Lectures bibliques : Es 55, 6-11 ; Mt 13, 3-8 & 18-23 ; Mt 19, 27-30 & Mt 20, 1-16 = voir textes en bas de cette page
Thématique : Il n’est jamais trop tard - Quand la Grâce bouleverse nos calculs
Prédication de pascal LEFEBVRE - le 2 août 2026 - Bordeaux, temple du Hâ & le 9 août 2026 - Salies de Béarn
Il y a parfois des passages de l’évangile qui nous dérangent. La parabole des ouvriers de la vigne en fait partie. Chaque fois que nous l’entendons, la même question nous traverse : « Est-ce vraiment juste ? »
Nous nous identifions volontiers aux ouvriers de la première heure, ceux qui ont travaillé toute la journée. Et nous comprenons leur réaction. Ne devraient-ils pas recevoir davantage que les autres ?
Avant d’aborder cette question… prenons un peu de recul avec les autres textes que nous avons entendus… car ils montrent tous un même mouvement :
- Dans le livre d'Ésaïe, Dieu adresse un appel : « Cherchez le Seigneur pendant qu’il se laisse trouver ; invoquez-le pendant qu’il est proche. »
Et un peu plus loin, le prophète compare la parole de Dieu à la pluie qui descend du ciel. Elle ne reste jamais sans effet. Elle arrose la terre, la féconde, la fait germer. Elle accomplit son œuvre, souvent d’une manière invisible, silencieuse et patiente.
- Puis, dans l’évangile de Matthieu, Jésus raconte l’histoire d’un semeur.
Lui aussi sort de chez lui… pour agir, pour répandre largement la semence… sur les chemins, dans les pierres, parmi les ronces, mais aussi dans la bonne terre.
- Enfin, dans la parabole des ouvriers de la vigne, Jésus met en avant le dynamisme du personnage principal : un propriétaire qui ne cesse de sortir toute la journée pour embaucher… à cinq reprises… depuis l’aube… jusqu’à la dernière heure de la journée de travail.
Dans les trois lectures, c’est toujours le même Dieu qui se met en mouvement… un Dieu qui ne reste pas à distance… qui cherche… qui appelle… qui vient à notre rencontre.
C’est peut-être cela, avant toute chose, la Bonne Nouvelle de l’Évangile : un Dieu, qui fait toujours le premier pas.
I. Dieu ne cesse de semer
Revenons un instant à cette première parabole : Jésus vient de raconter à la foule l’histoire d’un semeur.
Et, spontanément, nous nous demandons quelle est la bonne terre (?). Nous cherchons à savoir de quel côté nous nous situons : en ce moment, quelle est la qualité de notre terrain ? Notre coeur est-il plutôt comme une terre fertile ?… comme un endroit pierreux ?… ou comme un lieu envahi par les ronces ?
En écoutant cette histoire… nous risquons de nous concentrer sur la question du terrain… Mais ce qui frappe d’abord, dans cette comparaison, c’est le semeur lui-même… C’est sa prodigalité :
Il sème partout… Il ne retient pas sa main… Il ne sélectionne pas les meilleurs terrains… Il n’effectue pas de tri préalable…. Il ne dit pas : « Celui-ci est trop dur... celui-là est trop encombré... celui-ci ne vaut pas la peine... ».
Il sème ici et là… avec une générosité presque déraisonnable….
Cette image nous révèle déjà quelque chose de Dieu :
Il ne réserve pas son Évangile à ceux qui sont parfaits… ou à ceux qui seraient déjà prêts à l’entendre.
Il prend l’initiative… Il parle, quoi qu’on puisse entendre… Il continue d’espérer… Il ne cesse de croire en chacun de nous… Sa Grâce précède toujours notre réponse.
C’est exactement ce que dit aussi Esaïe : comme la pluie descend du ciel sans faire de distinction entre les champs, ainsi la parole de Dieu descend dans nos vies. Elle vient irriguer ce qui paraît sec, réveiller ce qui semblait endormi, faire naître une vie nouvelle, là où nous n’attendions plus rien.
