dimanche 8 février 2026

Mt 5, 13-16 - Vous êtes la lumière du monde

Lectures bibliques : Es 58, 7-10 ; Ps 112 (extraits) ; 1 Co 2, 1-5 ; Mt 5, 13-16 = voir en bas de cette page
Thématique : vous êtes la lumière du monde
Prédication de Pascal LEFEBVRE - le 08/02/26 (sur les textes du jour) - Bordeaux (église St Martial, dans le cadre d’un échange de chaire) & le 22/02/26, au temple de Talence. 

La lumière… 

Les textes bibliques que nous venons d’entendre, ce matin, nous ouvrent au thème de « la lumière ». 

- Dans le livre du prophète Esaïe (cf. Es 58, 7-10), la « lumière qui jaillit » dépend de l’orientation du coeur et des choix existentiels. 
Cette lumière se manifeste, lorsque la compassion et la solidarité à l’égard des plus pauvres sont réellement vécues. 

La lumière est intimement liée à la justice.… à une justice concrète. 
Marcher dans la justice, c’est - par exemple - accueillir et vêtir ceux qui sont démunis, c’est agir en faveur de ceux dont les chances de vie sont abîmées et amoindries. 

Le prophète parle ainsi à ses auditeurs : une communauté revenue d’exil… mais aussi aux notables et aux élites religieuses de son temps… qui doivent faire face à de nombreuses inégalités. Il appelle chacun à exercer sa responsabilité fraternelle… à prendre soin des plus vulnérables, à faire « disparaître de chez soi » : « le joug » qui accable les plus modestes. 
Mais aussi à supprimer les comportements négatifs : « le geste accusateur et la parole malfaisante » (dit-il), c'est-à-dire tout ce qui peut humilier, stigmatiser… atteindre la dignité ou détruire la réputation d’autrui.

- Dans le psaume 112, le psalmiste va dans la même direction… 
L'expression : « lumière des cœurs droits » suffit à désigner ce qui est à l’origine de la lumière des êtres : à savoir leur justice, leur tendresse et leur compassion. 
Quand le coeur est ouvert et confiant… il vit dans la générosité et le partage. 

Le psaume résume en quelques versets un programme de vie… il donne la définition d’une vie lumineuse : c’est celle qui « s’appuie sur le Seigneur » et qui vit en relation avec autrui, dans l’amour du prochain, le don de soi et le partage. 

- Enfin, nous avons entendu ce très beau passage - connu - de l’évangile de Matthieu… qui fait suite aux Béatitudes. 
Le Christ - celui qui a dit : « Je suis la lumière du monde. Celui qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres ; il aura la lumière qui conduit à la vie. » (cf. Jn 8, 12) - Celui-là même… annonce que les disciples peuvent aussi être « lumière du monde »… que leur présence compte… que leurs actes ont un impact… pour autant qu’ils vivent selon les Béatitudes… qu’ils incarnent l’humilité, la douceur, la miséricorde, la paix et la recherche de la justice au quotidien. 

Ainsi… celles et ceux qui sont transformés par leur foi - parce qu’ils ont accueilli la lumière de Dieu dans leur coeur et leur vie… ceux-là transforment aussi le monde : ils communiquent autour d’eux une lumière douce, aimante et apaisante… 
Ils transmettent la même lumière que celle du Christ… lorsqu’ils prenait soin des plus petits, des exclus et des laissés-pour-compte… lorsqu’il guérissait les malades et enseignait les foules, en révélant un visage inédit de Dieu : un Dieu de vie et de bonté… qui vient pour le salut de tous. 

Tous ces textes bibliques - nous le voyons - associent la lumière : à l’amour, à la compassion et la justice… 
Ce constat aussi évident soit-il… nous interrogent profondément : 

En tant que Chrétiens (protestants, catholiques, évangéliques, …)… avons-nous le sentiment d’être « lumière du monde »… de participer au rayonnement de l’amour de Dieu autour de nous ? 

Et qu’est-ce que ce serait « être lumière du monde », aujourd’hui, au XXIe siècle ? 

Et l’obscurité…

Pour répondre à cette question… il faut sans doute commencer par regarder le monde tel qu’il est. 
Cette lucidité nous oblige à reconnaître que notre réalité est (au contraire) largement traversée par les ténèbres…

Sans cesse les grands médias, comme les réseaux sociaux, nous relaient l’obscurité du monde : 

Un monde gouverné par « le chacun pour soi », la rivalité et les rapports de force… dans lequel il semble que les plus puissants ne s’intéressent guerre au bien-être, au développement et à l'épanouissement des êtres humains… sinon le monde serait certainement bien différent ! La plupart du temps, ce qui intéresse ceux qui détiennent le pouvoir et l’argent… c’est de développer leur sphère d’influence et leurs propres intérêts. Pour s’en convaincre, il suffit de voir l’attitude de certains chefs d’État qui se moquent bien du droit international… et qui sont prêts à piétiner et éliminer leurs adversaires - sans aucun état d'âme - pour obtenir ce qu’ils convoitent. 

