dimanche 23 mars 2025

Lc 13, 1-9

 Lectures bibliques : Exode 3, 1-15 ; Lc 6, 36.43-45 ; Lc 13, 1-9 = voir textes en bas de cette page

Thématique : se convertir (changer de regard) ou se perdre ? 

Prédication de Pascal Lefebvre - Bordeaux, le 23/03/25 (temple du Hâ)


* Qui est Dieu ? Et surtout, que fait-il  ?

Telle est la question récurrente que nous entendons parfois autour de nous… 

« Avec tout ce qui se passe dans le monde… avec toutes les misères, les guerres, les malheurs… comment croire encore en Dieu ? »

« S’il y avait un Dieu…  ça se saurait ! » « Si Dieu existait vraiment…. on ne verrait pas tout ça ! » C’est le genre de remarques prosaïques qu’on peut encore entendre ici ou là…


Et c’est vrai que l’expérience ou le spectacle du malheur nous interroge… 

Mais faut-il imputer la plupart de nos maux ou l’état désastreux du monde… à Dieu / ou à l’être humain ? 


L’objection de la présence du mal ou du malheur - pour justifier l’absence du divin - n’est-elle pas un peu facile ?…  

N’est-elle pas simplement une manière de nous dédouaner de nos choix parfois catastrophiques… ou de nous défausser de nos responsabilités individuelles et collectives ? 


Les textes du jour ne répondent pas directement à cette objection… mais ils nous livrent des éléments de réponse… 


* Le Dieu présenté dans le livre de l’Exode… le Dieu de Moïse… qui apparait au milieu du buisson ardent… livre son identité : « Je suis celui qui suis » / ou / « Je suis qui je serai »… Dieu est !… il est la Source (l’alpha et l’omega)… le fondement de l’être… 

Et il se manifeste à Moïse, pour apporter le salut… c’est-à-dire délivrance, libération et guérison. 


En effet, le Dieu qui se présente à Moïse est un Dieu d’écoute et de compassion : 

« J'ai vu la souffrance de mon peuple… - dit la voix du milieu du buisson ardent… j'ai entendu les cris que lui font pousser ses oppresseurs… je connais ses douleurs ».


L’auteur du livre de l’Exode présente ainsi l’Eternel, comme la Conscience d’amour universel… qui entend et comprend sa création, ses joies et ses peines… un Dieu qui se met à l’écoute de ses créatures les plus éprouvées ou les plus fragiles…  Et qui propose son aide… pour permettre un changement de situation… en vue d’une délivrance, d’une libération…


Il offre à Moïse la promesse de sa présence - « je serai avec toi » dit la voix - pour permettre une transformation… et un avenir nouveau. 


Dieu n’est donc pas l’Eternel indifférent qui s’absente au milieu des malheurs et des souffrances… mais celui dont on peut chercher la présence au coeur de l’épreuve… Car il offre son soutien à ceux qui se confient à Lui. 


* Un autre type d’objection que l’on entend également autour de nous, tente de relater notre incompréhension face aux malheurs qui nous assaillent : 

« Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu… pour mériter ça ? » 


C’est le genre d’expression qui laisse entendre que Dieu serait une réalité - un Être ou une Force - capable de nous punir… et de nous faire payer…  un tort ou une faute… une erreur ou quelque chose que nous aurions fait de travers… 


Mais n’y a-t-il pas là - déjà - une contradiction dans l’expression de ce questionnement ? 

Si Dieu est bon… si l’on parle du « bon Dieu » justement … comment pourrait-il être celui qui m’inflige une sanction ou une punition ? 


Est-ce que ce qui m’arrive dépend uniquement de la volonté divine ? 

Est-ce que moi-même ou les autres êtres humains - la société qui m’entoure - n’ont pas leur part de responsabilité dans la situation ou le malheur qui s’abat sur moi ? 


Ne suis-je pas le co-créateur - avec d’autres, avec les êtres qui peuplent mon environnement - de ma réalité ? 


C’est la question qui traverse le livre de Job… comment comprendre le malheur qui semble surgir de nulle part… et me tomber dessus ? 


Et une des réponses qu’apporte le livre de Job, c’est de dire que Dieu - Puissance dynamique créatrice et transformatrice… Dieu lutte - encore et toujours - contre le chaos… 

Dieu continue d’agir et de travailler, pour ordonner et parfaire sa création… 


Ainsi, personne - aucun être humain - n’est en mesure de pouvoir juger rationnellement l’action divine…  Car, en réalité, le soin que Dieu prend de sa création dépasse infirment nos possibilités de compréhension. 


