dimanche 6 septembre 2026

Du désir de soi au désir de Dieu

Lectures bibliques : Mt 16, 21-27 ; Mt 25, 31-46 (= voir en bas de cette page)
Thématique : Du désir de soi au désir de Dieu - Renoncer à être le centre
Prédication de Pascal LEFEBVRE / le 06/09/26 - Bordeaux, temple du Hâ

Aujourd’hui, nous entendons des passages de l’Évangile dérangeants et difficiles… surtout si nous avons en mémoire certaines représentations terrifiantes de la fameuse fresque du « Jugement dernier », comme celle de la cathédrale Ste Cecile d’Albi… commandé à la fin du XVe siècle… pour effrayer et édifier les fidèles… 

Il nous faut pourtant relire ces textes autrement… et tenter de discerner le message qui nous est transmis… en surmontant les aspects mythiques ou mythologiques… 

Pour commencer, je vous propose de méditer sur cette fameuse phrase de Jésus qui déclare : « si quelqu'un veut marcher à ma suite qu'il renonce à lui-même »… ou selon les traductions : « qu’il s’abandonne lui-même…qu’il se renie lui-même »… Qu'est-ce que ça signifie vraiment ? Que Jésus voulait-il dire ?

Pour envisager ce chapitre 16 de l'évangile de Matthieu… il nous faut revenir au contexte… aux chapitres précédents : Jésus a opéré un certains nombres de guérisons, y compris les jour du sabbat… il a essuyé plusieurs controverses… et assumé des prises de position… 

Du fait de ses paroles libératrices et de ses actions thérapeutiques subversives… il est, de plus en plus, mal vu des autorités religieuses de son temps… Et il se trouve menacé, car son Évangile vient remettre en cause l’image de Dieu véhiculée par le Judaïsme du temple, des grands prêtres, des Lévites… et sans doute aussi interroger la vision légaliste et rigoureuse des Pharisiens…

Jésus est certainement conscient que ses paroles et ses actes ne seront pas sans conséquences… que sa liberté de parole et l’annonce de la proximité du Règne de Dieu… viennent bouleverser les mentalités… contester la religion instituée… et mettre à mal l’autorité des Religieux de son époque.

C'est la raison pour laquelle, il annonce à ses disciples qu’il devra certainement souffrir et subir la colère des anciens et des grands prêtres. Il discerne certainement la fin funeste qui lui est réservée… s'il persiste à monter à Jérusalem, à annoncer l'Evangile de la grâce, de l'amour et du pardon. Mais, bien sûr, il a décidé d'aller jusqu'au bout… malgré tout… 

De son côté, Pierre et, certainement, d’autres disciples avec lui… ont une manière toute différente de voir les choses. Ils espèrent que Jésus est bien le Messie qu’ils attendent… ce Messie qui doit libérer Israël de l’occupation romaine… et rendre sa gloire au peuple élu. Alors il n’est pas question pour Pierre que Jésus accepte le rejet, la souffrance et la mort…  il attend un « Jésus » tout autre… combatif et victorieux… un Messie conforme à son désir. 

Les reproches qu'il adresse à Jésus révèlent que son projet pour le Christ est un projet fondé sur l’ego… sur le désir d’obtenir satisfaction… de gagner, de réussir… Il cherche - peut-être inconsciemment - à imposer à Jésus sa volonté personnelle… Il voudrait que le Christ soit à la hauteur de ses espérances… qu’il soit l’auteur et le décideur de tout ce qui va arriver.

Jésus - nous le devinons - est dans une posture bien différente… Contrairement à Pierre, il ne cherche pas à vouloir attraper la vie, à vouloir la faire entrer dans nos projets, nos préférences ou nos peurs… Il ne cherche pas à la posséder ni à la diriger… Il comprend qu’il n'est pas séparé des autres… et qu’il ne pourra pas échapper à la pression collective… à son environnement… aux circonstances… Il sait que son sort s’inscrit dans l’interdépendance avec tous ceux qui l’entourent… y compris avec ceux qui détiennent le pouvoir. 

