dimanche 21 juin 2026

Le combat spirituel

Lectures bibliques : Gn 32, 23-32 / Job 3, 3a. 20-26 & 19, 25-27 / Mc 14, 32-38 / Ep 6, 10-18 = voir textes en bas de cette page. 
Thématique : le combat spirituel : s’accrocher, espérer, s’abandonner, tenir bon. 
Prédication de Pascal LEFEBVRE - le 21 Juin 2026 - temple de Talence & le 5 juillet 2026 - temple de Soulac.


Aujourd’hui, je vous propose de réfléchir à une expression qu’on entend parfois dans les milieux chrétiens : « le combat spirituel ».

Quand on entend ces mots, on pourrait imaginer une lutte entre le bien et le mal, des forces invisibles qui s’affrontent ou des expériences extraordinaires, réservées à quelques croyants particulièrement fervents.

Pourtant, lorsqu’on ouvre la Bible, le combat spirituel apparaît sous un jour beaucoup plus proche de notre expérience. C’est une sorte de lutte intérieure… que nous connaissons… lorsque nous sommes confrontés à l’inquiétude, à l’angoisse, à l’épreuve, au découragement ou à une décision difficile. 

Dans notre imaginaire, la foi est souvent reliée à la paix, à la confiance, à la sérénité… Mais elle peut aussi être un combat qui surgit, lorsque la peur nous envahit…. lorsque la souffrance nous accable… ou lorsque Dieu paraît silencieux. 

Dans ce temps d’épreuve, les événements que nous traversons nous poussent à douter. C’est alors une lutte qui s’engage… pour ne pas se résigner… pour demeurer en relation avec Dieu, lorsque quelque chose voudrait nous en détourner. 

La Bible ne présente pas une seule manière de vivre ce « combat ». Elle nous montre plusieurs chemins. Aujourd’hui, je vous propose d’en parcourir brièvement quatre :

- Jacob au bord du Yabboq.
- Job au cœur de la souffrance.
- Jésus à Gethsémané.
- Et enfin, les croyants auxquels Paul s’adresse dans la lettre aux Éphésiens.

À travers eux, nous découvrirons quatre manières de vivre le combat de la foi : s’accrocher, espérer, s’abandonner, ou résister et tenir bon. 

1. Jacob : s’accrocher à Dieu dans la nuit

Le premier texte se trouve dans le livre de la Genèse - au chap 32 (cf. Gn 32,23-32) : Jacob se trouve à un moment décisif de son existence. 

Après des années d’absence, il revient vers son pays natal, pour une rencontre qu’il redoute : celle de son frère Ésaü.

Jacob traverse une crise profonde, car il sait qu’il lui a fait du tort. 
Des années plus tôt, il a trompé son frère… il lui a pris son droit d’aînesse et la bénédiction de leur père. 
Vingt ans plus tard, il ignore encore comment Ésaü va réagir. Il est particulièrement inquiet. 

Cette nuit-là, Jacob est seul, au bord du torrent du Yabboq.
Et soudain, se produit une scène étrange : un mystérieux personnage lutte avec lui jusqu’à l’aube.

Le récit est volontairement énigmatique. Qui est cet adversaire ? Un homme ? Un ange ? Dieu lui-même ? Le texte ne donne jamais de réponse définitive.

Le combat semble, à la fois, physique et symbolique / intérieur et spirituel / lié à son passé, à sa peur d’Ésaü et à sa relation à Dieu.

C’est un moment crucial, qui rapproche la foi et la vérité, en les associant à l’image de la lutte. 

A la fin de l’épisode… lorsque Jacob devient « Israël »… il lui est dit qu’il a « lutté avec Dieu ».
Or, cette formule est ambivalente : 
- Elle peut signifier : lutter contre Dieu.
- Mais elle peut aussi signifier : lutter avec Dieu à ses côtés.
Et c’est précisément cette tension que vit Jacob.

Son véritable adversaire n’est sans doute pas seulement ce personnage mystérieux. Son combat est aussi intérieur : Il lutte contre sa peur…. contre son passé…. et contre sa culpabilité d’avoir toujours agi par ruse…

Il lutte contre tout ce qui l’empêche d'aller à la rencontre de son frère.

En effet… ce n’est probablement pas un hasard si cette lutte a lieu juste avant la rencontre avec Ésaü. Avant d’affronter son frère, Jacob doit affronter quelque chose en lui-même. Avant de traverser la frontière extérieure, il doit traverser une frontière intérieure… en se présentant honnêtement à Dieu.

La réconciliation avec l’autre passe souvent par un travail de vérité sur soi-même.

Ainsi, dans ce combat, Dieu n’est pas absent. Il est mystérieusement présent.

Et, au petit matin, Jacob est peut-être blessé à la hanche… il devient boiteux… Mais il est aussi transformé. Et il reçoit un nouveau nom : « Israël ».

[ Ce qui est intéressant, c’est la richesse de sens derrière ce nom « Israël ». 
En hébreu, la formule peut être comprise de plusieurs manières : celui qui lutte avec Dieu, celui qui lutte contre Dieu, celui pour qui Dieu lutte, ou encore celui qui lutte en s’appuyant sur Dieu. Le texte lui-même entretient cette polysémie.
Et peut-être que toute notre vie spirituelle tient dans cette tension. ]

Ce qui est aussi frappant, dans ce récit, c’est que la bénédiction naît au cœur même du combat.
Elle ne supprime pas l’épreuve. Elle transforme celui qui la traverse… 

Et la preuve de cette transformation… ce n’est pas seulement la blessure qu’il va conserver, c’est justement le nouveau nom qu’il reçoit… symbole d’une nouvelle identité.

C’est en cela que cette histoire nous concerne encore :
Dans notre existence, nous pouvons - nous aussi - connaître cette nuit de Jacob : un temps de crise personnelle ou familiale, un temps d’angoisse, de remise en cause, de maladie, de deuil… des moments où nous avons l’impression de lutter, à la fois, avec nous-mêmes et avec Dieu…. 
Mais ce récit nous rappelle que ces moments difficiles peuvent parfois devenir des lieux de transformation. 

Ce qui est également remarquable… C’est la ténacité de Jacob… 
Malgré la lutte et la blessure… il tient bon. Il refuse de lâcher prise, tant qu’il n’est pas béni par cet inconnu. 

La « persévérance » est peut-être la première forme du combat spirituel : Continuer à chercher Dieu, même lorsque tout semble obscur… Continuer à s’accrocher, lorsque les réponses ne viennent pas…. Continuer à croire qu’une bénédiction est encore possible.

[Cet épisode constitue le seul texte de la Bible où la bénédiction s’obtient à la suite d’un combat. Qu’est-ce que cela peut bien signifier ?… Sinon nous rappeler que la foi peut parfois émerger d’une lutte intérieure. ]

Nous avons tous des fragilités… des regrets… des peurs… des culpabilités… C’est parfois à travers nos blessures que nous recevons les plus grandes bénédictions… si nous parvenons à les surmonter. 

2. Job : espérer lorsque Dieu paraît absent

Avec le deuxième extrait - l’histoire de Job - nous faisons un pas de plus dans le combat : 

Si Jacob luttait avec Dieu… Job, lui, semble lutter avec l’absence de Dieu.

Job a tout reçu dans sa vie… mais aussi tout perdu : ses enfants, sa santé, ses propriétés, ses biens.  Et il pousse un cri qui traverse les siècles : « Périsse le jour où je suis né ! » (Job 3,3)
Puis il ajoute : « Pourquoi donner la lumière à un malheureux ? » (3,20)

Ici, nous sommes très loin des discours pieux ou « politiquement correct ». 
Job ne cache rien. Il ne fait pas semblant…. Il clame sa souffrance… Il crie sa révolte… son incompréhension…son épuisement.

Et pourtant, chose remarquable, Job continue à parler à Dieu.

