mardi 4 août 2026

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Les méditations proposées ici se situent dans l'horizon d'une Spiritualité chrétienne... Elles se fondent sur l'interprétation de l’Évangile comme "Bonne Nouvelle", qui nous rappelle qu'une Grâce originelle nous est offerte... laquelle nous ouvre à la liberté et la confiance !

Lors des cultes du dimanche, les Protestants essaient de mettre en lien leur vie présente avec l’Évangile... Il s'agit de se laisser inspirer par l'Esprit au quotidien... de s'ouvrir à quelque chose de Nouveau... 

Vous trouverez essentiellement sur ce blog des Prédications ou des Méditations :
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  Bonne lecture !

lundi 3 août 2026

Dernières prédications

Retrouvez les dernières prédications en ligne :  

  • Il n'est jamais trop tard ! (02/08/26) 
  • Choisir le Règne de Dieu (26/07/26)
  •  ... Prédications en cours de relecture...
  •  Le combat spirituel (21/06/26 & 05/07/26)
  •  Vivre la communion - Le sens de la Sainte-Cène (fête église - 14/06/26) 
  •  Quand le Christ vient donner de la saveur à la vie tout entière (07/06/26)
  •  Pouvoir et service : culte avec les jeunes : culte autrement (31/05/26) 
  •  Quand l'Esprit Saint transforme notre vie : Pentecôte 2026 (24/05/26)
  •  Changement de regard sur la bénédiction (10/05/2026)
  • Ressuscités avec le Christ - Pâques 2026 (05/04/26) 
  • Pain partagé, vie donnée - jeudi saint (02/04/26)
  • Dimanche des Rameaux : en cours de relecture ...
  • Vivre en grand, vivre en plénitude (22/03/26) 
  • Marthe et Marie, trouver la bonne place (08/03/26)
  • J'étais aveugle et maintenant je vois !  (01/03/26)
  •  Vous êtes la lumière du monde (08/02/26) & (22/02/26)
  • Traverser les tentations : un chemin de vie (01/02/26)
  • Les Béatitudes : du coeur au Royaume (11/01/26)
  • Vous pouvez également retrouver les prédications précédentes dans la colonne "archives du blog" ou dans l'Index


    dimanche 2 août 2026

    Il n'est jamais trop tard !

    Lectures bibliques : Es 55, 6-11 ; Mt 13, 3-8 & 18-23 ; Mt 19, 27-30 & Mt 20, 1-16 = voir textes en bas de cette page
    Thématique : Il n’est jamais trop tard - Quand la Grâce bouleverse nos calculs
    Prédication de pascal LEFEBVRE - le 2 août 2026 - Bordeaux, temple du Hâ

    Il y a parfois des passages de l’évangile qui nous dérangent. La parabole des ouvriers de la vigne en fait partie. Chaque fois que nous l’entendons, la même question nous traverse : « Est-ce vraiment juste ? » 

    Nous nous identifions volontiers aux ouvriers de la première heure, ceux qui ont travaillé toute la journée. Et nous comprenons leur réaction. Ne devraient-ils pas recevoir davantage que les autres ? 

    Avant d’aborder cette question… prenons un peu de recul avec les autres textes que nous avons entendus… car ils montrent tous un même mouvement :

    - Dans le livre d'Ésaïe, Dieu adresse un appel : « Cherchez le Seigneur pendant qu’il se laisse trouver ; invoquez-le pendant qu’il est proche. »

    Et un peu plus loin, le prophète compare la parole de Dieu à la pluie qui descend du ciel. Elle ne reste jamais sans effet. Elle arrose la terre, la féconde, la fait germer. Elle accomplit son œuvre, souvent d’une manière invisible, silencieuse et patiente.

    - Puis, dans l’évangile de Matthieu, Jésus raconte l’histoire d’un semeur. 

    Lui aussi sort de chez lui… pour agir, pour répandre largement la semence… sur les chemins, dans les pierres, parmi les ronces, mais aussi dans la bonne terre.

    - Enfin, dans la parabole des ouvriers de la vigne, Jésus met en avant le dynamisme du personnage principal : un propriétaire qui ne cesse de sortir toute la journée pour embaucher… à cinq reprises… depuis l’aube… jusqu’à la dernière heure de la journée de travail. 

    Dans les trois lectures, c’est toujours le même Dieu qui se met en mouvement… un Dieu qui ne reste pas à distance… qui cherche… qui appelle… qui vient à notre rencontre.

    C’est peut-être cela, avant toute chose, la Bonne Nouvelle de l’Évangile : un Dieu, qui fait toujours le premier pas.

    I. Dieu ne cesse de semer

    Revenons un instant à cette première parabole : Jésus vient de raconter à la foule l’histoire d’un semeur. 

    Et, spontanément, nous nous demandons quelle est la bonne terre (?). Nous cherchons à savoir de quel côté nous nous situons : en ce moment, quelle est la qualité de notre terrain ? Notre coeur est-il plutôt comme une terre fertile ?… comme un endroit pierreux ?… ou comme un lieu envahi par les ronces ?

    En écoutant cette histoire… nous risquons de nous concentrer sur la question du terrain… Mais ce qui frappe d’abord, dans cette comparaison, c’est le semeur lui-même… C’est sa prodigalité : 

    Il sème partout… Il ne retient pas sa main… Il ne sélectionne pas les meilleurs terrains… Il n’effectue pas de tri préalable…. Il ne dit pas : « Celui-ci est trop dur... celui-là est trop encombré... celui-ci ne vaut pas la peine... ».

    Il sème ici et là… avec une générosité presque déraisonnable…. 

    Cette image nous révèle déjà quelque chose de Dieu : 

    Il ne réserve pas son Évangile à ceux qui sont parfaits… ou à ceux qui seraient déjà prêts à l’entendre. 

    Il prend l’initiative… Il parle, quoi qu’on puisse entendre… Il continue d’espérer… Il ne cesse de croire en chacun de nous… Sa Grâce précède toujours notre réponse.

    C’est exactement ce que dit aussi Esaïe : comme la pluie descend du ciel sans faire de distinction entre les champs, ainsi la parole de Dieu descend dans nos vies. Elle vient irriguer ce qui paraît sec, réveiller ce qui semblait endormi, faire naître une vie nouvelle, là où nous n’attendions plus rien.

    Quelle magnifique espérance !

    Nous avons parfois l'impression que les choses stagnent… qu’elles n’évoluent pas en nous... que certaines personnes resteront toujours enfermées dans leurs habitudes... ou que notre propre vie spirituelle manque de ferveur, de racines ou de conséquences… 

    Pourtant… Dieu continue de semer… Il ne se lasse jamais d’agir… Il n’abandonne jamais un cœur humain.

    Mais alors une question se pose : Si Dieu ne cesse de parler… Si sa parole est aussi vivante et efficace que la pluie qui féconde la terre… Pourquoi avons-nous le sentiment qu’elle transforme si peu notre existence ?

    II. Nous ne sommes pas toujours prêts

    La réponse de Jésus est d’une grande finesse psychologique… Il ne dit pas qu’il y aurait, d’un côté, les bonnes personnes, et de l’autre, les mauvaises… Il ne distribue pas des étiquettes…. Mais il permet de nous interroger sur nous-mêmes… 

    Au fond… nous sommes, tour à tour, les différentes terres de la parabole.

    Il y a des moments et des domaines où nous sommes ouverts… d’autres où nous résistons.

    Il y a, en nous, des blessures… des peurs… des inquiétudes… mais aussi des désirs de maîtrise… des ambitions…. Et des habitudes.

    Nous n’avons pas… ni la même ouverture… ni le même niveau de conscience… dans tous les domaines de notre vie… Et nous sommes parfois pris par de nombreuses préoccupations, qui monopolisent notre énergie et notre temps. 