Quelle magnifique espérance !
Nous avons parfois l'impression que les choses stagnent… qu’elles n’évoluent pas en nous... que certaines personnes resteront toujours enfermées dans leurs habitudes... ou que notre propre vie spirituelle manque de ferveur, de racines ou de conséquences…
Pourtant… Dieu continue de semer… Il ne se lasse jamais d’agir… Il n’abandonne jamais un cœur humain.
Mais alors une question se pose : Si Dieu ne cesse de parler… Si sa parole est aussi vivante et efficace que la pluie qui féconde la terre… Pourquoi avons-nous le sentiment qu’elle transforme si peu notre existence ?
II. Nous ne sommes pas toujours prêts
La réponse de Jésus est d’une grande finesse psychologique… Il ne dit pas qu’il y aurait, d’un côté, les bonnes personnes, et de l’autre, les mauvaises… Il ne distribue pas des étiquettes…. Mais il permet de nous interroger sur nous-mêmes…
Au fond… nous sommes, tour à tour, les différentes terres de la parabole.
Il y a des moments et des domaines où nous sommes ouverts… d’autres où nous résistons.
Il y a, en nous, des blessures… des peurs… des inquiétudes… mais aussi des désirs de maîtrise… des ambitions…. Et des habitudes.
Nous n’avons pas… ni la même ouverture… ni le même niveau de conscience… dans tous les domaines de notre vie… Et nous sommes parfois pris par de nombreuses préoccupations, qui monopolisent notre énergie et notre temps.
Autrement dit… il y a des moments où nous ressemblons au chemin : Nous entendons une parole, mais elle reste à la surface de notre vie. Rien ne pénètre vraiment.
Il y a d’autres moments où nous sommes comme un terrain pierreux : Nous accueillons volontiers une intuition, un élan, une décision... mais tout ça demeure fragile. Au premier obstacle, nous revenons à nos anciennes habitudes.
Et puis il y a les ronces… peut-être est-ce l’image la plus actuelle : Jésus parle des soucis, des séductions de la richesse, des désirs qui envahissent le cœur.
Nous pourrions ajouter aujourd’hui : nos agendas toujours remplis, nos préoccupations permanentes, notre besoin de tout maîtriser, la comparaison avec les autres, la recherche de reconnaissance, ou encore des fixations, des angoisses, des obsessions, des déceptions qui nous caractérisent…
Il ne s’agit pas de fautes, au sens moral. Mais tout ce qui occupe tellement notre espace intérieur, que nous ne sommes plus disponibles… que la Parole n’y trouve plus de place.
Pour autant, il y a aussi des moments où quelque chose s’ouvre en nous… Nous devenons plus libres, plus disponibles, plus réceptifs… comme si la terre avait enfin été labourée.
Je crois que c’est là l’œuvre discrète de l’Esprit Saint : Nous parlons souvent de l’Esprit, comme d’une force ou d’un Souffle. Mais peut-être est-il aussi Celui qui travaille lentement notre terre intérieure… Celui qui enlève les pierres… Qui arrache les ronces… Qui assouplit ce qui était devenu trop dur… Qui rend notre cœur habitable pour le Christ.
Alors sa Parole ne reste plus seulement une idée ou un beau discours… Elle descend en nous… Elle prend racine… Elle devient peu à peu une manière nouvelle de vivre.
Mais même lorsque notre terre semble encore bien pauvre… Même lorsque nous avons l’impression de ne pas avancer… Dieu, lui, ne renonce jamais.
Et c’est précisément ce que Jésus va raconter dans la seconde parabole… qui en élargit le sens…
III. Alors Dieu revient…
Le même Dieu semeur… qui répandait partout des grains… est maintenant présenté comme un propriétaire, un maître de vigne… qui se lève tôt, pour aller embaucher des ouvriers pour sa vigne.