Les semaines passées, des révélations récentes - à travers les dossiers Epstein - ont été partiellement publiées. Et, une fois de plus, ces affaires de dissimulations, de manipulations, de corruptions… avec leurs multiples ramifications… montrent à quel point certaines « élites » parmi les plus influentes et les plus fortunées - appartenant au pouvoir politique, financier, culturel ou scientifique - ont pu sombrer dans le mensonge, l’avidité et les abus… et pour certains même, dans la violence, l’immoralité, la perversité et la monstruosité. [Rien n’est plus sombre que ces scandales qui révèlent à quel point ceux qui détiennent l’argent et dominent le monde, tentent de manipuler le système à tous les niveaux, en agissant dans l’ombre, pour arriver à leurs fins.]

À côté de cela, nous pourrions encore parler de l'injustice systémique liée à la répartition de la richesse dans le monde… C’est toujours un scandale de se rappeler que les 1% les plus riches de la planète possèdent près de la moitié des richesses mondiales. Cette inégalité criante a pour conséquence d’enfermer des millions de personnes dans la pauvreté et de fracturer nos sociétés. [ Aujourd’hui encore, près de la moitié de la population mondiale vit avec moins de 5,5 dollars, par jour. Alors… Où est la lumière pour cette moitié de la population mondiale qui ne peut rien envisager, sinon seulement tenter de survivre ? ]

Enfin, nous pourrions encore visualiser l’obscurité du monde… à travers les idéologies religieuses, fanatiques ou messianiques… tous les mouvements ultra-conservateurs … qui prônent un attachement fondamentaliste et intégriste à leur tradition religieuse - quelle qu’elle soit - au prix de l’élimination pure et simple de tous les autres…

Nous pourrions certainement poursuivre la liste noire des injustices qui traversent le monde… pour discerner à quel point nous sommes dans les ténèbres… et combien nous avons besoin de lumière et d’êtres lumineux dans notre existence. 

Alors, bien sûr…vous pourriez me dire - à juste titre : « il n’y a pas que la noirceur et la laideur du monde… il y a aussi des belles choses autour de nous… et des gens merveilleux qui agissent localement, pour changer les choses… et rendre le monde meilleur… » Et vous auriez mille fois raison !

Toutefois, on ne peut se taire face à l’injustice… ni se résigner face au mal ! Chacun est appelé à élargir son niveau de conscience, à vivre dans la compassion et à exercer sa part de responsabilité. 

Comme le soulignait le philosophe Paul Ricoeur, il faut refuser le découragement et le désespoir cynique, autant que l’optimisme naïf ou béat.

La foi n’ignore pas le mal, mais elle parie sur une transformation possible… en refusant le fatalisme… en choisissant de répondre au mal, autrement que par le mal. 

Alors… fort de ce constat, je reviens à ma question : Qu’est-ce que ce serait « être lumière du monde », aujourd’hui, au XXIe siècle ?

Je vous propose d’esquisser 3 réponses : 

1. Être lumière : vivre l’espérance, sans naïveté, ni toute-puissance

Première réponse… Être lumière du monde, ce n’est pas nier les ténèbres, mais refuser qu’elles aient le dernier mot. 
C’est vivre l’« espérance contre toute espérance » comme le disait Paul Ricoeur (à la suite de l’apôtre Paul). 

Précisément, notre espérance chrétienne, c’est que Dieu « règne », malgré les apparences…
C’est bien ce que nous redisons dans la prière dominicale : « que ton règne vienne »… qu’il s’étende… dans nos cœurs et dans le monde… « et que ta volonté soit faite sur la terre, comme au ciel ». 

[ C’est aussi l’espérance que révèle la fin du livre de l’Apocalypse… à savoir que Dieu est l’Alpha et l’Omega… l’origine et l’accomplissement… Et qu’en dépit du mal et de la souffrance que nous pouvons traverser… tout se dirige vers un accomplissement céleste. Car Dieu tient le sens de la vie et de l’histoire dans ses mains.]

C’est cette espérance que la Lumière divine guide le monde, malgré tout (cf. Es 60, 19-20)… qui nous conduit à nous engager, là où nous sommes… même humblement… pour « lutter » contre les injustices et « résister » au mal. 

Être lumière du monde, ce n’est pas se croire meilleur ou au-dessus des autres… ni s’imaginer que nous pourrions, à nous seuls, réparer toutes les injustices et soigner toutes les blessures. 


