Lectures bibliques : Genèse 27, 1-35 ; Luc 22, 14–20 ; Marc 10, 42–45 (= voir en bas de cette page)
Thématique : La bénédiction : de la logique du privilège à la logique du don
Prédication de Pascal LEFEBVRE - Pamiers, le 10/05/26
Quelle étrange histoire que ce récit de Genèse 27 !
Il existe dans la Bible des histoires de repas et des textes qui semblent d’abord raconter des histoires familiales anciennes… mais qui, en réalité, touchent à des questions très profondes sur nos relations et nos attentes vis-vis de Dieu, des autres, et, plus largement, sur la manière dont nous comprenons la vie… comme une lutte ou comme un don.
Genèse 27 fait partie de ces textes. On y voit un père, Isaac, devenu vieux et aveugle, qui veut bénir son fils ainé : Esaü.
Mais tout bascule quand Jacob - le frère jumeau, arrivé second à la naissance - inspiré et aidé par sa mère Rébecca, décide de tromper son père, pour recevoir la bénédiction, normalement destinée à son frère aîné.
Cette histoire nous trouble… Quels regards porter sur le comportement de Jacob ? A travers lui, la Bible ferait-elle l’éloge de la ruse ?
En première lecture, ce récit ressemble à une histoire de tromperie. Mais si l’on regarde de plus près, une question plus profonde apparaît : qu’est-ce qu’une bénédiction ?
Et surtout… qu’est-ce que nous croyons ou souhaitons recevoir, quand nous demandons la bénédiction de Dieu ?
Pour répondre à cette question, rappelons que dans la Bible, « bénir » ne se réduit pas à une simple formule. En hébreu, le verbe bārak signifie « bénir », mais il est aussi lié au geste de s’agenouiller : la bénédiction naît d’une relation vivante avec Dieu, origine de tout bien, source de toute vie.
Dans le Nouveau Testament, le grec eulogeo signifie « dire du bien ».
« Bénir », c’est dire une parole qui relève, qui fait vivre.
La bénédiction est donc, à la fois, un don de Dieu… qui dit du bien, qui nous accompagne et nous veut du bien… et une parole qui transmet la vie, le Souffle, la vitalité de Dieu.
Regardons, maintenant, comment les personnages de nos textes bibliques envisagent les choses…
Genèse 27 – La bénédiction comme transmission d’un privilège et d’un ordre du monde
Dans le livre de la Genèse, Isaac demande un repas à son fils Ésaü avant de le bénir. Ce détail a son importance : la bénédiction n’est pas prononcée à n’importe quel moment, mais dans un cadre concret, relationnel et intime.
Ce qui est frappant, c’est que cette bénédiction passe par les sens… le goût, le touché, l’odeur, la voix… et qu’elle est centré autour d’un repas solennel.
On a l’impression que le repas partagé est un rite imposé - et peut-être même conditionnel - nécessaire à la transmission de la bénédiction.
Le rassasiement du patriarche et la relation affective apparaissent comme des préalables. Ils précèdent la délivrance d’une parole venant de Dieu.
La bénédiction est insérée dans une logique de dépendance humaine réciproque : le fils doit d’abord nourrir le père, afin que le père puisse bénir le fils.
Il y a donc un cadre rituel très formalisé…
La bénédiction… étant une parole importante et unique, qui va marquer toute l’histoire familiale… celle-ci doit être prononcée dans le contexte d’un repas partagé ou d’une fête familiale… Elle est liée à un moment de plénitude et de communion…
D’une certaine manière, c’est ce qui rapproche le texte de Genèse 27 avec celui de Luc 22.
Au-delà de ce contexte… remarquons que la bénédiction du père n’est pas seulement une parole religieuse. C’est une parole efficace et performative - qui fait ce qu’elle dit… Elle vise la transmission d’un destin familial, social ou tribal… avec le Dieu de l’alliance. Elle permet une structuration de l’avenir pour le groupe ou la famille.
Seulement, dans le récit de Genèse 27, le contenu de la bénédiction interroge.
Quand Isaac bénit, il appelle l’abondance et la prospérité sur son fils… mais aussi la domination sur les frères et sur les autres peuples.
La bénédiction est comprise comme « un privilège » réservé à l’un et pas à l’autre… elle transmet une identité, une place dans la famille, une organisation du monde… sous couvert d’une préférence personnelle et familiale…
Ainsi, Isaac ne bénit pas seulement au nom de Dieu, il bénit aussi à partir de sa propre vision du monde : un monde structuré par la filiation, la hiérarchie et la transmission du pouvoir.
Et c’est là que le texte devient ambigu et dérangeant : on a presque l’impression qu’Isaac instrumentalise la bénédiction divine…
Celle-ci semble passer à travers une compréhension très humaine, très limitée, très terre-à-terre, de ce qu’est la bénédiction.
