Lecture biblique : Lc 15, 1-3. 11-32 (voir lecture = en dernière page)
Thématique : Vivre en grand… vivre en plénitude
Prédication de Pascal LEFEBVRE - Bordeaux, le 22 mars 2026 (Temple du Hâ)
Luc 15, 11-32 : une parabole exemplaire
Nous connaissons bien cette magnifique parabole de l’évangile de Luc : la parabole du « père prodigue »… plutôt que du « fils prodigue »… Car c’est bien le père qui agit avec excès… qui fait usage de largesse et de générosité… sans compter… par amour pour son fils cadet.
Évidemment … dans cette petite histoire… ce père de famille… sert de point d’appui et de comparaison… pour parler de Dieu.
La parabole donne ainsi l’image d’un Dieu… qui ne cesse de donner… d’accueillir… de relever… de sauver… un Dieu dont la grandeur se manifeste par l’amour inconditionnel.
J’ai eu la chance le week-end dernier de participer au centenaire des assises nationales des entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC)… Durant ce congrès à Lyon, le mouvements des EDC a accueilli plusieurs intervenants… ils ont notamment abordé ce thème « vivre en grand »… Que signifie vivre en grand ?
Cette question nous concerne… nous-mêmes : vivons-nous en grand ?… en plénitude ?
Pour partager avec vous cette thématique… avec une approche biblique… j’ai pensé que cette parabole de Luc pouvait constituer une merveilleuse illustration de ce que pourrait signifier la vraie grandeur.
Voyons cela ensemble… à travers quelques flash…
Pourquoi et comment ce père de la parabole « vit en grand » ?
- Premier aspect c’est la liberté. La parabole commence par ce point : le fis cadet réclame sa part d’héritage. Et déjà le père ouvre l’avenir de son fils par la liberté… en répondant positivement à sa requête : il lui accorde la part qui lui revient… et la possibilité de vivre selon ses propres choix…
À cette liberté extraordinaire… on peut associer la confiance !… Le père ne sait pas ce que son fils va décider et faire de son bien… mais il lui fait confiance.
Aucune pression, aucune contrainte, aucune infantilisation… le fils est libre de faire ses propres choix… des choix porteurs de vie… ou des choix mortifères…
Malheureusement, l’histoire montre que le fils cadet va se laisser emporter par une vie de désordre… où il dilapidera son bien… jusqu’à sombrer dans la misère… Cette expérience le poussera finalement à un travail d’introspection et à la décision de retourner chez son père.
- Le deuxième point que révèle la grandeur, la plénitude… c’est l’espérance qui habite le père. Elle se manifeste par plusieurs aspects :
D’abord dans le regard. L’histoire nous dit que lorsque le fils, de retour, était encore loin… son père l’aperçu… C’est comme si depuis le départ de son fils… le père guettait son retour… il attendait patiemment de ses nouvelles… ou simplement sa visite… et le voici…
Puis nous connaissons la suite de l’histoire… et l’espérance du père se manifeste encore quand il relève et restaure la vie de son fils… car il espère désormais partager la suite de son existence dans la présence de son enfant.
Enfin, son espérance se manifeste encore - dans la deuxième partie de la parole, lorsqu’il tente d’apaiser la colère du fils aîné… en lui rappelant la communion qu’il partage avec lui… et en l’appelant à se réjouir, lui aussi, du retour de son frère.
C’est donc un père plein d’espérance que nous montre cette parabole.
- Le troisième aspect, c’est la compassion… c’est ce sentiment profond, qui nous fait partager les maux et les souffrances d’autrui… L’évangéliste Luc précise que ce père est « ému aux entrailles »… qu’il se laisse toucher en profondeur par la vision de ce fils devenu pauvre et misérable.
La compassion c’est le moteur de l’action du père… c’est ce qui est à l’origine, à la source de ses prises de décision… et toute l’action suivante va être motivée par ce mouvement d’amour qui habite et anime le cœur du père.