L'image a changé. Mais le mouvement est exactement le même : Il sort. Il revient. Il repart. Et il recommence.
Cinq fois dans la même journée : à l’aube, à neuf heures, à midi, à trois heures. Et même à cinq heures du soir… alors qu’il ne reste plus qu’une heure de travail.
Ce détail de la parabole peut sembler anecdotique. Mais si jésus donne cette comparaison, c’est pour révéler le cœur de Dieu.
Dieu ne cesse jamais de venir à notre rencontre… Il ne lance pas un appel une fois pour toutes en attendant que nous répondions… Il revient à maintes reprises… Il cherche encore… Il appelle de nouveau… Et il n’abandonne personne en chemin.
Ainsi, pour Dieu, il n’est jamais trop tard… Même une heure de vie a du prix…
Il est toujours possible de se rendre disponible, de se mettre à l’écoute… de changer quelque chose… pour travailler avec le Seigneur…
Donner une heure de confiance… une heure d’amour… une heure pour le Royaume : c’est déjà quelque chose d’important !
Cette parabole ouvre ainsi une immense espérance : Elle nous rappelle que Dieu ne nous enferme jamais dans notre passé… Il ne dit jamais : « C’est trop tard… Tu es passé à côté de l’essentiel… Tu as manqué l’important.… Tu as laissé passer ta chance. »… Au contraire, il continue de croire en chacun !
Nous en avons l’écho dans dans nombreuses rencontres de l’Évangile.
Pensons, par exemple, à Zachée, ce riche collecteur d’impôts que tout le monde considérait comme perdu… ou à Paul, arrêté sur le chemin de Damas, alors qu’il combattait les disciples de Jésus…. ou encore au « bon larron », au brigand crucifié aux côtés de Jésus, accueilli jusque dans les dernières heures de son existence.
À chaque fois, la Grâce de Dieu arrive à se faufiler dans les interstices des existences humaines… Il n’est jamais trop tard !
Et c’est sans doute la même chose dans notre histoire personnelle… Il y a parfois des dimensions de notre vie que nous laissons longtemps en friche… Des appels que nous avons refusé d’entendre… ou auxquels nous n’avons pas oser répondre… Des changements que nous n’avons pas eu le courage de faire… ou que nous avons cru impossibles… Des pardons que avons sans cesse remis au lendemain… ou des paroles que nous n’avons jamais oser dire…
Et pourtant… Jésus nous dit que Dieu revient, avec une patience infinie.… que des occasions nouvelles peuvent toujours se présenter…
Le Seigneur continue de frapper doucement à la porte de notre cœur… parce qu’il continue d’espérer en nous.
IV. Puis arrive le scandale…
Fort de ce constat… nous pouvons alors nous arrêter sur ce qui nous dérange souvent dans cette parabole : la question du salaire.
Si nous commençons la lecture par cette question, nous risquons de passer à côté du véritable centre du récit… qui n’est pas économique… mais théologique.
En effet, Jésus ne cherche pas à parler du droit du travail… du sens de l’effort… ou de l’importance de nos mérites… Il cherche à nous révéler le cœur de Dieu.
Mais voilà que dans cette petite histoire… le maître demande que l’on commence par payer les derniers ouvriers…. Et tous reçoivent un denier, une pièce d’argent.
Alors, naturellement, ceux de la première heure se mettent à calculer : « Si ceux qui n’ont travaillé qu’une heure reçoivent un denier… nous allons certainement recevoir davantage »… Mais, c’est la déception… ils reçoivent exactement ce qui avait été convenu… sans rien de plus…
Pourtant, à bien y regarder… le maître n’a lésé personne. Il a tenu parole et respecté son engagement.
La colère des premiers ouvriers ne vient pas de ce qu’ils auraient perdu. Elle vient de ce que les autres ont reçu.