Jésus ne dit pas à ses disciples : « Vous êtes le soleil du monde », « vous êtes des sauveurs ». Il parle simplement d’une lampe, d’une flamme, d’une lumière fragile… mais réelle.

Dans le même sens, l’apôtre Paul rappelle que la lumière de l’Évangile ne se transmet pas par la puissance, le prestige ou la domination… mais par notre engagement, même modeste… et même à travers nos failles.

Il a ces mots très forts : « Parmi vous, je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus Christ, ce Messie crucifié.
Et c’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant, que je me suis présenté à vous ».

Être lumière du monde, ce n’est certainement pas briller par notre force ou notre supériorité morale. C’est accepter - à la manière du Christ - de recevoir la lumière divine et de la transmettre autour de nous… C’est accepter que cette lumière passe à travers nous - à travers nos engagements, notre vulnérabilité et nos fragilités - pour offrir consolation… confiance et courage… à ceux qui nous entourent. 

Cette lumière du Christ - que nous pouvons recevoir et relayer… n’est pas là pour éblouir ou écraser… mais pour orienter, guider, permettre de retrouver le sens… une direction de vie… un monde plus fraternel. 

Le Bordelais Jacques Ellul pensait aussi de cette manière. Il écrivait que ce n’est pas par la domination ou la puissance qu’on peut lutter contre un mal qui est structurel. 

Le chrétien n’est pas celui qui domine le monde, mais celui qui empêche qu’il ne se referme totalement sur la logique de la puissance. Ce qui implique esprit critique, discernement, liberté intérieure… et le choix de la « non-puissance ». 

[La « non-puissance », c’est agir sans chercher à dominer, à contraindre ou à s’imposer par l’efficacité.]

Être lumière du monde, c’est d’abord « résister »… C’est refuser les logiques de domination qui écrasent… les logiques de rentabilité, de rivalité et de concurrence, même lorsqu’elles sont présentées comme inévitables. 

C’est par la recherche de la justice, dans tous les domaines, qu’on propage la lumière des Béatitudes. 

2. Une lumière qui se voit… dans les gestes concrets… et des paroles qui relèvent

Deuxième réponse… Être lumière du monde passe par des petits gestes quotidien et concrets… 

Lorsque Jésus dit : « Que votre lumière brille devant les hommes…alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père. » Il ne parle pas de discours… mais de gestes, d’actions visibles et incarnées.

Il propose d’agir de telle manière que Dieu devienne présent et crédible pour d’autres… 
Ce qui implique que nos actions trouvent leur origine et leur source dans l’amour qui vient de Dieu. 

Cette affirmation est dans la droite ligne du prophète Esaïe, lorsqu’il appelle : à partager le pain ; à accueillir les sans-abri ; à couvrir celui qui est nu ; à faire disparaître le joug, la malveillance et la médisance. 

Il nous appelle « simplement » à la cohérence… à mettre en accord et en résonance nos pensées, nos paroles et nos actes… pour qu’ils reflètent l’amour de Dieu !

Dans un monde saturé de paroles violentes, de mépris, de polarisations sur tous les sujets… être lumière, c’est parfois simplement : écouter au lieu de juger ; accepter le dialogue et le débat ; accueillir au lieu d’exclure ; partager au lieu d’accaparer ; protéger la dignité de chacun ; et rechercher le bien commun plutôt que des intérêts particuliers.

Il y a des paroles qui apaisent et qui relèvent… et des gestes justes et altruistes… qui, selon Esaïe, font jaillir la lumière « comme l’aurore ».

3. Une lumière qui commence en nous, avec nous, autour de nous… et qui permet de refuser la banalisation du mal

Enfin, troisième et dernière réponse… on ne peut pas attendre que d’autres agissent… et accomplissent cette mission chrétienne… sans prendre notre part. 

A la fin du sermon sur la Montagne, Jésus rappelle la règle d’or : « Tout ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites le vous-mêmes [d’abord] pour eux » (cf. Mt 7,12)

Le Christ nous appelle à prendre l’initiative du bien.

Bien sûr, il ne demande pas à ses disciples d’illuminer toute la planète.
Il leur demande « simplement » de propager la lumière qu’ils ont reçue… de la refléter… en devenant « lumière » pour d’autres…

Il s’agit de devenir des relais du Christ… des petits « Christ », comme disait le réformateur Martin Luther. 

Une lampe n’éclaire pas tout un pays.  Elle n’éclaire qu’une pièce… une table… un visage.