[ Il proteste. Il conteste. Il interroge. Mais il ne rompt pas la relation.
Et c’est là toute la grandeur de sa foi. ]

Contrairement à ce qu’on pense souvent… le contraire de la foi n’est pas forcément le doute.
Le contraire de la foi, c’est plutôt l’indifférence, la peur ou la méfiance. 

Job doute, il se révolte. Mais il continue de chercher Dieu.

Et un peu plus loin… au cœur même de sa nuit… surgit cette parole étonnante : « Je sais, moi, que mon défenseur est vivant. » (Job 19, 25)

Job ne sait pas comment. Il ne sait pas quand, ni pourquoi. Mais il refuse de croire que le mal aura le dernier mot.

Voilà une autre forme du combat spirituel : Espérer, contre toute espérance…  Espérer, même lorsque Dieu paraît silencieux.

[ L’exemple de Job nous invite à continuer à chercher une lumière… même lorsqu’on ne voit plus que la nuit.
Il nous pousse à rester en dialogue avec Dieu… malgré tout… même quand on n’a pas toutes les réponses… et même lorsqu’on souffre. ]

Je crois que c’est un point très important : 
La foi ne consiste pas à toujours dire « oui » et « amen » ou à faire semblant d’aller bien. Elle est la liberté de tout déposer devant Dieu, même notre peur, notre révolte ou notre incompréhension.

3. Jésus : s’abandonner à Dieu dans l’épreuve

Avec le troisième texte, nous arrivons maintenant au jardin de Gethsémané… pour une autre nuit et un autre combat.

Comme Jacob…. Jésus ressent - lui aussi - une forme de solitude et d’angoisse… mais pour d’autres raisons. 

Il sait que son arrestation approche. Une mort violente semble déjà annoncée. Jésus est bouleversé et profondément attristé.

L'Évangile de Marc nous montre un homme très éprouvé. 
Il prie son Père avec une sincérité désarmante : « Éloigne de moi cette coupe. »
Autrement dit : « S’il est possible, que cette épreuve me soit épargnée. »

Ici… nous sommes loin d'une foi triomphante ou héroïque. Jésus connaît l’angoisse… la peur… et la détresse.

[ Face à l’épreuve de la Croix qu’il pressent, Jésus est tenté d’écouter son propre désir… « vivre malgré tout » … Et tout l’enjeu de ce passage est de nous faire sentir le débat intérieur qui est le sien…  le point de bascule… le moment où sa volonté va lâcher… pour finalement entrer dans la confiance du Père… en abandonnant son propre désir. ]

C’est par la prière qu’il traverse cette tentation. 
Et peu à peu, sa prière prend une autre direction : celle d’un abandon : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. » (Mc 14,36).

C’est ici que le contraste avec Jacob devient intéressant : 
Là où le patriarche s’accrochait et refusait de lâcher son adversaire… Jésus, lui, entre dans le lâcher prise et s’abandonne.

Il ne cherche pas à fuir sa peur. Il ne nie pas sa souffrance… Mais il la présente au Père dans la prière… pour la lui remettre. 

Il s’agit ici aussi d’un combat spirituel… mais il se dénoue autrement… Car le « lâcher-prise » n’est pas une résignation. C’est un acte de confiance.

Le combat de Jésus consiste à remettre sa vie entre les mains du Père, malgré les ténèbres qui l’entourent. 
C’est le combat de la fidélité dans l’épreuve… de la persévérance dans la foi… même lorsque tout devient obscur.

[ Sans que nous soyons, nous-mêmes, dans cette extrémité… l’Evangile nous rappelle que « croire » consiste à franchir ce pas de la foi… à rester en relation, pour traverser la peur, le doute, la détresse…  à remettre notre vie entre les mains de Dieu… même lorsque nous ne voyons plus clairement le chemin… ou que tout semble s’effondrer. ]

4. Paul : tenir bon avec les ressources de Dieu

Enfin, dans le quatrième et dernier texte - la lettre aux Éphésiens - l’apôtre Paul reprend, lui aussi, le thème du combat… en précisant le type d’adversaires : 

Il souligne que « notre lutte n'est pas contre la chair et le sang. » (cf. Ep 6,12)… que le combat n’est jamais contre « les autres êtres humains », contre des personnes. 

Pour l’apôtre, le combat spirituel concerne tout ce qui détruit la vie, la confiance, la justice, la vérité ou l’espérance. Il s’agit de « résister » aux forces qui déshumanisent et éloignent de Dieu.

Nous connaissons ces forces autour de nous, que nous appelons parfois : 
habitudes… résignation… peurs… défaitisme… fatalité… méfiance… manipulations… mensonges…injustices…

Pour décrire cette lutte, il utilise l’image de « l’armure » du soldat. Mais lorsqu’on regarde de près cette armure, on découvre des armes étonnantes : 
La vérité / La justice / La foi / L’espérance du salut / La Parole de Dieu / La prière.

Ce ne sont pas des armes de conquête… mais de défense…  Ce sont des ressources pour tenir debout et continuer d’avancer. 

Ce qui frappe, dans ce passage, ce sont justement les verbes qui reviennent sans cesse. Paul répète : « Tenez bon. » / « Résistez. » / « Restez debout. »

Le combat spirituel n’est pas présenté comme une conquête spectaculaire.  Il s’agit plutôt de ne pas céder au découragement. / De ne pas abandonner la confiance. / De continuer à espérer, lorsque tout pousserait à renoncer.

[ Ces ressources données par l’armure de Dieu, sont la persévérance, qui permet de rester debout, face aux adversaires, qui agissent dans les sphères invisibles, célestes ou spirituelles - selon l’auteur de la lettre. 

Il y a aussi les valeurs qu’il faut garder comme ceinturon, cuirasse ou bouclier … à savoir la vérité, la justice et la foi… mais il insiste également sur l’importance de la prière dans le combat… 

Les armes nommées sont protectrices… Elles indiquent que le croyant n’est pas démuni, mais armé par le Seigneur, pour gagner le bon combat, et résister au mal. ]

Paradoxalement, ce bon combat est celui de la paix… puisqu’il s’agit de défendre des valeurs sociales et spirituelles : 
- Persévérer dans la vérité, lorsque le mensonge paraît plus facile.
- Persévérer dans la justice, lorsque l’injustice semble triompher.
- Persévérer dans la foi, lorsque le doute s’installe.
- Persévérer dans l’espérance, lorsque le découragement nous gagne.

[ C’est une résistance pour promouvoir l’Evangile de la paix (cf. Ep 2, 14-18). ]

Remarquons que Paul ne s’adresse pas à un croyant isolé. Il parle à une communauté…. Car « tenir bon dans la foi » n’est pas seulement une affaire individuelle. Nous avons besoin les uns des autres.
Nous avons besoin d’une communauté qui nous porte, lorsque nos propres forces s’épuisent.

On voit donc, dans cette lettre aux Ephésiens, les ressources que Dieu met à disposition, pour nous permettre de vivre en relation avec lui et avec les autres : 
La foi de Jacob / L’espérance de Job / La prière de Jésus. 
Tout cela se retrouve dans l’armure du croyant.

Conclusion

En conclusion… chers amis… nous voyons que ces quatre textes dessinent un magnifique chemin spirituel.
Ils nous rappellent que la foi peut être le lieu d’un véritable combat. 

Et d’ailleurs, peut-être que chacun d’entre nous se reconnaît davantage dans l’une de ces quatre figures : 

- Parfois, comme Jacob, nous devons nous accrocher et lutter avec une peur, une blessure, une culpabilité… lutter avec nous-mêmes et avec Dieu… en tenant bon… en persévérant.

- Parfois, comme Job, le désespoir nous menace… et nous devons simplement continuer à espérer… en traversant les épreuves… avec le Seigneur. 

- Parfois, comme Jésus, nous devons consentir à une situation que nous n’avons pas choisie… et nous sommes appelés à nous abandonner dans la confiance.

- Et chaque jour, comme le rappelle Paul, nous sommes appelés à résister, à tenir bon et à prier… sans nous décourager. 