Et c’est ici que Jésus pose une question qui a traversé les siècles : « Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » ou dit autrement : « verrais-tu d’un mauvais œil que je sois bon ? »
Pourquoi la bonté de Dieu… pourquoi sa générosité… peuvent-elles déranger ?
Pourquoi la grâce accordée à un frère peut-elle empêcher de se réjouir de ce que l’on a soi-même reçu ?
Voilà le véritable scandale de cette parabole : Les premiers deviennent malheureux… non parce qu’ils reçoivent moins… mais parce que d’autres reçoivent autant qu’eux.
N’est-ce pas une expérience profondément humaine ?
Nous étions heureux… jusqu’au moment où nous avons commencé à nous comparer.
Nous étions reconnaissants… jusqu’à ce que nous regardions ce qui arrivait aux autres.
Alors naissent les questions que nous connaissons tous… et que les enfants expriment souvent si bien : Pourquoi lui ?… Pourquoi pas moi ?… Et moi, qu’est-ce que j’y gagne ?
Sans même nous en apercevoir, notre regard se déplace… Nous ne regardons plus le don que nous avons reçu… Nous regardons ce que l’autre reçoit.
[ Et cela peut nous faire penser à d’autres passages bibliques :
- Le frère aîné de la parabole du fils retrouvé réagit exactement de cette manière.
- Jonas aussi, lorsque Dieu pardonne aux habitants de Ninive.
Tous deux découvrent qu’il est parfois plus difficile d’accepter la grâce donnée aux autres que celle que nous recevons nous-mêmes. ]
Si Jésus a choisi de raconter cette histoire… ce n’était certainement pas pour culpabiliser ses auditeurs… mais pour leur permettre de changer de regard… pour les libérer de cet esprit de comparaison permanente qui finit par empoisonner nos vies ?
Le Royaume de Dieu commence peut-être là… au moment où nous cessons de compter les mérites… pour apprendre simplement à nous réjouir de la bonté de Dieu.
V. Jésus nous révèle le vrai visage de Dieu
Il peut être bon, alors, de se souvenir, à nouveau, des paroles du prophète Esaïe… qui prennent, ici, tout leur relief.
« Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies. » - dit le Seigneur
Nous avons facilement tendance à imaginer un Dieu qui récompense les bons et punit les mauvais ou les insuffisants… Un Dieu finalement à notre image, qui calculerait, qui comptabiliserait, qui distribuerait à chacun selon ses mérites.
Mais Jésus vient bouleverser cette image : Il nous révèle un Dieu qui donne avant de compter…. Un Dieu qui cherche avant d’attendre… Un Dieu qui pardonne avant de condamner … Un Dieu qui rassemble au lieu d’établir des classements.
Voilà pourquoi ses pensées sont plus hautes que les nôtres… parce qu’elles sont infiniment plus généreuses.
Le Royaume de Dieu n’est pas le monde du « chacun pour soi »… de la compétition…. où chacun doit faire ses preuves… pour gagner sa place…
Ce n’est pas le monde des récompenses…. Mais celui de la Grâce.
Dans le Royaume, personne n’a besoin de mériter d’être aimé.
Tout commence par un don…
Le « denier » que reçoit chaque ouvrier, n’est pas seulement la récompense d’un effort. Il représente le salaire d’une journée, ce qui permet de vivre vivre dignement. / Autrement dit… Dieu ne donne pas à chacun ce qu’il mérite…. Il donne à chacun ce qui lui permet de vivre.
Voilà la justice de Dieu… Une justice qui ne cherche pas d’abord à répartir selon les performances, mais à faire vivre… à restaurer la dignité… pour faire grandir…
Et c’est peut-être cela qui nous déroute le plus… Nous aimerions parfois un Dieu plus prévisible… plus conforme à notre manière de compter…
Mais Jésus nous invite à entrer dans une autre logique : Celle de la bonté et de la gratuité.
