dimanche 28 janvier 2018

Mt 25

Lecture biblique : Mt 25 (voir ci-dessous, en bas de la page)
Thématique : la foi, l’espérance et l’amour, en trois paraboles
Prédication de Pascal LEFEBVRE / Tonneins, le 28/01/18

* Comment interpréter ces fameuses paraboles de l’Evangile selon Matthieu ? 

Il faut commencer par les restituer dans leur contexte. 
C’est le dernier discours de Jésus avant sa passion. Au chapitre précédent (chap.24), Jésus parle de l’avènement du Fils de l’homme, une figure biblique - disons même « eschatologique » (qui parlent des choses dernières, des temps derniers) - … ce Fils de l’homme qui est censé intervenir et agir au nom de Dieu… dans une fonction d’arbitre… pour apporter une lumière, un jugement sur l’humanité… et rassembler les élus de Dieu. 

Jésus parle des signes qui annonceront son avènement, sa venue. Mais il ajoute que personne n’en connait vraiment le jour … 
En attendant, il appelle les disciples à veiller. 

C’est donc dans ce contexte de l’annonce de l’avènement du Fils de l’homme que se situe les paraboles de Jésus. Il est question de veillez en attendant cet évènement… car, en effet, personne ne sait quand il adviendra. Jésus invite donc les disciples à persévérer dans la foi, l’espérance et l’amour… en attendant. 

Retenons déjà ici ces trois vertus théologales : la foi, l’espérance et l’amour - sur lesquelles l’apôtre Paul insistera également. Elles peuvent nous servir de grille de lecture pour ces trois paraboles.

* Petite remarque (entre parenthèses) en passant… si vous lisez les chapitres 24 et 25 de Matthieu, vous remarquerez peut-être que Jésus ne semble pas parler directement de lui, lorsqu’il évoque la venue prochaine du Fils de l’homme. Il parle d’un évènement futur que, vraisemblablement, beaucoup de croyants de cette époque attendaient avec impatience. 

Ce sont les disciples qui, plus tardivement, vont appliquer à Jésus (vont plaquer sur lui) cette figure du Fils de l’homme. Ils vont identifier Jésus au messie, au Christ… et du fait de sa mort sur la croix et des expériences d’apparitions (qui révéleront sa résurrection dans la sphère céleste)… ils vont penser que le Fils de l’homme était Jésus lui-même… et que l’avènement du Fils de l’homme signifie le retour du Christ. 

C’est cet évènement qu’attendront avec persévérance tant de Chrétiens durant des siècles. Cette espérance était - on le croyait - imminente à l’époque de l’apôtre Paul… mais, peu à peu, avec le temps, il faut l’avouer… elle a perdu de son souffle. 

Aujourd’hui d’ailleurs, on peut très bien être « chrétien » - vouloir vivre une relation personnelle de confiance avec Dieu… et vouloir suivre et vivre les enseignements de Jésus - tout en pensant que Jésus ne reviendra peut-être jamais. D’ailleurs, s’il vit désormais dans une autre sphère de réalité… dans la lumière éternelle de Dieu… on peut avoir du mal à penser qu’il puisse revenir un jour, en chair et en os. 

On peut donc légitimement habiter autrement cette espérance que décrit Jésus. 
Pour ma part, je ne sais pas si le Fils de l’homme viendra un jour… mais ce que je sais, en lisant la Bible, c’est que nous aurons chacun à rendre compte, d’une manière ou d’une autre, de ce que nous avons vécu et fait de cette vie qui nous est donnée (cf. Mt 25, mais aussi 2 Co 5,10). 
Un jour ou l’autre, à la fin de notre existence, une lumière d’amour sera faite sur notre personne et notre vie relationnelle, et nous constaterons avec Dieu ce qui aura été bon et moins bon. 

La Bible a donc pour rôle - entre autres - de nous apporter des conseils de vie, pour vivre une existence bonne et juste sous le regard de Dieu… et pour ne pas nous retrouver démunis, « le bec dans l’eau », le jour où Dieu nous accueillera dans son règne lumineux. 

En bref… je ne sais pas si le Fils de l’homme viendra un jour, comme Jésus et les disciples le pensaient - personnellement, cette croyance vient plutôt heurter ma raison et me questionner - mais, pour autant, je crois que les enseignements de Jésus restent tout à fait valables et d’actualité… dans la mesure où ils nous aident à réfléchir à l’orientation de notre vie : 

En attendant le jour « j », où nous quitterons cette existence, pour être accueillis dans la lumière éternelle de Dieu… la question se pose de savoir ce que nous avons à faire et à vivre ici bas. 

