dimanche 21 juin 2026

Le combat spirituel

Lectures bibliques : Gn 32, 23-32 / Job 3, 3a. 20-26 & 19, 25-27 / Mc 14, 32-38 / Ep 6, 10-18 = voir textes en bas de cette page. 
Thématique : le combat spirituel : s’accrocher, espérer, s’abandonner, tenir bon. 
Prédication de Pascal LEFEBVRE - le 21 Juin 2026 - temple de Talence & le 5 juillet 2026 - temple de Soulac.


Aujourd’hui, je vous propose de réfléchir à une expression qu’on entend parfois dans les milieux chrétiens : « le combat spirituel ».

Quand on entend ces mots, on pourrait imaginer une lutte entre le bien et le mal, des forces invisibles qui s’affrontent ou des expériences extraordinaires, réservées à quelques croyants particulièrement fervents.

Pourtant, lorsqu’on ouvre la Bible, le combat spirituel apparaît sous un jour beaucoup plus proche de notre expérience. C’est une sorte de lutte intérieure… que nous connaissons… lorsque nous sommes confrontés à l’inquiétude, à l’angoisse, à l’épreuve, au découragement ou à une décision difficile. 

Dans notre imaginaire, la foi est souvent reliée à la paix, à la confiance, à la sérénité… Mais elle peut aussi être un combat qui surgit, lorsque la peur nous envahit…. lorsque la souffrance nous accable… ou lorsque Dieu paraît silencieux. 

Dans ce temps d’épreuve, les événements que nous traversons nous poussent à douter. C’est alors une lutte qui s’engage… pour ne pas se résigner… pour demeurer en relation avec Dieu, lorsque quelque chose voudrait nous en détourner. 

La Bible ne présente pas une seule manière de vivre ce « combat ». Elle nous montre plusieurs chemins. Aujourd’hui, je vous propose d’en parcourir brièvement quatre :

- Jacob au bord du Yabboq.
- Job au cœur de la souffrance.
- Jésus à Gethsémané.
- Et enfin, les croyants auxquels Paul s’adresse dans la lettre aux Éphésiens.

À travers eux, nous découvrirons quatre manières de vivre le combat de la foi : s’accrocher, espérer, s’abandonner, ou résister et tenir bon. 

1. Jacob : s’accrocher à Dieu dans la nuit

Le premier texte se trouve dans le livre de la Genèse - au chap 32 (cf. Gn 32,23-32) : Jacob se trouve à un moment décisif de son existence. 

Après des années d’absence, il revient vers son pays natal, pour une rencontre qu’il redoute : celle de son frère Ésaü.

Jacob traverse une crise profonde, car il sait qu’il lui a fait du tort. 
Des années plus tôt, il a trompé son frère… il lui a pris son droit d’aînesse et la bénédiction de leur père. 
Vingt ans plus tard, il ignore encore comment Ésaü va réagir. Il est particulièrement inquiet. 

Cette nuit-là, Jacob est seul, au bord du torrent du Yabboq.
Et soudain, se produit une scène étrange : un mystérieux personnage lutte avec lui jusqu’à l’aube.

Le récit est volontairement énigmatique. Qui est cet adversaire ? Un homme ? Un ange ? Dieu lui-même ? Le texte ne donne jamais de réponse définitive.

Le combat semble, à la fois, physique et symbolique / intérieur et spirituel / lié à son passé, à sa peur d’Ésaü et à sa relation à Dieu.

C’est un moment crucial, qui rapproche la foi et la vérité, en les associant à l’image de la lutte. 

A la fin de l’épisode… lorsque Jacob devient « Israël »… il lui est dit qu’il a « lutté avec Dieu ».
Or, cette formule est ambivalente : 
- Elle peut signifier : lutter contre Dieu.
- Mais elle peut aussi signifier : lutter avec Dieu à ses côtés.
Et c’est précisément cette tension que vit Jacob.

Son véritable adversaire n’est sans doute pas seulement ce personnage mystérieux. Son combat est aussi intérieur : Il lutte contre sa peur…. contre son passé…. et contre sa culpabilité d’avoir toujours agi par ruse…

Il lutte contre tout ce qui l’empêche d'aller à la rencontre de son frère.

En effet… ce n’est probablement pas un hasard si cette lutte a lieu juste avant la rencontre avec Ésaü. Avant d’affronter son frère, Jacob doit affronter quelque chose en lui-même. Avant de traverser la frontière extérieure, il doit traverser une frontière intérieure… en se présentant honnêtement à Dieu.