VI. Conclusion - La véritable question
Pour conclure… je crois que nous pourrions revenir à la question qui a provoqué toute cette parabole… On l’a peut-être oubliée… Pourtant, elle se trouve juste avant… : Pierre demande à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. Qu’en sera-t-il donc pour nous ? »… Autrement dit : « Qu’allons-nous y gagner ? »
Au fond, la parabole entière est la réponse de Jésus. Et sa réponse est étonnante… un peu comme s’il lui disant : « Pierre… tu poses déjà la mauvaise question… Tu cherches encore à mesurer le Royaume avec les critères du marché… Tu raisonnes encore en termes de mérite, de récompense et de comparaison.
Or le Royaume ne fonctionne pas ainsi…. Le Royaume n’est pas ce que tu vas gagner… C’est ce que tu vas recevoir.
Car personne ne mérite l’amour de Dieu… Personne ne l’achète… Personne ne le possède davantage qu’un autre… Il est donné gratuitement… à toutes celles et ceux qui acceptent d’entrer dans la vigne…. de participer à la dynamique du Père céleste… »
Alors, la vraie question n’est pas savoir : « Que vais-je gagner à suivre le Christ ? »… Mais plutôt : « Suis-je prêt à accueillir ce que Dieu me donne déjà ? »
À accueillir sa confiance… son pardon… sa présence… son appel.
À entrer dans cette joie, où il n’est plus nécessaire de se comparer aux autres, pour savoir que l’on est aimé.
Car le disciple ne suit pas le Christ, pour être davantage aimé que les autres…. Mais parce qu’il découvre, peu à peu, qu’il est déjà aimé.
Et cette découverte change tout : Elle nous libère du besoin de nous justifier… de faire nos preuves… Elle nous libère aussi de la peur de manquer… Et elle nous rend capables de nous réjouir lorsque d’autres, eux aussi, découvrent la bonté de Dieu.
Alors, oui, chers amis… le Royaume commence déjà au milieu de nous (cf. Lc 17,21).
Chaque fois qu’un être humain renonce à compter ses mérites, pour entrer dans la joie de la Grâce.
Chaque fois qu’il se réjouit, aussi bien de ce qu’il reçoit, que de ce que les autres obtiennent.
Chaque fois qu’il découvre que Dieu ne cesse de venir à notre rencontre… pour nous donner, inlassablement, ce qui fait vivre.
A chaque fois… le Royaume est tout proche… à notre portée…
Alors… réjouissons-nous !
Amen.
_____
Lectures bibliques
Volonté de Dieu
Es 55, 6-11
6 Cherchez le Seigneur pendant qu'il se laisse trouver ; invoquez-le pendant qu'il est proche.
7 Que le méchant abandonne sa voie, et l'homme malfaisant ses pensées ; qu'il revienne au Seigneur, qui aura compassion de lui, – à notre Dieu, qui pardonne abondamment.
8 Car mes pensées ne sont pas vos pensées, vos voies ne sont pas mes voies – déclaration du Seigneur.
9 Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées.
10 Comme la pluie et la neige descendent du ciel et n'y reviennent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l'avoir fécondée et fait germer, sans avoir donné de la semence au semeur et du pain à celui qui a faim, 11 ainsi en est-il de ma parole qui sort de ma bouche : elle ne revient pas à moi sans effet, sans avoir fait ce que je désire, sans avoir réalisé ce pour quoi je l'ai envoyée.
