dimanche 30 septembre 2018

Mc 9, 42-50

Lectures bibliques : Mc 9, 42-50 ; Mc 10, 17-31

Thématique : le détachement comme voie de salut

Prédication de Pascal LEFEBVRE / Bordeaux-ville (temple du Hâ), le 30/09/18.



* « Si ta main entraîne ta chute, coupe-la ; il vaut mieux que tu entres manchot dans la vie que d’aller avec tes deux mains dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint pas » (Mc 9,43)


« Si ton œil entraîne ta chute, arrache-le ; il vaut mieux que tu entres borgne dans le Royaume de Dieu que d’être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne, où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas » (Mc 9, 47-48).


Il est difficile, pour nous, d’essayer d’appréhender ces paroles de Jésus, à 2000 ans de distance. 


Que voulait-il dire exactement ? 

En quoi ces paroles nous concernent-elles encore aujourd’hui ? 

Et qui aurait envie de se mutiler - de s’arracher un membre - pour sauver le reste ? La perspective ne semble pas très réjouissante !


Regardons précisément de quoi il est question : 

Il s’agit - pour Jésus - « d’entrer dans la vie »… ou « d’entrer dans le royaume de Dieu »… sans doute les deux termes sont-ils synonymes. 


« Entrer dans la vie » c’est avoir part au salut, à la vie éternelle, la vie en plénitude. 


A cela, Jésus oppose la géhenne de feu : La géhenne désignait, à cette époque, un lieu… une vallée devenue une décharge publique, où étaient entretenus des feux, destinés à bruler les déchets et les ordures : c’était, en quelque sorte, un incinérateur à ciel ouvert. 


Jésus établit donc, dans ses propos, une sorte de dichotomie entre ce qui est appelé à être sauvé, à vivre, à durer, à se développer et à croitre  … et ce qui est appelé à périr, ce qui est voué à la destruction. 


Il est question de discerner ce qui, en nous, peut faire barrage à la vie en plénitude. 


Le maître émet l’idée qu’il vaut mieux se séparer de ce qui peut constituer - en nous - un obstacle à la vie… et, ainsi, sauver son âme… plutôt que de tout perdre et de rater l’objectif, qu’il appelle « entrer dans la vie » ou « entrer dans le règne de Dieu ». 


Face à ce qui peut faire obstacle à la vie, au coeur même de notre existence actuelle, Jésus préconise un remède radical : le détachement volontaire (voire le renoncement). 


Pour accéder à la vie éternelle - la vie en plénitude - il faut accepter - nous dit-il - de vivre dans le détachement. 


Ainsi, « couper sa main » symbolise le fait de rompre avec ses passions ou ses attachements… d’accepter de se séparer de ses entraves… de se libérer de ce qui nous retient captif ou « esclave »… de ce qui nous emprisonne et nous empêche d’avancer et d’évoluer. 


Il y a certainement, en nous, des choses qui méritent d’être jetées - des attachements ou des comportements mortifères - ou peut-être des habitudes, des routines, voire même des choses qui nous obsèdent. 

Il vaudrait mieux, pour nous, les abandonner… perdre ces attachements mondains ou personnels… plutôt que d’y laisser la vie et de perdre son âme. 


* Le deuxième passage biblique que nous avons entendu - la rencontre de Jésus avec un homme riche - est un exemple, qui illustre parfaitement les propos précédents du maître. 


Pour la plupart, nous connaissons certainement bien ce passage. 


La problématique - la question - est la même : comment recevoir la vie - la vie éternelle - en partage ? 


Cette rencontre montre la situation d’une personne dont l’attachement aux biens, aux possessions, risquent de l’empêcher d’atteindre sa cible : 


- D’une part, son attachement à ses richesses risque de l’empêcher de vivre des relations épanouies et libres avec ses semblables. 


Si Jésus propose à cet homme d’entrer dans la logique du don radical… de l’abandon - en donnant ses biens aux pauvres - c’est pour déclencher une prise de conscience… pour lui permettre d’entrer dans le lâcher prise, en acceptant de partager avec les autres. 