La Bible ne promet donc pas une vie sans lutte. Elle ne promet pas une foi tranquille, sans question… ni une existence paisible, sans épreuve.

Mais elle affirme que dans toutes ces situations, dans ces combats, nous ne sommes jamais seuls… 
On ne le reconnait pas toujours… mais Dieu nous accompagne. Il demeure présent…

Lorsque nous traversons des épreuves… nous pouvons sentir sa proximité… Inlassablement, il nous accompagne au cœur même de l’épreuve, pour nous relever et nous transformer.

Personnellement, je crois que le combat spirituel n’est pas le signe que Dieu s’est éloigné de nous. Il est souvent le lieu même où Dieu travaille notre vie, nous transforme et nous conduit plus loin.

[ C’est au milieu de nos questions, nos blessures, nos fatigues ou nos angoisses… que Dieu nous fait signe… pour nous soutenir, nous relever, nous guérir… et nous offrir une nouvelle façon de vivre avec Lui. ]

Soyons assurés… chers amis…  que son Esprit Saint nous guide et nous conduit !  Amen. 


Lectures bibliques

Gn 32, 23-32 / Job 3, 3a. 20-26 & 19, 25-27 / Mc 14, 32-38 / Ep 6, 10-18

Genèse 32, 23-32 - Jacob lutte avec Dieu

23 Jacob se leva cette nuit-là, prit ses deux femmes, ses deux servantes et ses onze enfants, et passa le gué du Yabboq. 24 Il les prit, leur fit passer l'oued et fit aussi passer ce qui lui appartenait. 25 Jacob resta donc seul. Alors un homme se battit avec lui jusqu'au lever de l'aurore. 26 Voyant qu'il ne pouvait l'emporter sur lui, il le frappa à l'articulation de la hanche ; et l'intérieur de la cuisse de Jacob se démit pendant qu'il se battait avec lui. 27 Il dit : Laisse-moi partir, car l'aurore se lève. Il répondit : Je ne te laisserai pas partir sans que tu m'aies béni. 28 Il lui demanda : Quel est ton nom ? Il répondit : Jacob. 29 Il reprit : On ne te nommera plus Jacob, mais Israël ; car tu as lutté avec Dieu et avec des hommes, et tu l'as emporté. 30 Jacob lui demanda : Je t'en prie, dis-moi ton nom. Il répondit : Pourquoi demandes-tu mon nom ? Et il le bénit là. 31 Jacob appela ce lieu du nom de Peniel (« Face de Dieu ») ; car, dit-il, j'ai vu Dieu face à face, et j'ai eu la vie sauve. 32 Le soleil se levait lorsqu'il passa Penouel. Jacob boitait à cause de sa cuisse.

Job 3, 3a. 20-26 & 19, 25-27 - Pourquoi vivre quand on souffre ? - A la fin mon défenseur interviendra


3 Périsse le jour où je suis né. […]
20 Pourquoi Dieu fait-il voir le jour aux malheureux,
pourquoi donne-t-il la vie à ceux qui mèneront une vie amère,
21 qui attendent la mort sans qu'elle vienne,
et qui la recherchent plus qu'un trésor ?
22 Ceux-là se réjouiraient devant le tas de pierres du sépulcre
et ils exulteraient de trouver un tombeau.
23 Pourquoi ce don de la vie à celui dont le chemin est sans issue,
à celui que « Dieu protégeait de tous côtés comme par une clôture » ?
24 Comme pain à manger, je n'ai que mes gémissements ;
comme eau à boire, ce sont plutôt mes hurlements qui jaillissent.
25 Oui, ce qui me terrorisait, c'est ce qui m'arrive,
ce dont j'avais peur, le voici devant moi.
26 Je ne connais ni calme, ni tranquillité, ni repos ;
au contraire, c'est l'agitation qui m’envahit. […]

25 Moi, je sais que mon défenseur est vivant,
et qu'en dernier, sur la poussière, il interviendra.
26 Lorsque ma peau me sera retirée,
moi-même, je verrai Dieu !
27 Je le verrai, moi, de mes propres yeux.
Celui que je regarderai ne sera pas un étranger.
En moi, mon cœur s'épuise à attendre ce moment.

Marc 14, 32-38 -  La prière de Jésus à Gethsémani

32 Ils arrivent au lieu nommé Gethsémani, et il dit à ses disciples : Asseyez-vous ici pendant que je prierai. 33 Il prend avec lui Pierre, Jacques et Jean. Il commença alors à éprouver l'effroi et l'angoisse. 34 Il leur dit : Je suis triste à mourir ; demeurez ici et veillez. 35 S'étant avancé un peu, il tombait à terre et priait pour que, s'il était possible, cette heure s'éloigne de lui. 36 Il disait : Abba, Père, tout est possible pour toi ; éloigne de moi cette coupe. Toutefois, non pas ce que, moi, je veux, mais ce que, toi, tu veux. 37 Il vient et les trouve endormis ; il dit alors à Pierre : Simon, tu dors ! Tu n'as pas été capable de veiller une heure ! 38 Veillez et priez, afin de ne pas entrer dans l'épreuve ; l'esprit est ardent, mais la chair est faible. 

Lettre aux Ephésiens 6, 10-18 - Les armes que Dieu fournit - Le combat de la foi

10 Au reste, armez-vous de force dans le Seigneur, de sa force toute-puissante. 11 Revêtez l'armure de Dieu pour être en état de tenir face aux manœuvres du diable. 12 Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang (contre des êtres humains) ; mais nous devons lutter contre les pouvoirs, les autorités, les maîtres de ce monde obscur, contre toutes les puissances spirituelles mauvaises qui sont dans les cieux. 13 Saisissez donc maintenant toutes les armes de Dieu ! Ainsi, quand viendra le jour mauvais, vous aurez la force de résister, après avoir combattu jusqu'à la fin, vous tiendrez encore fermement votre position.
14 Tenez-vous donc prêts : ayez la vérité comme ceinture autour de la taille ; portez la droiture comme cuirasse ; 15mettez comme chaussures à vos pieds le zèle à annoncer la bonne nouvelle de la paix. 16 Prenez toujours la foi comme bouclier : il vous permettra d'éteindre toutes les flèches enflammées du Mauvais. 17 Et recevez le salut comme casque et la parole de Dieu comme épée, donnée par l'Esprit saint. 18 Par toutes sortes de prières et de demandes, priez en toute circonstance, grâce à l'Esprit. Veillez à cela avec persévérance. Priez pour tous ceux qui appartiennent à Dieu.

dimanche 14 juin 2026

Vivre la communion - Le sens de la Ste Cène

Déroulement du Culte de fête de la paroisse, autour du thème de « la communion » et du sens de la Sainte Cène - culte à plusieurs voix, avec des prédicateurs ou pasteurs (v4) - Le 14 juin 2026

Musique (pour introduire le temps de culte)

Accueil & Salutation

Soyez les bienvenus, chers amis, frères et soeurs…

Au début du culte… vérifier que tout le monde a bien un livret pour les cantiques… Expliquer que  le temps de l’offrande et des annonces aura lieu après le chant final… qui sera après l’envoi et la bénédiction. 

C’est une journée de fête, une journée où nous pouvons être en communion les uns avec les autres, car c’est notre Seigneur qui nous invite.

Dieu se réjouit de nous voir réunis et nous accueille ici-même, ce matin…

Tout à l’heure… nous serons invités à partager le repas du Seigneur… 
C’est une belle occasion qui nous est offerte de méditer sur les différentes significations de la sainte Cène. 
Car le repas que nous allons prendre ensemble veut être, pour nous, un repas communautaire, où nous sommes en communion les uns avec les autres. 