Lectures
Mt 13, 3-8 & 18-23
3 [Jésus] leur parla longuement en paraboles ; il disait : Le semeur sortit pour semer. 4 Comme il semait, des grains tombèrent le long du chemin ; les oiseaux vinrent et les mangèrent. 5 D'autres tombèrent dans les endroits pierreux, où ils n'avaient pas beaucoup de terre : ils levèrent aussitôt, parce que la terre n'était pas profonde ; 6mais quand le soleil se leva, ils furent brûlés et se desséchèrent, faute de racines. 7 D'autres tombèrent parmi les épines : les épines montèrent et les étouffèrent. 8 D'autres tombèrent dans la bonne terre : ils finirent par donner du fruit, l'un cent, l'autre soixante, l'autre trente. […]
18 Vous donc, entendez la parabole du semeur. 19 Lorsque quelqu'un entend la parole du Règne et ne la comprend pas, le Mauvais vient s'emparer de ce qui a été semé dans son cœur : c'est celui qui a été ensemencé le long du chemin. 20 Celui qui a été ensemencé dans les endroits pierreux, c'est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie, 21 mais il n'a pas de racine en lui-même, il ne tient qu'un temps ; sitôt que survient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, c'est pour lui une cause de chute. 22 Celui qui a été ensemencé parmi les épines, c'est celui qui entend la Parole, mais les inquiétudes du monde et l'attrait trompeur des richesses étouffent la Parole, et elle devient stérile. 23 Celui qui a été ensemencé dans la bonne terre, c'est celui qui entend la Parole et la comprend ; il porte du fruit et produit, l'un cent, l'autre soixante, l'autre trente.
Mt 19, 27-30 & Mt 20, 1-16
27 Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Écoute, nous avons tout quitté pour te suivre. Que se passera-t-il pour nous ? » 28 Jésus leur dit : « Je vous le déclare, c'est la vérité : quand le Fils de l'homme siégera sur son trône glorieux dans le monde nouveau, vous qui m'avez suivi, vous siégerez également sur douze trônes pour juger les douze tribus d'Israël. 29 Et tous ceux qui auront quitté pour moi leurs maisons, ou leurs frères, leurs sœurs, leur père, leur mère, leurs enfants, leurs champs, recevront cent fois plus et auront part à la vie éternelle. 30 Mais beaucoup qui sont maintenant les premiers seront les derniers et beaucoup qui sont maintenant les derniers seront les premiers. »
1 Voici en effet à quoi le règne des cieux est semblable : un maître de maison qui était sorti de bon matin embaucher des ouvriers pour sa vigne. 2 Il se mit d'accord avec les ouvriers pour un denier par jour et les envoya dans sa vigne. 3 Il sortit vers la troisième heure (9h), en vit d'autres qui étaient sur la place sans rien faire 4 et leur dit : « Allez dans la vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste. » 5 Ils y allèrent. Il sortit encore vers la sixième (midi), puis vers la neuvième heure (15h), et il fit de même. 6 Vers la onzième heure (17h) il sortit encore, en trouva d'autres qui se tenaient là et leur dit : « Pourquoi êtes-vous restés ici toute la journée sans rien faire ? » 7 Ils lui répondirent : « C'est que personne ne nous a embauchés. – Allez dans la vigne, vous aussi », leur dit-il. 8 Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : « Appelle les ouvriers et paie-leur leur salaire, en allant des derniers aux premiers. » 9 Ceux de la onzième heure (17h) vinrent et reçurent chacun un denier. 10 Les premiers vinrent ensuite, pensant recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun un denier. 11 En le recevant, ils se mirent à maugréer (à murmurer) contre le maître de maison 12 et dirent : « Ces derniers venus n'ont fait qu'une heure, et tu les traites à l'égal de nous, qui avons supporté le poids du jour et la chaleur ! » 13 Il répondit à l'un d'eux : « Mon ami, je ne te fais pas de tort ; ne t'es-tu pas mis d'accord avec moi pour un denier ? 14 Prends ce qui est à toi et va-t'en. Je veux donner à celui qui est le dernier autant qu'à toi. 15 Ne m'est-il pas permis de faire de mes biens ce que je veux ? Ou bien verrais-tu d'un mauvais œil que je sois bon ? » 16 C'est ainsi que les derniers seront premiers et les premiers derniers.
_______
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire