqu’il n’est pas localisé ici, à endroit particulier du monde, sans être là. 
Dire que Dieu est « aux cieux », ce dire qu’il n’est pas seulement « sur terre », ici-bas, mais qu’il est le Dieu de l’univers… et que nous ne pouvons pas y avoir accès par nos sens… par la matérialité. 

S’il est aux « cieux », c’est que Dieu est au-delà de la matérialité. Il « est » au-delà de notre réalité terrestre. Il a un autre rapport à l’espace et au temps que le nôtre, que celui que nos sens limités nous permet d’envisager.  

C’est une manière de dire que Dieu est à la fois « proche et différent » (pour reprendre une expression d’André Gounelle)… proche, comme un « Père »… différent, parce que « céleste ». 

Que ton nom soit sanctifié

A qui s’adresse cette demande ? Logiquement, il faut l’entendre non pas comme une demande seulement adressée à Dieu. Ce n’est pas à Dieu de « sanctifier lui-même son nom ». C’est déjà fait ! (Si j’ose dire) Mais c’est un voeu, un désir adressé à tous, au monde et à tous les humains. 

Le souhait exprimé ici par Jésus et par les disciples, c’est que Dieu soit enfin reconnu, honoré et respecté pour ce qu’il est. « Que ton nom soit sanctifié » veut dire « que l’on sache qui tu es !… que le monde sache enfin quel Dieu tu es, Seigneur ! »

[Le théologien Paul Ricoeur a parfaitement fait ressortir la non-pertinence des conceptions humaines concernant Dieu :
Nous sommes toujours « à côté de la plaque » quand nous essayons de « penser » Dieu ou de parler de lui. Notre raison est confrontée à une réalité qui nous dépasse, qu’on ne peut pas saisir, ni enclore ni surplomber… mais aussi une réalité terrestre où le mal existe, et demeure souvent incompréhensible. 

P. Ricoeur a, par exemple, révélé l’incompatibilité des trois propositions pourtant communément admises comme vraies, chacune pour elle-même : Dieu est tout-puissant ; Dieu est absolument bon ; pourtant le mal existe.
Comment faire tenir dans un même axiome la conception d’un Dieu tout-puissant, juste et bon, et la réalité du « mal » ou de la souffrance dont nous pouvons faire l’expérience ?

Cela nous oblige à introduire la notion de « liberté »… liberté que Dieu offre à ses créatures…  et à repenser la notion de « toute-puissance ». Bien évidement, la toute-puissance dont on qualifie Dieu n’est pas celle des hommes, des tyrans ou des dictateurs. S’il y a une tout-puissance, ce ne peut être que celle de l’amour.]

Dans les religions, les humains ont tendance à imaginer Dieu selon leur modèle et leur convenance… à plaquer sur Dieu un tas de représentations liées à leur propre contexte : on a vu Dieu comme un juge, un roi, un empereur, comme un figure d’autorité. On a pu penser que Dieu pourrait juger, punir ou châtier ses sujets… surtout s’ils sont infidèles ou désobéissants. 
Mais, à bien y regarder, ces conceptions ne correspondent pas du tout à ce que Jésus affirme. 

Le Dieu de Jésus Christ n’a rien du potentat oriental auquel la pensée humaine a souvent voulu l’assimiler… que l’on prétend honorer par un culte… et de qui on espère obtenir des faveurs, à condition de s’y prendre comme il convient (par exemple, par des sacrifices, des prières insistantes et rabâchées, des rites, voire des flatteries). 
Jésus, lui-même, récuse cette vision, en chassant les marchands du temple… donc en montrant que Dieu n’est pas un commerçant ou un marchand de tapis. 

En réalité, nous ne savons pas « qui » est Dieu, par nous-mêmes. Nous pouvons - certes - découvrir son oeuvre dans la magnificence de la création. Mais - quand à avoir ce qu’il veut - nous ne le connaissons que par des intermédiaires, des portes-paroles, c’est -à-dire par les prophètes et par le Christ. 

De ce fait, Dieu nous est connu uniquement comme « une Parole » qui vient d’ailleurs que de nous-mêmes. Cette Parole révélée nous propose, pour notre salut, c’est-à-dire pour notre libération, notre guérison, une révision complète de nos convictions et de nos pratiques. 
C’est ce que Jésus a voulu faire entendre à ses contemporains et que la plupart ont refusé : Grand-prêtres, scribes, saducéens et pharisiens. 