    Autrement dit… il y a des moments où nous ressemblons au chemin : Nous entendons une parole, mais elle reste à la surface de notre vie. Rien ne pénètre vraiment.

    Il y a d’autres moments où nous sommes comme un terrain pierreux : Nous accueillons volontiers une intuition, un élan, une décision... mais tout ça demeure fragile. Au premier obstacle, nous revenons à nos anciennes habitudes.

    Et puis il y a les ronces… peut-être est-ce l’image la plus actuelle : Jésus parle des soucis, des séductions de la richesse, des désirs qui envahissent le cœur.

    Nous pourrions ajouter aujourd’hui : nos agendas toujours remplis, nos préoccupations permanentes, notre besoin de tout maîtriser, la comparaison avec les autres, la recherche de reconnaissance, ou encore des fixations, des angoisses, des obsessions, des déceptions qui nous caractérisent…

    Il ne s’agit pas de fautes, au sens moral. Mais tout ce qui occupe tellement notre espace intérieur, que nous ne sommes plus disponibles… que la Parole n’y trouve plus de place.

    Pour autant, il y a aussi des moments où quelque chose s’ouvre en nous… Nous devenons plus libres, plus disponibles, plus réceptifs… comme si la terre avait enfin été labourée.

    Je crois que c’est là l’œuvre discrète de l’Esprit Saint : Nous parlons souvent de l’Esprit, comme d’une force ou d’un Souffle. Mais peut-être est-il aussi Celui qui travaille lentement notre terre intérieure…  Celui qui enlève les pierres… Qui arrache les ronces… Qui assouplit ce qui était devenu trop dur… Qui rend notre cœur habitable pour le Christ.

    Alors sa Parole ne reste plus seulement une idée ou un beau discours… Elle descend en nous… Elle prend racine… Elle devient peu à peu une manière nouvelle de vivre.

    Mais même lorsque notre terre semble encore bien pauvre… Même lorsque nous avons l’impression de ne pas avancer… Dieu, lui, ne renonce jamais.

    Et c’est précisément ce que Jésus va raconter dans la seconde parabole… qui en élargit le sens…

    III. Alors Dieu revient…

    Le même Dieu semeur… qui répandait partout des grains… est maintenant présenté comme un propriétaire, un maître de vigne… qui se lève tôt, pour aller embaucher des ouvriers pour sa vigne.

    L'image a changé. Mais le mouvement est exactement le même : Il sort. Il revient. Il repart. Et il recommence.

    Cinq fois dans la même journée : à l’aube, à neuf heures, à midi, à trois heures. Et même à cinq heures du soir… alors qu’il ne reste plus qu’une heure de travail. 

    Ce détail de la parabole peut sembler anecdotique. Mais si jésus donne cette comparaison, c’est pour révéler le cœur de Dieu.

    Dieu ne cesse jamais de venir à notre rencontre… Il ne lance pas un appel une fois pour toutes en attendant que nous répondions… Il revient à maintes reprises… Il cherche encore… Il appelle de nouveau… Et il n’abandonne personne en chemin.

    Ainsi, pour Dieu, il n’est jamais trop tard… Même une heure de vie a du prix… 
    Il est toujours possible de se rendre disponible, de se mettre à l’écoute… de changer quelque chose… pour travailler avec le Seigneur…
    Donner une heure de confiance… une heure d’amour… une heure pour le Royaume : c’est déjà quelque chose d’important ! 

    Cette parabole ouvre ainsi une immense espérance : Elle nous rappelle que Dieu ne nous enferme jamais dans notre passé… Il ne dit jamais : « C’est trop tard… Tu es passé à côté de l’essentiel… Tu as manqué l’important.… Tu as laissé passer ta chance. »… Au contraire, il continue de croire en chacun ! 

    Nous en avons l’écho dans dans nombreuses rencontres de l’Évangile.

    Pensons, par exemple, à Zachée, ce riche collecteur d’impôts que tout le monde considérait comme perdu… ou à Paul, arrêté sur le chemin de Damas, alors qu’il combattait les disciples de Jésus…. ou encore au « bon larron », au brigand crucifié aux côtés de Jésus, accueilli jusque dans les dernières heures de son existence.

    À chaque fois, la Grâce de Dieu arrive à se faufiler dans les interstices des existences humaines… Il n’est jamais trop tard !

    Et c’est sans doute la même chose dans notre histoire personnelle… Il y a parfois des dimensions de notre vie que nous laissons longtemps en friche… Des appels que nous avons refusé d’entendre… ou auxquels nous n’avons pas oser répondre… Des changements que nous n’avons pas eu le courage de faire… ou que nous avons cru impossibles… Des pardons que avons sans cesse remis au lendemain… ou des paroles que nous n’avons jamais oser dire… 

    Et pourtant… Jésus nous dit que Dieu revient, avec une patience infinie.… que des occasions nouvelles peuvent toujours se présenter…

    Le Seigneur continue de frapper doucement à la porte de notre cœur… parce qu’il continue d’espérer en nous.

    IV. Puis arrive le scandale…

    Fort de ce constat… nous pouvons alors nous arrêter sur ce qui nous dérange souvent dans cette parabole : la question du salaire.

    Si nous commençons la lecture par cette question, nous risquons de passer à côté du véritable centre du récit… qui n’est pas économique… mais théologique.

    En effet, Jésus ne cherche pas à parler du droit du travail… du sens de l’effort… ou de l’importance de nos mérites… Il cherche à nous révéler le cœur de Dieu.

    Mais voilà que dans cette petite histoire… le maître demande que l’on commence par payer les derniers ouvriers…. Et tous reçoivent un denier, une pièce d’argent.

    Alors, naturellement, ceux de la première heure se mettent à calculer : « Si ceux qui n’ont travaillé qu’une heure reçoivent un denier… nous allons certainement recevoir davantage »… Mais, c’est la déception… ils reçoivent exactement ce qui avait été convenu… sans rien de plus…

    Pourtant, à bien y regarder… le maître n’a lésé personne. Il a tenu parole et respecté son engagement. 

    La colère des premiers ouvriers ne vient pas de ce qu’ils auraient perdu. Elle vient de ce que les autres ont reçu.

    Et c’est ici que Jésus pose une question qui a traversé les siècles : « Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » ou dit autrement : « verrais-tu d’un mauvais œil que je sois bon ? »

    Pourquoi la bonté de Dieu… pourquoi sa générosité… peuvent-elles déranger ?
    Pourquoi la grâce accordée à un frère peut-elle empêcher de se réjouir de ce que l’on a soi-même reçu ?

    Voilà le véritable scandale de cette parabole : Les premiers deviennent malheureux… non parce qu’ils reçoivent moins… mais parce que d’autres reçoivent autant qu’eux.

    N’est-ce pas une expérience profondément humaine ?

    Nous étions heureux… jusqu’au moment où nous avons commencé à nous comparer.
    Nous étions reconnaissants… jusqu’à ce que nous regardions ce qui arrivait aux autres.

    Alors naissent les questions que nous connaissons tous… et que les enfants expriment souvent si bien : Pourquoi lui ?… Pourquoi pas moi ?… Et moi, qu’est-ce que j’y gagne ?

    Sans même nous en apercevoir, notre regard se déplace… Nous ne regardons plus le don que nous avons reçu… Nous regardons ce que l’autre reçoit.

    [ Et cela peut nous faire penser à d’autres passages bibliques : 
    - Le frère aîné de la parabole du fils retrouvé réagit exactement de cette manière.
    - Jonas aussi, lorsque Dieu pardonne aux habitants de Ninive.
    Tous deux découvrent qu’il est parfois plus difficile d’accepter la grâce donnée aux autres que celle que nous recevons nous-mêmes. ]

    Si Jésus a choisi de raconter cette histoire… ce n’était certainement pas pour culpabiliser ses auditeurs… mais pour leur permettre de changer de regard… pour les libérer de cet esprit de comparaison permanente qui finit par empoisonner nos vies ?