Jésus veut lui faire percevoir une nouvelle manière de voir la vie. Il veut lui permettre de considérer que la relation à autrui - en tant que telle - est plus importante que la possession d’argent et de richesses. 


Bien sûr, cela, nous le savons tous, en théorie. 

Mais ce n’est pas pour autant que nous parvenons réellement à le vivre, en pratique. 


Dès que quelqu’un veut toucher à notre porte-monnaie, à notre pouvoir d’achat - sous prétexte de partage - les réactions des uns ou des autres sont très différentes. 

Et cela est vrai, quel que soit notre niveau de richesse. 

(On voit, par exemple, au niveau fiscal, toutes les craintes suscitées par la mise en oeuvre du prélèvement à la source. Chacun a peur d’y perdre.)


Fondamentalement, on sait très bien que si les 20% des nations les plus riches du monde (dont nous faisons partie) décidaient d’entrer dans le détachement - dont parle Jésus - ne serait-ce que partiellement - et de partager davantage avec les 80% des pays les plus pauvres… le monde connaitrait certainement un plus grand bonheur… la vie serait certainement meilleure pour une majorité des gens. 


Et bien sûr, ce qui est valable au niveau collectif - l’idée que le partage et le don sont capables de susciter l’abondance - l’est aussi à un niveau individuel.

Chacun de nous est concerné par cette question, à titre personnel : par la question de notre relation à l’argent et aux autres… par la question de nos choix et de nos priorités. 


- D’autre part - je reviens sur le jeune homme riche - l’attachement de cet homme à ses possessions risque de l’empêcher d’entrer dans - ce que Jésus appelle - le Royaume de Dieu, le monde nouveau de Dieu.


De quoi s’agit-il ? 


En quelques mots, on pourrait dire que c’est l’entrée dans une nouvelle mentalité, une nouvelle manière d’être, marquée par l’Esprit de Dieu. 


Et comme Dieu est Vie, Don et Amour, « entrer dans le règne de Dieu » c’est entrer dans l’amour inconditionnel, entrer dans le don de soi. 


Il y aurait donc des attachements qui nous lient et nous rendent esclaves… qui pourraient nous empêcher d’entrer dans l’amour inconditionnel. 

L’évangéliste Marc - à travers le récit de cette rencontre avec Jésus - nous donne l’exemple de la richesse, de l’argent… l’argent qui peut devenir une fin en soi ou un instrument de pouvoir, de puissance… au lieu d’être au service de l’échange et du don. 


* En relisant ce texte, plus en détail, on peut voir qu’il y a un décalage de vocabulaire entre la question posée par l’homme riche « comment recevoir la vie éternelle en partage ? » et la réponse de Jésus qui se poursuit dans un dialogue avec les disciples, où il s’agit « d’entrer dans le Royaume de Dieu ». 


La Vie éternelle et le Royaume de Dieu, c’est certainement la même chose pour les contemporains de Jésus - c’est le règne de la vie, de l’amour, de la lumière - mais cette distinction est intéressante, dans la mesure où l’on pense souvent que l’expression « vie éternelle » désigne essentiellement l’espérance d’une vie post-mortem. 

La vie éternelle, ce serait - en quelque sorte - la vie pour après la mort… la vie dans le « paradis ». 


Or, si Jésus parle d’entrer dans le règne de Dieu - dans la mentalité du monde nouveau de Dieu - c’est pour ici et maintenant. Il n’est pas question d’attendre le trépas sans rien faire. 

Jésus nous invite à une transformation de notre manière de voir, de penser, et d’agir, ici et maintenant. 

Pour lui, c’est, dès à présent, qu’on peut entrer dans le règne de l’amour qui vient de Dieu. 


* A travers ces passages que Marc nous a transmis, il me semble que Jésus nous livre un enseignement et nous rappelle que cela passe d’abord par une analyse personnelle, un retour sur nous-mêmes :


Qu’est-ce qui nous retient encore captif et esclave dans notre existence ? 

De quoi avons-nous encore besoin d’être libérés ou guéris ? 


Souvenons-nous que « être sauvés », veut dire être libérés, délivrés, être guéris. (En latin « Salvus » signifie « être guéri »)


Pour Jésus, l’entrée dans le règne de l’amour inconditionnel - qui est le règne de la vie - passe par le détachement et le lâcher prise. Cela passe par le don et le don de soi. 


Souvenons-nous de ces paroles : « Qui veut sauver sa vie - et la garder pour soi - la perdra… mais qui acceptera de la perdre - de la risquer - à cause de moi et de la bonne nouvelle, la sauvera » (cf. Mc 8,35)


Voici donc le remède prescrit par Jésus : 

Le don et le don de soi permettent de faire circuler la vie, alors que nos attachements la bloquent et la retiennent. 

Et quand la vie ne circule plus, c’est le signe que quelque chose est malade et a besoin de salut. 


* Encore une fois, il peut être instructif de regarder notre monde, avec un peu de hauteur et de distance - non pas pour nous culpabiliser (ça ne serait pas très productif), mais pour faire évoluer notre niveau de conscience - pour nous permettre de progresser vers plus de vie et de liberté. 


Quand on observe notre société, on se rend compte à quel point nos attachements mondains nous empêchent d’aller vers plus de fraternité, de paix, de solidarité, de partage … d’amour… Il suffit d’ouvrir les yeux. 


Nous vivons dans le monde que nous avons nous-mêmes construits et forgés … un monde toujours en mutation. On pourrait s’arrêter sur bien des domaines et des exemples de la vie en société, pour constater nos multiples attachements. Ce matin, je me limiterai à un exemple concret : 


Dans notre monde, nous constatons paradoxalement une mondialisation des échanges concernant les biens, mais pas forcément concernant les personnes. On laisse circuler librement les marchandises et les biens entre les pays et les continents - puisqu’on peut facilement acheter sur Internet ou au supermarché des produits fabriqués à l’autre bout de la planète -, mais on empêche les personnes de circuler, sous prétexte de sécurité, parce qu’elle n’auraient pas le bon visa ou le bon drapeau sur leur carte d’identité. 


Cet état de fait pose des questions et génère bien des difficultés… en premier lieu, pour tous les réfugiés et les migrants, qui fuient soit l’oppression ou la guerre, soit la misère économique. 


De notre coté, nous agissons ainsi - nous et nos dirigeants - (en restreignant l’accueil des personnes), parce qu’en réalité nous vivons, en grande partie, dans la peur… la peur de l’autre, la peur de perdre ou de manquer. 

Nous avons fait ces choix (comme beaucoup de pays), parce que nous tenons à sauvegarder et à défendre notre pré carré, nos biens, notre pouvoir d’achat, notre modèle de vie, notre confort et notre culture. 


Oui… nous, pays occidentaux… pays riches… nous refusons d’accueillir beaucoup de nos frères et soeurs en humanité…  qui en auraient besoin… en raison de nos attachements. 


Hors de toute polémique, c’est un constat qui nous appelle à une certaine lucidité… à la fois, collectivement… mais aussi, individuellement, car nous sommes tous contraints par nos attachements personnels. 


Cette semaine, au Foyer Fraternel (Centre social du quartier des Chartrons), ce qui s’est passé a rejoint cette question et cette actualité. 


Depuis début septembre, c’est la période des inscriptions pour l’organisme de formation, pour les cours de français langue étrangère : Alphabétisation et FLE (Français Langue Etrangère). 

Jeudi, nous avons eu une réunion d’une centaine de personnes qui viennent des quatre coins du monde. Il y a au moins une quarantaine de nationalités représentées. 

Alors, en accueillant toutes ces personnes, je me suis dit que nous étions bien à notre place - en tant qu’association d’ancrage Protestant - marquée par les valeurs de l’Evangile. 


C’est une chance d’accueillir toutes ces personnes qui viennent d’horizons différents - avec leur histoire (parfois compliquée) et leur culture. (Je pense particulièrement aux Colombiens, aux Moldaves, aux Géorgiens, qui sont plus nombreux cette année.) 

La plupart de ces personnes vient apprendre le français, dans le but de construire une nouvelle histoire et des projets en France. Nous pouvons leur apporter des choses, mais elles aussi, ont beaucoup à nous donner. 


Alors, oui… nous pouvons parfois avoir des peurs… quand on écoute certains discours politiques sur les étrangers et l’émigration… on sait aussi qu’il y a des problèmes réels, liés à des phénomènes de ghettoïsation des personnes d’origine étrangère dans certaines cités ou quartiers dits « prioritaires » -… on sait que le multiculturalisme est tout autant une richesse qu’une difficulté… - tout ça est concret et ne doit pas être nié -. Mais, nous pouvons aussi écouter l’Evangile, pour sortir de nos peurs et de notre « quant à soi ». 


Nous pouvons nous interroger sur cette question - et sur bien d’autres (car ce n’est qu’un exemple) - et tenter d’analyser la manière dont nos attachements - divers et variés - nous empêchent parfois d’être libres et généreux. 


* C’est donc une remise en cause de nos modes de vie que Jésus nous propose. 

Il nous invite à réfléchir à ce qui fonde nos attachements, nos comportements possessifs ou compulsifs (parfois irrationnels)… pour remarquer que ceux-ci sont souvent liés à des peurs primitives (comme le repli sur soi, ou le protectionisme, qui sont liés à un instinct de survie : l’instinct primitif de la tribu qui cherche à se protéger de potentiels ennemis). 

C’est la peur de perdre, de manquer, ou la peur de l’inconnu, de devoir changer et sortir de sa zone de confort, qui sont en jeu. 


Or, le détachement dont parle le Christ, c’est tout le contraire de la peur. 

Le détachement est une marque de confiance. 


Accepter de se détacher, de lâcher prise, cela signifie ne plus compter seulement sur soi-même ou sur ses biens. C’est accepter de faire enfin confiance à un Autre, à la vie, à Dieu. 


Le détachement - comme le don et la générosité - sont tout simplement une marque de foi, de confiance en la vie et en Dieu. Ils nous ouvrent à l’amour. 

Ils sont aussi une manière d’affirmer cette conviction, selon laquelle rien n’est plus important que notre relation à Dieu et aux autres. 


Partout dans l’évangile, Jésus ne cesse d’affirmer cette conviction qu’aucun bien, aucun attachement matériel, ne peut valoir le prix de la vie, ni le sacrifice de la relation à Dieu et aux prochains (cf. Par ex. Lc 12, 16-21). 


Autrement dit, le détachement, le lâcher prise, nous font entrer dans le règne de l’amour inconditionnel, que Jésus appelle le règne de Dieu. 


* Deux point, pour conclure : 


- Nous le savons tous, le détachement, c’est le contraire de la convoitise, de la concupiscence, de l’avidité… qui consiste à ramener toute chose à soi-même. 

L’un permet le don et le partage… l’autre - nous recentre sur l’ego - et fait obstacle à la relation et à la vie. 


Voilà pourquoi Jésus a des paroles dures (jusqu’à couper sa main ou arracher son oeil) : il nous appelle - purement et simplement - à nous séparer de ce qui nous empêche d’accueillir la vie en plénitude en nous et autour de nous… d’entrer dans la nouvelle mentalité du règne de Dieu. 


- Pour entrer dans la vie nouvelle, marquée par l’amour de Dieu… Jésus nous invite au dépouillement, et même à une forme de vulnérabilité :


C’est quand on ne peut plus se réfugier derrière nos possessions, nos biens, nos attachements, nos savoirs, nos doctrines ou nos dogmes (quels qu’ils soient)… qu’enfin on découvre la liberté des enfants de Dieu… et qu’on entre dans la foi, la confiance. 


Alors, bien loin des discours de ce monde, qui nous propose essentiellement un salut individualiste « chacun pour soi »… un salut qu’on atteindrait par un « toujours plus »… toujours plus de possessions, de biens, de confort, de pouvoir ou de puissance, etc. …  laissons résonner écoutons en nous le message de Jésus qui nous invite au lâcher prise, au détachement et au dépouillement … pour enfin - et en vérité - aller à la rencontre de Dieu et de notre prochain. 


Amen. 

dimanche 24 juin 2018

L'Evangile pour devenir pleinement humain


Lectures bibliques : Ps 1. 1-4.6 ; Mt 5, 1-10 ; 5, 38-45 ; 5, 13-16 (voir ci-dessous, en bas de page)
Thématique : l’Evangile pour devenir pleinement humain / le sermon sur la montagne et la croix
Prédication de Pascal LEFEBVRE / Culte d’au-revoir / Tonneins, le 24/06/18

Chers amis,

* Nous connaissons bien ces passages des évangiles. J’aimerais - avec vous - tisser un lien entre ces textes et les relire un peu à la façon d’un héritage que nous confierait Jésus. 

Quand on parle de l’Evangile, on pense tout de suite - en tant que Protestants - à la Grâce : 
L’Evangile, c’est, d’abord et avant tout, la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu pour nous, ses enfants. 

Mais, il ne faudrait pas oublier que l’Evangile, c’est aussi un programme de vie qui nous est proposé. Jésus parle de l’Evangile du « Royaume », parce qu’il nous invite à entrer dans une nouvelle réalité, une nouvelle mentalité… ou, pour le dire avec les mots de la théologie : il s’agit d’une vie nouvelle… une vie transformée… dont le baptême ou la Ste Cène sont d’ailleurs des signes. 

Être chrétien, qu’est-ce que c’est ? 
On répond habituellement, c’est faire confiance à Dieu et essayer de suivre les enseignements de Jésus Christ. 

De ce point de vue là, on ne peut pas dire que les apôtres étaient des « bons chrétiens », car beaucoup avaient des doutes au sujet de Jésus. 
A de multiples reprises, les évangiles témoignent du fait qu’ils avaient plutôt une foi vacillante et fragile. Et personne - dans un premier temps - n’a osé suivre le Maître jusqu’à la Croix. Il a été renié, trahi, abandonné de tous. 

Certainement - deux mille ans plus tard - nous ne sommes pas meilleurs que ces proches disciples… et de ce point de vue là…  qu’on soit pasteur, curé, membre d’un Conseil Presbytéral, ou laïque… nous ne sommes certainement pas de « bons chrétiens ». 

Je vous propose donc une autre définition : 
Être chrétien, qu’est-ce que c’est ?
C’est apprendre à devenir plus humain. 

Là… il me semble que cette réponse est nettement plus existentielle… elle nous concerne tous. 

Jésus nous apprend à être humain… à devenir véritablement humain. 
Voilà donc un programme à la portée de tous !

C’est d’ailleurs la manière dont la théologie a parlé de Jésus. 
L’apôtre Paul présente Jésus comme le nouvel Adam, l’homme véritable. 

Les théologiens - aux cours des siècles - ont cherché - à juste titre - à montrer que Jésus a été le prototype - le modèle - d’un homme vraiment et pleinement humain. … un être humain extraordinaire, car en relation - en communion - avec Dieu et avec son prochain. 

D’ailleurs, même quand la théologie a défini Jésus comme un homme - divin ; « l’Homme-Dieu »… elle n’a jamais voulu dire que Jésus était une sorte de héros, de demi-dieu… comme dans la mythologie, les séries de science fiction ou les mangas… où les héros ont des super-pouvoirs… 
Non !… ce que les témoins du Christ ont voulu dire, c’est qu’on pouvait faire l’expérience du divin - du spirituel, du transcendant - en rencontrant l’homme Jésus. 
C’est au coeur de son humanité, qu’on pouvait rencontrer Dieu. 

J’en viens à la grille de lecture que je propose pour relire ensemble ces passages. 