Jésus est venu révéler que Dieu, en réalité, ne demande rien pour lui-même. Il n’invite pas ses disciples à rendre un culte à Dieu de telle ou telle manière… mais « en esprit et en vérité » (cf. Jn 4 - comme Jésus le révèle à la samaritaine). Ce qu’il met en avant, c’est ce que Dieu espère de la part des humains… non pour lui-même… mais pour eux. 
Ce qu’il espère, ce sont des relations inter-humaines entièrement repensées et renouvelées, fondées sur l’amour, la gratuité, le don de soi, le partage, la fraternité. 
Ce que Dieu attend, c’est que les humains enfin se mettent à son écoute. 

Dans cette affirmation « que ton nom soit sanctifié » que l’on peut traduire par « que l’on sache quel Dieu tu es ! », le disciple s’engage devant Dieu à le faire connaitre aux autres humains tel qu’il est véritablement… c’est-à-dire comme un Dieu bienveillant et miséricordieux… qui appelle à la fraternité. 

Que ton règne vienne

Comme la demande précédente, cette phrase n’est pas a proprement une demande d’intervention adressée à Dieu, mais elle exprime un souhait : le désir de participer, de se mettre au service, de prendre part au grand projet de Dieu pour l’humanité. Elle exprime la volonté d’engagement du disciple. 

Ce projet de Dieu pour les humains est ramassé dans le terme « royaume, règne de Dieu » qu’on pourrait traduire par « monde nouveau de Dieu » : « Que ton monde nouveau advienne » !

En priant pour l’advenue de ce règne de Dieu, le disciple s’engage à adopter - à la suite de Jésus - un mode de vie compatible avec ce monde nouveau… un nouveau style de vie conforme à l’Evangile…où les maîtres mots - comme je le disais - sont : le don de soi, le service, le partage, la gratuité. 

Ce monde nouveau doit encore être montré aux autres humains, comme le monde de leur salut, c’est-à-dire de leur guérison. 

Dans une société individualiste où règne le « chacun pour soi » - ou le « TPM », le « tout pour ma pomme » - il reste encore à montrer la pertinence du message de Jésus, comme étant la seule voie de salut possible… face à une quête insatiable et irrationnelle de « toujours plus ». 

C’est un salut pour tous… un salut partagé et gratuit… face à un salut égocentrique, conditionné par plus d’avoir et de pouvoir. 

Par cette prière, le disciple s’engage à être activement, à l’image du maître Jésus, un ambassadeur de ce monde nouveau de Dieu. 

Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel

C’est ici le même engagement de la part du/des disciple/s que dans la demande précédente : il s’agit de participer à la volonté d’amour de Dieu… d’incarner et de faire résonner cet amour dans le monde… d'en devenir un témoin actif… pour faire briller la lumière de Dieu. 

Mais, cela signifie aussi… indirectement… que l’on pense que la volonté de Dieu - actuellement - n’est pas pleinement accomplie (sinon on n’aurait pas besoin d’exprimer ce souhait). 

Cela veut donc dire : puisque ta volonté n’est pas faite… nous voici, Seigneur, pour l’accomplir ! (Traduction que propose Roger Parmentier)

Ce qu’on demande ici c’est que le projet de Dieu, projet d’amour, de paix et de justice se réalise aussi bien dans notre vie que dans le monde.

Donne nous aujourd’hui notre pain de ce jour 

On pourrait traduire par « Notre pain pour ce jour-ci, donne-le nous aujourd’hui ». Il s’agit là d’une réelle demande.

Pour accomplir leur mission - être des porte-parole du vrai Dieu et des porteurs de salut - les disciples ont besoin de l’appui du Seigneur… ils ont besoin d’un minimum de forces, de nourritures terrestres et spirituelles, pour être à même de prendre part à l’advenue du monde nouveau de Dieu et à ses valeurs. 