La réconciliation avec l’autre passe souvent par un travail de vérité sur soi-même.

Ainsi, dans ce combat, Dieu n’est pas absent. Il est mystérieusement présent.

Et, au petit matin, Jacob est peut-être blessé à la hanche… il devient boiteux… Mais il est aussi transformé. Et il reçoit un nouveau nom : « Israël ».

[ Ce qui est intéressant, c’est la richesse de sens derrière ce nom « Israël ». 
En hébreu, la formule peut être comprise de plusieurs manières : celui qui lutte avec Dieu, celui qui lutte contre Dieu, celui pour qui Dieu lutte, ou encore celui qui lutte en s’appuyant sur Dieu. Le texte lui-même entretient cette polysémie.
Et peut-être que toute notre vie spirituelle tient dans cette tension. ]

Ce qui est aussi frappant, dans ce récit, c’est que la bénédiction naît au cœur même du combat.
Elle ne supprime pas l’épreuve. Elle transforme celui qui la traverse… 

Et la preuve de cette transformation… ce n’est pas seulement la blessure qu’il va conserver, c’est justement le nouveau nom qu’il reçoit… symbole d’une nouvelle identité.

C’est en cela que cette histoire nous concerne encore :
Dans notre existence, nous pouvons - nous aussi - connaître cette nuit de Jacob : un temps de crise personnelle ou familiale, un temps d’angoisse, de remise en cause, de maladie, de deuil… des moments où nous avons l’impression de lutter, à la fois, avec nous-mêmes et avec Dieu…. 
Mais ce récit nous rappelle que ces moments difficiles peuvent parfois devenir des lieux de transformation. 

Ce qui est également remarquable… C’est la ténacité de Jacob… 
Malgré la lutte et la blessure… il tient bon. Il refuse de lâcher prise, tant qu’il n’est pas béni par cet inconnu. 

La « persévérance » est peut-être la première forme du combat spirituel : Continuer à chercher Dieu, même lorsque tout semble obscur… Continuer à s’accrocher, lorsque les réponses ne viennent pas…. Continuer à croire qu’une bénédiction est encore possible.

[Cet épisode constitue le seul texte de la Bible où la bénédiction s’obtient à la suite d’un combat. Qu’est-ce que cela peut bien signifier ?… Sinon nous rappeler que la foi peut parfois émerger d’une lutte intérieure. ]

Nous avons tous des fragilités… des regrets… des peurs… des culpabilités… C’est parfois à travers nos blessures que nous recevons les plus grandes bénédictions… si nous parvenons à les surmonter. 

2. Job : espérer lorsque Dieu paraît absent

Avec le deuxième extrait - l’histoire de Job - nous faisons un pas de plus dans le combat : 

Si Jacob luttait avec Dieu… Job, lui, semble lutter avec l’absence de Dieu.

Job a tout reçu dans sa vie… mais aussi tout perdu : ses enfants, sa santé, ses propriétés, ses biens.  Et il pousse un cri qui traverse les siècles : « Périsse le jour où je suis né ! » (Job 3,3)
Puis il ajoute : « Pourquoi donner la lumière à un malheureux ? » (3,20)

Ici, nous sommes très loin des discours pieux ou « politiquement correct ». 
Job ne cache rien. Il ne fait pas semblant…. Il clame sa souffrance… Il crie sa révolte… son incompréhension…son épuisement.

Et pourtant, chose remarquable, Job continue à parler à Dieu.

[ Il proteste. Il conteste. Il interroge. Mais il ne rompt pas la relation.
Et c’est là toute la grandeur de sa foi. ]

Contrairement à ce qu’on pense souvent… le contraire de la foi n’est pas forcément le doute.
Le contraire de la foi, c’est plutôt l’indifférence, la peur ou la méfiance. 

Job doute, il se révolte. Mais il continue de chercher Dieu.

Et un peu plus loin… au cœur même de sa nuit… surgit cette parole étonnante : « Je sais, moi, que mon défenseur est vivant. » (Job 19, 25)

Job ne sait pas comment. Il ne sait pas quand, ni pourquoi. Mais il refuse de croire que le mal aura le dernier mot.

Voilà une autre forme du combat spirituel : Espérer, contre toute espérance…  Espérer, même lorsque Dieu paraît silencieux.

[ L’exemple de Job nous invite à continuer à chercher une lumière… même lorsqu’on ne voit plus que la nuit.
Il nous pousse à rester en dialogue avec Dieu… malgré tout… même quand on n’a pas toutes les réponses… et même lorsqu’on souffre. ]

Je crois que c’est un point très important : 
La foi ne consiste pas à toujours dire « oui » et « amen » ou à faire semblant d’aller bien. Elle est la liberté de tout déposer devant Dieu, même notre peur, notre révolte ou notre incompréhension.