Et déjà cela pose question… Faut-il croire que Dieu choisit l’un sans choisir l’autre… qu’il puisse bénir l’un, au détriment de l’autre ?
Luc 22 – La bénédiction transformée en don de soi
Maintenant, passons au dernier repas de Jésus…
Le Christ est à table avec ses disciples. Là encore, il y a un repas.
Mais, ici, c’est le Père qui nourrit le fils, à travers le pain et vin, et c’est le fils qui bénit le Père, en rendant grâce.
Et surtout, le contenu des paroles de bénédiction change complètement :
Jésus n’accomplit pas de paroles et de gestes, en souhaitant que l’un de ses disciples ou plusieurs d’entre eux, puissent : « dominer », « hériter du pouvoir » ou « être au-dessus des autres ». Il commence par rendre grâce pour ce qui a été donné par Dieu… pour la coupe… pour le pain et le vin… Il exprime sa reconnaissance pour les dons reçus… et il entre lui-même dans cette logique du don de Dieu, en se donnant symboliquement à son tour. Il dit : « Ceci est mon corps donné pour vous ».
Ici, la bénédiction n’est plus une transmission de pouvoir. Elle devient une transmission d’un don qui passe à travers soi… Elle devient don de soi, transmission de soi.
Le repas n’est plus un cadre préparatoire à une bénédiction : il devient la bénédiction elle-même.
Et surtout, il n’y a pas de tromperie… pas de rivalité fraternelle… pas de hiérarchie instaurée.
Jésus transforme le repas en lieu de don total et de fraternité.
Là où Genèse 27 organise une transmission de pouvoir, l’évangile de Luc (cf. Luc 22) révèle une logique complètement différente :
La bénédiction, c’est Dieu qui se donne… dans le pain et le vin… dans la parole offerte… dans la vie du Christ…. Et ce don est appelé à prendre corps et se prolonger dans la vie-même de ceux qui le reçoivent… et qui deviennent des compagnons, des frères.
Marc 10 – La bénédiction comme renversement du pouvoir
Jésus va encore plus loin dans le passage de l’évangile de Marc que nous avons entendu (cf. Marc 10). Il dit à ses disciples : « Vous savez que les chefs… que ceux qui paraissent gouverner les nations… dominent sur elles en seigneurs… mais il n’en sera pas ainsi parmi vous ».
Et il ajoute : « Celui qui veut être grand parmi vous… sera votre serviteur »
Ici, Jésus ne corrige pas seulement les mentalités et pratiques habituelles. Il renverse carrément la logique.
Dans Genèse 27 : « être béni » signifie recevoir une position supérieure, pour devenir « maître » de ses frères ou des autres nations.
Dans l’évangile de Marc, être grand signifie « servir »… Et être le premier signifie « se faire dernier », au service de tous.
Ainsi, pour le Christ, vivre sous le sceau de la bénédiction divine… c’est dépasser toute idée de hiérarchie… c’est même sortir des logiques de domination.
Jésus conclut ses paroles, en affirmant qu’il applique ce renversement à sa propre existence :
« Le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie ».
Un déplacement biblique
En mettant ces trois textes en résonance, on voit donc un mouvement profond :
- Dans Genèse 27, la bénédiction est la transmission d’une force vitale d’abondance et de prospérité… ainsi que d’un pouvoir familial reçu de Dieu.
- Dans Luc 22, la bénédiction devient action de grâce et don de soi.
- Et dans Marc 10, la bénédiction appelle au service et au renversement des logiques de pouvoir.
C’est une remise en cause de notre manière de comprendre la bénédiction de Dieu… Elle ne se comprend plus comme une possession ou un don à accaparer… mais comme un don qui appelle une transformation… un don qui appelle à entrer dans le mouvement même du don.
Une lecture renouvelée de Genèse 27
À la lumière des paroles du Christ, on peut oser relire le récit de Genèse 27 autrement.
Finalement, cette histoire ancienne n’est pas seulement le récit d’une tromperie de Rebecca et Jacob, la scène d’un conflit familial, révélant l’erreur et l’aveuglement d’Isaac… elle montre aussi quelque chose de plus profond : les patriarches ont une compréhension encore partielle et incomplète de la bénédiction divine.
Isaac comprend la bénédiction comme un héritage matériel, comme une position supérieure ou dominante dans le monde, comme une continuité du pouvoir familial… destinée à obtenir et transmettre un privilège ou une faveur divine.
Mais le Nouveau Testament nous invite à comprendre que la bénédiction de Dieu dépasse cette logique. Recevoir la bénédiction, c’est revoir un don qui appelle une responsabilité… c’est recevoir le signe de la présence de Dieu, pour devenir, à son tour, don et bénédiction pour les autres… c’est un don qui nous appelle au service et à la communion avec les autres.