Rappelons-nous les paroles de l’apôtre Paul dans la 1ère épitre aux Corinthiens :

« 23 Voici l'enseignement que j'ai reçu du Seigneur et que je vous ai transmis : Le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain 24 et, après avoir remercié Dieu, il le partagea et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites ceci en mémoire de moi. » 

25 De même, il prit la coupe après le repas et dit : 
« Cette coupe est la nouvelle alliance, qui est conclue grâce à mon sang. Toutes les fois que vous en boirez, faites-le en mémoire de moi. » 
26 En effet, jusqu'à ce que le Seigneur vienne, vous annoncez sa mort toutes les fois que vous mangez de ce pain et que vous buvez de cette coupe » (cf. 1 Co 11, 23-26). 


Prions…
Seigneur… Toi qui nous accueilles avec un regard de tendresse, 
Apprends-nous, aujourd’hui, à être là, devant toi. 


Eveille-nous à ta présence, et à celle des frères et sœurs qui sont à nos côtés.

Donne-nous de vivre ce temps de culte, en communion avec le Christ ressuscité.… en étant unis par le coeur et la pensée…. pour recevoir de Lui : courage, amour et réconfort.  Amen.  (cf. Ph 2, 1-2)

Geste des enfants (1) : 

La table de communion est nue.
Les enfants installent une belle nappe 

Chant 1 (par exemple : 21/19 (3) Seigneur, nous arrivons)

Annonce de la Grâce (La Cène comme action de grâce ou sacrifice d’action de grâce) - Prédicateur 1

Tous les dimanches, nous commençons notre culte en accueillant et en reconnaissant la Grâce de Dieu. 
Nous suivons en cela l’exemple de Jésus qui, avant de partager le pain et la coupe avec ses disciples, rend grâce à son Père.

Ce geste est au cœur même de la Sainte-Cène. 
Le mot « eucharistie » signifie d’ailleurs « action de grâce ». 
Avant de rompre le pain, Jésus remercie Dieu pour ses dons. 
Ainsi, la communion commence par un émerveillement : nous recevons avant d’agir, nous accueillons avant de partager.

La Sainte-Cène nous rappelle que tout est Grâce. 
Elle nous invite à vivre dans la reconnaissance pour la vie, pour le salut reçu en Jésus-Christ, pour la communion de l’Église et pour l’espérance du Royaume.

L'épître aux Hébreux nous exhorte ainsi : 
« 15 Par Jésus, présentons sans cesse à Dieu notre louange comme sacrifice, c'est-à-dire l'offrande des paroles de nos lèvres qui célèbrent son nom ».

Autrefois, le Christ s’est donné par amour, jusqu’à la Croix. 
Le sacrifice du Christ est unique et accompli une fois pour toutes.

Le sacrifice du chrétien lui, est d’un autre ordre : il s’agit d’un sacrifice d’action de grâce… qui consiste à répondre à cette Grâce, par la louange et l’offrande de sa vie.

Joignons nos coeurs à ces paroles :  

Nous te rendons Grâce, Dieu, notre Père, pour tous tes dons et tes bienfaits !  
Nous voulons nous tourner vers toi avec gratitude et reconnaissance !  
Nous t’en prions… Que la foi, l’espérance et l’amour, qui viennent de toi… trouvent leur chemin dans nos vies et dans notre assemblée !  Amen. 

Geste des enfants (2) : 

Pour manifester cette Grâce et que tout vient de Dieu, 
Les enfants installent un bouquet de fleurs sur la table de communion. 

Chant 2 (par exemple : 42/09 (1,5,6) Merci pour ce matin de vie)

Louange (La Cène comme mémorial) - Prédicateur 2

Louer Dieu … dire « gloire à Dieu »… c’est reconnaitre qu’il compte, qu’il est important… qu’il a du poids pour nous…

La louange vient de la mémoire… 
On se souvient de tout ce que Dieu a fait pour nous… des merveilles qu’il a accompli pour celles et ceux qui nous ont précédé… et pour nous-mêmes…

La Sainte Cène comprend cette dimension du souvenir. Dans l’évangile de Luc, au chapitre 22, Jésus dit à ses disciples : « Faites ceci en mémoire de moi. » (Luc 22,19)

Dans la Bible, le mémorial (zikkaron) n’est pas un simple souvenir psychologique. Il s’agit d’une mémoire vivante, qui rend présent l’événement fondateur.

Cet évènement fondateur est exprimée à travers la foi en un Dieu libérateur et sauveur…  

Autrefois, il a sauvé le peuple des croyants de l’esclavage… 
En Jésus-Christ, il les a sauvé du péché et de la mort…

Comme Israël célèbre la Pâque, en faisant mémoire de la libération d’Égypte, l’Église fait mémoire du Christ.

Lors de la Sainte Cène… nous nous souvenons ; nous racontons… nous recevons à nouveau aujourd’hui ce qui a été accompli autrefois.

A travers les gestes et les paroles de Jésus, nous transmettons le souvenir et la présence d’un Dieu qui se donne, en Jésus-Christ… un Dieu qui veut libérer, sauver, réconcilier et unir. 

La Ste Cène est d’abord un repas de Louange… où chacun est invité et accueilli. 

Il est bon de nous souvenir que Dieu veille sur nous… et nous appelle à partager ce moment de joie.

Geste des enfants (3) :

Pour évoquer la Ste Cène comme mémorial,
Les enfants installent une Bible sur la table de communion.

Louons le Seigneur… pour son amour qui se révèle d’âge en âge… en chantant…

Chant 3 (par exemple : 41/28 (1,2) A Dieu soit la gloire)

Repentance & Annonce du pardon (La Cène comme nouvelle alliance) - Prédicateur 3

Ainsi, Dieu nous accueillie… Il nous propose de vivre avec lui dans la confiance… de faire alliance avec Lui… 

Mais nous ne parvenons pas toujours à vivre dans ce lien de communion. 

Parfois, nous nous éloignons de Lui… et nous sommes « à côté de la plaque »… C’est ce que nous appelons « le péché ». 

Nous ne faisons pas toujours le bien que nous voulons faire. Et nous faisons le mal, que nous ne voulons pas faire (cf. Rm 7, 19-20)… Et nous le regrettons amèrement ! 

Mais heureusement (c’est une bonne nouvelle !)… cette alliance ne repose pas sur nos seules forces…. Elle repose sur Dieu lui-même et sur sa Grâce… 
Inlassablement, il nous relève et nous pardonne, pour nous ouvrir une vie nouvelle…

Tout cela la Sainte Cène l’exprime très bien : 
Quand Jésus donna la coupe à ses disciples, il dit : « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, versé pour la multitude, pour le pardon des péchés. » (cf. Mt 26,28)

Dans l’évangile de Luc, il dit :  « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang. » (cf. Luc 22,20)

La Sainte Cène rappelle que notre lien avec Dieu repose sur la Grâce… que Jésus a rendu manifeste par le don de soi… par la croix… et la résurrection offerte. 

A travers le Christ, Dieu vient vers nous… il surmonte le mal… il nous accueille sans condition… en nous offrant son pardon et sa réconciliation (cf. 2 Co 5,19). Nous célébrons cette relation nouvelle.

Prions…

Père… nous reconnaissons qu’il aurait bien des choses à changer en nous :
- la tiédeur de notre amour, 
- la faiblesse de notre foi, 
- la pauvreté de notre service,
- Sans compter l’égoïsme ou l’injustice qui peuvent nous animer…
Silence

Pourtant… nous savons que tu nous aimes. L’Évangile l’affirme :
« Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs » (cf. 1 Tm 1,15). 

Et l’apôtre Paul le confirme (cf. 2 Co 5, 17.19) : 
« Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. 
Les choses anciennes sont passées ; voici que toutes choses sont devenues nouvelles. […]
Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n'imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation ».


Père… nous te louons car tu nous fais vivre, jour après jour, de ton pardon. 

Que nous puissions, dans ce repas auquel tu nous invites, voir l’œuvre de la réconciliation que tu accomplis en chacun de nous et dans notre communauté fraternelle. Amen. 