- Le quatrième aspect - qui manifeste concrètement cette compassion - c’est la magnanimité.
La magnanimité… c’est la bienveillance, la bonté, la générosité… la grandeur d’âme… la clémence, la miséricorde qui mettent ce père en mouvement…
Cette magnanimité s’exprime de façon dynamique :
D’abord le père court vers son fils : il se jette à son cou et le couvre de baiser… Et là , il n’adresse aucun mot de reproche à son cadet. Son accueil est inconditionnel. / Certes, le fils - lui - va tenter de parler de son péché, de son éloignement, de sa faute… mais le père est déjà dans le pardon…
Ensuite il demande immédiatement à son personnel de se mettre au service de son fils… pour restaurer la dignité de son enfant… son identité et sa place de fils… afin qu’il retrouve son bien-être physique et relationnel.
Enfin sa générosité s’exprime par la fête qui l’organise pour le retour de son fils chéri.
Ici, la magnanimité du père - sa grandeur - est liée au service et au don de soi : le père exprime sa générosité dans l’attention, la bienveillance et le service qu’il porte à son fils, afin de le rendre à sa vocation de fils.
De façon, à la fois, concrète et symbolique, cette attention du père pour le fils se manifeste dans le soin. D’une certaine manière, ce père devient comme « un bon samaritain » pour son fils (cf. Lc 10, 25-37). Son action est mue par la bonté.
Et surtout, elle est totalement gratuite… Ce qui le distingue de ses fils.
En effet, en lisant attentivement la parabole, on se demande si l’action du fils cadet qui revient à la maison, n’était pas d’abord motivée par le calcul. Il élabore un plan : reconnaître son péché, revenir vers le père, pour être traité comme un ouvrier… pour avoir enfin du pain à manger.
De même, dans la deuxième partie de la parabole, la façon d’agir du fils aîné semble reposer sur la comparaison et le calcul… Il a l’impression d’être floué par la magnanimité du père à l’égard du cadet… L’aîné voit d’un mauvais oeil sa bonté, car il ne croit pas, lui-même, être au bénéfice de la même générosité. Sa méconnaissance du père est à la source de son sentiment de jalousie.
La différence entre le père et ses deux fils, c’est celle qui distingue la gratuité du calcul.
L’action du père n’est motivée par aucun calcul. C’est seulement le cœur qui parle… Il met tous ses moyens au service de sa bonté.
- Cinquième et dernier aspect : c’est la joie qui conclut l’ensemble de la parabole : joie de l’homme perdu enfin retrouvé… joie du père et du fils, autrefois séparés et désormais réunis.
Ainsi… non seulement cette parabole nous parle de Dieu… de l’image que nous pouvons avoir de Lui… de notre façon de discerner son action… Mais, elle nous parle aussi de nous… elle nous appelle à « vivre en grand », à la manière de ce père aimant et généreux.
A travers cinq facettes… que nous pouvons retenir :
- vivre dans la liberté et la confiance
- cultiver une espérance
- nous laisser émouvoir par la compassion qui nous traverse
- manifester magnanimité, générosité et gratuité dans nos rapports aux autres
- cultiver la joie… comme horizon de vie.
Quelques récits du Nouveau Testament
Si on regarde d’un peu les textes phares du Nouveau Testament, on peut s’apercevoir que ces aspects sont régulièrement mis en avant par le Christ.
Dans l’Évangile de Jean, Jésus annonce son programme : « Je suis venu pour que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance. » (Jn 10,10)
Sa vie et son message nous sont donnés pour nous permettre de goûter une vie nouvelle… un vie d’une toute autre qualité et intensité… une vie pleine de sens… guidée par l’Esprit… habitée par l’amour, l’unité et la paix.
C’est là le coeur du message de Jésus… et aussi le moyen qu’il nous donne pour « vivre en grand » : élargir notre coeur, nous ouvrir à un amour gratuit et désintéressé…
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur… et ton prochain comme toi-même. » (Mt 22,37-39). … Tu aimeras même « ceux qui te traitent en ennemi. » (Mt 5,44) dit-il dans le sermon sur la montagne.