Ce qui est ici demandé à Dieu, c’est que, par sa Providence, il nous fournisse les moyens de remplir notre mission. 
Cela est nécessaire, car si le monde nouveau de Dieu est celui du don et du partage, il ne s’agit pas seulement de compter sur nous-mêmes pour subvenir à nos besoins pour aujourd’hui et pour demain, en accumulant et en faisant des réserves, mais de compter aussi sur la Providence de Dieu pour recevoir les moyens d’accomplir la mission que le Christ nous propose. 

En d’autres termes, cette parole redit la confiance que nous pouvons accorder à Dieu. Plutôt que de vivre dans la peur et d’accumuler des réserves et de remplir des greniers (pour reprendre une image du NT : Lc 12, 16–21)… le disciple peut demander à Dieu de recevoir les moyens dont il a besoin pour agir au mieux, dans le sens de l’évangile. 

Et ce dont nous avons besoin, c’est à la fois de force et de nourriture pour notre corps, notre coeur et notre esprit. 

Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés

Le terme « offense » revoie dans l’évangile à la notion de « péché ». 
Or, pour Jésus - on le voit dans les différentes circonstances où il emploi ce mot - le « péché » ne renvoie pas à une faute qui lèserait Dieu, qui lui porterait atteinte… mais davantage à quelque chose (un comportement) qui lèse autrui, qui cause un tort à une autre personne. 

[Ce tort causé à autrui rend celui qui l’a commis « débiteur » de celui qui a été lésé. 
Le péché est comme une dette que l’on accumule. Le tort commis indique que l’on doit normalement « réparation ». 

Etant donné le lien de solidarité qui existe entre tous les êtres humains et Dieu - on peut dire, d’une certaine manière, que faire du bien à une autre personne, c’est comme faire du bien à Dieu lui-même, et que léser une autre personne, c’est comme léser Dieu lui-même, c’est devenir débiteur de Dieu. (cf. Mt 25, 31-46 : c’est ce que révèle la parabole du jugement dernier.)
C’est sans doute la raison pour laquelle, dans la parabole du « fils prodigue », le fils cadet dit à son père : « j’ai péché envers le ciel et contre toi » (cf. Lc 15,18). Car en quittant son père, en l’abandonnant, en fait, il sait qu’il n’a pas respecté la loi révélée à Moïse (le Décalogue, et l’honneur dû aux parents). Il pense qu’il n’a pas accompli la volonté de Dieu. 

Ainsi donc, si le péché est une dette (un tort accumulé), le pardon, c’est remettre la dette, c’est accepter de l’abandonner : abandonner son bon droit (son droit de réparation) par compassion et amour de l’autre (cf. Mt 18, 23-35).]

La demande du Notre Père pourrait être reformulée de la façon suivante : « la dette que nous avons envers toi, seigneur… remets la-nous … comme nous la remettons à autrui ». 

Par cette prière, nous reconnaissons que nous n’arrivons pas toujours à nous conformer à l’enseignement de Jésus Christ (donc à la volonté de Dieu). 

Lorsqu’il nous appelle, par exemple, à aimer même ceux qui ne nous aime pas ou qui nous font du mal… lorsqu’on sait que Jésus nous appelle à renoncer à toute violence… à toute contre-violence, même si nous venons nous-mêmes d’en subir une… nous savons que nous n’y parvenons pas toujours. Il nous arrive de rendre la pareille et de répondre au mal par le mal, par la réciprocité et le « tac au tac ». 

De ce fait, il est logique de demander pardon à Dieu, parce qu’il nous arrive - non pas de léser Dieu directement  - mais de léser autrui. 

En demandant pardon à Dieu pour nos erreurs, nos fautes relationnelles, nous affirmons en même temps que nous pardonnons aussi à ceux qui ont commis une faute envers nous… que nous acceptons de lâcher-prise. 
Ainsi, nous demandons à Dieu de remettre nos dettes, comme nous mêmes nous acceptons de le faire pour les autres. 

Ne nous laisse pas entrer en tentation (selon la nouvelle traduction) ou ne nous soumet pas à la tentation 

Il faut s’interroger ici sur la traduction de cette demande, qui a suscité bien des débats.