    Le Royaume de Dieu commence peut-être là… au moment où nous cessons de compter les mérites… pour apprendre simplement à nous réjouir de la bonté de Dieu.

    V. Jésus nous révèle le vrai visage de Dieu

    Il peut être bon, alors, de se souvenir, à nouveau, des paroles du prophète Esaïe… qui prennent, ici, tout leur relief.

    « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies. » - dit le Seigneur

    Nous avons facilement tendance à imaginer un Dieu qui récompense les bons et punit les mauvais ou les insuffisants… Un Dieu finalement à notre image, qui calculerait, qui comptabiliserait, qui distribuerait à chacun selon ses mérites.

    Mais Jésus vient bouleverser cette image : Il nous révèle un Dieu qui donne avant de compter…. Un Dieu qui cherche avant d’attendre… Un Dieu qui pardonne avant de condamner … Un Dieu qui rassemble au lieu d’établir des classements. 

    Voilà pourquoi ses pensées sont plus hautes que les nôtres… parce qu’elles sont infiniment plus généreuses.

    Le Royaume de Dieu n’est pas le monde du « chacun pour soi »… de la compétition…. où chacun doit faire ses preuves… pour gagner sa place… 
    Ce n’est pas le monde des récompenses…. Mais celui de la Grâce.

    Dans le Royaume, personne n’a besoin de mériter d’être aimé.
    Tout commence par un don… 
    Le « denier » que reçoit chaque ouvrier, n’est pas seulement la récompense d’un effort. Il représente le salaire d’une journée, ce qui permet de vivre vivre dignement. / Autrement dit… Dieu ne donne pas à chacun ce qu’il mérite…. Il donne à chacun ce qui lui permet de vivre.

    Voilà la justice de Dieu…  Une justice qui ne cherche pas d’abord à répartir selon les performances, mais à faire vivre… à restaurer la dignité… pour faire grandir…

    Et c’est peut-être cela qui nous déroute le plus… Nous aimerions parfois un Dieu plus prévisible… plus conforme à notre manière de compter…
    Mais Jésus nous invite à entrer dans une autre logique : Celle de la bonté et de la gratuité.

    VI. Conclusion - La véritable question

    Pour conclure… je crois que nous pourrions revenir à la question qui a provoqué toute cette parabole… On l’a peut-être oubliée… Pourtant, elle se trouve juste avant… : Pierre demande à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. Qu’en sera-t-il donc pour nous ? »… Autrement dit : « Qu’allons-nous y gagner ? »

    Au fond, la parabole entière est la réponse de Jésus. Et sa réponse est étonnante… un peu comme s’il lui disant : « Pierre… tu poses déjà la mauvaise question… Tu cherches encore à mesurer le Royaume avec les critères du marché… Tu raisonnes encore en termes de mérite, de récompense et de comparaison. 

    Or le Royaume ne fonctionne pas ainsi…. Le Royaume n’est pas ce que tu vas gagner… C’est ce que tu vas recevoir.

    Car personne ne mérite l’amour de Dieu… Personne ne l’achète… Personne ne le possède davantage qu’un autre… Il est donné gratuitement… à toutes celles et ceux qui acceptent d’entrer dans la vigne…. de participer à la dynamique du Père céleste… »


    Alors, la vraie question n’est pas savoir : « Que vais-je gagner à suivre le Christ ? »… Mais plutôt : « Suis-je prêt à accueillir ce que Dieu me donne déjà ? »

    À accueillir sa confiance… son pardon… sa présence… son appel.
    À entrer dans cette joie, où il n’est plus nécessaire de se comparer aux autres, pour savoir que l’on est aimé.
    Car le disciple ne suit pas le Christ, pour être davantage aimé que les autres…. Mais parce qu’il découvre, peu à peu, qu’il est déjà aimé.

    Et cette découverte change tout : Elle nous libère du besoin de nous justifier… de faire nos preuves… Elle nous libère aussi de la peur de manquer… Et elle nous rend capables de nous réjouir lorsque d’autres, eux aussi, découvrent la bonté de Dieu.

    Alors, oui, chers amis… le Royaume commence déjà au milieu de nous (cf. Lc 17,21).

    Chaque fois qu’un être humain renonce à compter ses mérites, pour entrer dans la joie de la Grâce.
    Chaque fois qu’il se réjouit, aussi bien de ce qu’il reçoit, que de ce que les autres obtiennent.
    Chaque fois qu’il découvre que Dieu ne cesse de venir à notre rencontre… pour nous donner, inlassablement, ce qui fait vivre. 

    A chaque fois… le Royaume est tout proche… à notre portée… 

    Alors… réjouissons-nous ! 

    Amen.

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    Lectures bibliques 

    Volonté de Dieu


    Es 55, 6-11

     
    6 Cherchez le Seigneur pendant qu'il se laisse trouver ; invoquez-le pendant qu'il est proche.
    7 Que le méchant abandonne sa voie, et l'homme malfaisant ses pensées ; qu'il revienne au Seigneur, qui aura compassion de lui, – à notre Dieu, qui pardonne abondamment.
    8 Car mes pensées ne sont pas vos pensées, vos voies ne sont pas mes voies – déclaration du Seigneur.
    9 Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées.
    10 Comme la pluie et la neige descendent du ciel et n'y reviennent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l'avoir fécondée et fait germer, sans avoir donné de la semence au semeur et du pain à celui qui a faim, 11 ainsi en est-il de ma parole qui sort de ma bouche : elle ne revient pas à moi sans effet, sans avoir fait ce que je désire, sans avoir réalisé ce pour quoi je l'ai envoyée.

    Lectures 

    Mt 13, 3-8 & 18-23

     
    3 [Jésus] leur parla longuement en paraboles ; il disait : Le semeur sortit pour semer. 4 Comme il semait, des grains tombèrent le long du chemin ; les oiseaux vinrent et les mangèrent. 5 D'autres tombèrent dans les endroits pierreux, où ils n'avaient pas beaucoup de terre : ils levèrent aussitôt, parce que la terre n'était pas profonde ; 6mais quand le soleil se leva, ils furent brûlés et se desséchèrent, faute de racines. 7 D'autres tombèrent parmi les épines : les épines montèrent et les étouffèrent. 8 D'autres tombèrent dans la bonne terre : ils finirent par donner du fruit, l'un cent, l'autre soixante, l'autre trente. […]

    18 Vous donc, entendez la parabole du semeur. 19 Lorsque quelqu'un entend la parole du Règne et ne la comprend pas, le Mauvais vient s'emparer de ce qui a été semé dans son cœur : c'est celui qui a été ensemencé le long du chemin. 20 Celui qui a été ensemencé dans les endroits pierreux, c'est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie, 21 mais il n'a pas de racine en lui-même, il ne tient qu'un temps ; sitôt que survient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, c'est pour lui une cause de chute. 22 Celui qui a été ensemencé parmi les épines, c'est celui qui entend la Parole, mais les inquiétudes du monde et l'attrait trompeur des richesses étouffent la Parole, et elle devient stérile. 23 Celui qui a été ensemencé dans la bonne terre, c'est celui qui entend la Parole et la comprend ; il porte du fruit et produit, l'un cent, l'autre soixante, l'autre trente.