Geste des enfants (4) :

Pour évoquer la Ste Cène comme offre de la vie de Jésus… 
comme offre du pardon et d’une nouvelle alliance,
Les enfants apportent la Croix sur la table de communion. 

Chant 4 (par exemple : 52/17 (1,2) Libres de nos chaînes) 

Rappels du sens de la Sainte Cène - sous forme de dialogues 

La Cène comme participation à la vie du Christ - Prédicateur 4

Depuis le début du culte, nous évoquons les significations du partage eucharistique. 

Une des dimensions les plus profonde spirituellement est celle de « participation ». 

En prenant le pain et le vin, nous prenons part à personne et la vie de Jésus… nous communions au corps et au sang… c’est-à-dire à la Parole et à la Vie du Christ. 

Cette notion de participation est très bien exprimée dans la 1ère épitre aux Corinthiens. Je cite : 
« 16 La coupe de bénédiction, sur laquelle nous prononçons la bénédiction, n'est-ce pas une communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n'est-ce pas une communion au corps du Christ ? » (1 Corinthiens 10,16)

Le mot employé est précisément koinonia. 

Il peut signifier : « appartenance », « communion », « participation », « association », ou encore « partage ». 

La question à se poser - au moment de la Ste Cène - n’est donc pas de savoir « Comment le Christ est-il présent ? ». Car ce sujet a divisé les églises par le passé. 

La vraie question, c’est « Comment participons-nous à sa vie ? »

C’est d’abord une intention… un désir qui nous anime… et c’est, ensuite, un travail en profondeur… car il s’agit de se laisser transformer…

Dans le partage du pain et du vin :
- nous recevons la vie du Christ ;
- nous nous attachons à lui ;
- nous nous laissons façonner par son Évangile ;
- nous apprenons à vivre de son Esprit.

Dans la communion eucharistique, nous ne recevons pas seulement quelque chose du Christ ; nous recevons le Christ lui-même. Nous prenons part à sa personne et sa vie… et cela nous transforme. 

Prenons un exemple… 

Quand dans l’évangile de Jean, le Christ dit « je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans l'obscurité, mais il aura la lumière de la vie. » (Jn 8,12)… il appelle ensuite ses disciples à participer à cette lumière… 

C’est pourquoi, il dit à ses disciples dans l’évangile de Matthieu : « C'est vous qui êtes la lumière du monde. […] Que votre lumière brille aux yeux de tous, afin que chacun voie le bien que vous faites et qu'ils louent votre Père qui est dans les cieux. » (cf. Mt 5, 14-16) 

Il nous appelle à participer et à incarner sa Lumière…
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Geste des enfants (5) :

Pour évoquer la participation à la vie du Christ… comme lumière du monde…
Les enfants apportent et allument trois bougies sur la table de communion…

(Cela pourrait aussi symboliser la lumière de la foi, de l’espérance et de l’amour)
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La Cène comme communion fraternelle - Prédicateur 5

Puisque nous communions à la même Source - Jésus-Christ - la Sainte Cène est aussi le signe d’une véritable communion fraternelle. 
C’est la conséquence immédiate de la participation au Christ.

C’est ce que Paul précise dans la suite de la première épitre aux Corinthiens :  « 17 Puisqu'il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps ; car nous avons tous part au même pain. » (1 Corinthiens 10,17)

La communion n’est pas d'abord une expérience individuelle. Elle crée une communauté.

Autour de la table les différences demeurent ; mais elles ne séparent plus. 
Chacun peut mettre ses dons et ses charismes au service de la communauté. Car le Christ nous unit, comme les membres de son corps. 

C’est ce que l’apôtre Paul explique, un peu plus loin, dans la même épitre (cf. 1 Corinthiens 12, 4-6.12.27) : 
« 4 Il y a diverses sortes de dons spirituels, mais c'est le même Esprit qui les accorde. 5 Il y a diverses façons de servir, mais c'est le même Seigneur que l'on sert. 6 Il y a diverses façons d'agir, mais c'est le même Dieu qui opère tout en tous. […] 12 Le Christ est semblable à un corps qui se compose de plusieurs parties. Toutes ses parties, bien que nombreuses, forment un seul corps. […] 27Vous êtes le corps du Christ, et chacun de vous est une partie de ce corps. »


Ainsi, la Sainte Cène manifeste que nous appartenons les uns et les autres à ce même corps. Parce que nous appartenons au Christ.

C’est une belle image pour l’Eglise Protestante Unie de Bordeaux, avec ses différentes communautés et ses différents secteurs… Elle est appelé à vivre cette communion fraternelle, comme des membres associés et complémentaires, qui forment un seul corps. 

Nous chantons…

Chant 5 (par exemple : 36/24 Tous unis dans l’Esprit)
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La Cène comme appel au don de soi - Prédicateur 6

La Sainte Cène nous rassemble et nous unit… mais c’est - en même temps - un appel qui nous est adressé.  Elle nous rappelle notre vocation au service. 

Le pain rompu évoque une vie donnée. 
Lors du dernier repas… lorsque le Christ dit : « Ceci est mon corps. »… il ajoute : « donné pour vous ».

C’est un don offert et reçu, qui appelle à entrer dans le don de soi. 

La participation au Christ devient alors imitation du Christ.

Nous sommes appelés à servir, à partager, à pardonner… et à nous donner, à notre tour.

C’est en ce sens que Paul parle du « sacrifice spirituel » du chrétien dans l’épitre au Romains (cf. Romains 12,1-2) : 
« 1 Je vous exhorte donc, frères, au nom de la miséricorde de Dieu, à vous offrir vous-mêmes en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu : ce sera là votre culte spirituel. 2 […] 
Laissez Dieu vous transformer et vous donner une intelligence nouvelle. Vous discernerez alors ce que Dieu veut : ce qui est bien, ce qui lui est agréable et ce qui est parfait. »


C’est un appel à se laisser transformer… pour agir à l’image du Christ… en entrant dans le service et le don de soi… 

Nous écoutons encore cet extrait de l’épitre aux Philippiens au chapitre 2 (cf. Ph 2, 4-7a) : 
« 4 Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacun de vous pense aux autres. 5 Comportez-vous entre vous comme on le fait quand on est uni à Jésus Christ :
6 Il possédait depuis toujours la condition divine, mais il n'a pas voulu demeurer à l'égal de Dieu.
7 Au contraire, il a de lui-même renoncé à tout ce qu'il avait et il a pris la condition de serviteur. »

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Geste des enfants (6) :

Pour concrétiser ce don de soi…et finir de préparer la Ste Cène…
Les enfants apportent le pain et le vin sur la table de communion…
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La Cène comme anticipation du Royaume - Prédicateur 7

On peut encore parler d’un dernier aspect important : La Sainte Cène nous ouvre à l’espérance du Royaume… 

En effet, si la Ste Cène nous rappelle le passé…. ce que Jésus a fait pour nous… 
Si elle nous invite, dans le présent… à prendre part à la vie nouvelle qu’il nous offre… 
Elle nous tourne aussi vers l’avenir et l’espérance … Car elle est une anticipation de la communion, qui sera pleinement vécue dans le Royaume de Dieu. 

On oublie parfois ces paroles de l’évangile de Matthieu, au Chapitre 26 (Matthieu 26,29) - je cite
« Je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu'au jour où j'en boirai du nouveau avec vous, dans le Royaume de mon Père. »


La Cène regarde ainsi vers l’avenir. Elle est un avant-goût du banquet promis.

Elle annonce la victoire de Dieu…la réconciliation de toutes choses…et la joie du Royaume.

Chaque célébration porte ainsi une promesse : le meilleur est encore à venir.

Ce regard vers l’avenir - cette espérance du Royaume - nous appelle à vivre « le monde nouveau » de Dieu, dès à présent. 

Parce que, un jour, nous serons tous unis et réconciliés dans le Royaume… nous sommes appelés à le vivre déjà aujourd’hui. 