Conclusion
Ainsi… chers amis… pour conclure… les textes de ce jour questionnent nos mentalités et nos réflexes : quelle forme de bénédiction cherchons-nous, pour nous-mêmes ?… dans nos vies ? Qu’attendons-nous de Dieu ?
Dans les évangiles (cf. Luc 22 et Marc 10), Jésus transforme radicalement la compréhension ancienne de la bénédiction comme la transmission d’une force ou d’un pouvoir venu de Dieu, dans un monde familial ou tribal, structuré par la force et la domination.
En renversant la perspective, Jésus nous propose de sortir des rapports de force… qui cantonnent « le salut » à un groupe minoritaire… pour lui donner une dimension « universelle » : il nous invite à envisager la bénédiction comme une ouverture au don, jusqu’au don de soi… à voir la grandeur comme un service… et la vie reçue de Dieu comme un don à partager et à faire fructifier pour les autres.
La question n’est pas de savoir « suis-je béni ? » ou « qui reçoit la bénédiction ? »… car pour Paul et les premiers chrétiens, tous les croyants sont héritiers de la promesse…
La question est davantage de savoir « dans quelle logique de vie entrons-nous quand nous recevons la bénédiction de Dieu ? »… « comment la présence et la bénédiction de Dieu nous transforment-elles ? »
Plus largement… ces récits bibliques interrogent notre rapport à la vie, à Dieu et aux autres…
- Est-ce que je comprends la vie comme un héritage à posséder… ou comme un don à partager ?
- Est-ce que la bénédiction divine est un plus que je reçois - une sorte de privilège - pour être au-dessus du lot, pour faire partie du groupe des « winners », des « élus », aimés de Dieu, pour jouir davantage de la vie et en profiter … ou quelque chose qui m’est donné, afin d’être transformé, pour devenir plus conscient, pour avoir un coeur élargi et compatissant, pour mieux vivre ensemble et pour servir ?
Une fois de plus… le message de l’Evangile est à contre-courant de nos instincts naturels ou habituels :
Dans notre société, tout nous pousse à désirer la meilleure place, à vouloir être le premier, à se faire un nom, et si possible à être servi… parfois en écrasant les autres…
Mais voilà que la Nouvelle Alliance ouverte par Jésus… remet en cause nos logiques de pouvoir… Elle nous apprend autre chose : Notre nom nous est donné par Dieu.
La bénédiction, c’est ce que l’on reçoit pour donner et se donner… car, fondamentalement, « il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Ac 20,35)… et si « vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10,8) dit le Christ.
Ainsi… chers amis… que la bénédiction de Dieu que nous avons reçu le jour de notre baptême… et que nous recevons chaque dimanche à la fin du culte… nous incite à renoncer à toute logique de domination… et qu’elle nous inspire… non seulement pour dépasser les rapports de force… mais aussi pour nous permettre de devenir « bénédiction » les uns pour les autres…
C’est là notre mission : devenir porteurs et passeurs de bénédiction, les uns pour les autres. Amen.
Lectures bibliques
Genèse 27, 1-35
1 Isaac devenait vieux, ses yeux s'étaient affaiblis : il ne voyait plus. Il appela Esaü, son fils aîné : Mon fils ! Celui-ci lui répondit : Je suis là ! 2 Il reprit : Je suis vieux, et je ne connais pas le jour de ma mort. 3 Maintenant, je te prie, prends tes armes, ton carquois et ton arc, sors dans la campagne et chasse du gibier pour moi. 4 Prépare-moi un plat appétissant comme je les aime, et apporte-le-moi pour que je le mange, afin que je te bénisse avant de mourir. 5 Tandis qu'Isaac parlait à son fils Esaü, Rébecca écoutait. Esaü s'en alla dans la campagne pour chasser du gibier et le rapporter.