    Mt 19, 27-30 & Mt 20, 1-16

     
    27 Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Écoute, nous avons tout quitté pour te suivre. Que se passera-t-il pour nous ? » 28 Jésus leur dit : « Je vous le déclare, c'est la vérité : quand le Fils de l'homme siégera sur son trône glorieux dans le monde nouveau, vous qui m'avez suivi, vous siégerez également sur douze trônes pour juger les douze tribus d'Israël. 29 Et tous ceux qui auront quitté pour moi leurs maisons, ou leurs frères, leurs sœurs, leur père, leur mère, leurs enfants, leurs champs, recevront cent fois plus et auront part à la vie éternelle. 30 Mais beaucoup qui sont maintenant les premiers seront les derniers et beaucoup qui sont maintenant les derniers seront les premiers. »

    1 Voici en effet à quoi le règne des cieux est semblable : un maître de maison qui était sorti de bon matin embaucher des ouvriers pour sa vigne. 2 Il se mit d'accord avec les ouvriers pour un denier par jour et les envoya dans sa vigne. 3 Il sortit vers la troisième heure (9h), en vit d'autres qui étaient sur la place sans rien faire 4 et leur dit : « Allez dans la vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste. » 5 Ils y allèrent. Il sortit encore vers la sixième (midi), puis vers la neuvième heure (15h), et il fit de même. 6 Vers la onzième heure (17h) il sortit encore, en trouva d'autres qui se tenaient là et leur dit : « Pourquoi êtes-vous restés ici toute la journée sans rien faire ? » 7 Ils lui répondirent : « C'est que personne ne nous a embauchés. – Allez dans la vigne, vous aussi », leur dit-il. 8 Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : « Appelle les ouvriers et paie-leur leur salaire, en allant des derniers aux premiers. » 9 Ceux de la onzième heure (17h) vinrent et reçurent chacun un denier. 10 Les premiers vinrent ensuite, pensant recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun un denier. 11 En le recevant, ils se mirent à maugréer (à murmurer) contre le maître de maison 12 et dirent : « Ces derniers venus n'ont fait qu'une heure, et tu les traites à l'égal de nous, qui avons supporté le poids du jour et la chaleur ! » 13 Il répondit à l'un d'eux : « Mon ami, je ne te fais pas de tort ; ne t'es-tu pas mis d'accord avec moi pour un denier ? 14 Prends ce qui est à toi et va-t'en. Je veux donner à celui qui est le dernier autant qu'à toi. 15 Ne m'est-il pas permis de faire de mes biens ce que je veux ? Ou bien verrais-tu d'un mauvais œil que je sois bon ? » 16 C'est ainsi que les derniers seront premiers et les premiers derniers.

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    dimanche 26 juillet 2026

    Choisir le règne de Dieu

     Lectures bibliques : Mc 1, 14-20 ; Marc 10,13-16 ; Mt 13, 31-33 ; Mt 13, 44-46 ; Rm 14,17 = voir textes en bas de cette page
    Thématique : Choisir le Royaume de Dieu / Entrer dans le Royaume… c’est accueillir un don, quitter ce qui nous enferme, choisir ce qui fait vivre, et laisser Dieu nous transformer peu à peu.
    Prédication de Pascal LEFEBVRE - Bordeaux, le 26/07/26

    A chaque culte, nous demandons à Dieu une chose étonnante : « Que ton règne vienne » !
    En récitant le « Notre Père »… nous le disons peut-être sans y penser… Mais si quelqu’un nous arrêtait à la sortie du culte pour nous demander : « Au fond, c’est quoi, le Royaume de Dieu ? »… que répondrions-nous ?

    Est-ce un endroit ?… le paradis ?… le ciel après la mort ?… Ou bien autre chose ?… une réalité spirituelle transcendante… qui peut entrer en connexion avec le monde sensible… pour transformer notre réalité matérielle ?

    Jésus parle du Royaume à de multiples reprises dans les évangiles… C’est même le cœur de son message… Et pourtant, il ne le définit jamais…. Il raconte des histoires… des paraboles…
    Ou alors… il montre des enfants… Il appelle des pêcheurs…

    Il parle d’une graine minuscule… d’un peu de levain… d’un trésor caché.

    Comme si le Royaume ne pouvait pas être enfermé dans une définition… comme s’il fallait plutôt le découvrir.

    Je crois que toutes les lectures que nous avons entendues nous disent la même chose :

    Le Royaume de Dieu n’est pas seulement un lieu où nous irons un jour. C’est une manière nouvelle de vivre qui commence ici et maintenant… Et qui apparait… là où Dieu peut vraiment agir… lorsqu’il peut vraiment régner dans notre vie… quand il exerce sa douce souveraineté sur nous…

    Chaque fois que son amour trouve une place dans une vie… son Royaume est là… Chaque fois que la paix remplace la violence… que le pardon remplace la rancune… que la confiance remplace la peur… ou que la joie recommence à circuler entre nous.

    Autrement dit, le Royaume n’est pas seulement une promesse pour demain…. Il commence aujourd’hui…

    Il est déjà là… discret… souvent caché… mais à notre portée… au milieu de nous (cf. Lc 17,21)… comme une potentialité… comme une graine sous la terre.

    Et Jésus nous montre aujourd’hui quatre chemins pour y entrer.

    1. Recevoir

    Premier point : accepter de recevoir…

    Ce premier chemin se découvre dans une rencontre avec des enfants…

    Dans cet épisode, les disciples pensent bien faire. Ils veulent protéger Jésus de la foule de gens qui demandent des gestes de bénédiction, de protection ou de guérison, pour des tout-petits… 
    Les disciples pensent qu’ils dérangent… alors ils repoussent les enfants.
    À leurs yeux, les adultes importants passent avant les petits.

    Mais Jésus renverse complètement leur manière de voir : 
    Il appelle les enfants… il les accueille… et il dit quelque chose d’étonnant : « Celui qui n’accueille pas le Royaume comme un enfant n’y entrera pas. »

    Pourquoi un enfant ?

    Parce qu’un enfant sait se rendre disponible… s’arrêter pour prendre le temps… 
    Parce qu’il entre facilement en relation… 
    Parce qu’il fait facilement confiance… et qu’il est prêt à suivre… à écouter, à découvrir… à s’émerveiller…

    Autrement dit… parce qu’un enfant sait encore recevoir…

    Quand on lui offre un cadeau, l’enfant ne commence pas par demander : « Est-ce que je le mérite ? »… Il tend les mains. Il accueille. Il ouvre son cœur. Il fait confiance.

    Et c’est exactement cela que Jésus attend de nous :

    Nous passons beaucoup de temps à vouloir tout contrôler. Nous voulons prévoir… comprendre… maîtriser… même notre vie spirituelle.

    Nous aimerions presque « fabriquer » le Royaume… le construire…
    Mais Jésus nous dit : Le Royaume ne se fabrique pas… il ne se mérite pas… il ne se conquiert pas… il se reçoit… comme on reçoit une lumière…. comme on reçoit une amitié… ou un amour.

    Peut-être est-ce pour cela que les adultes ont parfois plus de mal que les enfants… Parce qu’en grandissant, nous avons acquis des responsabilités… nous avons appris à compter sur nous-mêmes… Et nous devenons peut-être plus prudents et plus méfiants…
    Nous avons parfois oublié comment ouvrir simplement les mains… 

    Le Royaume commence là… dans un cœur ouvert et disponible… dans une confiance retrouvée.

    2. Quitter pour choisir

    Deuxième point : accepter de quitter, pour changer…

    En écoutant l’Évangile… on voit que Jésus ne s’arrête pas là… 
    Savoir « recevoir » est nécessaire, mais ce n’est pas suffisant… 
    Il faut aussi répondre à l’appel du Royaume… Ce qui implique un changement et un choix délibéré…

    Au bord du lac, Jésus rencontre des pêcheurs… Ils sont au travail… ils réparent leurs filets… ils font ce qu’ils ont toujours fait…

    Et pourtant, en quelques instants, toute leur vie bascule…
    Ils laissent leurs filets… et suivent Jésus.

    Pourquoi ?

    Les filets n’ont rien de mauvais… Leur métier est beau et utile… même s’il est difficile…
    Ils ne quittent pas quelque chose de mauvais… Ils quittent quelque chose de bon… parce qu’ils ont découvert quelque chose de meilleur.