Pour vivre une vie juste et bonne - ajustée à la volonté de Dieu - Jésus nous guide avec trois paraboles qu’on peut interpréter à la lumière de trois vertus : la foi, l’espérance et l’amour. 

* La première parabole : celle des dix jeunes filles envoyées avec leur lampe à huile au-devant d’un marié qui tarde à rejoindre la noce symbolisent l’espérance. 
Cinq d’entre elles - en tout cas - celles qui ont été sages et avisées, prévoyantes et persévérantes - en apportant des réserves d’huile, montrent que la bonne attitude, face à l’attente d’un monde meilleur, n’est pas l’insouciance, ni la passivité… ce n’est pas le découragement ni la paresse, mais l’attente active : une attente nourrie et habitée par l’espérance. 

L’espérance est montrée à travers la figure de ces cinq jeunes femmes qui savent qu’éclairer la nuit, c’est faire venir l’aurore. 
Elles croient toujours à la venue du Seigneur… elles ont tout prévu dans cette longue attente. 

Par cette parabole, Jésus nous appelle donc à veiller, à garder l’espérance au fond du coeur … et à agir en éclairant le monde de cette espérance, comme l’ont fait ces cinq jeunes filles avec leurs réserves d’huile qui leur a permis d’accueillir l’époux. 

Bien sûr, cette parabole nous concerne aujourd’hui encore : 

N’avons-nous pas, parfois, la tentation de baisser les bras… de nous laisser décourager, face à un monde encore si sombre et si violent ?
Les informations télévisées nous montrent quotidiennement ou presque, à travers le monde, des images de catastrophes, de tensions, de conflits, de guerres, où chaque jour des centaines de personnes meurent dans l’abrutissement de la sauvagerie, dans la misère, ou dans les ténèbres de l’ignorance. Cela ne doit pas nous inciter à penser que le monde est « foutu », que l’humanité est perdue. 

La lumière de l’Evangile brille toujours ici ou là…  même comme une petite flamme fragile… elle est un signe que les choses peuvent être autrement. 
Nous sommes appelés à faire briller cette lumière, en étant à la suite du Christ des artisans d’espérance… en montrant au monde qu’un autre chemin est possible que celui de la réciprocité - du mal contre le mal - de la violence - de la rancune ou de la rancoeur… 

A nous de vivre la gratuité de l’amour, du pardon, de la fraternité, de la réconciliation… à nous de vivre, avec conviction et persévérance, la loi d’amour de l’Evangile… pour être des petites étincelles de lumière et d’espérance dans ce monde (cf. Mt 5, 14-16). 

* La deuxième parabole - celle des talents - met en avant une deuxième vertu : la foi. 
Ce qui distingue, en effet, les deux premiers serviteurs du troisième, ce n’est pas seulement le nombre de talents reçus : 1, 2 ou 5 talents : peu importe… puisqu’un talent représentait déjà une somme considérable et même démesurée (1 talent équivalait à 10 000 deniers). 
Non… ce qui les différencie, c’est la confiance qu’ils ont en leur maître. 
(C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils sont récompensés : ils ne sont pas félicités pour ce qu’ils ont fait, pour les gains obtenus - puisqu’ils présentent d’autres talents, de nouveaux talents à leur maître - mais ils sont approuvés en raison de leur confiance.)

Le dernier serviteur - quant à lui - n’a pas compris son maître - qui symbolise ici Dieu ou le Fils de l’homme. Il a considéré ce talent confié avec méfiance. 
Parce qu’il a vécu dans la peur de se tromper ou la crainte du jugement, il n’a rien entrepris. Il n’a pas compris - pas pris la mesure - du cadeau offert par Dieu. Il l’a simplement caché dans la terre. 
Au retour du maître, qui vient pour prendre des nouvelles, il lui rend en disant : « voici ton bien ! ». 

Ainsi, en ne saisissant pas la confiance offerte par le maître, il l’a pour ainsi dire refusée… contrairement au deux premiers serviteurs qui l’avaient acceptée et qui, du coup, avaient mis à profits les cadeaux reçus. 