Les textes bibliques - aussi bien que Jésus d’ailleurs - ne répondent pas directement à la question de l’origine du mal…  mais ils nous appellent à un changement de regard. 


Ce n’est pas parce que nous n’avons pas toutes les réponses à nos questions existentielles - devant un drame, une maladie, un malheur ou une catastrophe - que nous devons en conclure… soit à l’absence ou l’indifférence de Dieu… soit à la manifestation de sa rétribution… de son courroux ou de sa colère… 


Dieu n’est pas un distributeur automatique de bons points ou de mauvais points… de récompenses ou de punitions… 

Il nous appelle seulement à lui faire confiance, pour agir avec lui… pour tenter de surmonter le mal et les forces chaotiques de destruction… qui prennent parfois le dessus… lorsque règne l’égoïsme, l’avidité, la corruption ou l’indifférence… ou encore la violence, les rivalités, les conflits et les guerres fratricides. 


* C’est ce que Jésus tente de faire comprendre à ses interlocuteurs dans l’épisode que l’évangéliste Luc nous raconte (cf. Lc 13, 1-9)


Jésus tente de répondre à la question du malheur soulevée par un fait divers… 


On imagine qu’à cette époque, le drame des Galiléens massacrés par des légionnaires romains a fait grand bruit. 

L'historien juif Flavius Josèphe transmet d’ailleurs dans ses écrits le portrait de Ponce Pilate comme un homme craintif, prompt à écraser dans le sang toute menace à l'ordre public. 


C’est vraisemblablement ce qui vient de se passer… Et la répression sanglante qu’il a ordonné semble avoir été doublement choquante pour la foi juive : 

- D’une part, il a fait périr des Galiléens de mort violente - Souvenons-nous que la mort violente ou accidentelle passait à cette époque pour une sanction divine frappant les pécheurs. 

- Et, d’autre part, le sang des Galiléens a visiblement été mêlé à celui des animaux sacrificiels destinés au Temple. Ce qui constitue une profanation, un sacrilège. 


Devant cette violence et cette horreur… la question se pose : En quoi ces Galiléens avaient-ils mérité cette mort tragique ? 


La question se répète pour les 18 victimes d'un accident de chantier à la tour de Siloé, située dans l'enceinte sud-est du Temple de Jérusalem : 

En quoi ces habitants - malheureusement au mauvais endroit au mauvais moment - avaient-ils mérité leur sort funeste ? 

Etaient-il plus coupables que les autres habitants de Jérusalem ?


Jésus récuse purement et simplement le bien-fondé de ce genre de croyance… 

« Non » dit-il… « Non…ce qui est arrivé ne vient pas de la culpabilité de ces hommes… victimes d’une tragédie. 


Mais il ajoute une phrase qui pose question : 

« Non, je vous le dis, mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même ». 

Ou plus exactement, en grec : « vous vous perdrez tous de même ». 


Il n’est pas seulement question de « mourir » mais de « se perdre ». 


Comment comprendre ce « de même » (de la même manière) ?

Jésus menacerait-il les non-convertis… d'une mort pareillement tragique ? ou d’une perte totale de sens ?


C’est en nous arrêtant sur le sens étymologique du mot metanoeô « se convertir » qu’une réponse nous est offerte… car ce verbe implique « une réorientation »… 

«  Se convertir »… c’est changer de mentalité et de regard sur Dieu et sur le monde. 


Ce que Jésus affirme ici, avec gravité, à ses auditeurs… c’est que… s’ils ne changent pas leur regard sur Dieu, s’ils ne cessent pas de le voir comme le bourreau des pécheurs - comme un Dieu capable de punir - alors leur vie sera surplombée par ce Dieu-bourreau, sévère et châtieur … 

Alors ils risquent de passer à côté du vrai Dieu… de perdre leur dynamisme et leur enthousiasme… et de mourir dans la terreur de ce Dieu-là. 

Ils risquent tout simplement de vivre les conséquences de leurs fausses croyances… de leur peur et de leur méfiance. 


« Se convertir » - au contraire - c’est découvrir le vrai visage de Dieu : un Dieu ami des pécheurs… un Dieu qui fait preuve de patience et de bienveillance… et qui appelle à agir de la même façon avec autrui…


* La petite parabole qui suit - la parabole du figuier - le fait comprendre… Car elle montre - à travers la figure du Vigneron - l’image d’un Dieu doux et indulgent… un Dieu qui prend soin… plutôt qu’un Dieu qui juge. 


A bien y regarder la parabole montre une incohérence… 

D'un point de vue agricole, soigner un arbre stérile n'offre aucun intérêt. 