3. Jésus : s’abandonner à Dieu dans l’épreuve

Avec le troisième texte, nous arrivons maintenant au jardin de Gethsémané… pour une autre nuit et un autre combat.

Comme Jacob…. Jésus ressent - lui aussi - une forme de solitude et d’angoisse… mais pour d’autres raisons. 

Il sait que son arrestation approche. Une mort violente semble déjà annoncée. Jésus est bouleversé et profondément attristé.

L'Évangile de Marc nous montre un homme très éprouvé. 
Il prie son Père avec une sincérité désarmante : « Éloigne de moi cette coupe. »
Autrement dit : « S’il est possible, que cette épreuve me soit épargnée. »

Ici… nous sommes loin d'une foi triomphante ou héroïque. Jésus connaît l’angoisse… la peur… et la détresse.

[ Face à l’épreuve de la Croix qu’il pressent, Jésus est tenté d’écouter son propre désir… « vivre malgré tout » … Et tout l’enjeu de ce passage est de nous faire sentir le débat intérieur qui est le sien…  le point de bascule… le moment où sa volonté va lâcher… pour finalement entrer dans la confiance du Père… en abandonnant son propre désir. ]

C’est par la prière qu’il traverse cette tentation. 
Et peu à peu, sa prière prend une autre direction : celle d’un abandon : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. » (Mc 14,36).

C’est ici que le contraste avec Jacob devient intéressant : 
Là où le patriarche s’accrochait et refusait de lâcher son adversaire… Jésus, lui, entre dans le lâcher prise et s’abandonne.

Il ne cherche pas à fuir sa peur. Il ne nie pas sa souffrance… Mais il la présente au Père dans la prière… pour la lui remettre. 

Il s’agit ici aussi d’un combat spirituel… mais il se dénoue autrement… Car le « lâcher-prise » n’est pas une résignation. C’est un acte de confiance.

Le combat de Jésus consiste à remettre sa vie entre les mains du Père, malgré les ténèbres qui l’entourent. 
C’est le combat de la fidélité dans l’épreuve… de la persévérance dans la foi… même lorsque tout devient obscur.

[ Sans que nous soyons, nous-mêmes, dans cette extrémité… l’Evangile nous rappelle que « croire » consiste à franchir ce pas de la foi… à rester en relation, pour traverser la peur, le doute, la détresse…  à remettre notre vie entre les mains de Dieu… même lorsque nous ne voyons plus clairement le chemin… ou que tout semble s’effondrer. ]

4. Paul : tenir bon avec les ressources de Dieu

Enfin, dans le quatrième et dernier texte - la lettre aux Éphésiens - l’apôtre Paul reprend, lui aussi, le thème du combat… en précisant le type d’adversaires : 

Il souligne que « notre lutte n'est pas contre la chair et le sang. » (cf. Ep 6,12)… que le combat n’est jamais contre « les autres êtres humains », contre des personnes. 

Pour l’apôtre, le combat spirituel concerne tout ce qui détruit la vie, la confiance, la justice, la vérité ou l’espérance. Il s’agit de « résister » aux forces qui déshumanisent et éloignent de Dieu.

Nous connaissons ces forces autour de nous, que nous appelons parfois : 
habitudes… résignation… peurs… défaitisme… fatalité… méfiance… manipulations… mensonges…injustices…

Pour décrire cette lutte, il utilise l’image de « l’armure » du soldat. Mais lorsqu’on regarde de près cette armure, on découvre des armes étonnantes : 
La vérité / La justice / La foi / L’espérance du salut / La Parole de Dieu / La prière.

Ce ne sont pas des armes de conquête… mais de défense…  Ce sont des ressources pour tenir debout et continuer d’avancer. 

Ce qui frappe, dans ce passage, ce sont justement les verbes qui reviennent sans cesse. Paul répète : « Tenez bon. » / « Résistez. » / « Restez debout. »

Le combat spirituel n’est pas présenté comme une conquête spectaculaire.  Il s’agit plutôt de ne pas céder au découragement. / De ne pas abandonner la confiance. / De continuer à espérer, lorsque tout pousserait à renoncer.

[ Ces ressources données par l’armure de Dieu, sont la persévérance, qui permet de rester debout, face aux adversaires, qui agissent dans les sphères invisibles, célestes ou spirituelles - selon l’auteur de la lettre. 

Il y a aussi les valeurs qu’il faut garder comme ceinturon, cuirasse ou bouclier … à savoir la vérité, la justice et la foi… mais il insiste également sur l’importance de la prière dans le combat… 

Les armes nommées sont protectrices… Elles indiquent que le croyant n’est pas démuni, mais armé par le Seigneur, pour gagner le bon combat, et résister au mal. ]

Paradoxalement, ce bon combat est celui de la paix… puisqu’il s’agit de défendre des valeurs sociales et spirituelles : 
- Persévérer dans la vérité, lorsque le mensonge paraît plus facile.
- Persévérer dans la justice, lorsque l’injustice semble triompher.
- Persévérer dans la foi, lorsque le doute s’installe.
- Persévérer dans l’espérance, lorsque le découragement nous gagne.

[ C’est une résistance pour promouvoir l’Evangile de la paix (cf. Ep 2, 14-18). ]

Remarquons que Paul ne s’adresse pas à un croyant isolé. Il parle à une communauté…. Car « tenir bon dans la foi » n’est pas seulement une affaire individuelle. Nous avons besoin les uns des autres.
Nous avons besoin d’une communauté qui nous porte, lorsque nos propres forces s’épuisent.

On voit donc, dans cette lettre aux Ephésiens, les ressources que Dieu met à disposition, pour nous permettre de vivre en relation avec lui et avec les autres : 
La foi de Jacob / L’espérance de Job / La prière de Jésus. 
Tout cela se retrouve dans l’armure du croyant.

Conclusion

En conclusion… chers amis… nous voyons que ces quatre textes dessinent un magnifique chemin spirituel.
Ils nous rappellent que la foi peut être le lieu d’un véritable combat. 

Et d’ailleurs, peut-être que chacun d’entre nous se reconnaît davantage dans l’une de ces quatre figures : 

- Parfois, comme Jacob, nous devons nous accrocher et lutter avec une peur, une blessure, une culpabilité… lutter avec nous-mêmes et avec Dieu… en tenant bon… en persévérant.

- Parfois, comme Job, le désespoir nous menace… et nous devons simplement continuer à espérer… en traversant les épreuves… avec le Seigneur. 

- Parfois, comme Jésus, nous devons consentir à une situation que nous n’avons pas choisie… et nous sommes appelés à nous abandonner dans la confiance.

- Et chaque jour, comme le rappelle Paul, nous sommes appelés à résister, à tenir bon et à prier… sans nous décourager. 

La Bible ne promet donc pas une vie sans lutte. Elle ne promet pas une foi tranquille, sans question… ni une existence paisible, sans épreuve.

Mais elle affirme que dans toutes ces situations, dans ces combats, nous ne sommes jamais seuls… 
On ne le reconnait pas toujours… mais Dieu nous accompagne. Il demeure présent…

Lorsque nous traversons des épreuves… nous pouvons sentir sa proximité… Inlassablement, il nous accompagne au cœur même de l’épreuve, pour nous relever et nous transformer.

Personnellement, je crois que le combat spirituel n’est pas le signe que Dieu s’est éloigné de nous. Il est souvent le lieu même où Dieu travaille notre vie, nous transforme et nous conduit plus loin.

[ C’est au milieu de nos questions, nos blessures, nos fatigues ou nos angoisses… que Dieu nous fait signe… pour nous soutenir, nous relever, nous guérir… et nous offrir une nouvelle façon de vivre avec Lui. ]

Soyons assurés… chers amis…  que son Esprit Saint nous guide et nous conduit !  Amen. 


Lectures bibliques

Gn 32, 23-32 / Job 3, 3a. 20-26 & 19, 25-27 / Mc 14, 32-38 / Ep 6, 10-18

Genèse 32, 23-32 - Jacob lutte avec Dieu

23 Jacob se leva cette nuit-là, prit ses deux femmes, ses deux servantes et ses onze enfants, et passa le gué du Yabboq. 24 Il les prit, leur fit passer l'oued et fit aussi passer ce qui lui appartenait. 25 Jacob resta donc seul. Alors un homme se battit avec lui jusqu'au lever de l'aurore. 26 Voyant qu'il ne pouvait l'emporter sur lui, il le frappa à l'articulation de la hanche ; et l'intérieur de la cuisse de Jacob se démit pendant qu'il se battait avec lui. 27 Il dit : Laisse-moi partir, car l'aurore se lève. Il répondit : Je ne te laisserai pas partir sans que tu m'aies béni. 28 Il lui demanda : Quel est ton nom ? Il répondit : Jacob. 29 Il reprit : On ne te nommera plus Jacob, mais Israël ; car tu as lutté avec Dieu et avec des hommes, et tu l'as emporté. 30 Jacob lui demanda : Je t'en prie, dis-moi ton nom. Il répondit : Pourquoi demandes-tu mon nom ? Et il le bénit là. 31 Jacob appela ce lieu du nom de Peniel (« Face de Dieu ») ; car, dit-il, j'ai vu Dieu face à face, et j'ai eu la vie sauve. 32 Le soleil se levait lorsqu'il passa Penouel. Jacob boitait à cause de sa cuisse.

Job 3, 3a. 20-26 & 19, 25-27 - Pourquoi vivre quand on souffre ? - A la fin mon défenseur interviendra


3 Périsse le jour où je suis né. […]
20 Pourquoi Dieu fait-il voir le jour aux malheureux,
pourquoi donne-t-il la vie à ceux qui mèneront une vie amère,
21 qui attendent la mort sans qu'elle vienne,
et qui la recherchent plus qu'un trésor ?
22 Ceux-là se réjouiraient devant le tas de pierres du sépulcre
et ils exulteraient de trouver un tombeau.
23 Pourquoi ce don de la vie à celui dont le chemin est sans issue,
à celui que « Dieu protégeait de tous côtés comme par une clôture » ?
24 Comme pain à manger, je n'ai que mes gémissements ;
comme eau à boire, ce sont plutôt mes hurlements qui jaillissent.
25 Oui, ce qui me terrorisait, c'est ce qui m'arrive,
ce dont j'avais peur, le voici devant moi.
26 Je ne connais ni calme, ni tranquillité, ni repos ;
au contraire, c'est l'agitation qui m’envahit. […]

25 Moi, je sais que mon défenseur est vivant,
et qu'en dernier, sur la poussière, il interviendra.
26 Lorsque ma peau me sera retirée,
moi-même, je verrai Dieu !
27 Je le verrai, moi, de mes propres yeux.
Celui que je regarderai ne sera pas un étranger.
En moi, mon cœur s'épuise à attendre ce moment.

Marc 14, 32-38 -  La prière de Jésus à Gethsémani

32 Ils arrivent au lieu nommé Gethsémani, et il dit à ses disciples : Asseyez-vous ici pendant que je prierai. 33 Il prend avec lui Pierre, Jacques et Jean. Il commença alors à éprouver l'effroi et l'angoisse. 34 Il leur dit : Je suis triste à mourir ; demeurez ici et veillez. 35 S'étant avancé un peu, il tombait à terre et priait pour que, s'il était possible, cette heure s'éloigne de lui. 36 Il disait : Abba, Père, tout est possible pour toi ; éloigne de moi cette coupe. Toutefois, non pas ce que, moi, je veux, mais ce que, toi, tu veux. 37 Il vient et les trouve endormis ; il dit alors à Pierre : Simon, tu dors ! Tu n'as pas été capable de veiller une heure ! 38 Veillez et priez, afin de ne pas entrer dans l'épreuve ; l'esprit est ardent, mais la chair est faible. 

Lettre aux Ephésiens 6, 10-18 - Les armes que Dieu fournit - Le combat de la foi

10 Au reste, armez-vous de force dans le Seigneur, de sa force toute-puissante. 11 Revêtez l'armure de Dieu pour être en état de tenir face aux manœuvres du diable. 12 Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang (contre des êtres humains) ; mais nous devons lutter contre les pouvoirs, les autorités, les maîtres de ce monde obscur, contre toutes les puissances spirituelles mauvaises qui sont dans les cieux. 13 Saisissez donc maintenant toutes les armes de Dieu ! Ainsi, quand viendra le jour mauvais, vous aurez la force de résister, après avoir combattu jusqu'à la fin, vous tiendrez encore fermement votre position.
14 Tenez-vous donc prêts : ayez la vérité comme ceinture autour de la taille ; portez la droiture comme cuirasse ; 15mettez comme chaussures à vos pieds le zèle à annoncer la bonne nouvelle de la paix. 16 Prenez toujours la foi comme bouclier : il vous permettra d'éteindre toutes les flèches enflammées du Mauvais. 17 Et recevez le salut comme casque et la parole de Dieu comme épée, donnée par l'Esprit saint. 18 Par toutes sortes de prières et de demandes, priez en toute circonstance, grâce à l'Esprit. Veillez à cela avec persévérance. Priez pour tous ceux qui appartiennent à Dieu.

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