La question est : comment devenir humain ?… Et Jésus nous offre des réponses dans chacun de ces textes. Il nous aide à trouver un chemin… car, lui, a véritablement expérimenté ce que c’est « être humain ». 

Bien sûr, les réponses de Jésus ne collent pas vraiment avec ce que nous apprend notre société (ou notre monde) dont l’injonction demeure souvent - et malgré tout - : la loi du plus fort ; le « chacun pour soi » ; le fait de devoir lutter et se battre pour réussir, pour gagner (gagner plus d’avoir et de pouvoir)… donc une mentalité de survie, fondée sur la rivalité, la concurrence, la domination. 
Une réalité - assez triste - dont les journaux télévisés nous montrent quotidiennement les conséquences désastreuses. 

Jésus nous propose tout-à-fait un autre programme :

1) Première réponse de Jésus : être humain, c’est oser aller de l’avant et c’est choisir (ou accepter) la vulnérabilité. 

Cette première réponse, on peut la tirer des « Béatitudes ». 

Bien sûr, la traduction courante avec le mot « heureux » ou « bien heureux » pose problème et risque de nous induire en erreur. 
Jésus ne brosse pas le programme du bonheur assuré, pour être parfaitement content et pleinement joyeux. 

L’expression «  heureux » est sans doute inspirée du Psaume 1 : « Heureux l’homme qui ne va pas au conseil des méchants… mais qui se plaît dans la loi du Seigneur » (voir aussi Ps 41,2-3 ; 84,5 ; 112,1). 

Elle appartient au genre littéraire des conseils de sagesse, qui rappellent que celui qui adopte telle ou telle attitude se trouve en accord avec la volonté profonde de Dieu, et donc en conformité avec sa vocation d’être humain. 

Ainsi, plutôt que « heureux » (ou « bienheureux »), il faudrait traduire par : « C’est bien, ils sont sur la bonne voie… ils sont debout et en marche … sur le juste chemin… ceux qui sont comme ceci ou qui agissent comme cela. »

Maintenant, il faut voir les attitudes que Jésus met en avant : la pauvreté de coeur ; la douceur ; le fait de vivre et d’exprimer ses émotions, sa peine ou son chagrin ; la recherche de la justice ; la compassion ; la miséricorde ; la pureté de coeur ; la participation à construire la paix ; etc. 

Jésus est en train de dire que nous sommes sur la bonne voie - la voie d’une humanité unie à Dieu et au prochain - lorsque nous acceptons d’être pauvres, simples, humbles, vulnérables… lorsque nous éprouvons de la compassion ou acceptons de montrer nos fragilités et nos faiblesses. 

Lorsque nous sommes ainsi dépouillés de notre ego et de nos principes mondains…. lorsque nous sommes ouverts à nous-mêmes, à l’expression de notre âme… nous sommes prêts à accueillir Dieu et à rencontrer le prochain… nous sommes sur le chemin d’une humanité plus réelle et plus épanouie. 

L’attitude la plus propice à l’entrée dans le règne de Dieu serait donc la vulnérabilité, la douceur, l’humilité, la paix… Ce serait la fragilité de la compassion et de la compréhension, plutôt que la force de la domination, et de l’égoïsme.

Autrement dit, les « Béatitudes » pourraient être lues non comme des affirmations paradoxales, mais comme un éloge de la vulnérabilité … un éloge de la douceur et de la sensibilité. 

Voilà, pour Jésus, une manière d’être plus humain… d’accéder à notre véritable humanité. 
(Car, en acceptant de se montrer tel que l’on est, avec ses fragilités, on incite aussi les autres à oser exprimer leur propre sensibilité.)

La conséquence - la récompense, si j’ose dire - c’est qu’en étant plus humain, on trouvera - dès à présent - plus d’humanité autour de nous : de la compréhension, de la consolation, du réconfort. 
C’est la promesse que formule Jésus. 