On pourrait dire - d’une certaine manière - que ce troisième serviteur s’est lui-même privé de la vie, par peur… en refusant la confiance que le maître lui avait offerte. 

Au regard de cette parabole, on perçoit que la foi consiste, en fait, à accueillir la foi de Dieu, à accepter sa confiance. 

La foi, c’est donc faire confiance à Dieu… ou plus exactement… c’est faire confiance à la confiance de Dieu. 

La foi ne vient pas de nous. Elle consiste à accueillir la foi de Dieu. 
Dieu a eu confiance en ces serviteurs… mais un - par crainte - a refusé cette confiance que Dieu lui offrait.

On voit donc, à travers les deux premiers serviteurs de la parabole, ce que fait la foi : accueillir la confiance que Dieu nous fait, cela nous met en mouvement… cela nous procure courage et audace, pour aller de l’avant, pour innover, pour inventer… et, au bout du compte, cela nous donne de la joie. 
C’est la promesse que Jésus révèle dans cette parabole : « Tu as eu confiance… tu as accepté la confiance que je t’avais faite - dit le maître - tu as mis cette foi a profit… tu as su en tirer de bonnes choses…  d’autres talents… viens maintenant te réjouir avec ton maître ». 

Ainsi, Jésus nous redit, ici, que la foi n’est pas une croyance… une somme de définitions sur Dieu… que l’on enferme dans des dogmes ou un Credo… la foi est comprise comme une relation, qui implique une attitude de fidélité réciproque, qui nous met en mouvement… qui nous ouvre à une nouvelle dynamique… puisqu’il s’agit d’entrer dans la confiance même de Dieu, qui nous relève et nous pousse en avant.

Cette parabole nous rappelle donc que Dieu nous offre sa grâce. 
La foi - si l’on peut dire - se mesure à la façon dont l’homme s’ouvre et accueille cette grâce première de Dieu et y accepte d’y répondre. 

Etre chrétien, c’est être au bénéfice de la confiance surabondante de Dieu, de la fidélité surabondante de Dieu. 
La source de notre foi n’est pas en nous-mêmes, elle est en Dieu. 
Croire en Dieu, ce n’est pas croire en soi…. C’est bien davantage croire que - au-delà de nos fragilités, de nos manquements, de nos faiblesses ou de nos échecs - Dieu nous donne tout ce qui est nécessaire pour continuer à avancer et pour rebondir… et même, au-delà, il nous offre ses bienfaits et ses talents… pour transformer tout ce qui peut l’être en quelque chose de bon… pour les offrir aux autres… pour nous faire porter des fruits d’amour, de fraternité, d’espérance, de joie autour de nous… dans notre famille, notre travail, nos engagements, dans la société ou dans l’Eglise… 

La foi, c’est cela : c’est se reconnaitre au bénéfice de l’amour et de la confiance de Dieu. 
Jésus nous invite à vivre cette confiance chaque jour de notre existence… malgré les épreuves et les difficultés… pour nous permettre de les surmonter. 

* Enfin, troisième et dernière parabole : celle du jugement dernier. 
Elle nous propose, à travers l’image d’une séparation entre des brebis fidèles et des chèvres rebelles, de distinguer ceux qui ont agi pour le règne de Dieu de ceux qui n’y ont pas contribué, pour différentes raisons qui ne sont pas exposées ici : par désintérêt d’autrui ou indifférence, par égoïsme ou négligence…  peu importe les raisons… Le fait est que beaucoup de personnes - et parfois nous-mêmes - sont plus préoccupées par leurs besoins et leurs soucis, que par plus de partage, d’amitié, de fraternité ou de justice. 

Ici, à travers cette petite histoire saisissante - qu’il faut, bien sûr, entendre dans un sens « allégorique » ou « mythique » - et non pas à la lettre - c’est l’amour (la charité), comme vertu fondamentale, qui est mis en avant. 

D’un côté, il y a ceux qui ont désaltéré l’assoiffé, nourri l’affamé, accueilli l’étranger, visité le prisonnier. Et de l’autre, ceux qui sont restés les bras croisés. 

La révélation de cette parabole, c’est que derrière les visages de ceux qui sont en peine (les affamés, les assoiffés, les étrangers, les prisonniers, les malades) se cache celui du Christ… c’est-à-dire le visage de Dieu lui-même. 
L’auditeur de la parabole est désormais prévenu : aimer son prochain, c’est aider son prochain (ce n’est pas éprouver un sentiment, c’est agir en sa faveur)… et cela revient à agir envers Dieu lui-même. 