[Tout d’abord, la forme verbale peut être traduite par « ne nous laisse pas aller » (valeur permissive) ou « ne nous fait pas aller », « préserve-nous d’aller » (valeur factitive). 
Ce deuxième sens est sans doute préférer… Car on ne voit pas trop pourquoi Dieu permettrait que nous allions dans une mauvaise direction, que nous nous dirigions dans une situation périlleuse, si la chose pouvait être évitée par sa volonté. Le fait est qu’il nous laisse libres. Mais, nous pouvons lui demander de nous préserver de l’épreuve. 

D’autre part, la question est de savoir s’il faut traduire cette demande par le mot « tentation » ou par « épreuve ». 
Le mot « tentation » renvoie à l’idée d’un « tentateur », d’un adversaire de Dieu. Or, rien dans le contexte de la prière dominicale ne fait référence à cela. C’est pourquoi le terme « épreuve » est sans doute plus adéquat.]

On pourrait traduire cette demande de la façon suivante : « préserve nous d’aller jusqu’à l’épreuve ». 
Mais alors, à quoi cette demande peut-elle faire référence ?

Si nous réalisons que cette prière dominicale est en fait la prière que Jésus donne à ses disciples… aux disciples envoyés en mission, pour annoncer et incarner l’Evangile… nous pouvons envisager l’épreuve tant redoutée comme l’opposition que les disciples risquent de rencontrer. 

Souvenons-nous que Jésus et son message de salut ont rencontré de fortes oppositions. Jésus a fini crucifié. La demande ici formulée correspond à cette probabilité. 

L’épreuve tant redoutée - dont les disciples demandent à Dieu d’être préservés - c’est de rencontrer sur leur route une opposition éventuellement mortelle. Car les ambassadeurs du monde nouveau de Dieu savent que leur message viendra tôt ou tard se heurter aux pouvoirs en place, à tous les conservatismes religieux ou politiques autour d’eux. 

Remettre en question les mentalités, les comportements, les modes de pensée et de vie de ses contemporains : cela suscite forcement des oppositions. 
Connaissant leur fragilité et leur faiblesse, les disciples demandent à Dieu de les préserver d’une épreuve éventuellement mortelle, à laquelle il pourrait être exposés. 

Mais délivre nous du mal

Cette demande peut être comprise comme une demande de libération, de salut.
Nous demandons à Dieu d’être libres et libérés de toute emprise : libérés de tout mal et de tout malheur… d’être guéris de tout mal et de tout malheur. 

On pourrait la traduire de la façon suivante : délivre-nous du mal que nous faisons (souvent inconsciemment, sans le vouloir) et de celui qu’on nous fait (qu’on subit). 

L’idée de délivrance est celle d’un Dieu qui apporte le salut. 

* Encore quelques mots… pour conclure

Le concept de Dieu comme Père nous transmet donc l’idée d’une relation étroite, intime, personnelle avec Dieu. L’idée d’une relation de confiance entre Père et Fils /ou Filles. 

Pour autant, une question se pose : Est-ce que tous les humains sont enfants de Dieu ?

La réponse est « oui » et « non » : « Oui » bien sûr, d’un point de vue « essentiel », d’un point de vue théorique, parce que c’est donné à tous… ; « Non », d’un point de vue « existentiel », d’un point de vue pratique, parce que tout le monde n’incarne pas, tout le temps, l’amour de Dieu dans sa vie. 

Tous les humains sont tous « enfants de Dieu » dans la mesure où chaque être humain est aimé de Dieu sans condition. C’est une grâce offerte !
Mais, cette grâce appelle l’adoption d’une nouvelle mentalité et d’un nouveau comportement. C’est ce que Jésus désigne par son appel à « entrer » dans le règne de Dieu, le monde nouveau de Dieu. La grâce de Dieu appelle une transformation. 

Le Nouveau Testament nous invite à incarner, à vivre cette vocation d’enfants de Dieu. Il nous est dit, en réalité, qu’on « devient » enfants de Dieu (cf. Mt 5,44-45). 

On peut le devenir par la nouvelle naissance… une renaissance spirituelle, comme Jésus l’explique à Nicodème (cf. Jn 3). 
On peut le devenir en se laissant conduire, guider, inspirer par l’Esprit de Dieu… c’est-à-dire en le vivant, en adoptant les mêmes valeurs et la même conduite que celle du Père céleste. Le Père est, en effet, présenté par Jésus comme un modèle à suivre. 

