dimanche 3 juin 2018

Mc 10, 1-12

Lectures bibliques : Gn 2, 18-24 ; Gn 1, 24-31 ; Mc 10, 1-12  / Marmande, le 03/06/18
Thématique : Jésus… le sens du mariage, le divorce et la dignité de la femme
Prédication de Pascal LEFEBVRE (inspirée d’une méditation d’Anselm Grün) 

Dans l’évangile de Marc, la péricope sur le mariage et le divorce suscite beaucoup de questions. En tout cas, elle a suscité l’inquiétude de beaucoup de gens mariés, surtout parmi les catholiques… à cause d’une lecture très littéraliste de ce texte, qui a souvent été faite. 

Les divorcés et les remariés se sont sentis lésés par ce texte. L’Eglise catholique l’a souvent interprété de telle façon qu’ils se sentent exclus par Dieu…  alors, qu’on le sait : Jésus n’a jamais exclu les gens. Il faisait tout, au contraire, pour les accueillir… au nom d’un Dieu qui est comme un Père bon, miséricordieux et compatissant. 

Alors… comment comprendre les paroles de Jésus ? Que signifient-elles vraiment ?

Tout d’abord, Marc précise que les Pharisiens qui interrogent Jésus, veulent lui tendre un piège. C’est pourquoi leur question est de pure rhétorique. 
Ils tentent de coincer Jésus, en se basant sur le plan de la Loi, de la Torah - ce qui est permis ou défendu -. Ils veulent voir si Jésus respecte la loi de Moïse. 

Rappelons qu’en Israël, la possibilité pour un homme de répudier sa femme n’était pas contestée. Le débat portait seulement sur les raisons jugées « valables » pour le faire : Fallait-il qu’elle soit infidèle ? Ou impudique ? Ou suffisait-il seulement qu’elle laisse brûler le repas ? 

La question posée est d’ailleurs différente dans ce passage selon l’évangéliste Matthieu ou selon Marc : 
Chez Matthieu, les pharisiens demandent s’il est permis de répudier sa femme pour n’importe quel motif (Mt 19,3). 
Chez Marc, la question concerne la possibilité même du divorce, en général (Mc 10,2).

Or, Jésus ne répond pas à la question de ses adversaires sur un plan juridique « permis / défendu ». Il ne s’engage pas sur leur terrain, mais leur pose une question en retour, qui les renvoie l’Ecriture : « Que vous a commandé Moïse ? » « Qu’a-t-il prescrit ? »(Mc 10,3). 

Ils répondent à nouveau en terme de « permission » : Ce qui est symptomatique de leur manière d’interpréter les prescriptions de Moïse. 
D’une part, la notion de « permis / défendu » les cantonnent dans un rôle d’enfants - et non pas d’adultes, à la fois, libres et responsables - ils se limitent à appliquer la loi, sans avoir à se poser de question. 
D’autre part, le danger du « permis / défendu », c’est qu’on a tendance à vouloir tordre le commandement. Ce qui compte alors, c’est d’essayer de tirer le maximum d’avantage d’une situation donnée.

Ainsi, en posant cette question, les pharisiens cherchent à voir quels avantages ils pourraient tirer de leur interprétation de la loi : Ils voudraient tirer la loi à eux, à leur avantage, selon leur interprétation. Ils attendent de voir ce que Jésus va en dire. 

En fait, ils aimeraient seulement que Jésus accrédite leur interprétation. Ils veulent simplement l’autorisation d’agir à leur guise. Au lieu de se remettre en question, ils cherchent à se justifier. 

Jésus, pour sa part, n’entre pas dans leur jeu. Il ne parle pas en terme de « permission », mais en terme de volonté de Dieu, qui est au-delà du commandement. 

En décalant les termes du débat, Jésus tente de faire revenir ses interlocuteurs sur la question de l’intentionnalité, sur l’objectif initial du mariage.

Il pose donc la question du dessein fondamental de Dieu quant au mariage, en fonction de la nature humaine. 
Qu’est-ce qui est réellement bon pour l’être humain ? 
Qu’est-ce qui fait que l’homme et la femme se fondent en un seul être ?

Jésus renvoie ses interlocuteurs à l’intention première de Dieu, telle qu’il la comprend dans le livre de la Genèse. Je cite :
« Dès l’origine de la création, Dieu les fit mâle et femelle. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et restera uni à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. En sorte qu’ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc ce que Dieu a attelé sous le même joug - ce que Dieu a uni - que l’homme ne le sépare pas » (Mc 10, 6-9). 