Ainsi, nous dit cette parabole : mettre à profit le temps qui nous est donné de vivre dans cette existence - en attendant un monde meilleur - ne peut se faire que dans l’amour. 

Une vie sans amour est une vie insensée… perdue… fermée sur elle-même… une vie qui nous éloigne de Dieu… puisque Dieu est amour (cf. 1 Jn 4). 

Au contraire, ceux qui ont agi avec bienveillance sont appelés « les bénis » du Père… ils sont invités à s’approcher de Dieu - « Venez les bénis de mon Père » dit Jésus - car en réalité, il se sont déjà approchés de Dieu par leur compassion, leur générosité et leurs actes bienveillants. 

L’amour fraternel - gratuit et sans calcul - est ici manifesté par des gestes simples, quotidiens : donner à boire, à manger, rencontrer, visiter, soutenir, consoler, prendre soin… des gestes simples à l’intention des plus petits… des plus petits que nous pouvons croiser à tout moment dans notre vie quotidienne. 

Ce n’est donc pas compliqué de s’approcher du Christ… il suffit d’ouvrir les yeux autour de soi, d’éprouver de la compassion pour autrui, d’accepter de se rendre disponible - ce qui est parfois le plus difficile, car on a toujours des soucis et des choses à faire pour soi ou sa famille -  C'est décider de donner un peu de son temps… d’agir, de tendre la main… d’apporter un peu de soin et de réconfort aux autres… et de rendre ainsi le monde meilleur. 

* Ainsi donc… pour conclure… ces trois paraboles nous invitent toutes à veiller, mais en insistant sur une dimension particulière… en mettant en avant des vertus distinctes : l’espérance ou la foi ou l’amour. 

Voilà à quoi doit ressembler notre veille, notre attention quotidienne : développer une conscience plus aiguisée, plus élargie à notre entourage, pour être des instruments, des serviteurs, du règne de Dieu… en propageant la foi, l’espérance et l’amour. 

Les paraboles de Jésus constituent ainsi une exhortation : elles nous appellent à prendre la vie au sérieux ! 
Elles nous disent en substance : Ne passe pas ta vie à dormir ! Réveille-toi et vis vraiment ! Vis selon la volonté de Dieu… et tu mèneras une vie juste et bonne… une vie relationnelle riche de sens… et tu trouveras joie et bonheur !

Par ailleurs, la parabole dite « du jugement dernier » nous montre que l’accomplissement du dessein de Dieu dépasse les frontières et les églises : Quiconque témoigne de l’amour envers un être humain, accomplit - peut-être sans le savoir - la volonté bienveillante de Dieu : il participe à son règne. 

Je me demande dans quelle mesure notre Eglise, nos associations diaconales (comme l’Entraide) et nous-mêmes participons à ce règne. 
Il me semble que nous le faisons, lorsque nous accueillons ceux que nous croisons sur notre route - et qui n’ont parfois aucune place dans la société - lorsque nous les accueillons véritablement comme des frères et soeurs en Christ. 

Je me demande parfois si l’Eglise n’a pas pour unique raison d’être de constituer ce lieu où l’on accueille celui qui n’est accueilli nulle part ailleurs, où l’on donne une responsabilité à celui qui n’en a aucune, où l’on confie un service à celui à qui personne ne fait confiance, où l’on donne la parole à celui qui n’est jamais écouté, parce qu’on le regarde avec les yeux du Christ. 

C’est exactement ce qui se joue dans cette parabole du jugement dernier : le roi (qui symbolise le Fils de l’homme ou peut-être Dieu lui-même) s’identifie au plus petit parmi les frères. Il nous rappelle que nous ne faisons qu’un… que nous sommes tous liés. 

Ainsi donc, lorsque nous traitons toutes les personnes que nous rencontrons - non pas de haut, avec condescendance, comme des « petits » ou des êtres sans importance - mais, au contraire, comme des êtres royaux… des rois ou des reines… puisque c’est ainsi que le Christ les voit… quand nous rétablissons ceux que nous croisons dans leur dignité d’enfant de Dieu… de fils et de fille du Roi céleste… alors, oui, nous témoignons pour eux de l’amour de Dieu… et, dès lors, nous devenons témoins de son règne de foi, d’espérance et d’amour.