En réalité, la décision du propriétaire d'abattre le figuier après trois ans se justifie pleinement. 


Aussi, la proposition du vigneron de bêcher et de répandre du fumier peut paraître extravagante… surtout pour une plante de peu de valeur et qui pousse facilement… comme un figuier. 


Mais l’offre du vigneron illustre l'extraordinaire de la Grâce accordée au pécheur. 


Le personnage principal de cette petite parabole est donc ce vigneron : un vigneron magnifique, qui ose, envers et contre tout, plaider la cause d’un arbre qui ne porte pas encore de fruits… 

un vigneron qui propose d’attendre… qui gagne du temps, en obtenant un sursis… qui obtient un délai de grâce… afin que l’arbre puisse gagner en maturité… 


Jésus ne raconte-t-il pas cette parabole pour nous faire changer d’avis sur Dieu ?


A la lumière de la parabole… il apparait que « se convertir » consiste précisément à renoncer à l'image d'un Dieu intransigeant ou intolérant - comme le maître, le propriétaire, de la parabole - pour adopter le visage du Père compatissant (comme le Christ) - comparable au vigneron attentionné et patient -. 


Il y a urgence à changer son regard sur Dieu… pour pouvoir entrer dans la confiance.


Car l’enjeu de la conversion est là ! 

Comment pourrait-on faire confiance à Dieu… si ne croyons pas en sa Grâce, en son amour et sa bienveillance ?… si nous avons peur de sa dureté, de sa colère ou de son jugement ?


* Par ailleurs, … ne risque-t-on pas de vivre et de traiter les autres… selon l’image que nous avons de Dieu ?


Croire en un Dieu magnanime et compatissant… nous appelle à vivre avec les autres cette indulgence et cette compassion, dont nous sommes les bénéficiaires. 


Puisque l’Evangile nous appelle à agir selon nos croyances et à imiter Dieu (cf. Lc 6, 36 ; Mt 5, 48 ; Ep 5,1) … encore faut-il savoir en quel Dieu nous croyons ?  Quel Dieu sommes-nous réellement appelés à vivre, à expérimenter, à manifester ou à incarner ? 


Il apparait que si nous croyons en Dieu dur et intransigeant… nous aurons tendance - consciemment ou inconsciemment - à calquer notre comportement envers autrui sur ce fondement…


C’est ainsi qu’agissent les fondamentalistes ou les intégristes religieux de toutes sortes - quelle que soit leur religion - en usant de moyens de pression, de dureté, de sévérité, voire même de violence ou de cruauté… dans la mesure où ils croient eux-mêmes en « dieu » capable d’user des mêmes moyens - tout aussi excessifs - avec les humains. 


En revanche, si nous croyons en un Dieu miséricordieux, nous aurons probablement un comportement beaucoup plus généreux et conciliant envers les autres… car nous serons conscients de la bienveillance dont nous bénéficions déjà nous-mêmes… 


C’est simplement une question de « résonance »… nous vibrons (par nos pensées, nos paroles et nos actes) selon nos convictions… selon le système de valeurs et de croyances qui est le nôtre. 

Et cela ne concerne pas seulement notre vie spirituelle… nos croyances impactent toutes les strates de notre existence…


Ainsi, par exemple, si vous croyez que les autres constituent pour vous une menace ou un danger… vous risquez de répondre à ce sentiment ou cette croyance, et à devenir méfiant, suspicieux ou même menaçant à l’égard d’autrui, simplement pour vous protéger … 


Au contraire, si vous croyez que le monde est peuplé de frères et de soeurs à découvrir, à comprendre et à aimer… vous serez sans doute beaucoup accueillant envers les autres…


C’est pour cela qu’il faut sans cesse examiner nos croyances… qu’elles soient religieuses, spirituelles, existentielles, sociétales ou politiques…. garder notre esprit critique et notre conscience éveillée…


En ce 3ème dimanche de carême… où nous sommes appelés une fois de plus à la conversion… il est bon de nous souvenir que Dieu nous aime, qu’il croit en nous… qu’il a une espérance pour chacun d’entre nous et notre monde…  


C’est ce qui nous permet aussi d’avoir foi en notre Père céleste, en nous-mêmes et dans l’avenir…  


En nous calquant sur la confiance de Dieu, nous pouvons regarder le monde avec les yeux de la foi et de l’espérance… avec les yeux du vigneron de la parabole… qui accepte de patienter… qui veut prendre soin de son figuier… même lorsqu’il parait encore improductif… 


Pour devenir productif, il n’y a pas d’autre solution - pas d’autre voie - que d’entrer dans la confiance… que Jésus nous offre. 