Je cite : 
  • Mt 5, 44-45 : « Et moi, je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin de devenir vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes. »
  • Rm 8, 14-16 : « Ceux-là sont fils de Dieu qui sont conduits par l’Esprit de Dieu : vous n’avez pas reçu un esprit qui vous rende esclaves et vous ramène à la peur, mais un Esprit qui fait de vous des fils adoptifs et par lequel nous crions : Abba, Père. Cet Esprit lui-même atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu ». 

Pour Paul, être fils ou filles de Dieu, c’est accepter de se laisser guider par l’Eprit de Dieu. 

Dès lors, laissons nous complètement renouvelés par Dieu… et engageons nous à être les disciples de son évangile de l’amour du prochain ! 

Amen.


  • Notes : Quelques exemples de traduction/ actualisation

Par Marc Pernot

Notre Père qui es spirituel,
   Que ce que tu es soit pris en compte
   Que ton action se concrétise
   Que ta volonté soit accomplie
   rendant la Terre comme ton Ciel
Donne-nous chaque jour notre pain essentiel
   Libère-nous de la logique de la dette, 
      et que nous libérions ceux que nous lions ainsi
   Ne nous laisse pas être enfermés dans l'épreuve,
   Mais délivre nous de ce qui est source de mal
Car c'est à toi qu'appartiennent
    la créativité, la vie et l'amour, pour les siècles des siècles   Amen


Par Roger Parmentier

Frère,
Fais-toi reconnaître partout comme libérateur;
Établis le règne de l'amour;
Puisque ta volonté n'est pas faite,
   Nous voici pour l'accomplir!
Donne à tous la nourriture du corps, du cœur et de l'esprit,
   Et sers-toi de nous pour cela.
Que ton pardon nous libère et nous pousse à libérer.
Ne nous conduis pas dans l'épreuve, 
   Mais délivre-nous du mal que nous faisons,
   Et de celui qu'on nous fait.
Car c'est à toi qu'appartiennent pour toujours
   La tendresse et la beauté du monde.  (L'évangile autrement)

 Par André Gounelle

Dieu, 
Notre père à la fois proche et différent, 
Que tous te connaissent et te respectent. 
Etablis ton règne, réalise ton dessein dans l’univers tout entier.
Donne-nous aujourd’hui le pain dont nous avons besoin. 
Pardonne-nous nos torts comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous font du tort. 
Dans les tempêtes de la vie, ne nous laisse pas tomber, mais délivre-nous du mal.
Car pour toi, le règne la puissance et la gloire 
consistent non pas à dominer et à écraser, mais à aider et à libérer.  Amen

 Par Julia Esquivel (pasteur, Guatémala)

Notre Père qui es dans la vie 
de tous les Hommes qui cherchent la justice
parce qu'ils aiment leurs frères et te servent
Ton nom est sanctifié
par tous ceux qui défendent la vie
des pauvres et des humbles 
qui ont foi et espérance en toi
et qui luttent pour le respect de leur dignité
Que ton règne vienne
ton règne qui est Liberté et Amour,
Fraternité et Justice, Droit et Vérité
Que ta volonté soit faite, 
toi qui est liberté pour les prisonniers
apaisement des affligés,
force pour les torturés
libération et vie pour ceux qui souffrent de la violence
Donne-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour
le pain de l'égalité et de la joie,
le pain de ta parole et de l'éducation,
le pain de la terre et du logement,
le pain de la nourriture et de l'assistance médicale
Pardonne-nous de ne pas savoir partager le pain
que Tu nous as donné 
pardonne notre manque de foi et de courage,
quand, par peur, nous gardons le silence;
Ne nous conduis pas dans la tentation
qui nous fait nous conformer 
aux puissants de ce monde, 
et qui nous fait croire 
que nous sommes impuissants 
à changer quoi que ce soit
Mais délivre-nous du mal
qui du fond de nous-mêmes
nous invite à garder notre vie pour nous-mêmes
quand Toi, tu nous invites à la donner,
Car c'est à Toi qu'appartient le Règne
et à personne d'autre qui voudrait l'usurper,
le pouvoir 
et non à une organisation ou un parti,
et la gloire 
car tu es le seul Dieu et le seul Père
pour toujours.