Les chrétiens sont appelés à vivre dans l’unité, la fraternité et la paix… parce qu’ils vivent dans une commune espérance. 
C’est le sens de ces versets de l’épitre aux Ephésiens (Ep 4, 3-4) : 
« 3 Efforcez-vous de maintenir l'unité que donne l'Esprit saint par la paix qui vous lie les uns aux autres. 4 Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même qu'il y a une seule espérance à laquelle Dieu vous a appelés. » (Ep 4, 3-4).

Chant 6  : (par exemple : Ps 100 B  (1,2,4) Vous tous qui la terre habitez)

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La sainte Cène 

Invitation - Pasteur ou prédicateur


Après toutes ces paroles… riches de significations… il est temps de le vivre et de partager la Ste Cène ensemble… 

Je vous rappelle que les Protestants pratiquent l’hospitalité eucharistique … et ouvrent la communion à tous les Chrétiens… que vous soyez Protestants, catholiques ou orthodoxes… vous êtes accueillis pour partager la Ste Cène… et communier avec le Christ Ressuscité… par l’Esprit saint. 

« Voici, dit Jésus-Christ, je me tiens à la porte et je frappe.
Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte,
j’entrerai chez lui et je prendrai la cène avec lui et lui avec moi. »


Nous sommes tous invités au repas du Seigneur… 

Quelques détails pratiques pour le bon déroulement :

Pour des raisons pratiques… le fruit de la vigne ne sera que du jus de raisin, ce matin… cela évitera de faire différence entre les uns et les autres… et cela facilitera la distribution. 

Comme nous voulons communier tous ensemble… il faut donc attendre la distribution du pain et du jus de raisin que vous gardez dans vos mains… et attendre que tout le monde les aient reçu… puis un signal sera donné : avec la parole « Maranatha, Viens Seigneur Jésus ». Ce sera le moment où nous pourrons communier ensemble.

Préface - Pasteur ou prédicateur

Prions et louons Dieu…

Il est bon et c’est notre joie de remercier Dieu pour la vie qu’il nous donne, la vie terrestre et la vie éternelle,
pour l’eau de notre baptême,
pour le pain et le vin de son repas.

Il est bon et c’est notre joie d’être les invités,
les amis, les frères et sœurs de Jésus-Christ,
de reconnaître et de recevoir, dans ce pain et ce vin,
les signes de son amour, de sa mort,
de sa présence et de son Royaume.

Il est bon et c’est notre joie d’attendre la venue de l’Esprit saint
afin qu’en ce pain et en ce vin
nous ayons communion les uns avec les autres
et que nous recevions chacun et tous ensemble
la vie qui vient de Dieu.

Il est bon et c’est notre joie de chanter la grâce et la fidélité du Seigneur !

Chant 7 : (par exemple : 62/42 - Saint, saint, saint)

Fraction et élévation - Pasteur ou prédicateur

Voici le pain

“Le pain que nous partageons est communion à la personne et à l’Evangile de Jésus-Christ.

Voici la coupe

La coupe de bénédiction, pour laquelle nous rendons grâces, 
est communion à la vie du Seigneur Jésus-Christ. ” 

Epiclèse - prière de communion  - Pasteur ou prédicateur

Prions…
Éternel, notre Dieu… Toi qui nous rassembles et nous invites… nous t’en prions… renouvelle et raffermis notre foi.
Envoie ton Saint-Esprit sur notre assemblée, afin qu’en recevant ce pain et ce vin, nous recevions les signes visibles de ta présence invisible.
Que la présence de Jésus-Christ nous soit donnée avec ce pain et ce vin. 
Ainsi, que cette communion avec ton fils nous rassemble, nous vivifie et nous sanctifie, jusqu’au jour où nous vivrons dans la plénitude de ton Royaume.

Intercession - Pasteur ou prédicateur
En ce jour de fête pour notre église locale… nous te prions…

« Souviens-toi, Seigneur, de ton Eglise, délivre-la de tout mal, rend-la parfaite dans ton amour, rassemble-la des quatre vents, elle qui a été sanctifiée pour ton royaume que tu lui as préparé » (extrait de la Didache 10)

+ Prière à compléter …
Pour l’Eglise locale
Pour l’église de France 
Pour l’Eglise Universelle et les chrétiens persécutés 


Notre Père
Notre Père qui es aux cieux, 
que ton nom soit sanctifié, 
que ton règne vienne, 
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ;
pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. 
Ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal, 

car c’est à toi qu’appartiennent 
le règne, la puissance et la gloire, 
aux siècles des siècles. Amen.

Distribution (du pain et gobelets)

Pendant la distribution des plats et coupes / ou gobelets, nous chantons la 1ère strophe 

Chant 8 A : (par exemple : 45/14 (1) - Jésus est au milieu de nous)

Signal de communion - Pasteur ou prédicateur


Vivons maintenant cette communion ensemble…

« Maranatha, Viens Seigneur Jésus »

Après la communion – Prière d’action de grâces - Pasteur ou prédicateur

Père, nous te remercions pour ton fils Jésus-Christ.
Il est la lumière du monde : 
celui qui le suit ne marchera pas dans la nuit.

Il est le cep, nous sommes les sarments. 
Fais que nous demeurions attachés à lui 
et que nous portions beaucoup de fruits.

Il est le pain de vie et comble notre faim de toi.

Chant & Ramassage 

Pendant le ramassage des plats et coupes / ou gobelets, nous chantons les strophes suivantes

Chant 8 B : (par exemple : 45/14 (2,3) - Jésus est au milieu de nous = reprise)

Envoi & Bénédiction - Pasteur ou prédicateur

Recevons une parole d’envoi et de bénédiction… 

Nourris par la Parole et le pain partagés,
riches de la joie reçue,
renouvelés par l’Esprit du Christ,
allons, dans la confiance.

Dieu nous accompagne et nous donne d’être
témoins de sa promesse.
Il est fidèle… Il fait route avec nous …

L’Esprit du Christ guide nos pas.
Partageons la joie et l’espérance du Ressuscité.
_
Et recevons la bénédiction de Dieu, 
pour devenir, à notre tour, bénédiction les uns pour les autres…

Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ,
l’amour de Dieu le Père,
et la communion du Saint-Esprit
soit avec vous tous,
dès maintenant et à jamais.

Soyez bénis !  Amen. 

Chant 9 : (par exemple : Ne rentrez pas chez vous comme avant) 

Offrande - intervenant à prévoir

Voici le moment de l’offrande.

Par l’offrande, nous exprimons notre soutien à l'Eglise, 
pour qu'elle soit toujours un lieu vivant, 
de rencontre les uns avec les autres, 
et de rencontre avec Dieu. 

Que chacun exprime par son offrande 
sa reconnaissance pour les bienfaits de Dieu. 

Éventuellement musique pendant la collecte / sinon… Annonces…

Annonces - intervenant à prévoir 


dimanche 7 juin 2026

Quand le Christ vient donner de la saveur à la vie tout entière

Lectures bibliques : Jean 2, 1-12 ; Jn 4, 6b-14 ; Jn 6, 51-58 (voir en bas de cette page) 
Thématique : quand le Christ vient donner de la saveur à la vie tout entière 
Prédication de Pascal LEFEBVRE / Bordeaux, le 07/06/2026

Ce fameux récit des noces de Cana est souvent perçu comme un « joli récit de mariage » ou un « miracle extraordinaire ». Mais, à bien y regarder, c’est davantage un récit sur l’identité de Jésus et sur la nouveauté radicale qu'il apporte.

Si Jean voulait seulement raconter un miracle spectaculaire, pourquoi consacrer autant de détails aux jarres, à la mère de Jésus, au maître du repas, au vin, à l’heure ?

Il semble chaque élément renvoie à autre chose… je vous propose d’en explorer quelques éléments ensemble, ce matin…

1. D’abord il s’agit d’un « signe » : Jean ne parle pas de miracle


D’abord, dans l'évangile de Jean, Cana est le premier des « signes ».