Être lumière du monde, au XXIᵉ siècle, ce n’est peut-être pas changer le monde entier… Mais c’est déjà repousser l’obscurité de l’égoïsme, de la rivalité et de la discorde autour de nous… dans nos relations, nos maisons, nos entreprises… avec nos proches, nos familles, nos voisins, nos collègues…

Être lumière : C’est croire que :
- la solidarité est plus forte que le cynisme,
- la justice est plus féconde que la violence,
- la compassion est plus subversive que la haine.

[Un des problèmes de notre monde hyper connecté… c’est que nous vivons dans l’immédiateté… nous savons instantanément ce qui se passe à l’autre bout de la planète… et nous sommes ainsi abreuvés d’images violentes… qui ont tendance à banaliser le mal, la vengeance et la brutalité. ]

Comme le montrait Hannah Arendt, le mal n’est pas toujours monstrueux ou spectaculaire : il devient souvent banal. 

Il devient particulièrement dangereux… lorsqu’il cesse de choquer, lorsqu’on s’y habitue… quand des hommes et des femmes renoncent à penser, à discerner, à résister intérieurement.

Et c’est une chose contre laquelle nous sommes appelés à lutter, au nom du Christ : la banalité du mal… Ce mal qui risque de s’étendre et de se radicaliser, quand les individus cessent d’exercer leur esprit critique et d’assumer leur responsabilité.

Être lumière du monde, c’est tout simplement agir… en refusant « l’anesthésie morale » et la banalisation de l’inhumanité.

Conclusion

Pour conclure… chers amis… ces textes de la Bible nous interrogent particulièrement… 

Qu’en est-il pour nous, personnellement ?

« Où sommes-nous appelés, concrètement, à faire briller la lumière des Béatitudes… dans notre vie et notre environnement ? »…
C’est à chacun de répondre !

[Nous en faisons l’expérience… le monde est traversé par de profondes ténèbres. Mais l’Évangile nous rappelle que la nuit n’est que passagère…
Il suffit parfois d’une petite lumière, pour que l’obscurité recule.]

La confiance que nous donne Jésus, c’est « le courage d’être »… ce courage de la foi… qui peut déplacer des montagnes de problèmes… et transformer les situations. 

La volonté du Christ, c’est que notre foi ne reste pas cachée sous le boisseau, mais qu’elle soit placée sur le lampadaire : qu’elle se traduise en gestes de justice, en paroles de paix, en actes de compassion.

Être lumière du monde, c’est oser « mouiller la chemise » (si je peux me permettre l’expression)… autrement dit… risquer sa foi dans la réalité concrète. 

Ainsi… à travers cette lumière fragile mais confiante… cette petite lumière que nous pouvons propager modestement… souhaitons que beaucoup puissent discerner le visage de Dieu… le visage d’un Dieu, qui relève, qui prend soin et qui espère, Lui aussi… Car Dieu espère toujours en nous et notre monde ! 

Amen. 

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Lectures bibliques : 

Es 58, 7-10


Ainsi parle le Seigneur :
    Partage ton pain avec celui qui a faim,
accueille chez toi les pauvres sans abri,
couvre celui que tu verras sans vêtement,
ne te dérobe pas à ton semblable.
    Alors ta lumière jaillira comme l’aurore,
et tes forces reviendront vite.
Devant toi marchera ta justice,
et la gloire du Seigneur fermera la marche.
    Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ;
si tu cries, il dira : « Me voici. »
Si tu fais disparaître de chez toi
le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante,
    si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires,
et si tu combles les désirs du malheureux,
ta lumière se lèvera dans les ténèbres
et ton obscurité sera lumière de midi.

Ps 112 (extraits : 1. 4-5, 6-7, 8a.9)
Une lumière se lève pour celui qui a le cœur droit



Heureux celui qui reconnaît l'autorité du Seigneur, qui prend plaisir à faire ce qu'il commande !

Lumière des cœurs droits, il s’est levé dans les ténèbres,
homme de justice, de tendresse et de pitié.
L’homme de bien a pitié, il partage ;
il mène ses affaires avec droiture.
Cet homme jamais ne tombera ;
toujours on fera mémoire du juste.
Il ne craint pas l’annonce d’un malheur :
le cœur ferme, il s’appuie sur le Seigneur.
Son cœur est confiant, il ne craint pas.
À pleines mains, il donne au pauvre ;
à jamais se maintiendra sa justice,
sa puissance grandira, et sa gloire !

1 Co 2, 1-5

    Frères,
quand je suis venu chez vous,
je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu
avec le prestige du langage ou de la sagesse.
    Parmi vous, je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus Christ,
ce Messie crucifié.
    Et c’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant,
que je me suis présenté à vous.
    Mon langage, ma proclamation de l’Évangile,
n’avaient rien d’un langage de sagesse qui veut convaincre ;
mais c’est l’Esprit et sa puissance qui se manifestaient,
    pour que votre foi repose, non pas sur la sagesse des hommes,
mais sur la puissance de Dieu.