C’est ce que nous rappellent de nombreux textes bibliques… comme, par exemple, la parabole des talents (cf. Mt 25)… ou la parabole du fils prodigue (cf. Lc 15). 


Dieu nous appelle à croire en nous…  en notre lien avec Lui… en son amour transformateur…

Le Christ nous offre inlassablement son espérance !… Il souhaite que notre conversion nous amène à produire de bons fruits !


Que cette bonne nouvelle mette la paix dans nos coeurs !… Qu’elle nous réjouisse et nous entraine toujours plus… dans la foi, l’espérance et l’amour.   Amen. 


Lectures bibliques


Exode 3, 1-15


1Moïse faisait paître le troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiân. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l'Horeb. 2L'ange du SEIGNEUR lui apparut dans une flamme de feu, du milieu du buisson. Il regarda : le buisson était en feu et le buisson n'était pas dévoré. 3Moïse dit : « Je vais faire un détour pour voir cette grande vision : pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ? » 4Le SEIGNEUR vit qu'il avait fait un détour pour voir, et Dieu l'appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » 5Il dit : « N'approche pas d'ici ! Retire tes sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte. » 

6Il dit : « Je suis le Dieu de ton père, Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob. » Moïse se voila la face, car il craignait de regarder Dieu. 7Le SEIGNEUR dit : « J'ai vu la misère de mon peuple en Egypte et je l'ai entendu crier sous les coups de ses chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances. 8Je suis descendu pour le délivrer de la main des Egyptiens et le faire monter de ce pays vers un bon et vaste pays, vers un pays ruisselant de lait et de miel, vers le lieu du Cananéen, du Hittite, de l'Amorite, du Perizzite, du Hivvite et du Jébusite. 9Et maintenant, puisque le cri des fils d'Israël est venu jusqu'à moi, puisque j'ai vu le poids que les Egyptiens font peser sur eux, 10va, maintenant ; je t'envoie vers le Pharaon, fais sortir d'Egypte mon peuple, les fils d'Israël. »

11Moïse dit à Dieu : « Qui suis-je pour aller vers le Pharaon et faire sortir d'Egypte les fils d'Israël ? » –  12« JE SUIS avec toi, dit-il. Et voici le signe que c'est moi qui t'ai envoyé : quand tu auras fait sortir le peuple d'Egypte, vous servirez Dieu sur cette montagne. »

13Moïse dit à Dieu : « Voici ! Je vais aller vers les fils d'Israël et je leur dirai : Le Dieu de vos pères m'a envoyé vers vous. S'ils me disent : Quel est son nom ? – que leur dirai-je ? » 

14Dieu dit à Moïse : « JE SUIS QUI JE SERAI. » Il dit : « Tu parleras ainsi aux fils d'Israël : JE SUIS m'a envoyé vers vous. » 15Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d'Israël : Le SEIGNEUR, Dieu de vos pères, Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob, m'a envoyé vers vous. C'est là mon nom à jamais, c'est ainsi qu'on m'invoquera d'âge en âge.

Luc 6, 36. 43-45


36Soyez magnanimes (miséricordieux, compatissants), comme votre Père est magnanime. […]


43Il n'y a pas de bon arbre qui produise un fruit pourri, ni d'arbre malade qui produise un beau fruit. 44Car chaque arbre se connaît à son propre fruit. On ne cueille pas des figues sur des épines, et l'on ne vendange pas des raisins sur des ronces. 45L'homme bon, du bon trésor de son cœur, fait sortir du bon, et le mauvais, de son mauvais trésor, fait sortir du mauvais ; car c'est de l'abondance de son cœur que sa bouche parle.


Luc 13, 1-9

1A ce moment survinrent des gens qui lui rapportèrent l'affaire des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang à celui de leurs sacrifices. 2Il leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens pour avoir subi un tel sort ? 3Non, je vous le dis, mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez (vous vous perdrez) tous de même.

4« Et ces dix-huit personnes sur lesquelles est tombée la tour à Siloé, et qu'elle a tuées, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? 5Non, je vous le dis, mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez (vous vous perdrez) tous de la même manière. »

6Et il dit cette parabole : « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher du fruit et n'en trouva pas. 7Il dit alors au vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier et je n'en trouve pas. Coupe-le. Pourquoi faut-il encore qu'il épuise la terre ?” 

8Mais l'autre lui répond : “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche tout autour et que je mette du fumier. 9Peut-être donnera-t-il du fruit à l'avenir. Sinon, tu le couperas.” »

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