Le mot est important : un signe n’est pas un prodige destiné à impressionner. Il renvoie à une réalité plus profonde.

La conclusion du récit le dit explicitement : « Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. »

L’enjeu n'est donc pas le vin, mais la révélation de Jésus… en tant qu’envoyé de Dieu.

2. Une histoire de manque… et de désir…

Le récit commence par une crise : « Ils n’ont plus de vin. »

Dans la culture biblique, le vin n'est pas seulement une boisson. Il symbolise la joie, l’abondance, la bénédiction messianique, la fête des temps nouveaux. C’est un symbole d’espérance. 

Le problème n’est pas seulement logistique. Le récit met le doigt sur un manque, un vide. 

Symboliquement Jean affirme que l’humanité manque de ce qui fait vivre pleinement.

Et c'est souvent ainsi que Dieu intervient dans la Bible : à partir d'un manque reconnu.


Il y en a bien des exemples dans les Ecritures… on peut penser à : 
- Sara et Abraham : le manque d’enfant (Gn 15) 
- L’Exode : le manque de liberté (Ex 3) 
- La manne : le manque de pain
- Élie et la veuve de Sarepta : le manque extrême (1 R 17)
- Les multiplications des pains
- Bartimée : le manque de vue (Mc 10) 
- La Samaritaine : le manque d’eau (Jn 4)

On peut d’ailleurs faire un parallèle entre les noces de Cana et le récit de la Samaritaine :

La femme samaritaine vient chercher de l’eau. Car elle en manque…
Mais Jésus lui révèle progressivement un autre manque, plus profond :
une soif spirituelle.

« Celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif » (cf. Jn 4,14).
Chez Jean, le manque matériel renvoie souvent à une réalité plus profonde.

En réalité… derrière la soif apparente et les besoins fondamentaux… nous avons tous, au fond de nous, une autre soif… un désir plus grand… une soif de vie, de relations authentiques, d’amour, de profondeur, de vérité… la soif de ce qui est éternel… 

On retrouve cette question de ce qui étanche véritablement notre soif… et de ce qui nourrit pleinement notre faim… dans le récit du chapitre 6, où Jésus se présente comme « le pain vivant qui descend du ciel » (cf. Jn 6, 51-58). 

En disant qu’il descend du ciel… Jean veut exprimer que Jésus vient de Dieu… qu’il est envoyé par Dieu… et qu’il est donc susceptible de nous apporter quelque chose qui a une dimension d’éternité… une vie d’une toute autre saveur… une plénitude… une abondance de vie… 

Le fait est que nous pouvons toujours nous nourrir des biens matériels… nous en avons besoin… Mais ils ne comblent que temporairement nos désirs… 

Nous sommes dans un monde où nous passons notre temps à consommer… nous vivons dans une sorte de frénésie de consommation… nous sommes dans l’ère de l’avidité et du jetable… nous cherchons constamment l’abondance matérielle… nous en voulons « toujours plus »… parce que nous croyons que cela pourra vraiment nous combler… et nous rendre heureux…  Mais, n’est-ce pas là une illusion ?

Derrière cette quête… ne cherchons-nous pas fondamentalement autre chose ?… une réalité qui est d’un autre ordre ?…  face à la solitude ou au manque de sens. 

Jésus, en tant que Christ, nous laisse entendre que nous avons soif d’une autre Source… une source divine… soif de vie, soif d’éternité…
Notre véritable désir est bien trop grand, pour être assouvi par des biens matériels… notre quête intérieure est ailleurs… Car nous aspirons à un amour éternel, à une vie éternelle, à la paix véritable, à la joie profonde…

Il n’y a que Dieu qui puisse nous apporter cette profondeur… 

C’est la raison pour laquelle le Christ se présente comme « le pain de vie » (cf. Jn 6,48.51)… qui est  « la vraie nourriture » (cf. Jn 6,55), dont notre âme a besoin, pour trouver la vie en plénitude.

La manne terrestre ne peut nous nourrir que provisoirement, tandis que Jésus donne la vie éternelle.

Dans l'évangile de Jean, la vie éternelle n’est pas seulement future. Elle commence dès maintenant dans la relation avec le Christ.

Je reviens donc à cette question du manque… qui nous interroge : de quoi vivons-nous réellement ?

Pour se mettre en quête d’une vraie nourriture ou d’une vraie boisson… il est nécessaire de reconnaitre le manque qui nous étreint. 

En effet, si nous sommes déjà trop plein de nous-mêmes, de biens, de confort ou de richesses… il est probable qu’il ne reste pas beaucoup de place pour l’essentiel… pour Dieu et les autres.

Dans la Bible… Dieu ne commence pas par répondre à ceux qui se croient comblés. Il rejoint souvent ceux qui font l’expérience d’un manque… lequel traduit un désir ou un besoin profond : un enfant pour Sara, du pain dans le désert, de l’huile pour la veuve, la vue pour Bartimée, de l’eau pour la Samaritaine, du vin à Cana, etc. 

Comme si la foi commençait souvent par l’humilité et la reconnaissance : « Nous ne sommes pas auto-suffisants… Il nous manque quelque chose… Nous avons besoin de Dieu… faim et soif d’une vie plus intense et plus profonde… ».

Ainsi donc… pour revenir aux noces de Cana…  Le récit met le doigt sur un vide : le vin - symbole de communion et de joie - vient à manquer. 

3. Les six jarres : l'ancienne Alliance inachevée

C’est alors que Jean précise qu’il y à là six jarres de pierre à proximité…

Pourquoi ce détail ?

Beaucoup d’exégètes y voient une lecture symbolique : 
Normalement, ces jarres servaient aux rites de purification. 

Les croyants juifs, en effet, avaient l’habitude de pratiquer des rites d’ablution et de purification avant de se mettre à table. 

Par ailleurs, elles sont au nombre de six, chiffre de l’inachèvement.
Le chiffre sept étant le chiffre de la plénitude. 

Le récit suggère alors que les anciennes médiations religieuses et les rites, ne suffisent plus à donner la vie en abondance.

Il ne suffit pas de se purifier… il manque autre chose… une autre dimension. 

Symboliquement… Jésus interroge ce que les croyants ont fait de l’ancienne alliance : a-t-elle réellement la capacité de transformer… de combler… de créer la rencontre avec Dieu et avec les autres ?

4. Le passage de la Loi à la joie - et la surabondance 

De manière classique, on peut voir dans l'eau : ce qui purifie… et dans le vin : ce qui réjouit, ce qui porte à la rencontre et à la communion. 

Si on interprète ce signe de façon symbolique… avec les jarres qui passent de l’eau de purification… au vin de la fête …  cet épisode pourrait nous dire, en substance, qu’avec Jésus un changement profond est en train de s’opérer : il apporte quelque chose de nouveau. 

La religion n’est pas un devoir à accomplir, ni un rite ou une loi à respecter… mais elle nous entraine sur le chemin de la rencontre… elle s’accomplit dans la communion et la joie.

Avec le Christ, il y a quelque chose qui nous fait sortir des habitudes et de la mesure. 

En effet, ces jarres étaient immenses… On ne perçoit pas toujours le caractère extravagant du signe : On obtient ainsi 600 à 700 litres de vin !

Il y a là manifestement… de la démesure… de la surabondance…. 

Comme si ce récit nous appelait à dépasser l’exigence de la loi, des rites, de la morale… pour entrer dans la surabondance offerte par le Christ. 

L’abondance… c’est un thème majeur chez Jean, avec : - la multiplication des pains, - la résurrection de Lazare, ou - la pêche miraculeuse.

C’est l’idée que Dieu donne toujours plus que le strict nécessaire. 
Car, de fait, il se donne lui-même. 

Le signe de Cana raconte un Dieu de l’excès positif, de la générosité, de la Grâce.

5. Une lecture eucharistique

De nombreux lecteurs ont vu dans le récit de Cana une préfiguration de l’Eucharistie.