Jésus n’énonce pas un commandement. Il ne se place pas sous un plan légal… comme a voulu le faire la grande église avec le droit canon. 

Il montre seulement que Dieu a créé l’homme et la femme à son image et les a destinés l’un à l’autre, pour vivre ensemble, pour vivre une unité. C’est là le but de la Création qu’expose le livre de la Genèse : l’homme et la femme peuvent faire l’expérience de la vie dans l’unité du couple : unité, à la fois, affective, corporelle, spirituelle… existentielle. 

Ainsi, dans l’amour conjugal, ils ont part à l’unité divine. C’est un don que Dieu leur a fait. 

Dans la réalité, nous savons que les choses ne sont pas toujours simples. 
L’union des corps - le fait d’être ou de devenir une seule chair - dont parle Jésus, réclame une unification des esprits, une complémentarité qui mène à la complétude humaine. 
Pour vivre cette union, il faut être sur la même longueur d’ondes, vibrer ensemble… s’écouter, se comprendre et s’aimer. 

Face à ce but de la Création qu’expose la Genèse - vivre l’expérience de l’unité, de la communion - Jésus annonce - en conséquence  - que l’homme ne doit pas diviser ce que Dieu a conjoint. 

Encore une fois, Jésus ne parle pas ici d’un commandement, mais il tente de ramener ses interlocuteurs sur le sens initial et profond du mariage. 

D’ailleurs, il ne dit pas que le but du mariage est la procréation, mais il affirme que c’est l’unité, l’expérience de l’union… la communion de deux êtres sur tous les plans. 

Pour lui, fondamentalement, et autant que faire se peut : ce qui est devenu un, doit rester un. 
Car, il s’agit là de l’aspiration la plus profonde de l’être humain : vivre l’amour et l’unité. 

* Une fois posé ce fondement - l’unité du couple comme but de la création - nous savons que dans les faits, nous n’y parvenons pas toujours. 
Dans la réalité de notre monde, cette unité ne peut pas toujours être vécue ni maintenue. 
S’il y a autant de séparations ou de divorces, c’est un fait d’expérience qui se situe sur un autre plan, auquel Jésus ne se réfère pas… puisqu’il brosse ici un horizon, un idéal. Il pointe un but, il rappelle une direction fondamentale : l’amour total reste une visée. 

Même quand ses disciples le questionnent (à différentes reprises), Jésus ne leur prescrit aucune loi. Car, fondamentalement, il ne défend jamais des idées, mais des gens.

Ce qu’il fait ici, c’est donc de rappeler un fondement - l’unité du couple comme but - et il essaie d’en tirer les conséquences qu’il expose sans concession : 
Après avoir rappelé l’objectif d’unité du couple… Il en conclut : « un homme qui répudie sa femme et en épouse une autre trahit sa première femme. Et une femme qui répudie son mari et épouse un autre homme, commet aussi une trahison » (Mc 10, 11-12)… ils commettent une trahison (ou un adultère) par rapport à l’objectif initial d’unité du mariage. 

Il faut bien comprendre que Jésus ne s’engage ni sur un plan juridique - dans un débat sur « le permis /et le défendu », ni sur le plan moral (ce qui serait bien ou mal). 
Il expose le sens initial de l’union conjugale et constate que la répudiation vient contredire le sens premier du mariage. 

* Bien sûr, cette parole est toujours valable de nos jours :

Quiconque a vécu l’échec de son mariage - pour quelque raison que ce soit - sait bien qu’on ne change pas de mariage comme on change de profession, de maison ou de voiture. 

Quand quelque chose s’est cassé… on en est malheureux. 
Cela signifie que l’objectif initial n’a pas pu être atteint. 

Cet échec - quelles qu’en soient les raisons - ne signifie pas que les divorcés n’auraient pas le droit de se remarier, ni qu’ils se seraient aliénés la bienveillance divine. 

Ils doivent seulement reconnaître que, pour eux, dans ce premier couple (dans cette première union), le sens du mariage (tel que Jésus le rappelle) ne s’est pas accompli. 
Dans leur situation, le but n’a pas été atteint… l’objectif, la cible ont été ratés. 

La plupart du temps, les intéressés sont malheureux de constater cet échec. Car cela fait souffrir tout le monde. 

Bien sûr, cela peut nous arriver à tous - et en diverses circonstances - de manquer notre but. 
Et heureusement, Jésus est venu nous rappeler que Dieu surmonte nos erreurs et nos fautes relationnelles… que tout cela peut être pardonné. 

En relisant ce texte, il faut donc dire que les paroles de Jésus n’ont rien à voir avec la pratique de l’Eglise catholique, qui interdit le remariage des divorcés, en se plaçant sur un autre plan - le plan juridique du droit canon - que Jésus ne prend pas en considération. 

Au contraire, le Christ s’était attaché à sortir de la logique du droit, de la règle ou du commandement… pour revenir au dessein de Dieu, à sa volonté créationnelle. 
En rappelant le sens du mariage, Jésus n’entre pas dans des considérations juridiques ou techniques. C’est important de le souligner… pour se libérer de la façon dont ses paroles ont été comprises et interprétées, souvent de façon littéraliste. 

* Dans la réponse qu’il adresse aux pharisiens, vous remarquerez également que Jésus met l’homme et la femme sur le même plan : 

Dans la société juive du 1er siècle, c’est tout à fait nouveau. Car seul l’homme pouvait répudier son épouse, par une simple lettre … et non l’inverse : la femme n’en avait nullement la possibilité. 

Autrement dit, la femme était, à tout instant, menacée par l’arbitraire du mari, par son humeur, sa violence ou ses caprices. Et elle ne pouvait rien faire pour se soustraire à l’autorité ou à la décision de son mari. 

Dans le droit romain, au contraire, l’inverse était possible : une femme pouvait répudier son mari. C’est pourquoi l’évangéliste Marc évoque aussi cette situation. 

Cela dit, dans les deux cas - répudiation par l’homme ou par la femme - Jésus rappelle que la répudiation est, selon lui, contraire à l’objectif initial du mariage. 

Une chose doit, toutefois, éveiller notre attention : le fait que des hommes, des pharisiens, posent la question de la répudiation - parce que certainement cela les arrange - et le fait que Jésus répondent aussi bien sur le plan de l’homme que de la femme, montrent que le Christ pense certainement ici, également, à la question de la dignité de la femme. 

En affirmant que l’homme n’a pas a répudier sa femme… il prend aussi la défense de la femme, dans une société inégalitaire et patriarcale, où les femmes n’avaient pas leur mot à dire. 

La réponse de Jésus est donc aussi une manière de protéger les femmes des sautes d’humeur ou des décisions unilatérales de leur époux. 

En rappelant que la répudiation est contraire au sens premier du mariage, Jésus protège les femmes d’un divorce arbitrairement décidé par leur mari. Il s’élève contre une loi masculine et rappelle que le mariage se fait et reste à deux. 

En d’autres termes, l’enjeu des paroles de Jésus ne concerne pas seulement la question du mariage et du divorce. En arrière plan… il y a aussi la question du statut de la femme… dans les décisions de couple… à une époque où les mariages étaient souvent arrangés… et les femmes juives ne pouvaient pas répudier leur époux. 

D’ailleurs, rappelons - peut-être de façon un peu caricaturale - que les femmes n’avaient pas vraiment le droit à Dieu, ni au salut. Du moins, elles n’avaient pas droit à un salut direct. Il ne pouvait leur parvenir que par l’intermédiaire des hommes, des prêtres ou des maris (qui eux-mêmes exerçaient indirectement une sorte de prêtrise à leur égard). 

Ce statut inférieur de la femme était aussi une réalité dans le temple de Jérusalem, où il y avait un parvis des femmes, plus éloigné du temple que le parvis des hommes. 
De même, dans les synagogues, les femmes devaient rester derrière des treillis. Leur galerie était séparée de la salle de prière des hommes par ces treillis. 
Il est fort possible que l’instruction religieuse - et peut-être l’instruction tout court - était réservée aux garçons. 

Quand Jésus s’adresse aux femmes… à Marie (dans l’épisode de Marthe et Marie) ou à la Samaritaine ou encore à la femme syrophénicienne … ou à d’autres…  il quitte le rôle ordinaire du Rabbi… et oeuvre pour la reconnaissance des femmes et l’égalité des humains. 

Nous devons donc voir que la réponse que Jésus adresse aux pharisiens… remet, en réalité, en cause les privilèges des hommes… 
Par sa réponse, Jésus défend indirectement la dignité de la femme. 

* Enfin - et pour conclure - il nous faut aussi relire la réponse de Jésus à la lumière de la Croix. 

Souvenons-nous, en effet, que pour l’évangéliste Marc, Jésus est en Judée et se dirige vers Jérusalem au moment où il donne cette réponse. 
Ce texte prend place entre la deuxième et la troisième annonce de sa passion. La réponse du maître oriente donc le lecteur vers la Croix. 

Le projet de vie de Jésus et l’annonce de la proximité du règne de Dieu vont se trouver briser à la croix… à cause de l’incompréhension humaine, des remises en cause et de la peur que suscite le message de Jésus. 

La vie de Jésus va se trouver brisée… comme se brisent aussi tant de mariage. 

Mais, la Bonne Nouvelle de l’Evangile de Marc, c’est que Jésus et son message de salut, brisés sur la Croix, seront ressuscité par Dieu et par ses disciples. Ceux-ci seront les témoins du fait que Jésus a accédé à une vie nouvelle, par delà la mort.

Ainsi, en plaçant la péricope du mariage et du divorce, au coeur de l’enseignement de Jésus en marche vers la croix, Marc donne aux lecteurs l’espérance que même leurs échecs - y compris l’échec d’un mariage - recèlent la possibilité d’un nouveau départ. 

Avec l’amour de Dieu… sa bonté… son grâce… tout est possible ! 
Car Dieu ne nous accable pas. Il veut nous relever, nous faire avancer, inlassablement. 

Il est offert à chacun de renaître à une vie nouvelle … Chacun peut s’ouvrir à un nouvel amour, qui le rendra plus vivant… qui lui permettra de gouter l’unité divine … qu’on peut trouver aussi bien dans la vie de couple… que dans le coeur à coeur avec Dieu.    Amen. 

dimanche 20 mai 2018

Dieu comme Souffle, pour nous habiter et nous transformer

Lectures bibliques : Lc 15, 1-8. 22-24 ; Jn 15, 1-12 ; Ac 2, 1-12 = voir textes, en bas de page
Thématique : Pentecôte… Dieu se donne comme Souffle, pour nous habiter et nous transformer.
Prédication de Pascal LEFEBVRE / Tonneins, le 20/05/18  / Culte avec Baptême de Nathalie. 

Chers amis, 

* Savez-vous que vous êtes la centième brebis - la brebis de valeur, unique aux yeux de Dieu - pour laquelle il quitte provisoirement toutes les autres, pour la chercher et la sauver ?

Savez vous que vous êtes la pièce d’argent perdue - la pièce unique et précieuse - pour laquelle Dieu se met en quête, remue ciel et terre, en vue de la retrouver ?

Savez-vous, enfin, que vous êtes cet enfant - ce fils cadet (le fils prodigue), parti au loin, pour expérimenter la vie, avec ses joies et ses misères - pour lequel Dieu attend patiemment, éprouve de la tendresse et de la compassion, jusqu’à vous accueillir sans condition, sans un seul reproche, pour vous couvrir de baisers et vous inviter à la joie de la fête ?

Voilà qui vous êtes - voilà qui je suis, voilà qui est Nathalie (la personne baptisée en ce jour) et qui nous sommes, aux yeux de Dieu  - : 
des personnes précieuses, qu’il vient chercher et trouver, lorsqu’elles s’éloignent ou lorsqu’elles s’égarent. 

L’Evangile nous apprend que c’est alors la fête qui domine quand les retrouvailles ont lieu… c’est comme un grand banquet : 
C’est la joie dans le ciel pour Dieu, lorsque celui qui était perdu - qui était comme mort - est retrouvé. C’est comme s’il était revenu à la vie… à une vraie vie - une vie nouvelle - avec Dieu. 

Ce sont là toutes les images positives que Jésus nous a transmis au sujet de Dieu. C’est là la Bonne Nouvelle de l’Evangile : 
Dieu nous aime… il nous attend… il nous recherche… il est irrémédiablement lié à nous, par son amour et sa compassion. 
Il veut que nous vivions en communion avec lui. 

Oui… non seulement Jésus, le Fils de l’homme, est venu chercher et sauver ce qui était perdu (cf. Lc 19,10)… mais Dieu lui-même le fait… il nous attend … Il nous veut avec lui. 

C’est merveilleux - chers amis - de nous savoir aimés de Dieu, sans condition.
C’est cette découverte de la Grâce de Dieu qu’ont expérimenté autrefois des hommes troublés et inquiets comme Paul (Saul de Tarse) ou comme Martin Luther… et, un jour, ils ont découvert l’Evangile : la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu pour chacun de nous. 

Cela les a libéré et a changé leur vie. 
Ils ont compris que Dieu n’est pas un juge, qui nous attend au tournant… mais une Force d’amour, qui nous ouvre à la confiance… et ils sont devenus des témoins… des hommes de foi… Ils se sont mis, eux aussi, a proclamer les merveilles de Dieu.

* Dans le livre des Actes, nous venons d’entendre ce récit où les disciples vivent une expérience spirituelle : une expérience d’extase, de communion avec Dieu. 

Ils expérimentent, eux aussi, certainement, dans leur coeur cet amour de Dieu pour eux… ils le ressentent, ils le reçoivent, ils le vivent… et ils en sont transformés… soulevés… illuminés… au point qu’ils proclament les « merveilles de Dieu ». 

A quoi Luc fait-il référence lorsqu’il parle des « merveilles de Dieu » ?
On ne sait pas précisément.

Il fait peut-être allusion à l’amour de Dieu, à la communion avec son Esprit, son Souffle… à cette expérience spirituelle qui, tout d’un coup, a illuminé la vie des disciples. 

Il fait peut-être aussi allusion à la résurrection du Christ… au fait qu’à travers Jésus, les disciples ont fait l’expérience d’un Dieu de vie… qui soulève nos existences… un Dieu qui peut nous relever en toute situation, dans la vie, et même au-delà, par delà la mort : 
C’est l’annonce de la résurrection… d’un Dieu dont l’amour est plus fort que la mort. 

Dès lors, si Dieu nous aime pour l’éternité…  (comme l’a révélé Jésus)…la mort perd son caractère absolu et tragique… la mort n’est plus qu’un passage, une pâque. 
C’est merveilleux de savoir que nous sommes aimés à jamais… savoir que notre âme est liée à Dieu, pour toujours. 
Au-delà de la finitude de notre être biologique, au-delà de la matérialité, notre âme est en communion avec Dieu… quoi qu’il arrive. 

La Bonne Nouvelle de l’Evangile - les « merveilles » annoncées par les disciples à propos de Dieu - c’est certainement tout cela : 

Ce jour-là, ces hommes ont expérimenté ce que Jésus était venu révéler : 
le visage d’un Dieu d’amour, qui ne tient pas compte de nos fautes, de nos erreurs, de nos péchés… un Dieu qui ne tient pas compte de notre passé, de nos culpabilités, de nos fausses routes… un Dieu qui transcende toutes nos morts. 

Ils ont reçu Dieu comme une Force de vie qui nous entraine… qui nous libère… qui désire vivre, agir et être, en nous, dans notre intériorité, dans notre vie. 

Je crois que c’est cela qui a pu étonner tous les auditeurs des disciples en ce jour de Pentecôte : 
Ce n’est pas seulement une question de mots qu’ils entendaient dans leur propre langage, dans leur « langue maternelle » (cf. Ac 2,8), ou un phénomène de glossolalie (c’est-à-dire de parler en langues). 

Ce jour là, tous ces gens autour des disciples ont dû ressentir la présence du « feu » de Dieu (comme des langues de feu, nous dit Luc), la présence du Souffle divin, à travers ces hommes de Galilée. 

Ils ont expérimenté la présence de Dieu, à travers des visages humains.
Ils ont senti et entendu un vent - un Souffle - de liberté, de salut, de vie… Ils ont senti, à travers ces disciples du Christ, que Dieu avait soufflé quelque chose de lumineux, de brulant, d’intense et de rayonnant…
… Et c’est cela qui les a troublés, déconcertés, étonnés, interrogés. 

En nous racontant cet épisode hors du commun, Luc cherche certainement à nous faire comprendre que l’Esprit de Dieu, qui était sur Jésus, s’est maintenant répandu sur ses disciples. 

Ce jour là, ils sont devenus comme des petits « Christ »…  ils ont vécu ce que Jésus avait vécu avant eux… ils ont expérimenté la présence du divin de l’intérieur, en eux-mêmes. 
Ils se sont sentis pleinement aimés, libérés, confiants, sauvés… au point qu’ils ont pu transmettre la merveilleuse Nouvelle de la présence de Dieu, offerte à tous. 

Cette Bonne Nouvelle, c’est la nouvelle d’un Dieu vivant qui est don de soi. 
C’est la nouvelle d’un Dieu qui se donne, qui se communique, qui s’offre à tous. 

Chers amis… il me semble que c’est à cela que nous sommes appelés, nous aussi, dans notre vie : à laisser de la place à Dieu, pour expérimenter la présence de son Esprit en nous, dans notre intériorité, dans notre vie… expérimenter Dieu comme Souffle… qui agit en nous… qui vient soulever notre vie, la ressourcer, la libérer, l’ouvrir à la confiance, à l’espérance et à l’amour. 

* Dans l’évangile de Jean, Jésus parle aussi de cette communion avec Dieu et avec lui-même, en tant que Christ… à travers l’image du vigneron (Dieu), de la vigne (le Christ) et des sarments (nous-mêmes, les disciples). 

Il indique que pour porter du fruit… - les fruits de l’Esprit sont explicités par Paul dans la lettre aux Galates (Ga 5,22) : les fruits de l’Esprit sont l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi… - … pour porter ces fruits de l’amour, il est nécessaire d’être soi-même connecté à la Source d’amour qu’est le Christ… il faut que les sarments, que nous sommes, restent attachés à la vigne, à Jésus, en tant que porteur de l’Esprit de Dieu. 

Si nous sommes branchés, connectés, en communion avec le Christ, alors on est nourri de l’essentiel : on se sent aimé ; on a une source intarissable de paix, de joie, de réconciliation, de consolation, de compassion, d’altruisme… qui vient directement de Dieu. 

Dans ce discours qu’il adresse à ses disciples, Jésus rappelle qu’« on ne peut donner que ce qu’on a reçu ». 

Nous ne pouvons donner du fruit aux autres et au monde… nous ne pouvons donner de l’amour… que si, nous-mêmes, nous ressentons l’amour de Dieu pour nous, grâce à Jésus Christ…. que si nous nous ressourçons à la Source de vie qu’est Dieu lui-même. 

L’idée sous-jacente à cette image de la vigne et des sarments … et le lien qui les unit… c’est celle de la sève - l’énergie vitale - qui vient du cep qui coule dans les sarments.

Cette énergie vitale va ressourcer, nourrir et permettre la fructification. 

Jésus veut ainsi nous faire comprendre - de façon simple - que tout dépend de la connexion au cep… qui est à l’origine, à la source de toute bonne chose. 

C’est une image pour dire que c’est la communion au Christ qui nous sauve… puisque le Christ est lui-même connecté à Dieu.

C’est une manière de dire que c’est la communion avec Dieu qui nous sauve. 
Si nous sommes connectés à Dieu, nous sommes déjà, nous vivons déjà dans son salut, dans son amour. 

* C’est aussi ce que l’apôtre Paul dit dans ses épitres, lorsqu’il parle de la Grâce. Je cite ce verset bien connu :

« C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. 
Cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. » (Ep 2,8) dit Paul.

Pour lui, cette communion avec Dieu nous est offerte. Et la réception de sa grâce, de son amour… nous la vivons par le canal de la foi, par la confiance … c’est-à-dire par le fait de s’abandonner à l’amour de Dieu (comme le Christ l’a lui-même vécu) : 

Dans le Nouveau Testament, la Croix (la Croix du Christ) est non seulement une réalité éprouvée par Jésus, mais aussi un symbole très fort :

L’image de la croix du Christ est l’image du don de soi le plus total : 
c’est l’image de quelqu’un qui osé et accepté d’abandonner sa vie et son âme à Dieu… qui lui a fait totalement confiance.

Si bien que, dans ses épitres, quand Paul parle de la confiance, il parle de « la foi de Jésus Christ » (non pas seulement de la foi en Jésus Christ, mais la foi de Jésus Christ) : il nous invite ainsi à imiter, à entrer dans la foi qui était celle du Christ… à y prendre part.

Cette foi, cette confiance, correspond à un lâcher prise complet : 

Dans la foi, nous acceptons de lâcher nos doutes, nos questions, nos interrogations… notre rationalité, notre mental, nos soucis, nos inquiétudes… 
Nous nous abandonnons à Dieu tout entier…  Nous nous ouvrons pleinement à lui… Et nous expérimentons sa lumière et sa présence : le feu de son Souffle en nous. 

Dès lors, nous expérimentons son amour et son salut, dans notre vie, dans notre existence. 

* Etre sauvé, cela veut dire être libéré, délivré, guéri… rendu intact, entier, pleinement nous-mêmes, en tant qu’enfant de Dieu. 

Le salut que Dieu apporte, par son amour, touche tous les domaines de l’existence : 
Nous sommes sauvés de tout mal, de tous les obstacles… 
Sauvés de la mort… du néant… du péché… de nos esclavages… de nos enfermements… de nos peurs… de l’angoisse… de nous-mêmes… du regard des autres… du jugement ou de la culpabilité… du non sens, de l’absurde. 

Oui Dieu nous sauve… sa présence - la communion avec Lui - nous libère.
Et tout le reste, toutes ces choses anciennes, n’ont alors plus d’importance par rapport à son amour. 

* C’est cette expérience de foi - cette expérience existentielle - que chaque croyant est appelé à vivre. 
Ce n’est pas seulement en lisant la Bible ou en venant au culte qu’on peut la découvrir (bien que ces choses soient certainement importantes !). 
Mais, c’est dans le coeur à coeur avec Dieu… c’est en entrant dans une vie de méditation et de prière personnelle. 

C’est ce que Jésus vivait lui-même : l’Evangile nous raconte qu’après ses rencontres avec la foule ou les guérisons qu’il prodiguait, il allait se ressourcer dans la prière, seul, sur la montagne… là, certainement, il retrouvait ses forces, dans le coeur à coeur avec Dieu, son Père. 

* Lorsqu’une personne reçoit le baptême (comme aujourd’hui), on appelle sur cette personne l’Esprit saint… c’est-à-dire qu’on demande à Dieu d’accompagner, de soutenir, de fortifier cette personne. 

On demande aussi à Dieu de transformer cette personne : que son amour l’épanouisse, la libère, la fasse entrer dans une vie nouvelle de confiance et de service … à la suite du Christ.

La foi qui est sous-jacente au baptême : c’est que Dieu fait route avec nous, c’est qu’il nous aime… mais c’est aussi que son Esprit, son Souffle peut nous influencer, nous guider, nous transformer. 

l’Evangile de la Grâce est un Evangile d’amour, de don offert… mais aussi un Evangile de transformation. 

Chers amis… cela nous pouvons le souhaiter à Nathalie en ce jour… mais, c’est aussi la grâce qui nous a été offerte depuis notre baptême : 
Dieu nous offre sa présence pour nous transformer. 

Ce n’est pas quelque chose de magique ni de la fiction… Dieu n’est pas Harry Poter, Dumbledore, ni la fée clochette.
C’est simplement l’idée de se connecter à Dieu… au divin… à la force vitale d’amour, qu’on appelle « Dieu »… et d’apprendre le lâcher prise, pour s’ouvrir à sa présence. 

Dire que la présence de Dieu, la communion avec Dieu nous sauve, c’est dire que Dieu peut progressivement nous transformer … petit à petit chaque jour…  il peut nous ouvrir… il nous libérer… nous rendre meilleur. 

Comme le dit Jésus avec l’image de la vigne… ainsi que le vigneron s’occupe des sarments… Dieu nous émonde, il nous taille, pour nous donner une nouvelle forme, pour nous permettre de grandir. 

Dire que le salut est un effet de la Grâce de Dieu… c’est dire que le salut est offert à tous. C’est affirmer qu’aucun obstacle, aucune condition n’est mise par Dieu.

En réalité, les obstacles au salut de Dieu ne viennent pas de Lui… puisque Dieu est vie et don de soi…  Ils ne viennent que de nous… de nos résistances… de notre ego… de notre orgueil… de notre indisponibilité… de notre manque d’ouverture.  

Dieu nous propose de venir faire sa demeure en nous… mais encore faut-il que nous acceptions de nous ouvrir à sa présence et à son amour… pour le laisser agir en nous, nous changer, nous transformer… pour évoluer, progresser, grâce à Lui… grâce à son Esprit d’amour. 

* Chers amis, en ce jour de Pentecôte… une seule chose est importante pour nous. Ce n’est pas la vérité historique des faits racontés par Luc… ni les images qu’il emploie (les langues de feu)…  Au delà des mots et des symboles, ce qui compte, c’est ce qui se cache derrière… dans l’expérience spirituelle vécue par les disciples. 

Nous sommes - nous aussi - appelés à recevoir l’Esprit d’amour de Dieu dans notre coeur, notre vie, dans notre intériorité … comme Jésus et comme les disciples… pour laisser le Souffle de Dieu nous construire, nous habiter, nous transformer. 

Jésus n’a jamais dit à ses disciples : Ne faites rien ! Continuez comme avant ! … Il n’a pas dit non plus : Soyez forts ! Luttez ! Débrouillez vous tout seuls ! 

Au contraire, il disait : convertissez vous ! Changez ! Evoluez ! 
Il disait : laissez Dieu agir en vous… faites lui confiance … et votre vie sera transformée : elle sera sauvée. 

« Etre sauvé », veut dire être libéré, guéri, transformé…  c’est devenir une personne nouvelle - vivant en communion avec Dieu. 

Cette nouveauté est l’oeuvre de l’amour de Dieu… et Dieu ne peut agir que si nous lui donnons la place de le faire dans notre vie, notre coeur et notre intériorité. 

Le règne de Dieu - disait Jésus - dans une de ses paraboles (cf.Mc 4, 30-32), est comparable à quelque chose de tout petit, comme une graine de moutarde qu’un homme prend et sème dans son champ… c’est -à-dire, en lui, dans le terreau de son coeur. 
C’est bien la plus petite de toute les semences, mais quand elle pousse, elle se transforme et devient la plus grande des plantes potagères, elle devient comme un arbre. Si bien que les oiseaux du ciel - de toutes sortes - viennent faire leur nids dans ses branches. 

Voilà ce que fait l’amour de Dieu… il peut nous faire croitre, nous faire grandir, et nous faire porter du fruit… pour nous ouvrir au don de soi.  

Ainsi… laissons-nous transformer par l’Esprit d’amour de Dieu ! 
Ouvrons-nous à la confiance… et sachons que Dieu agira en nous et dans notre vie !

Proclamons les merveilles d’un Dieu, dont l’amour peut soulever notre vie et nous transformer !

Nous sommes appelés à vivre cette expérience de la présence et du salut de Dieu, en nous. 

Que son son Souffle nous habite et que son règne vienne… en nous, dans notre intériorité. 


Amen. 


Textes bibliques 

Lc 15
1Les collecteurs d’impôts et les pécheurs s’approchaient tous de lui pour l’écouter. 2Et les Pharisiens et les scribes murmuraient ; ils disaient : « Cet homme-là fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux ! »

Parabole de la brebis retrouvée
« Jésus leur dit cette parabole : « Lequel d’entre vous, s’il a cent brebis et qu’il en perde une,  ne laisse pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert,  pour aller à la recherche de celle qui est perdue,  jusqu’à ce qu’il l’ait retrouvée ? 
Et quand il l’a retrouvée, il la charge tout joyeux sur ses épaules, et, de retour à la maison, il réunit ses amis et ses voisins, et leur dit : 
“Réjouissez-vous avec moi, car je l’ai retrouvée, ma brebis qui était perdue !” 
Je vous le déclare, c’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. »

Parabole de la pièce retrouvée
8« Ou encore, quelle femme, si elle a dix pièces d’argent et qu’elle en perde une, n’allume pas une lampe, ne balaie la maison et ne cherche avec soin jusqu’à ce qu’elle l’ait retrouvée ? 9Et quand elle l’a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines, et leur dit : “Réjouissez-vous avec moi, car je l’ai retrouvée, la pièce que j’avais perdue !” 10C’est ainsi, je vous le déclare, qu’il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

Parabole du fils retrouvé […] (... Introduction orale de la parabole...)
"[…] Le plus jeune fils alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut ému aux entrailles (saisi de compassion) : il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. 21Le fils lui dit : “Père, j’ai péché envers le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils…” 22 Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez la plus belle robe, et habillez-le ; mettez-lui un anneau au doigt, des sandales aux pieds. 23 Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, 24 car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé.”"

Jn 15
 1« Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron. 2Tout sarment qui, en moi, ne porte pas de fruit, il l’enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il en porte davantage encore. 3Déjà vous êtes émondés par la parole que je vous ai dite. 4Demeurez en moi comme je demeure en vous ! De même que le sarment, s’il ne demeure sur la vigne, ne peut de lui-même porter du fruit, ainsi vous non plus si vous ne demeurez en moi. 5Je suis la vigne, vous êtes les sarments : celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là portera du fruit en abondance car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. 6Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment, il se dessèche, puis on les ramasse, on les jette au feu et ils brûlent. 7Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et cela vous arrivera. 8Ce qui glorifie mon Père, c’est que vous portiez du fruit en abondance et que vous soyez pour moi des disciples. 9Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés ; demeurez dans mon amour. 10Si vous observez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme, en observant les commandements de mon Père, je demeure dans son amour.
11« Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. 12Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés

Ac 2
 1Quand le jour de la Pentecôte arriva, ils se trouvaient réunis tous ensemble. 2Tout à coup il y eut un bruit qui venait du ciel comme le souffle d’un violent coup de vent : la maison où ils se tenaient en fut toute remplie ; 3alors leur apparurent comme des langues de feu qui se partageaient et il s’en posa sur chacun d’eux. 4Ils furent tous remplis d’Esprit Saint et se mirent à parler d’autres langues, comme l’Esprit leur donnait de s’exprimer.
5Or, à Jérusalem, résidaient des Juifs pieux, venus de toutes les nations qui sont sous le ciel. 6A la rumeur qui se répandait, la foule se rassembla et se trouvait en plein désarroi, car chacun les entendait parler sa propre langue. 7Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Tous ces gens qui parlent ne sont-ils pas des Galiléens ? 8Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ? 9Parthes, Mèdes et Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, du Pont et de l’Asie, 10de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Egypte et de la Libye cyrénaïque, ceux de Rome en résidence ici, 11tous, tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons annoncer dans nos langues les merveilles de Dieu. » 12Ils étaient tous déconcertés, et dans leur perplexité ils se disaient les uns aux autres : « Qu’est-ce que cela veut dire ? »