Les évangiles nous montrent aussi comment se manifeste cet amour : il se vit par le service et le don de soi. « Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. » (Mc 10,43)
Jésus nous invite à choisir la magnanimité et l’humilité… plutôt que la Mégalomanie ou la « Magalomanie ».
Alors que, dans le monde, on voudrait nous faire croire que « vivre en grand », c’est être puissant, admiré, dominant… à la manière des autocrates ou de certains chefs d’état, qui se croient « tout-puissant »…. Jésus annonce que, dans le monde nouveau de Dieu… les choses sont renversées : « Vivre en grand », c’est faire preuve d’humilité… c’est oser s’abaisser, servir, donner sa vie pour les autres. La vraie grandeur se découvre dans le don de soi et de ses biens.
Lorsqu’on parle de service, bien évidemment, le lecteur de l’évangile a peut-être en mémoire l’épisode du lavement des pieds (Jn 13,1-15) : … où le Christ, s’agenouille, pour se faire serviteur. Il montre ainsi à ses disciples que « vivre en grand », c’est accepter de bousculer les habitudes et les présupposés. C’est mettre en oeuvre une nouvelle forme d’autorité, fondée sur l’égalité, la fraternité et le service.
Enfin, « vivre en grand », c’est aussi avoir un horizon, une vision, un cap, un but… C’est ce que Jésus exprime dans le sermon sur la Montagne : il appelle ses disciples à dépasser leurs préoccupations quotidiennes… centrées sur leurs besoins fondamentaux… pour se mettre en quête du Royaume de Dieu et de sa justice : « Cherchez d’abord le Règne de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné en plus… par surcroit » (Mt 6,33).
[[ Dans sa quête du Royaume… deux épisodes - que vous avez sûrement à l’esprit - peuvent encore appuyer cette « grandeur d’âme », cette « plénitude », que Jésus manifeste :
- Je pense à l’épisode de la multiplication des pains (cf. Mc 6,30–44) :
Alors que Jésus est plein de compassion pour la foule qui l’a suivi… il ne veut pas la renvoyer à sa faim. Dans cette situation, il décide de ne pas fonder son discernement ou son raisonnement, en se basant sur le manque… mais en étant conscient des besoins qui s’expriment… et surtout en voyant, autour de lui, les ressources qui sont à disposition.
Jésus fait confiance au peu qui est déjà offert…. à disposition… les cinq pains et les deux poissons… Il croit en l’abondance du collectif et en la divine Providence.
Il montre ainsi que « vivre en grand », c’est ne pas se laisser diriger ou dominer par la peur ou le manque. Mais c’est croire qu’un « miracle » est toujours possible… à portée de mains… lorsqu’on est mu par la confiance et la foi.
- Je pense également à la fin de la vie de Jésus… au moment où il est arrêté… où Pierre va le renier (cf. Lc 22,31–34 et Jn 21) :
Il est paradoxale de penser qu’au moment critique, Pierre va trahir et renier son maître… et pourtant le Christ lui confiera l’Église.
Ce paradoxe nous enseigne que la grandeur n’écrase jamais la fragilité humaine. Elle est consciente de la vulnérabilité de chacun. Mais elle veut croire, relever, espérer et persévérer. Elle croit que chacun peut trouver en lui le moyen de donner la meilleure part de lui-même…
Il faut juste le temps nécessaire à chacun et la confiance offerte… pour se convertir, pour évoluer, pour grandir… et vivre selon l’Esprit de Dieu. ]]
Un point de vue contemporain
Durant les assises nationales des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens… plusieurs interventions ont été remarquées… notamment celle de l’amiral Loïc Finaz.
Fort de son expérience… celui-ci a expliqué ce que signifie pour lui « vivre en grand » :
C’est dans le service qu’on le découvre… a-t-il dit. C’est une affaire de sens, de don et de courage. Il a parlé de trois aspects qui lui semblaient essentiels :
- porter un regard sur le monde
- Être animée par un esprit
- Avoir une géographie personnelle
Je résume brièvement son propos :
- Premièrement, porter un regard sur le monde : c’est d’abord faire preuve de lucidité et d’une conscience éclairée sur notre situation. C’est voir le monde tel qu’il est, et non tel que l’on voudrait qu’il soit.
Cette lucidité nous rend conscient de l’injustice du monde. Le monde est traversé par des rapports de force. Le droit n’a jamais vraiment dirigé le monde. Les forts ont toujours exercé leur pouvoir sur les faibles. Ce constat nous pousse à agir de manière juste.
- Deuxième point : être animé par un esprit… un esprit d’autonomie et de solidarité / un esprit d’initiative et de service.
L’amiral a parlé d’ « un esprit d’équipage »… où chacun peut entrer dans une dynamique collective… trouver sa place… et se mettre au travail… au service d’une mission…
Bien entendu, tout organisation humaine est faillible… Elle doit faire face à l’erreur…
On ne réussit pas seul, et on n’échoue pas seul non plus.
Lorsque nous participons à une mission commune, chacun a une fonction différente, mais la responsabilité est partagée par tous.
« L’esprit d’équipage », c’est ce qui permet de dépasser les individualités, de crée une solidarité forte, de donner du sens à l’engagement.
Cette affirmation m’a interrogé… Et je me suis demandé si dans nos familles… dans nos lieux d’engagement… dans l’église… nous avions toujours un « esprit d’équipage » ?
- Troisième point avoir une géographie personnelle… c’est-à-dire une vision et un cap.
Une géographie personnelle repose sur quatre choses :
- la mission
- Le sens
- Les circonstances
- Et les autres… les hommes et les femmes…
On ne peut pas vivre en grand, sans mission…
C’est elle qui nous met en mouvement, qui nous fait sortir de nous-mêmes.
On sert pleinement, quand on a une mission…
Chacun est appelé à découvrir la mission à laquelle il choisit de participer.
Les disciples de Jésus sont partis en mission… parce qu’ils ont éprouvé et discerné l’importance de relayer l’Évangile du Royaume, à la suite de Jésus… d’apporter libération et guérison à celles et ceux qui en avait besoin (cf. Mt 10, 7-8)… et de poursuivre la mission du Christ…
La question du sens est aussi primordiale.
Notre société a un problème de sens… En quelque sorte, elle a un problème de boussole…
Le Christ est venu pour redonner un sens… pour nous donner une direction de vie.
Dans les évangiles, toutes les polémiques avec les Pharisiens, autour de la compréhension du sabbat, visent à nous montrer que le sens se trouve dans le lien à l’autre.
C’est le collectif - le lien à autrui, le bien commun - qui donne le sens.
Le lien aux autres conditionne notre ouverture au bonheur… car nous sommes des êtres incarnés et inter-dépendants. Nous avons besoin de considération et besoin des autres… Ces besoins sont mutuels et partagés.
Le sens, c’est aussi ce qui permet de se dépasser… de donner le meilleur de soi… et donc d’accepter de sortir de sa zone de confort, de prendre des risques, de se confronter au réel.
Troisième aspect : les circonstances.
Notre vie est marquée par l’incertitude. Vivre une aventure c’est prendre en compte les circonstances… et tenter de les utiliser à notre profit, pour le bien commun.
Cela signifie de vivre l’incertitude et de saisir les circonstances comme des occasions et des opportunités, pour transformer positivement le monde autour de nous.
Enfin, dernière aspect : les autres… les hommes et les femmes qui nous entourent… avec qui nous vivons, travaillons, avançons.
C’est l’amour qui nous fait vivre en grand… qui nous met en mouvement…
Il n’y a pas de vie bonne, ni de grandeur, sans amour du prochain.
Ce qui est frappant, c’est que ces trois axes — lucidité, esprit d’équipage, cap personnel — rejoignent profondément l’intuition de la parabole : avec la vision d’un père pleinement lucide, qui agit par amour et qui met toute son énergie au service de la vie de ses fils.
Conclusion
Pour conclure… chers amis… je crois que l’Evangile de ce jour nous délivre un message essentiel : l’importance d’entrer en résonance avec ceux qui nous entourent… d’être à leur écoute… de s’ouvrir à la compassion, pour laisser s’exprimer notre générosité.
Partout, les évangiles nous montrent que Jésus n’a jamais vécu « à l’économie », ni dans « la sécurité ».
Sa grandeur s’est manifestée par ses choix et sa cohérence… par sa vie dans le don et le pardon… dans l’amour et le service.
Autrement dit, l’évangile de Jésus Jésus-Christ nous ouvre à une vision chrétienne du monde… qui donne sens et lucidité… pour vivre en grand… vivre en plénitude…. en nous mettant au service de Dieu… de son Esprit et son amour transformateur.
« Vivre en grand », c’est se laisser saisir par la foi… par une confiance dans la présence de l’Esprit divin… qui nous accompagne chaque jour.
Cet Esprit nous ouvre à l’audace… Il nous permet d’oser nous engager et de recommencer… Sans cesse, il nous remet debout… en nous disant « lève-toi et marche » (cf. Jn 5,8 ; Lc 5,23).
Vivre en grand, c’est vivre debout… avec les autres… et devant Dieu…
C’est vivre - dès aujourd’hui - une vie de Ressuscité avec le Christ (cf. Col 3,1).
Alors, n’ayons pas peur ! Le monde a besoin des Chrétiens !
Il a besoin de témoins lumineux… qui choisissent de suivre le Christ !
Amen.
LECTURE BIBLIQUE
LUC 15, 1-3. 11-32
1Les collecteurs d’impôts et les pécheurs s’approchaient tous de lui pour l’écouter. 2Et les Pharisiens et les scribes murmuraient ; ils disaient : « Cet homme-là fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux ! »
3Alors il leur dit cette parabole […] :
« Un homme avait deux fils. 12Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir.” Et le père leur partagea son avoir. 13Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout réalisé, partit pour un pays lointain et il y dilapida son bien dans une vie de désordre. 14Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans l’indigence. 15Il alla se mettre au service d’un des citoyens de ce pays qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. 16Il aurait bien voulu se remplir le ventre des gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui en donnait. 17Rentrant alors en lui-même, il se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain de reste, tandis que moi, ici, je meurs de faim ! 18Je vais aller vers mon père et je lui dirai : Père, j’ai péché envers le ciel et contre toi. 19Je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Traite-moi comme un de tes ouvriers.” 20Il alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut pris de pitié (fut ému aux entrailles) : il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. 21Le fils lui dit : “Père, j’ai péché envers le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils…” 22Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez la plus belle robe, et habillez-le ; mettez-lui un anneau au doigt, des sandales aux pieds. 23Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, 24car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé.”
« Et ils se mirent à festoyer. 25Son fils aîné était aux champs. Quand, à son retour, il approcha de la maison, il entendit de la musique et des danses. 26Appelant un des serviteurs, il lui demanda ce que c’était. 27Celui-ci lui dit : “C’est ton frère qui est arrivé, et ton père a tué le veau gras parce qu’il l’a vu revenir en bonne santé.” 28Alors il se mit en colère et il ne voulait pas entrer. Son père sortit pour l’en prier ; 29mais il répliqua à son père : “Voilà tant d’années que je te sers sans avoir jamais désobéi à tes ordres ; et, à moi, tu n’as jamais donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. 30Mais quand ton fils que voici est arrivé, lui qui a mangé ton avoir avec des filles, tu as tué le veau gras pour lui !” 31Alors le père lui dit : “Mon enfant, toi, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. 32Mais il fallait festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé.” »