Les indices sont nombreux :
- La transformation d'un élément en boisson de fête… en vue de la communion ;
- l’abondance ;
- l’alliance, avec le mariage ;
- l'annonce de l’« heure » de Jésus.

Le vin de Cana anticipe le vin de la Cène, du dernier repas… ou le sang de la Croix.

6. Le rôle surprenant de Marie

Il y a aussi un détail surprenant dans cet épisode : c’est le personnage de Marie qui n’est jamais explicitement nommée.

Jean parle de : « la mère de Jésus ». C'est inhabituel !… et Jésus lui-même l’appelle « femme » : « Que me veux-tu femme ? » (cf. Jn 2,4).

Si on regarde bien…Marie apparaît seulement deux fois dans cet évangile :
- à Cana (Jn 2,1-12) ;
- au pied de la Croix (Jn 19,25-27).
Et ces deux scènes sont liées par le thème de « l’heure ».

À Cana, Jésus dit : « Mon heure n’est pas encore venue. »

À la Croix, l’heure est maintenant arrivée…. C’est l’accomplissement de la mission : l’heure de l’élévation, de la glorification… 

On peut penser que ce premier signe ouvre déjà une voie vers la Passion.

Sur ce chemin… Marie est celle qui perçoit les choses… elle constate le manque avant tout le monde et c’est elle qui invite à la confiance : « Faites tout ce qu’il vous dira. » (cf. Jn 2,5).

Cette affirmation de foi, fait de Marie, une croyante exemplaire. 

C’est peut-être une des raisons pour laquelle Jean, qui connait certainement le prénom de Marie, choisit de l’appeler « femme ». 
Ce faisant, il cherche à lui donner une portée symbolique. Elle devient la figure du croyant, de l’Israël fidèle, voire de la communauté des disciples qui accueille l’œuvre de Jésus.

7. Le thème de l'Alliance nuptiale

Une autre interprétation de ce texte nous rend attentif à la figure de l’époux… et au thème de l’alliance. 

Dans plusieurs passages de la Bible, Dieu est vu comme l’époux d’Israël. 
Les prophètes parlent des noces entre Dieu et son peuple.

Or, dans ce récit, il y a quelque chose d’étrange : le marié est quasiment absent !

Il serait possible de voir… en Jésus… ou en Dieu… la figure de l’époux attendu.

Certains exégètes disent que le véritable époux qui arrive à la fête, c’est Jésus lui-même. Car, dans ce récit, tous les projecteurs sont tournés vers lui. 

D’autres soulignent qu’il doit s’agir de Dieu… qui donne le banquet de l’Alliance, et qui se fait discret, parce que son Fils est déjà à l’œuvre. 

En effet, sans Dieu - sans marié - rien ne serait possible, car lui seul convoque aux noces.

Ce récit pourrait ainsi annoncer l’alliance nouvelle entre Dieu et l’humanité.

8. Une lecture existentielle pour aujourd’hui

Enfin, c’est peut-être surtout un texte qui nous fait réfléchir à nos vies d’aujourd’hui… à tout ce qui est réglé, comme l’eau de la purification… et ce qui est appelé à déborder, comme le vin que le Christ propose…

Nous vivons souvent avec beaucoup d’eau et peu de vin.

[C’est peut-être moins vrai à Bordeaux… mais ce n’est pas certain !]

Dans nos existences… il y a souvent beaucoup d’activités… nos agendas sont remplis… mais nos coeurs restent assoiffés… 

Nous avons parfois tout ce qu’il faut pour exister, mais il nous manque une raison profonde de vivre.

Il y a souvent beaucoup d’habitudes, d’organisation… beaucoup d’efficacité, de procédures, de règles… mais, parfois, il y a relativement peu de joie, peu d’espérance, peu de goût de vivre.

Le récit pose alors une question universelle : Qu'est-ce qui, dans nos vies, est devenu de l’eau… alors que Dieu voudrait y faire naître du vin ?… pour favoriser la rencontre… la communion… et la joie ? 

Conclusion 

Pour conclure… chers amis… de Cana à la Samaritaine et jusqu’au Pain de Vie, Jean raconte toujours la même histoire : l’être humain manque de quelque chose d’essentiel, et le Christ lui-même vient combler ce manque en se donnant.

Nous réalisons que le premier signe de Jésus - dans l’évangile de Jean - n’est ni une guérison ni un exorcisme. C’est une fête sauvée… 

Comme si l’Evangile, dès le commencement, voulait dire que « la gloire » manifestée par le Christ, ne consiste pas seulement à réparer quelque chose d’abimé… à sauver un corps ou une vie… mais à donner de la saveur à la vie tout entière. 

C’est en effet la mission que Jésus annoncera lui même : « Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’il ait en abondance… en plénitude » (cf. Jn 10,10). 

Alors… ouvrons nos cœurs à Celui qui est le pain de vie… qui vient à notre rencontre… pour transfigurer nos existences… et y apporter la joie du Royaume.  Amen. 

 

Lectures bibliques 


Jean 2, 1-12 : 1 Or, le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée et la mère de Jésus était là. 2 Jésus lui aussi fut invité à la noce ainsi que ses disciples. 3 Comme le vin manquait, la mère de Jésus lui dit : « Ils n'ont pas de vin. » 4Mais Jésus lui répondit : « Que me veux-tu, femme ? Mon heure n'est pas encore venue. » 5 Sa mère dit aux serviteurs : « Quoi qu'il vous dise, faites-le. » 6 Il y avait là six jarres de pierre destinées aux rites juifs de purification ; elles contenaient chacune de deux à trois mesures. 7 Jésus dit aux serviteurs : « Remplissez d'eau ces jarres » ; et ils les emplirent jusqu'au bord. 8 Jésus leur dit : « Maintenant puisez et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent, 9 et il goûta l'eau devenue vin – il ne savait pas d'où il venait, à la différence des serviteurs qui avaient puisé l'eau –, aussi il s'adresse au marié 10 et lui dit : « Tout le monde offre d'abord le bon vin et, lorsque les convives sont gris, le moins bon ; mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant ! » 11 Tel fut, à Cana de Galilée, le commencement des signes de Jésus. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. 12 Après quoi, il descendit à Capharnaüm avec sa mère, ses frères et ses disciples ; mais ils n'y restèrent que peu de jours. 

Jean 4, 6-14 : 6 Fatigué du chemin, Jésus était assis tout simplement au bord du puits. C'était environ la sixième heure. 7 Arrive une femme de Samarie pour puiser de l'eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » 8 Ses disciples, en effet, étaient allés à la ville pour acheter de quoi manger. 9 Mais cette femme, cette Samaritaine, lui dit : « Comment ? Toi qui es Juif, tu me demandes à boire, à moi, une femme, une Samaritaine ? » Les Juifs, en effet, ne veulent rien avoir de commun avec les Samaritains. 10 Jésus lui répondit : « Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c'est toi qui aurais demandé et il t'aurait donné de l'eau vive. » 11 La femme lui dit : « Seigneur, tu n'as pas même un seau et le puits est profond ; d'où la tiens-tu donc, cette eau vive ? 12 Serais-tu plus grand, toi, que notre père Jacob qui nous a donné le puits et qui, lui-même, y a bu ainsi que ses fils et ses bêtes ? » 13 Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif ; 14 mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; au contraire, l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle. »

Jean 6, 51-58 :
51 « Je suis le pain vivant qui descend du ciel. Celui qui mangera de ce pain vivra pour l'éternité. Et le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » 52 Sur quoi, les Juifs se mirent à discuter violemment entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » 53 Jésus leur dit alors : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas en vous la vie. 54 Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. 55 Car ma chair est vraie nourriture, et mon sang vraie boisson. 56 Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. 57 Et comme le Père qui est vivant m'a envoyé et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mangera vivra par moi. 58 Tel est le pain qui est descendu du ciel : il est bien différent de celui que vos pères ont mangé ; ils sont morts, eux, mais celui qui mangera du pain que voici vivra pour l'éternité. »