Mt 5, 13-16

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Vous êtes le sel de la terre.
Mais si le sel devient fade,
comment lui rendre de la saveur ?
Il ne vaut plus rien :
on le jette dehors et il est piétiné par les gens.
    Vous êtes la lumière du monde.
Une ville située sur une montagne
ne peut être cachée.
    Et l’on n’allume pas une lampe
pour la mettre sous le boisseau ;
on la met sur le lampadaire,
et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
    De même, que votre lumière brille devant les hommes :
alors, voyant ce que vous faites de bien,
ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

dimanche 1 février 2026

Traverser les tentations : un chemin de vie

Lecture biblique : Mt 4, 1-11 = voir texte en bas de cette page
(Volonté de Dieu : Jacques 1, 2-4. 12-18. 21-25)
Thématique : Traverser les tentations : un chemin de vie
Prédication de Pascal LEFEBVRE, Bordeaux, le 01/02/26 
(inspirée d’un ouvrage de Pierre Glardon « Vous êtes la lumière du monde… » ED ouvertures)

Introduction – La tentation, une expérience humaine ordinaire

Dans la prière dominicale - la prière du 'Notre Père' - nous disons ensemble : « Ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Cette demande est souvent mal comprise. Elle ne dit pas que Dieu serait un tentateur, jouant avec nos failles ou nos fragilités.
Elle dit autre chose, de plus profond, de plus existentiel : 

« Ne nous mets pas à l’épreuve », « Ne nous porte pas dans une tentation que nous ne pourrions traverser. » Autrement dit : « Ne nous laisse pas nous perdre dans ce qui nous divise ou nous détruit. »

La vraie question n’est pas de savoir si Dieu nous tente ou pas…
Mais bien plutôt : comment réagissons-nous, face aux tentations qui traversent nos vies ?

Comme l’écrit l’épître de Jacques : « Chacun est tenté par sa propre convoitise, qui l’entraîne et le séduit. » (Jc 1,14)

La tentation n’est pas un accident spirituel.
 Elle est constitutive de l’existence humaine… car nous sommes des êtres de désirs, mus par des pulsions et une volonté propre. 

Et c’est précisément pour cela que cet épisode de l’évangile de Matthieu nous concerne… En nous faisant entrer dans un dialogue intérieur, il nous montre le combat intérieur de Jésus au désert.

I. Le désert : lieu de vérité et de combat

Juste avant cet épisode, rappelons-nous que Jésus vient d’être baptisé. 
Il a reçu l’Esprit Saint. Et il a entendu cette parole fondatrice :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. » (cf. Mt 3,17)

Et aussitôt, l’Esprit le conduit au désert.

Cette précision de Matthieu nous rappelle que la vie spirituelle ne résume pas à une expérience spirituelle inouïe ou une extase mystique extraordinaire…  
Dans la communion avec Divin, surgit aussi le temps du doute, de l’épreuve… l’épreuve du questionnement… l’épreuve de la cohérence interne, de l’unité intérieure.

Il n’y a pas de foi vivante, sans combat intérieur.
Pas de fidélité, sans discernement.
Pas d’unité, sans résistance aux forces de division qui peuvent se manifester et tenter de nous asservir.

Dans la Bible, le désert - lieu de rencontre avec soi-même et avec Dieu - est toujours un lieu ambivalent : lieu du manque, lieu de la faim, lieu du dépouillement… mais aussi : lieu de Parole, lieu de discernement et de vérité sur soi… lieu de maturation spirituelle.

II. Le tentateur : ce qui divise

Matthieu personnifie ici le mal sous la figure mythique du diabolos : le diviseur, le tentateur… le Satan, dans la Bible hébraïque. 

Le mot diabolos signifie littéralement : « celui qui jette en travers », celui qui divise, qui fracture, qui sépare.

Il est l’exact opposé du mot symbolon - le symbole - qui représente ce qui relie, ce qui rassemble, ce qui fait alliance.

Peu importe, au fond, de savoir si nous croyons ou non à la figure personnelle du « diable ».
Ce que personne ne peut nier, c’est la réalité du mal… et surtout sa capacité à désunir, à désagréger les relations : avec soi-même, avec les autres, avec Dieu. 

Face au mal, quatre attitudes sont possibles :
(1) s’opposer et résister ; 
(2) minimiser, nier ou fuir ; 
(3) s’accommoder, céder, se soumettre ; 
(4) cautionner et collaborer.

Le récit de Matthieu nous montre qu’il est possible de « résister »… et de « traverser » des désirs transgressifs, mais que cela a un forcément un prix, un coût… puisque que ça passe par une forme de renoncement. 

Précisément, il n'est pas de cheminement spirituel, sans choix, sans renoncement, sans passage par le feu.

Ce matin… regardons un peu mieux - à travers les trois tentations présentées dans ce texte - de quoi il en retourne :

III. Première tentation : la confrontation au manque – « Si tu es Fils de Dieu… »

Après quarante jours de jeûne, Jésus a faim.
 Une faim physique, naturelle, bien sûr. Mais aussi une faim existentielle.

Le tentateur commence par attaquer l’identité… il vient instiller et semer le doute : « Si tu es Fils de Dieu… » dit-il. 

C’est toujours ainsi que la tentation agit : par une fragilisation de l’identité.
Elle s’infiltre dans nos fragilités, nos insécurités, nos manques… pour ébranler nos fondements… ou nous demander de justifier ou de prouver ce qui fonde notre existence.

Le fait est que… lorsque nous doutons de nous-mêmes, de notre valeur… quand nous cherchons à combler un vide intérieur… ou quand nous avons peur de manquer… alors tout devient tentant.

Le diviseur suggère une solution immédiate : transformer les pierres en pain.

Mais Jésus refuse de réduire la vie humaine à la seule satisfaction des besoins matériels.  

« L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »


Pour le Christ… tout ne se résout pas par l’avoir… Tout ne se comble pas par des objets, des biens à consommer.

D’autres désirs plus profonds habitent en nous : une soif de plénitude, d’infini… un désir d’unité, d’éternité… le désir profond de se sentir relié à une réalité plus grande… à une réalité transcendante.

Il existe des manques que seul un changement de niveau intérieur - un changement d’état de conscience - peut permettre de traverser.

Si Jésus, individuellement, franchit cette étape … il est vrai que notre société constitue parfois, collectivement, un obstacle à son dépassement. Car elle nous soumet en permanence à cette 
tentation… en instillant en nous :

- le désir de consommer, pour se sentir exister… ou pour calmer une angoisse existentielle,

- le besoin d’accumuler pour se rassurer,

- la soif de remplir nos vies et tout notre temps disponible… (sollicitations diverses pour remplir nos agendas, nos frigos, nos maisons, nos comptes bancaires, …) pour ne pas ressentir le vide.

Notre société nous pousse sans cesse à croire que le manque est une anomalie à supprimer. / Alors… nous comblons inlassablement le vide et le manque. C’est sans doute un des facteurs qui crée une sorte d’indisponibilité fondamentale au Divin.


L’Évangile, lui, tient un autre discours : il nous dit que le manque peut devenir un lieu de vérité… de disponibilité… pour découvrir une faim ou une soif plus profonde. 

IV. Deuxième tentation : le désir de maîtrise et de toute-puissance sur la vie et sur l’environnement

Le tentateur monte alors d’un cran.
 Il invite Jésus à se jeter du haut du Temple.

Et cette fois, le diable cite l’Écriture. Mais il la tord ; il la tronque ; il la manipule.

La tentation ici est redoutable : Accepter d’instrumentaliser Dieu, pour se garantir une sécurité absolue.

C’est la tentation de la maîtrise totale sur la vie… tentation de la toute-puissance… du contrôle sur la vie, sur l’environnement et l’avenir. 

En réalité… le psaume cité ne dit pas que : tout est possible… et qu’un salut angélique ou divin nous est assuré en cas de danger extrême… 

Le Psaume 91 (90 LXX) - qui est ici partiellement cité par le tentateur - parle d’une protection angélique (c’est-à-dire divine) « en toutes tes voies »… c’est-à-dire dans l’existence ordinaire de l’homme, dans son quotidien. Ce n’est pas la même chose ! 

Quoi qu’il en soit… Jésus refuse cette instrumentalisation divine. 

« Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Il renonce à l’illusion de la maîtrise, de la toute-puissance.
Il accepte les limites inhérentes à la condition humaine.

Exister pleinement… vivre « en plénitude »… ce n’est pas vouloir tout maîtriser, occuper tout l'espace ou prendre toute la place ! 
C’est consentir à la relation, à la vulnérabilité, à l’humilité…. c’est laisser de la place à l’Autre et à l’inattendu… au prix d’un travail de lâcher prise de l’ego.

Ici encore, cette tentation est très actuelle, au niveau sociétal. Elle s’exprime par :

– le désir de maîtrise technologique,

– l’obsession sécuritaire,

– la volonté de contrôle total,

– le refus de toute limite… qui s’exprime par le désir de repousser au maximum nos fragilités.

La réalité est pourtant bien différente…  Nous en faisons l’expérience…

La réalité, c’est que la vie humaine est inscrite dans la vulnérabilité, la fragilité, la finitude… Personne ne peut tout maîtriser !

De toute façon, vouloir tout contrôler, c’est - à coup sûr - perdre la relation aux autres… et au réel…. en objectivant ou instrumentalisant autrui. 

V. Troisième tentation : l’avidité, le désir de possession… pour obtenir la gloire, le pourvoir et les richesses… Qu’est-ce que nous adorons vraiment ?

Enfin, le tentateur dévoile son vrai visage. Il promet à Jésus « les royaumes du monde »… le pouvoir et la richesse… à une condition : « Si tu te prosternes et m’adores. » dit-il.

Ici, l’enjeu est clair : A qui… A quoi veux-tu vouer ta vie ?… Qu’est-ce que tu adores vraiment ?

Le pouvoir, la réussite, la domination, la reconnaissance, l’argent ?
 
Ou Dieu seul, source de vie ?

Cette tentation - celle du pouvoir et de l’idolâtrie - est universelle. Son emprise marque tous les milieux : politiques, économiques, religieux, sportifs et associatifs.

C’est la tentation du pouvoir et du « toujours plus »… qui, inévitablement, implique des compromis éthiques… une bonne dose de ruse et de manipulation… et parfois une forme de cynisme… au nom de l’efficacité… pour obtenir le but souhaité, le résultat convoité.

A nouveau, Jésus tranche sans ambiguïté : Il choisit Dieu seul comme référence ultime.

« C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras. » 

Alors, le diable se retire.
Matthieu nous rappelle ainsi que le mal n’est jamais une fatalité.
Qu’il ne tient que par nos consentements… et nos trahisons. 

VI. Et pour nous, aujourd’hui ?… Comment traverser les tentations, à la manière de Jésus ?

Nous aussi, nous pouvons connaître des tiraillements, des tentations… Notre agitation mentale révèle souvent nos soucis, nos pulsions, nos angoisses ou nos inquiétudes. 

Nous pouvons traverser des déserts… comme Jésus… où nos troubles et nos incohérences se manifestent :

– la tentation de la résignation ou de la compromission,

– la fatigue morale,

– le repli sur soi,

– l’avidité,

– l’hyper-activisme,

– la peur entretenue en permanence,

– le découragement ou la tristesse,

– ou encore la perte de sens.

Et souvent, la tentation se présente comme raisonnable, pragmatique, réaliste.
Mais ce récit avec Jésus nous montre un autre chemin.

Comment « résister »… ou plus exactement, comment « traverser » les tentations ?

D’abord, en élevant son niveau de conscience… en faisant preuve de lucidité et de discernement … en se laissant guidé par l’exemple de Jésus. 

Notre mission, c’est d’être à l’écoute de ce qui nous traverse… c’est d’être vigilant… c’est un travail de « conscientisation », face aux pensées involontaires, à l’agitation ou aux divisions qui se manifestent en nous. 

Voici 8 points qui peuvent nous aider à traverser les tentations :

1. Avoir un ancrage identitaire solide - pour travailler à notre unité intérieure


Savoir que nous sommes « enfants de Dieu », aimés inconditionnellement… contribue à notre unité intérieure. L’amour de Dieu nous donne un Centre, un fondement assuré. Savoir que - malgré les épreuves - « rien ne peut nous séparer de l'amour de Dieu » (Cf. Rm 8, 31-39), nous donne une base solide, une confiance en la vie et l’amour reçus. / Il est fondamental d’être au clair sur son identité et sur les valeurs prioritaires auxquelles nous souhaitons nous référer.

2. Refuser le déni - Exercer sa vigilance 


Oser nommer ce qui nous traverse, sans faux-semblants. En toute conscience, faire preuve de vigilance face aux pensées involontaires qui risquent de créer du trouble et de nous diviser.

3. Faire des choix clairs - être capable de distinguer ce qui fait vivre de ce qui peut être mortifère


Tous les choix ne se valent pas. Certains font vivre, d’autres détruisent. Nos choix nous engagent et nous conduisent à des renoncements nécessaires.

4. S’appuyer sur une préparation spirituelle - il n’y a pas de fatalité du mal. 


La Parole - et notamment l’Évangile - est une boussole. La prière, la méditation et le discernement sont des ressources vitales. L’Esprit saint nous soutient ; nous pouvons le solliciter. 

5. Inscrire son cheminement spirituel dans la durée - expérimenter le « laisser passer… sans s’attacher aux pensées involontaires »


Il arrive qu’une tentation revienne régulièrement à la charge. La vigilance est un chemin. Il convient aussi de laisser passer les pensées involontaires, sans s’y attacher.

6. Être accompagné - être soutenu par une dimension communautaire


On résiste mieux quand on est pas seul. La foi est un combat partagé. L’appui d’un ancrage communautaire constitue une aide précieuse.