6 Rébecca dit à Jacob, son fils : J'ai entendu ton père dire à Esaü, ton frère : 7 « Apporte-moi du gibier et prépare-moi un plat appétissant pour que je le mange, et je te bénirai devant le Seigneur avant ma mort. » 8 Maintenant, mon fils, écoute-moi ; voici ce que je t'ordonne : 9 va me chercher deux bons chevreaux du troupeau, je te prie ; j'en ferai pour ton père un plat appétissant comme il les aime. 10 Tu l'apporteras à ton père pour qu'il le mange, afin qu'il te bénisse avant sa mort. 11 Jacob répondit à Rébecca, sa mère : Esaü, mon frère, est velu, tandis que ma peau est lisse. 12 Peut-être mon père me tâtera-t-il, et il croira que je me suis moqué de lui ; ce n'est pas une bénédiction, mais une malédiction que je ferai venir sur moi ! 13 Sa mère lui dit : Que cette malédiction soit sur moi, mon fils ! Ecoute-moi seulement et va me chercher les chevreaux. 14 Il alla les chercher et les apporta à sa mère ; sa mère prépara un plat appétissant comme son père les aimait. 15 Ensuite Rébecca prit les vêtements d'Esaü, son fils aîné, les plus beaux qu'elle avait à la maison, et elle les fit mettre à Jacob, son fils cadet. 16 De la peau des chevreaux, elle couvrit ses bras ainsi que son cou, qui était lisse. 17 Puis elle mit le plat appétissant et le pain qu'elle avait préparés dans les mains de Jacob, son fils.
18 Il vint vers son père et dit : Père ! Celui-ci répondit : Je suis là ! Qui es-tu, mon fils ? 19 Jacob répondit à son père : Je suis Esaü, ton premier-né ; j'ai fait ce que tu m'as dit. Lève-toi, je te prie, assieds-toi et mange de mon gibier, afin que tu me bénisses. 20 Isaac dit à son fils : Comme tu l'as vite trouvé, mon fils ! Il répondit : C'est que le Seigneur, ton Dieu, l'a fait venir au-devant de moi. 21 Isaac dit à Jacob : Approche, je te prie ; que je te tâte, mon fils, pour savoir si tu es bien mon fils Esaü ! 22 Jacob s'approcha d'Isaac, son père, qui le tâta et dit : C'est la voix de Jacob, mais ce sont les bras d'Esaü. 23 Il ne le reconnut pas, parce que ses bras étaient velus, comme ceux d'Esaü, son frère ; et il le bénit. 24 Il dit : C'est bien toi, Esaü, mon fils ? Il répondit : C'est moi. 25 Il dit : Sers-moi, que je mange du gibier de mon fils, afin que je te bénisse. Jacob le servit, et il mangea ; il lui apporta du vin, et il but. 26 Alors Isaac, son père, lui dit : Approche, je te prie ; embrasse-moi, mon fils !
27 Il s'approcha et l'embrassa. Isaac sentit l'odeur de ses vêtements ; puis il le bénit en ces termes :
Oui, l'odeur de mon fils
est comme l'odeur d'un champ que le Seigneur a béni.
28 Que Dieu te donne, de la rosée du ciel
et des ressources de la terre,
abondance de blé et de vin !
29 Que des peuples te servent,
que des nations se prosternent devant toi !
Sois le maître de tes frères,
que les fils de ta mère se prosternent devant toi !
Maudit soit celui qui te maudit,
béni soit celui qui te bénit !
30 Isaac avait achevé de bénir Jacob, et Jacob avait à peine quitté Isaac, son père, qu'Esaü, son frère, revint de la chasse. 31 Il prépara, lui aussi, un plat appétissant qu'il apporta à son père. Il dit à son père : Lève-toi, père, et mange de mon gibier, afin de me bénir, moi, ton fils ! 32 Isaac, son père, lui dit : Qui es-tu ? Il répondit : Je suis ton fils premier-né, Esaü ! 33 Isaac fut saisi d'un tremblement terrible ; il dit : Qui est donc celui qui a chassé du gibier et qui me l'a apporté ? J'ai mangé de tout avant que tu arrives, je l'ai béni, et il sera béni !
34 Lorsque Esaü entendit les paroles de son père, il poussa un grand cri, terriblement amer, et dit à son père : Moi aussi, bénis-moi, père ! 35 Il répondit : Ton frère est venu par tromperie et il a pris ta bénédiction. […]
Luc 22, 14–20
14 L'heure venue, Jésus se mit à table, et les apôtres avec lui. 15 Il leur dit : J'ai vivement désiré manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir, 16 car, je vous le dis, je ne la mangerai plus jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. 17 Il prit une coupe, rendit grâce et dit : Prenez ceci et partagez-le entre vous ; 18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu'à ce que vienne le règne de Dieu.
19 Puis il prit du pain ; après avoir rendu grâce, il le rompit et le leur donna en disant : C'est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. 20 Il fit de même avec la coupe, après le dîner, en disant : Cette coupe est l'alliance nouvelle en mon sang, qui est répandu pour vous.
Marc 10, 42–45
42 Jésus appela les disciples et leur dit : Vous savez que ceux qui paraissent gouverner les nations dominent sur elles en seigneurs, et que les grands leur font sentir leur autorité [leur domination]. 43 Il n'en est pas de même parmi vous. Au contraire, quiconque veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; 44 et quiconque veut être le premier parmi vous sera l'esclave de tous. 45 Car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude.
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