Nous sommes ainsi invités à saisir la foi, la confiance, que Dieu nous offre… pour changer de regard sur autrui et sur le monde…  pour contribuer à relever les coeurs et élever les consciences… et devenir des artisans de son Royaume, ici et maintenant. 


Amen. 


Lecture biblique : Matthieu Chapitre 25 (TOB : voir https://lire.la-bible.net)

Les dix vierges
1« Alors il en sera du Royaume des cieux comme de dix jeunes filles qui prirent leurs lampes et sortirent à la rencontre de l’époux. 2Cinq d’entre elles étaient insensées et cinq étaient avisées. 3En prenant leurs lampes, les filles insensées n’avaient pas emporté d’huile ; 4les filles avisées, elles, avaient pris, avec leurs lampes, de l’huile dans des fioles. 5Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. 6Au milieu de la nuit, un cri retentit : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.” 7Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et apprêtèrent leurs lampes. 8Les insensées dirent aux avisées : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.” 9Les avisées répondirent : “Certes pas, il n’y en aurait pas assez pour nous et pour vous ! Allez plutôt chez les marchands et achetez-en pour vous.” 10Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva ; celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et l’on ferma la porte. 11Finalement, arrivent à leur tour les autres jeunes filles, qui disent : “Seigneur, seigneur, ouvre-nous !” 12Mais il répondit : “En vérité, je vous le déclare, je ne vous connais pas.” 13Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure.

Les talents
14« En effet, il en va comme d’un homme qui, partant en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. 15A l’un il remit cinq talents, à un autre deux, à un autre un seul, à chacun selon ses capacités ; puis il partit. Aussitôt 16celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla les faire valoir et en gagna cinq autres. 17De même celui des deux talents en gagna deux autres. 18Mais celui qui n’en avait reçu qu’un s’en alla creuser un trou dans la terre et y cacha l’argent de son maître. 19Longtemps après, arrive le maître de ces serviteurs, et il règle ses comptes avec eux. 20Celui qui avait reçu les cinq talents s’avança et en présenta cinq autres, en disant : “Maître, tu m’avais confié cinq talents ; voici cinq autres talents que j’ai gagnés.” 21Son maître lui dit : “C’est bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de choses, sur beaucoup je t’établirai ; viens te réjouir avec ton maître.” 22Celui des deux talents s’avança à son tour et dit : “Maître, tu m’avais confié deux talents ; voici deux autres talents que j’ai gagnés.” 23Son maître lui dit : “C’est bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de choses, sur beaucoup je t’établirai ; viens te réjouir avec ton maître.” 24S’avançant à son tour, celui qui avait reçu un seul talent dit : “Maître, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes où tu n’as pas semé, tu ramasses où tu n’as pas répandu ; 25par peur, je suis allé cacher ton talent dans la terre : le voici, tu as ton bien.” 26Mais son maître lui répondit : “Mauvais serviteur, timoré ! Tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé et que je ramasse où je n’ai rien répandu. 27Il te fallait donc placer mon argent chez les banquiers : à mon retour, j’aurais recouvré mon bien avec un intérêt. 28Retirez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui a les dix talents. 29Car à tout homme qui a, l’on donnera et il sera dans la surabondance ; mais à celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui sera retiré. 30Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres du dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents.”

Le jugement

31« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, accompagné de tous les anges, alors il siégera sur son trône de gloire. 32Devant lui seront rassemblées toutes les nations, et il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres. 33Il placera les brebis à sa droite et les chèvres à sa gauche. 34Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde. 35Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez recueilli ; 36nu, et vous m’avez vêtu ; malade, et vous m’avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi.” 37Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te donner à boire ? 38Quand nous est-il arrivé de te voir étranger et de te recueillir, nu et de te vêtir ? 39Quand nous est-il arrivé de te voir malade ou en prison, et de venir à toi ?” 40Et le roi leur répondra : “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait !” 41Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, maudits, au feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. 42Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire ; 43j’étais un étranger et vous ne m’avez pas recueilli ; nu, et vous ne m’avez pas vêtu ; malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.” 44Alors eux aussi répondront : “Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, étranger ou nu, malade ou en prison, sans venir t’assister ?” 45Alors il leur répondra : “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait.” 46Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle. »