7. Oser dire non et renvoyer le tentateur avec courage - même s’il est proche


Une des difficultés du combat spirituel est que la tentation s’incarne parfois à travers des proches. Pour Jésus, ce fut, par exemple, à travers Pierre ou Judas que le diable se manifesta (cf. Mt 16,23 ; Jn 13, 27). Cela signifie qu’il faut parfois oser s’éloigner des personnes toxiques autour de nous.

8. Enfin, quand on tombe… se révéler et poursuivre la route autrement


Nos vies sont émaillées de déstabilisations, de chutes et d’échecs… Dans l’Évangile, le Christ ne culpabilise jamais ses interlocuteurs. En revanche, il les appelle à se relever et à poursuivre leur route autrement, conscients de la miséricorde de Dieu.

Conclusion – Le combat spirituel comme chemin de liberté

Pour conclure… le désert de Jésus - et le combat spirituel qu’il a traversé - n’est pas un modèle héroïque inaccessible. C’est une image, une parabole de nos propres combats.
Ce récit de l’Evangile - comme un témoignage - nous rappelle que la foi n’est pas une assurance contre l’épreuve, mais une force pour nous permettre de la traverser.

Malgré les tentations, malgré les divisions, malgré les chutes… le chemin de la vie - avec le Christ - reste toujours ouvert. 

Alors… sur nos chemins spirituels… que l’Esprit saint nous donne discernement, courage et confiance, pour choisir ce qui fait vivre ! 

Et souvenons-nous cette parole du Seigneur dans le livre du Deutéronome : « Vois : j'ai mis devant toi la mort et la vie ; tu choisiras la vie pour que tu vives » (Dt 30, 15-20).  

Amen.


Lectures bibliques


Volonté de Dieu : Jacques 1, 2-4. 12-18. 21-25

 2 Mes frères [et soeurs], considérez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves que vous pouvez rencontrer, 3 sachant que l'épreuve de votre foi produit l'endurance. 4 Or il faut que l'endurance accomplisse son œuvre pour que vous soyez accomplis et parfaits à tous égards, et qu'il ne vous manque rien. […]
12 Heureux l'homme qui endure l'épreuve, parce que, une fois testé, il recevra la couronne de la vie, promise à ceux qui L'aiment.
13 Que nul, quand il est tenté, ne dise : « Ma tentation vient de Dieu. » Car Dieu ne peut être tenté de faire le mal et ne tente personne. 14 Chacun est tenté par sa propre convoitise, qui l'entraîne et le séduit. 15 Une fois fécondée, la convoitise enfante le péché, et le péché, arrivé à la maturité, engendre la mort. 16 Ne vous y trompez pas, mes frères bien-aimés. 17 Tout don de valeur et tout cadeau parfait descendent d'en haut, du Père des lumières chez lequel il n'y a ni balancement ni ombre due au mouvement. 18 De sa propre volonté, il nous a engendrés par la parole de vérité, afin que nous soyons pour ainsi dire les prémices de ses créatures.
21 […] Accueillez avec douceur la Parole, qui a été plantée en vous et qui peut vous sauver.
22 Mettez la Parole en pratique ; ne vous contentez pas de l'écouter, en vous abusant vous-mêmes. 23 En effet, si quelqu'un écoute la Parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel 24 et qui, après s'être regardé, s'en va et oublie aussitôt comment il était. 25 Mais celui qui a plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui y demeure, non pas en écoutant pour oublier, mais en mettant en pratique, – en faisant œuvre – celui-là sera heureux dans sa pratique même.

Lecture biblique : Matthieu 4, 1–11

 1 Alors Jésus fut conduit par l'Esprit au désert, pour être tenté par le diable. 
2 Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il finit par avoir faim. 3 Le tentateur s'approcha et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » 
4 Mais il répliqua : « Il est écrit : Ce n'est pas seulement de pain que l'homme vivra, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu. » 
5 Alors le diable l'emmène dans la Ville Sainte, le place sur le faîte du temple 6 et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas, car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges et ils te porteront sur leurs mains pour t'éviter de heurter du pied quelque pierre. » 
7 Jésus lui dit : « Il est aussi écrit : Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu. » 
8 Le diable l'emmène encore sur une très haute montagne ; il lui montre tous les royaumes du monde avec leur gloire 9 et lui dit : « Tout cela je te le donnerai, si tu te prosternes et m'adores. » 
10 Alors Jésus lui dit : « Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Le Seigneur ton Dieu tu adoreras et c'est à lui seul que tu rendras un culte. » 
11 Alors le diable le laisse, et voici que des anges s'approchèrent, et ils le servaient.