C’est ce qui lui fait dire ces mots très forts… à savoir que Pierre est comme un « Satan »… un tentateur, un diviseur… car sa vision purement humaine… est fondée sur l’ego… Cet égo qui construit sans cesse une frontière entre « moi » et « le reste », entre mes désirs et les autres… 

À chaque instant cet ego transforme l’interdépendance en séparation… car, la plupart du temps, nous nous voyons - comme Pierre - comme des individus isolés, face à un monde qui nous résiste… et nous voulons… et faisons tout… pour que ce monde se plie à nos désirs… à notre volonté… et entre dans nos projets. 

Sans nous rendre compte… nous vivons souvent dans cette opposition entre « le moi » et le monde… car nous voulons contrôler les choses…
 
A bien y regarder… cette impulsion est, de fait, un désir que la société elle-même nous transmet de génération en génération : chacun est appelé à s’affirmer, à se réaliser par lui-même, à mériter sa place…

Depuis notre naissance, tout nous pousse à devenir quelqu’un… à nous distinguer… à être différents, uniques et remarquables. Très tôt, nous apprenons à défendre une identité, une réputation, une opinion… nous avons tendance à manifester notre désir d’exister, de croitre, de réussir, sans forcément nous préoccuper des autres… et souvent même en nous séparant des autres… ou pire, en les concurrençant ou en les éliminant…lors des concours ou des entretiens que nous passons…

Fondamentalement… la raison profonde de ce comportement vient de notre mental… qui veut autre chose que ce qui est… Il veut modifier la réalité… la contrôler… Il veut négocier avec le présent. Il voudrait lui imposer ses conditions. 

Mais, à chaque fois que nous faisons cela, nous renforçons - souvent inconsciemment - la sensation d’être des individus isolés, face à un monde qui nous résiste. Alors apparaissent l’effort, la tension, la rivalité… la soif de gagner et la peur de perdre… ainsi que le besoin permanent de contrôler les choses. Cet effort est immense… et c'est ainsi que nous fonctionnons la plupart du temps… 

Pourtant, si nous observons la nature, nous voyons qu’elle fonctionne différemment… Une feuille ne lutte pas contre le vent, elle danse avec lui. Un poisson ne cherche pas à dominer le courant, il en suit les mouvements. Il se laisse porter. Bien sûr, les saumons peuvent remonter les rivières, mais seulement à certains moments, pour garantir la survie de leur progéniture, afin de trouver un environnement protégé. De la même manière, aucun arbre ne fait d’effort pour grandir. Aucun nuage ne décide de traverser le ciel. Dans la nature, tout suit naturellement les circonstances… car les êtres et les éléments vivent dans l’interdépendance. 

Pour ce qui est de l’être humain, notre vision est souvent différente… car nous imaginons constamment qu’il faut intervenir pour améliorer ce qui est déjà en train de se produire. Nous voulons influencer le cours des choses, nous voulons réussir et convaincre. Nous désirons avoir une place et laisser une trace… Autrement dit, consciemment ou inconsciemment, nos actions cherchent souvent à imposer une volonté personnelle. 

Et - à bien y regarder - c’est certainement ce qui nous fait souffrir… vouloir toujours être l’auteur de tout ce qui arrive… prétendre décider et avoir raison… et refuser les circonstances, sur lesquelles nous n’avons pas prise. 

Visiblement… Jésus raisonne autrement : 
- D’un côté, il agit, il lutte contre les injustices et des discriminations (notamment à l’égard des exclus, des pauvres, des malades, des personnes handicapées, des péagers, etc.)  … il se bat pour changer les choses… pour transmettre l’amour de Dieu… pour libérer et guérir, pour apporter pardon et réconciliation… 
- Mais, d’un autre côté, il est tout à fait conscient qu’il ne pourra pas maîtriser les circonstances… il s’en remet donc à Dieu… il vit dans la confiance… parce qu’il vit pleinement en communion avec le divin et avec les autres… 

« Faire confiance à Dieu » ne signifie pas se résigner, ni approuver tout ce qui arrive. Cela signifie reconnaître lucidement ce qui est hors de notre pouvoir, pour mieux discerner ce qui dépend encore de nous…

Et c’est précisément ce que Jésus semble apprendre à Pierre et aux disciples : nous ne pouvons pas tout contrôler, nous ne pouvons pas faire entrer la réalité dans nos projets… mais nous pouvons toujours choisir comment nous allons vivre ce qui nous arrive, et comment nous allons agir au cœur de ces circonstances.

Voilà la raison pour laquelle, le Christ appelle Pierre et les disciples à changer de mentalité et de comportement… « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même… et qu’il se charge de sa croix ».

Nous pouvons entendre cette exhortation comme un appel à penser et à vivre autrement… à lâcher notre égo… nos désirs égocentriques… notre soif de contrôle… notre volonté de défendre notre sécurité et nos intérêts… pour discerner que nous ne sommes pas le centre et la mesure de toute chose… ni séparés les uns des autres. 

Jésus veut nous faire sortir de cette illusion, qui nous pousse à croire que nos désirs devraient s’imposer… et que nous devons être dans la maîtrise… alors que lui nous propose simplement d’agir au mieux - de vivre dans l’amour - tout en faisant pleinement confiance à la Providence divine… quoi qu’il arrive…

Il me semble que l’autre texte que nous avons entendu : la fameuse parabole du jugement dernier, peut nous éclairer sur le sens de ce dialogue entre Jésus et Pierre… pour en élargir la perspective…

Ce matin, je n’entrerai pas dans le détail concernant cette parabole de Matthieu 25… Je vous propose simplement d’essayer d’en tirer quelques conséquences… 

Grâce à ce texte, nous apprenons la chose suivante : 

Nous ne sommes pas séparés les uns des autres… nous sommes tous Un… C’est ce que découvrent les hommes de la parabole du jugement dernier… qu'ils aient été, durant leur existence… aimants et obéissants, comme des brebis….ou indifférents et rebelles, comme des chèvres… Ils apprennent finalement que chaque être humain est lié à son frère… que chaque frère est lié au Christ… et que le Christ est lui-même lié à Dieu… 

Autrement dit, au jour du jugement, tous prendront conscience que la vie est tissée de liens invisibles… que nous vivons une forme de communion et d’interdépendance… et donc qu’il y a une illusion à nous croire séparés les uns des autres… 

Inévitablement… ce que nous faisons à l’autre nous transforme nous-mêmes, parce que notre manière d’entrer en relation avec lui façonne peu à peu notre manière d’être au monde et d’être devant Dieu.

Cette grande scène symbolique du « jugement dernier » a pour fonction de transmettre - sous forme narrative - une information destinée à nous transformer. En effet, celui qui entend cette parabole change forcément de mentalité… car il est désormais informé… que la séparation est une illusion… que l’inter-dépendance est une réalité, peut-être invisible et cachée, mais réelle… 

Dans ce « mythe » du jugement dernier… le problème de celles et ceux qui ont été indifférents aux autres… nous renvoie précisément à la question de l’égo… Ils représentent celles et ceux qui ont été animés par des désirs personnels et égocentriques… qui n'ont pensé séparément qu’à leur désir d’exister, sans se préoccuper des autres… en oubliant… ou en ne réalisant pas… que nous sommes tous Un… tous reliés… dans le mesure où le Christ vient à ma rencontre dans le visage de l’autre…

Précisément… le mouvement conclusif de leur destinée, décrit par la parabole… traduit une réalité relationnelle… qui s’exprime par un déplacement… un changement de position :

Ainsi, ceux qui ont vécu dans l’amour se rapprochent finalement du Dieu d’amour - « venez, les bénis de mon Père » - dit la voix du Fils de l’homme… tandis que ceux qui ont vécu dans l’indifférence s'éloignent un peu plus de Dieu… « Allez-vous-en loin de moi… »  dit la voix. 

Ce mouvement - vers plus ou moins de proximité avec le coeur de Dieu - est symbolique : il résulte de l’amour ou du manque d’amour… Il est destinée à nous faire comprendre l’impasse et l’illusion qui découle d’une vie qui se laisse conduire par l’égo… 

Comme la parabole du riche insensé (cf. Lc 12, 13-21) … cette parabole (de Mt 25) constitue une illustration saisissante de cette fameuse phrase de Jésus : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même ».

Car, marcher à la suite du Christ… c’est forcément choisir de vivre en lien avec les autres… quelles que soient les circonstances… 

On ne peut pas sauver sa petite vie par soi-même et pour soi-même… le salut « chacun pour soi » n’a aucun sens au regard de Dieu… c’est une pure illusion !… 

Ce qui a du sens, en revanche, c’est ce qui fait vivre… ce qui donne goût à la vie… et cela passe par le don de soi : … donner sa vie, vivre dans l’amour… c’est précisément trouver la vie… la découvrir et la faire grandir dans le lien à autrui… 

Il est important de souligner que l’invitation de Jésus à renoncer à faire de son « moi » le centre… ne vise pas à nous conduire à l’inaction… mais à une élévation de notre niveau de conscience… 

Et cela peut nous conduire à deux façons nouvelles de voir les choses : une façon peut-être plus « bouddhiste » et une façon sans doute plus « chrétienne » : 

- D’une part, nous pourrions interpréter les paroles de Jésus… dans la continuité de ce que prescrivent certaines traditions liées à l’enseignement du Bouddha … à savoir que si nous renonçons à l’égo et à nos désirs…nous trouverons la paix… et nous éviterons la souffrance… 

En effet, en acceptant ce qui est… en voulant simplement ce qui est… nous entrons dans le mouvement de la vie et nous acceptons les circonstances sur lesquelles nous n’avons pas prise… 

Nous arrêtons ainsi de voir la vie comme une résistance ou une lutte… une opposition ou un combat… Nous sortons de l’idée de rapports de force ou de contrôle… pour entrer dans l’éveil, par lequel nous faisons l’expérience de l’interdépendance et de l’unité… en abandonnant l’illusion d’être séparés des autres…

- D’autre part, nous pouvons aussi interpréter les paroles de Jésus… comme un appel à réorienter nos désirs… 

Car une question fondamentale apparait lorsqu’on écoute Jésus : peut-on vraiment renoncer à soi-même ? Peut-on se renier… et n’avoir aucun désir ? Le souhait de n’avoir aucun désir égocentrique n’est-il pas lui-même un désir ? N’y a-t-il pas là une sorte d'impasse ? 

Peut-être que la solution n’est pas d’essayer d’abandonner tout désir… mais de les convertir… d’apprendre à réorienter nos désirs en les tournant vers Dieu… en les faisant entrer… en les inscrivant… dans un désir plus vaste : le désir de Dieu…

Le désir de Dieu - c’est ce qu’on appelle « sa volonté ». Ce désir, c’est la vie, la confiance, l’amour, la liberté, la paix, la justice, la joie… Tout le Nouveau Testament va de ce sens… Le Christ est venu nous révéler que le désir de Dieu, c’est la Vie en plénitude, pour tous… 

Alors… peut-être qu’une manière de renoncer à notre égo et nos désirs égoïstes… ce serait de vivre davantage en communion avec le Christ… pour nous laisser pleinement orienter par Dieu, par son désir de vie, d’amour, de justice, de paix… 

Et renoncer à soi-même… cela signifie également renoncer à nos sécurités et à nos peurs… comme l’a fait Jésus… en faisant pleinement confiance à notre Père céleste… malgré la non-maitrise des circonstances…

C’est ce chemin qu’a choisi Jésus… qui est pour nous un modèle et un exemple d’accomplissement : oser la confiance… abandonner son égo, en entrant dans le désir de Dieu… vivre dans le don de soi… donner sa vie par amour… au risque de la perdre… pour, en réalité, la trouver… la trouver dans l’unité et la communion avec Dieu et avec les autres…

Voilà… chers amis…  le chemin que le Christ nous invite à suivre : entrer dans la confiance et le lâcher-prise… pour expérimenter la vie, avec un horizon plus large, où nous sommes toujours en lien avec les autres et avec Dieu… 

Nous laisser guider par Dieu… plutôt que par notre « moi » et nos désirs… afin d’expérimenter une vie conduite par l’amour…

Dans notre existence… nous souhaitons souvent que Dieu entre dans nos projets… alors que Jésus, lui, nous invite à entrer dans le projet de Dieu…

C’est pour cela que la spiritualité est différente du développement personnel : 

- Bien sûr, c’est important de s’épanouir… et de rechercher son « bien-être »… Mais la plupart du temps, dans le développement personnel, nous voulons fabriquer un « moi » affirmatif, solide, combatif, indépendant et séparé du reste du monde… 

- La spiritualité… telle que Jésus la propose… consiste, au contraire, à lâcher ce « moi »… à renoncer à être l’auteur de tout ce qui arrive… pour vivre en communion avec Dieu et avec les autres… 

Et cela modifie, en conséquence, notre rapport aux circonstances… 

Le fait est que les circonstances de la vie évoluent et changent sans nous demander notre avis… Jésus n’a pas choisi de rencontrer tant de résistance autour de lui… et de devoir faire face à la violence des autorités religieuses de son temps… 

L’Évangile nous raconte ce moment où il comprend que rester fidèle au chemin qu’il a choisi, va désormais le conduire au conflit et peut-être à la mort… Il choisit de faire confiance à Dieu, malgré tout… tout en sachant que les circonstances risquent devenir de plus en plus difficiles et menaçantes… 

Il choisit ainsi de ne pas vivre séparé des autres, même de ceux qui pouvaient lui faire du mal… Il choisit de se laisser porter par Dieu…

En d’autres mots, Jésus choisit la voie du dépouillement… et de l’abandon dans la confiance…

Voilà donc, chers amis, l’exemple que nous avons de Jésus.. et voilà ce que l’Évangile nous rappelle en cette nouvelle rentrée scolaire : l’importance de prendre soin de notre vie relationnelle. 

Nous pouvons sortir de l’illusion d’une vie enfermée sur elle-même. Nous sommes liés à Dieu et liés les uns aux autres. Et cela, nous pouvons déjà l’expérimenter, ici et maintenant….. sans attendre d’être au ciel !

Car celui qui donne sa vie ne la perd pas : il participe déjà à la dynamique du Royaume… Il découvre que la vie est faite pour être donnée, reçue et partagée.

Amen. 

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Lectures bibliques

Mt 16, 21-27       
        
21 A partir de ce moment, Jésus commença à montrer à ses disciples qu'il lui fallait aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, être mis à mort et ressusciter le troisième jour. 22 Pierre, le prit à part et se mit à lui faire des reproches en disant : À Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne t'arrivera pas. 23 Mais Jésus se retourna et dit à Pierre : Arrière de moi, Satan ! Tu es pour moi un scandale, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes.
24 Alors Jésus dit à ses disciples : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive. 25 Quiconque en effet voudra sauver sa vie la perdra, mais quiconque perdra sa vie à cause de moi la trouvera. 26 Et que servira-t-il à un homme de gagner le monde entier, s'il perd son âme ? Ou que donnera un homme en échange de son âme ? 27 Car le Fils de l'homme va venir dans la gloire de son Père avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa manière d’agir.

Mt 25, 31-46
31 « Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, accompagné de tous les anges, alors il siégera sur son trône de gloire. 32 Devant lui seront rassemblées toutes les nations, et il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres. 33Il placera les brebis à sa droite et les chèvres à sa gauche. 34 Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde. 35Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger et vous m'avez recueilli ; 36 nu, et vous m'avez vêtu ; malade, et vous m'avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi.” 37 Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te donner à boire ? 38 Quand nous est-il arrivé de te voir étranger et de te recueillir, nu et de te vêtir ? 39 Quand nous est-il arrivé de te voir malade ou en prison, et de venir à toi ?” 40 Et le roi leur répondra : “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits, qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait !” 41 Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, maudits, au feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. 42 Car j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire ; 43 j'étais un étranger et vous ne m'avez pas recueilli ; nu, et vous ne m'avez pas vêtu ; malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité.” 44 Alors eux aussi répondront : “Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, étranger ou nu, malade ou en prison, sans venir t'assister ?” 45 Alors il leur répondra : “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait.” 46 Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle. »

 

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