    On ne saura jamais ce qu’ils ont perçu dans le regard du Christ ce jour-là… Mais quelque chose les a bouleversés… au point que leur vie a pris une direction nouvelle… 

    Il se passe exactement la même chose dans les deux petites paraboles du trésor et de la perle : 

    On pense souvent que le Royaume est comparé au trésor… ou à la perle.
    Et c’est vrai, d’une certaine manière… C’est une façon de dire que c’est une réalité précieuse, qui a une grande valeur…

    Mais ce n’est sans doute pas le point essentiel… En réalité, Jésus attire surtout notre attention sur des personnes, qui se mettent en action… qui entrent dans une dynamique…

    Écoutons bien les verbes : Un homme découvre… Il comprend… Il vend… Il achète.
    Un marchand cherche… Il trouve…. Il vend…. Il achète.

    Tout est mouvement…. Et ce mouvement est initié par une découverte… qui appelle un discernement et une décision… Alors tout est mis en route.

    Le Royaume n’est jamais quelque chose que l’on regarde de loin… à distance… C’est une aventure dans laquelle on entre… C’est une vie qui se réoriente.

    Dans ces paraboles, le Royaume ressemble à quelqu’un qui découvre enfin ce qui compte vraiment… et qui en tire les conséquences… en prenant une décision et en opérant un changement…

    Et, bien sur, cela nous concerne… Car nous aussi, chaque jour, nous faisons des choix.

    Nous choisissons ce qui occupe notre temps… Ce qui remplit notre agenda… Ce qui habite nos pensées… Ce qui reçoit notre énergie.

    Au fond, nous donnons toujours notre vie à quelque chose… ou à quelqu’un…

    La vraie question est donc toute simple : Quelles sont mes priorités ? Qu’est-ce qui gouverne ma vie ?… Mes préoccupations ?… Mes projets ?… Mes inquiétudes ?

    Est-ce le regard des autres ?… La réussite ?… La sécurité ?…
    Le besoin d’être reconnu ?… Le confort ?…
    Ou bien cette confiance que Dieu veut faire grandir en moi ?

    Choisir le Royaume, ce n’est pas abandonner le monde…. C’est faire une découverte… et prendre conscience de sa valeur supérieure… C’est apprendre à reconnaître ce qui compte vraiment. 

    Les premiers disciples ont laissé leurs filets.
    L’homme de la parabole a vendu tout ce qu’il possédait.
    C’est cela la conversion… dont parle Jésus…

    La conversion… ce n’est pas d’abord devenir quelqu’un d’autre…. c’est prendre conscience de la proximité de la Présence de Dieu… c’est découvrir qu’il existe quelque chose qui vaut davantage que ce qui occupait jusqu’à maintenant toute la place…  Et alors nos priorités changent.

    Il nous arrive parfois de vivre cela, nous-mêmes : 
    - Par exemple, lorsqu’un enfant naît, beaucoup de choses deviennent soudain moins importantes.
    - Ou lorsqu’on tombe amoureux, notre emploi du temps change complètement.
    - Ou lorsqu’une personne est gravement malade, nos priorités se déplacent.
    Nous découvrons alors ce qui compte vraiment.

    Le Royaume produit ce même déplacement intérieur : Il remet Dieu au centre.
    Et lorsque Dieu retrouve sa place… alors, peu à peu… tout le reste retrouve aussi la sienne… 
    Et nous reconnaissons ce qui fait vraiment vivre…

    3. Grandir

    Troisième point : prendre conscience de ce qui peut faire grandir la vie en nous… et se laisse transformer…


    Après nous avoir appris à recevoir et à choisir le Royaume, Jésus ajoute encore d’autres images : Il prend celle de la plus petite des graines… Et il prend celle d’un peu de levain…. Deux choses modestes… presque insignifiantes…  Et pourtant, Jésus dit : Voilà comment Dieu agit.

    Nous, nous aimerions que Dieu transforme le monde d’un seul coup… d’un coup de baguette magique… Nous aimerions des miracles spectaculaires…. comme dans les film de science fiction avec des super-héros…
    Nous voudrions des solutions immédiates… des changements visibles.

    Mais Dieu choisit souvent un autre chemin : Celui de la patience… celui de la croissance… celui de la vie qui grandit lentement.

    Prenons l’exemple d’une graine… puisque c’est l’image que choisit Jésus :
    Ce n’est pas grand chose… On la met dans la terre… Et puis… plus rien… en apparence… Pendant plusieurs jours, on pourrait croire que c’est l’inertie, l’immobilité… Et pourtant, sous la terre, la vie travaille déjà lentement…
    Peu à peu, les racines se développent… La plante commence à pousser.

    Ce qui est invisible est déjà à l’œuvre… en train de préparer ce qui deviendra visible.

    Il en est souvent ainsi dans notre vie : Nous avons parfois l'impression que rien ne change…  Nous aimerions être plus patients… plus confiants…. Peut-être aussi plus « ceci » ou plus « cela »…
    Nous aimerions aussi que nos familles aillent mieux… que notre Église soient plus vivante… que notre monde soit plus juste.
    Et souvent, nous nous décourageons parce que nous ne voyons pas encore les résultats.

    Mais Jésus nous dit : « Regardez la graine ! »… Dieu travaille souvent en silence.

    Un pardon donné aujourd’hui peut changer toute une relation… […]

    Une parole d’encouragement peut relever quelqu’un qui allait renoncer et se résigner…  Un geste de bienveillance peut traverser toute une vie.
    Nous ne savons jamais jusqu’où peut grandir une petite graine de bien ou de bonté…

    Et Jésus nous donne aussi l’image du levain : Quand on prépare du pain, le levain disparaît… Et pourtant, c’est lui qui fait lever toute la pâte.

    Ainsi en est-il de la présence de Dieu : Elle est discrète… Elle ne s'impose pas…. Elle travaille doucement notre cœur… en profondeur… dans l’intériorité…

    Elle transforme notre manière de regarder les autres… notre manière de penser… de parler…. Et même d’aimer.

    Peu à peu, sans même que nous nous en rendions compte, Dieu fait grandir en nous quelque chose de nouveau.

    Voilà pourquoi Jésus nous invite à la confiance…
    Même lorsque tout semble petit… Même lorsque nous avons l’impression de ne pas avancer…. 
    Même lorsque notre monde paraît traversé par tant de violences…
    Le Royaume est déjà à l’œuvre… Dieu ne cesse pas de travailler notre monde… aujourd’hui encore…

    4. Rayonner

    Enfin… quatrième et dernier point : Tout cela peut rayonner… et produire quelque chose de nouveau… 

    Jésus explique cela de façon imagée : La graine ne grandit pas seulement pour elle-même… Elle devient un arbre… et les oiseaux viennent faire leurs nids dans ses branches.

    Autrement dit, cet arbre devient un lieu d’accueil… un lieu où d'autres peuvent trouver du repos.

    De même, le levain ne transforme pas seulement un petit morceau de pâte… Il fait lever l’ensemble de la pain. 

    Le Royaume ne reste donc jamais enfermé dans notre cœur… Il est contagieux… Il rayonne… Il se communique… Il touche les autres.

    Par ces images, Jésus nous montre ce qu’il attend de ses disciples : 
    Non pas qu’ils deviennent des personnes parfaites… Mais qu’ils deviennent des personnes chez qui les autres peuvent trouver refuge… Chez qui d’autres peuvent respirer un peu mieux… 
    Des personnes auprès desquelles on retrouve confiance… paix… et espérance.

    Nous faisons peut-être partie de ces gens… En tout cas, il y en a autour de nous… Nous les reconnaissons parfois a postériori… parce que quand on les quitte, on repart plus léger… Parce qu’elles savent écouter… Parce qu’elles sont capables d’accueillir… de relever quelqu’un… simplement par leur manière d’être.

    Je crois que c’est cela « devenir un témoin du Royaume » : C’est laisser Dieu transformer notre manière de vivre.

    Alors, à travers nous, quelque chose de Dieu devient visible.

    Peut-être est-ce cela, la mission des Chrétiens et la mission de l’Église : Être comme cet arbre… un lieu où chacun peut trouver sa place.
    Être comme ce levain… une présence discrète, mais qui fait lever l’espérance.

    Conclusion

    Au fond, je crois que, d’une manière ou d’une autre, toutes les lectures de ce matin racontent la même histoire : 
    Des pêcheurs quittent leurs filets.
    Un homme découvre un trésor.
    Un peu de levain fait lever toute la pâte.
    À chaque fois, une vie est mise en mouvement.

    Le Royaume de Dieu, c’est cela : 
    - Le Christ nous invite à le recevoir, comme les enfants.
    - À choisir, comme un homme qui découvre un trésor.
    - À grandir, comme la graine ou le levain.
    - Et enfin à rayonner, pour que d’autres puissent, à leur tour, goûter quelque chose de la présence de Dieu.

    Autrement dit… entrer dans le Royaume… c’est une manière nouvelle de vivre qui commence aujourd’hui… 
    C’est accueillir un don… quitter ce qui nous enferme… choisir ce qui fait vivre… et laisser Dieu nous transformer peu à peu.


    Une fois que l’on a entendu ces paroles de l’Évangile… alors les paroles de l’apôtre Paul prennent tout leur sens :
    « Le Royaume de Dieu est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint. » (Rm 14,17) - dit Paul. 

    Voilà comment reconnaître que Dieu est déjà à l’œuvre : Chaque fois qu’un peu plus de justice apparaît… chaque fois qu’un peu plus de paix est semée… chaque fois qu’une joie renaît, malgré les épreuves… le Royaume est déjà là ! 

    Lorsque nous accueillons le Souffle de Dieu dans notre vie et notre coeur, de nouvelles perspectives s’offrent à nous…
    Quand nous laissons Dieu agir… alors nos actions prennent un nouvel élan et un sens plus profond… 
    Ce n’est pas seulement notre vie qui change. C’est déjà « le monde nouveau de Dieu » qui fait irruption dans notre monde. […]

    Sachant cela… peut-être que Jésus nous laisse aujourd’hui une seule question… une question très simple, que même les enfants peuvent emporter avec eux :

    Quelle petite graine Dieu me confie-t-il aujourd’hui ?… pour faire grandir et rayonner le Royaume ?

    Une parole à dire ?… Un pardon à offrir ?… Une visite à rendre ?… Une main à tendre ?

    Le Royaume commence souvent par une toute petite graine… Mais entre les mains de Dieu, les plus petites graines deviennent un jour de grands arbres. 

    Amen.

    Lectures bibliques

    Mc 1, 14-20
    14 Après que Jean eut été livré, Jésus vint en Galilée. Il proclamait l'Evangile de Dieu et disait : 15 « Le temps est accompli, et le Règne de Dieu s'est approché : convertissez-vous (changez de mentalité) et croyez à l’Evangile à la Bonne Nouvelle). »

    16 Comme il passait le long de la mer de Galilée, il vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter le filet dans la mer : c'étaient des pêcheurs. 17Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. » 18 Laissant aussitôt leurs filets, ils le suivirent. 19 Avançant un peu, il vit Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, qui étaient dans leur barque en train d'arranger leurs filets. 20 Aussitôt, il les appela. Et laissant dans la barque leur père Zébédée avec les ouvriers, ils partirent à sa suite.

    Marc 10,13-16
    13 Des gens lui amenaient des enfants pour qu'il les touche de la main, mais les disciples les rabrouèrent. 14 En voyant cela, Jésus s'indigna et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui sont comme eux. 15 En vérité, je vous le déclare, qui n'accueille pas le Royaume de Dieu comme un enfant n'y entrera pas. » 16 Et il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

    Mt 13, 31-33
    31 [Jésus] leur proposa une autre parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à un grain de moutarde qu'un homme prend et sème dans son champ. 32 C'est bien la plus petite de toutes les semences ; mais, quand elle a poussé, elle est la plus grande des plantes potagères : elle devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent faire leurs nids dans ses branches. »
    33 Il leur dit une autre parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu'une femme prend et enfouit dans trois mesures de farine, si bien que toute la masse lève. »

    Mt 13, 44-46
    44 « Le Royaume des cieux est comparable à un trésor qui était caché dans un champ et qu'un homme a découvert : il le cache à nouveau et, dans sa joie, il s'en va, met en vente tout ce qu'il a et il achète ce champ. 45 Le Royaume des cieux est encore comparable à un marchand qui cherchait des perles fines. 46 Ayant trouvé une perle de grand prix, il s'en est allé vendre tout ce qu'il avait et il l'a achetée.

    Rm 14,17 : « Le Royaume de Dieu est justice, paix et joie dans l'Esprit Saint. » 

    samedi 25 juillet 2026

    Méditation Mt 20, 20-28

    Mt 20, 20-28 - La mère de Jacques et Jean fait une demande à Jésus - 25/07/26

    RCF : https://www.rcf.fr/vie-spirituelle/priere-rcf-bordeaux?episode=703514

    20 Alors la femme de Zébédée s'approcha de Jésus avec ses deux fils ; elle se prosterna devant lui pour lui faire une demande. 21« Que veux-tu ? » lui dit Jésus. Elle lui répondit : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent l'un à ta droite et l'autre à ta gauche quand tu seras roi. » – 22 « Vous ne savez pas ce que vous demandez, répondit Jésus. Pouvez-vous boire la coupe de douleur que je vais boire ? » – « Nous le pouvons », lui répondirent-ils. 23 « Vous boirez en effet ma coupe, leur dit Jésus. Mais ce n'est pas à moi de décider qui siégera à ma droite et à ma gauche ; ces places sont à ceux pour qui mon Père les a préparées. »
    24 Quand les dix autres disciples entendirent cela, ils s'indignèrent contre les deux frères. 25 Jésus les appela tous et dit : « Vous savez que les chefs des peuples les commandent en maîtres et que les personnes puissantes leur font sentir leur pouvoir. 26 Mais cela ne se passera pas ainsi parmi vous. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur, 27 et celui qui veut être le premier parmi vous sera votre esclave : 28 c'est ainsi que le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie comme rançon pour libérer une multitude de gens. »


    Méditation 

    Qui n'a jamais rêvé d'être reconnu, d'avoir de l'importance, d'occuper une belle place ?

    Comme toute les mères…la mère de Jacques et de Jean aimerait que ses fils aient une bonne situation…qu’ils rencontrent un succès certain ! 

    Quant aux autres disciples qui s'indignent… c’est probablement parce qu'ils auraient aimé faire la même demande ! 

    Dans sa réponse… Jésus retourne les choses…

    Le problème ne vient pas du désir de porter des responsabilités … ça n’a rien de mauvais en soi…. Mais de la définition que nous avons de la grandeur.

    Dans le monde, on associe souvent la grandeur à la domination, au prestige, au pouvoir ou à la réussite.

    Or, Jésus renverse complètement cette logique : « Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. »

    La grandeur ne consiste pas à être au-dessus des autres, mais à être au service de leur croissance.

    [Ainsi… Faire grandir un enfant, encourager un collègue, relever quelqu'un qui doute, écouter une personne isolée... c’est déjà une manière d'être grand selon l’Évangile.]

    Ainsi, dit-il, contrairement aux chefs des nations… « Il n'en sera pas ainsi parmi vous. »

    Il est important que…. dans la communauté chrétienne et dans l’Eglise… nous ne reproduisions pas les logiques de domination qui structurent souvent la société. 

    Jésus nous invite à vivre toute responsabilité comme un service.…. [un service qui construit les relations et qui fait vivre.]

    C’est ainsi, en tout cas, que Jésus lui-même l’a vécu : 

    « Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir... »

    C’est ce même chemin du don de soi que Jésus nous appelle à emprunter… 

    Pour Lui, la vraie grandeur ne se mesure pas au pouvoir que nous exerçons, mais à la vie que nous faisons grandir en nous et autour de nous.

    vendredi 24 juillet 2026

    Méditation Mt 13, 18-23

    Mt 13, 18-23 - Jésus explique la parabole des grains semés - Vendredi 24/07/26

    RCF : https://www.rcf.fr/vie-spirituelle/priere-rcf-bordeaux?episode=703245 

    18 Écoutez donc ce que signifie la parabole du semeur. 19 Ceux qui entendent parler du royaume et ne comprennent pas sont au bord du chemin où la semence est semée : le Mauvais arrive et s'empare de ce qui a été semé dans leur cœur. 20 D'autres sont comme le terrain pierreux où tombe la semence : ils entendent la parole et la reçoivent aussitôt avec joie. 21 Mais ils ne la laissent pas s'enraciner en eux, ils ne s'y attachent qu'un moment. Alors, quand survient la détresse ou la persécution à cause de la parole de Dieu, ils se détournent de la foi. 22 D'autres encore reçoivent la semence dans des ronces : ils ont entendu la parole, mais les préoccupations de ce monde et l'attrait trompeur de la richesse étouffent la parole, et elle ne produit pas de fruit. 23 D'autres, enfin, reçoivent la semence dans de la bonne terre : ils entendent la parole et la comprennent ; ils portent des fruits, l'un cent, un autre soixante et un autre trente. »

    Méditation

    Jésus vient de raconter une scène étonnante : un semeur sème partout : sur le chemin, dans les pierres, les ronces et la bonne terre.

    Déjà, cela dit quelque chose de Dieu : il ne réserve pas sa Parole aux personnes « prêtes ». Il sème généreusement : Sa grâce est abondante. Sa Parole offerte à tous. C’est une excellente nouvelle ! 

    Pourtant, Jésus montre qu’il existe des obstacles à la fécondité de la Parole du Royaume… qu’est-ce qui l'empêche de grandir ?

    C’est notre manque de cohérence et d’unité intérieure… Tour à tour, dans notre vie, selon les moments de notre existence… nous pouvons être le chemin, les pierres, les ronces, ou la bonne terre. 

    Il revient à chacun d'ouvrir un peu ses oreilles, son coeur et sa conscience…, pour laisser Dieu travailler notre terre intérieure… pour que l’Esprit Saint puisse faire son travail de labourage… [et accéder à la bonne terre.]

    Et puis… il y a les ronces… Jésus parle de ce qui risque d’étouffer la vie : les soucis… la séduction des richesses.

    Aujourd’hui, on pourrait ajouter… la dispersion…l’hyperconnexion et les sollicitations permanentes…[l’accélération des rythmes de vie]. … le manque de silence…

    C’est un problème de disponibilité intérieure…. Qui nous empêche d’entendre… c’est-à-dire d’accueillir… de laisser descendre cette Parole en nous… pour qu’elle devienne vivante… 

    [Enfin, la parabole nous invite à porter du fruit… Quels que soient les rendements… il se produit forcement quelque chose quand la Parole est accueillie au cœur de notre meilleure part… ]

    Cette parabole a donc de quoi nous réjouir…  Dieu recommence inlassablement… Il ne cesse jamais de semer sa Parole… et il continue de croire en nous et de croitre en nous… 

    Il nous revient donc de faire un peu de place en nous-mêmes… simplement pour l’accueillir…. [pour que nos vies deviennent fécondes et fructueuses pour d’autres… ] 

     

    jeudi 23 juillet 2026

    Méditation Mc 3, 31-35

     Marc 3, 31-35 - Qui est ma mère, qui sont mes frères ? - Jeudi 23/07/26

    RCF : https://www.rcf.fr/vie-spirituelle/priere-rcf-bordeaux?episode=703211 

    31 La mère et les frères de Jésus arrivent alors ; restant dehors, ils envoyèrent quelqu'un pour l'appeler. 32 Une foule était assise autour de Jésus et on lui dit : « Écoute, ta mère, tes frères et tes sœurs sont dehors et ils te cherchent. » 33 Jésus répondit : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? » 34 Il regarda les gens assis tout autour de lui et dit : « Voici ma mère et mes frères ! 35 Car celui qui fait la volonté de Dieu, celui-ci est pour moi un frère, une sœur et une mère. »


    Méditation :

    Jésus fait face à l’incompréhension : 
    Juste avant cet épisode, la famille de Jésus est venue le chercher, parce qu'elle pense qu'il « a perdu la tête » (Mc 3,21). Les autorités religieuses, quant à elles, l'accusent d'agir par Béelzéboul.

    Jésus semble totalement incompris des siens comme des chefs religieux… dès lors, il redéfinit son cercle familial… 

    Pour ce faire… il regarde simplement les personnes assises autour de lui. Puis il dit : « Voici ma mère… voici mes frères. »

    D’un simple geste… il élargit la perspective…
    Le Royaume ne fonctionne pas selon la naissance… selon les liens du sang…
    Il naît de l'accueil de la Parole et d'un cœur disponible.

    La communauté chrétienne naît d'une écoute commune et partagée… ouverte à celles et ceux qui acceptent de prendre le temps de s’assoir… pour entendre une parole nouvelle… pour penser autrement… pour accueillir le Règne de Dieu…

    Aujourd’hui encore… cette Parole nous concerne : 

    Nous vivons une époque où beaucoup cherchent des liens authentiques, du sens, et une place où ils puissent être accueillis.

    Jésus annonce qu'il existe une famille ouverte,.. où chacun peut trouver sa place.

    Il n’y a pas de condition… car la fraternité naît d'un désir commun : vivre selon Dieu… 

    Il s’agit simplement de se mettre en marche… d’entrer dans un compagnonnage avec le Seigneur…

    Ainsi, personne n'est condamné à rester seul. En Jésus, chacun peut trouver une famille plus vaste, où l'on apprend à vivre de la même Parole et à grandir ensemble, dans le même amour.

    mercredi 22 juillet 2026

    Méditation Jn 20, 1. 11-18

     Jean 20, 1. 11-18 - Jésus se montre à Marie de Magdala - Mercredi 22/07/26

    RCF : https://www.rcf.fr/vie-spirituelle/priere-rcf-bordeaux?episode=702110 

    1 Tôt le dimanche matin, alors qu'il faisait encore nuit, Marie de Magdala se rend au tombeau. Elle voit que la pierre a été retirée de l'entrée du tombeau. […]

    11 Cependant, Marie se tenait près du tombeau, dehors, et elle pleurait. Tout en pleurant, elle se baissa pour regarder dans le tombeau ; 12 elle voit deux anges vêtus de blanc assis à l'endroit où avait reposé le corps de Jésus, l'un à la place de la tête et l'autre à la place des pieds. 13 Les anges lui demandèrent : « Pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répondit : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l'a mis. » 14 Ayant dit cela, elle se retourne et voit Jésus qui se tenait là, mais sans se rendre compte que c'était lui. 15 Jésus lui demanda : « Pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Pensant que c'était le jardinier, elle lui dit : « Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et j'irai le reprendre. » 16 Jésus lui dit : « Marie ! » Elle se retourne vers lui et lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », ce qui signifie “maître !” 17 Jésus reprit : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va vers mes frères et dis-leur : “Je monte vers mon Père qui est aussi votre Père, vers mon Dieu qui est aussi votre Dieu.” » 18 Marie de Magdala se rend donc auprès des disciples et leur annonce : « J'ai vu le Seigneur ! » Et elle leur raconte ce qu'il lui a dit.


    Méditation :

    Marie se rend au tombeau… mais déjà la pierre est roulée…
    Elle cherche désespérément Jésus dans le corps d’un défunt disparu… mais voilà que Pâques est passé…  la vie a ouvert un autre chemin.

    Elle rencontre deux messagers… un jardinier… mais elle reste bloquée sur l’absence… elle voit sans comprendre… elle entend sans reconnaître. 

    Puis… tout d’un coup… elle entend son prénom… « Marie ! » ….et tout change…  tout est là ! 

    Tout bascule quand elle reconnait la voix de celui qui l’appelle. 
    En effet, Le Bon Pasteur (cf. Jean 10) connaît ses brebis par leur nom.

    Et alors… à cet instant, pour elle… la résurrection n’est plus une idée, ni un concept… elle devient une relation… à une personne : le Christ. 

    La foi naît d’un appel personnel. 

    Il en est de même pour nous…

    Nous traversons parfois des périodes où nous avons l'impression que le Seigneur est absent.

    Nous cherchons. Nous pleurons. Nous ne comprenons pas la tournure des évènements. 

    Et pourtant, l'Évangile affirme que le Ressuscité nous connaît déjà.

    Avant même que nous le reconnaissions… il nous appelle par notre nom.

    Quelle merveilleuse nouvelle ! 

    Peut-être est-ce d’abord cela la résurrection ? : l'expérience d'une Présence qui nous connait et nous met en route. 

    Dans cet élan, Marie reçoit aussitôt une mission : annoncer le passage de la mort à la Vie ! Elle ne peut pas garder le Ressuscité pour elle !… Elle est appelée à partager la Bonne Nouvelle de Pâques ! 

    Ainsi, Marie de Magdala devient la première femme apôtre ! Le Christ choisit une femme pour être son premier témoin, son envoyé… Voilà encore un magnifique renversement ! 

    Celle qui était enfermée dans le deuil devient maintenant porteuse de vie ! 

    mardi 21 juillet 2026

    Méditation Mt 12, 46-50

     Mt 12, 46-50 - Qui est ma mère, qui sont mes frères ? - Mardi 21/07/26

    RCF : https://www.rcf.fr/vie-spirituelle/priere-rcf-bordeaux?episode=702107 

    46 Jésus parlait encore à la foule, lorsque sa mère et ses frères arrivèrent. Ils se tenaient dehors et cherchaient à lui parler. 47 Quelqu'un dit à Jésus : « Écoute, ta mère et tes frères se tiennent dehors et désirent te parler. » 48 Jésus répondit : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? » 49 Puis il tendit la main vers ses disciples et dit : « Voici ma mère et mes frères ! 50 Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux est pour moi un frère, une sœur et une mère. »

    Méditation :

     A nouveau, l’évangile nous questionne, ce matin :
    Quelle est notre véritable famille ? Elle n’est pas seulement biologique et réduite aux liens du sang … Elle est plus large, plus vaste : il s’agit de toutes celles et ceux qui entretiennent une proximité avec Dieu… Celles et ceux qui écoutent le Seigneur et mettent sa Parole en pratique… 

    En effet : « celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux est pour moi un frère, une sœur et une mère. » dit Jésus.  Quelle merveilleuse nouvelle ! Alors que beaucoup de personnes souffrent aujourd’hui de solitude, d’isolement, de ruptures familiales…le Christ nous adopte tout simplement comme ses frères et ses soeurs… il fait de nous des proches… des intimes…  

    Dès lors, il nous invite à vivre en enfants de Dieu… à nous mettre véritablement à l’écoute de la volonté du Père…

    Quelle est donc cette volonté ? Jésus en dessine les contours, ici ou là dans l’évangile : refuser les injustices… sortir de la réciprocité (du donnant-donnant)… prioriser les relations humaines… cultiver la gratuité, la bonté et la générosité…  vivre dans le pardon et rechercher la paix…. En bref, aimer Dieu et aimer son prochain, comme soi-même… 

    [Ailleurs, il la résume dans la règle d’or : « Tout ce que vous voulez que les autres fassent pour vous… faites le vous-mêmes pour eux ! » … ou encore « Cherchez d’abord le règne de Dieu et sa justice… et tout le reste vous sera donné en plus, par surcroit ».]

    L’Evangile nous rappelle que Dieu nous accueille inconditionnellement. C'est précisément parce qu'il nous offre sa grâce, qu'il nous appelle à vivre une existence transformée ! … il nous invite à faire rayonner son amour… C’est cela qui fait de nous des frères et des soeurs… 

    C’est à l’amour que nous avons les uns pour les autres que nous sommes reconnus (Cf. Aussi Jn 13,35)… Il nous reçoit comme membres, à part entière, de sa famille ! 

    Quelle grâce extraordinaire ! 

    lundi 20 juillet 2026

    Méditation Mt 12, 38-42

     Mt 12, 38-42 - La demande d'un signe extraordinaire - Lundi 20/07/26

    Sur RCF : https://www.rcf.fr/vie-spirituelle/priere-rcf-bordeaux?episode=702105

    38 Alors quelques spécialistes des Écritures et quelques pharisiens dirent à Jésus : « Seigneur, nous voudrions voir un signe extraordinaire. » 39 Jésus leur répondit : « Cette génération, qui est mauvaise et infidèle à Dieu, réclame un signe, mais aucun signe ne lui sera accordé si ce n'est celui du prophète Jonas. 40 En effet, de même que Jonas a passé trois jours et trois nuits dans le ventre du grand poisson, ainsi le Fils de l'homme passera trois jours et trois nuits au cœur de la terre. 41 Au jour du jugement, les habitants de Ninive se lèveront en face de cette génération et l'accuseront, car les Ninivites ont changé de vie quand ils ont entendu prêcher Jonas. Et pourtant il y a ici plus que Jonas ! 42 Au jour du jugement, la reine du Sud se lèvera en face de cette génération et l'accusera, car elle est venue des régions les plus lointaines de la terre pour écouter les paroles pleines de sagesse de Salomon. Et pourtant il y a ici plus que Salomon !

    Méditation : 

     Ce matin, l’évangile nous questionne : 

    Qui est vraiment Jésus ? S’il est plus que le prophète Jonas et plus que le sage Salomon, qui est-il pour nous aujourd'hui ? Prenons-nous vraiment le temps de l'écouter ?

    Pour le suivre pleinement, nous aimerions tous avoir des signes éclatants, des preuves irréfutables, des miracles incontestables... Car l'être humain a souvent du mal à faire confiance. C’est un constat universel : notre monde est marqué par la méfiance… et, avec le temps, nous perdons parfois notre âme d’enfant.

    Mais une autre question nous est posée : sommes-nous prêts à nous laisser convertir ? Si les habitants de Ninive ont changé de vie en écoutant Jonas… si la reine de Saba, venue de loin, a reconnu la sagesse de Salomon… pourquoi nous est-il si difficile d'écouter Jésus ? 

    Peut-être parce qu’il nous bouscule et nous dérange ! Il nous invite à remettre en cause nos habitudes… à refuser les injustices… à sortir de la réciprocité… à prioriser les relations humaines… 

    En bref, il vient contester nos mentalités marquées par l’intérêt particulier… pour nous mettre à la recherche du bien commun…

    Il nous appelle ainsi à nous laisser transformer…. À faire davantage confiance qu'à réclamer des preuves. À donner le meilleur de nous-mêmes avec les autres.

    Voilà le chemin de la conversion : accueillir son Évangile… laisser son amour déplacer notre regard, … en toute occasion, emprunter la voie du coeur et de l’amour…. afin que notre vie devienne, à son tour, un signe d'espérance pour ceux qui nous entourent.