2) Deuxième réponse : on la trouve un peu plus loin, dans ce qu’on appelle les antinomies évangéliques : « on vous a dit (vous avez appris) ceci… et bien moi, je vous dit cela… »

Cette deuxième réponse pourrait être formulée de la façon suivante : être humain, c’est oser innover et inventer d’autres comportements… c’est ouvrir de nouveaux possibles… c’est surmonter la frontière du « chacun pour soi »… c’est dépasser le système de la réciprocité et du donnant-donnant.

Bien sûr, on ne peut pas lire les affirmations de Jésus au premier degré, comme un mode d’emploi à réaliser point par point. 
Le Christ brosse plutôt un horizon vers lequel on peut essayer de tendre. 

Face à la loi du talion, caractéristique du système d’égalité et de donnant-donnant : « oeil pour oeil, dent pour dent »… Jésus propose aux disciples d’inventer le pardon, d’initier la générosité. 

« Ne pas résister au méchant » ne signifie pas d’accepter de subir passivement l’outrage ou l’injustice sans réagir… mais invite à refuser de donner de l’espace au mal, par la vengeance. 

« Faire deux mille pas avec celui qui en demande mille », « tendre l’autre joue - celle de la réconciliation - à celui qui nous a frappé sur la première » …  Ces images formulent d’autres solutions possibles que le système habituel des relations de miroir, du tac-au-tac ou de la réponse violente. 

Il s’agit d’inventer des solutions qui permettent de sortir l’autre - celui qui reste mon frère ou ma soeur, quoi qu’il arrive - de la spirale de la rivalité. 

L’idée sous-jacente à ce comportement inattendu que propose Jésus - un comportement en faveur d’autrui, en faveur de la relation à l’autre - c’est qu’il n’y a que la bonté qui puisse faire changer positivement quelqu’un. 

La réciprocité ou la violence ne le permettent pas … elles ne suscitent que plus de rivalité et de haine. 

L’amour et la bonté - au contraire - sont susceptibles de provoquer une transformation…. Car exprimer sa vulnérabilité, sa compassion et sa solidarité ne peut que ouvrir l’autre à plus d’humanité. 

[Nous en avons d’ailleurs un exemple frappant dans la littérature avec les Misérables de Victor Hugo (= rappeler brièvement l’histoire : le personnage Jean Valjean change grâce au geste de don et de bonté d’un évêque.)]

Ainsi, la bonté nous rend meilleur… l’amour nous rend aimable…  la compassion de l’un, finit par éveiller la conscience de l’autre : 
C’est ce pari que Jésus nous invite à faire. 

Il s’agit donc d’innover, pour sortir de la mentalité ancestrale de domination et de survie. 

Et ce nouveau comportement ne doit pas être réservé aux mêmes, aux semblables, aux proches… il peut être universel : 
Il ne s’agit pas d’octroyer seulement sa bienveillance à ses « frères » ou ses « coreligionnaires »… on peut inclure les différents, et même les ennemis, voire les persécuteurs.

Ces paroles de Jésus ont certainement inspiré les prophètes contemporains que nous connaissons, comme Gandhi ou Martin Lutherking. /

Pour le Christ, le fondement de cette nouvelle attitude, de cette inventivité, c’est la manière d’agir de Dieu lui-même. 

De la même façon que Dieu agit totalement gratuitement… de la même manière qu’il invente, qu’il crée, qu’il innove, par son amour et sa bonté… nous pouvons, nous aussi, essayer de faire de même. 

Cet appel à s’inspirer de la générosité infinie du Père céleste, on la retrouve aussi - bien sûr - dans l’évangile de Luc : 
« Soyez généreux - et compatissant - comme votre Père céleste est généreux - et compatissant - dira Jésus (Lc 6,36). 


3) Enfin, troisième réponse du Christ : Être humain, qu’est-ce que c’est ?

C’est choisir l’engagement « corps et âme »… c’est accepter d’entrer dans le don de soi, dans la générosité et la miséricorde, pour être un reflet de l’amour qui vient de Dieu.

Les petites paraboles du sel et de la lampe figurent la façon dont le chrétien est appelé à recevoir l’Evangile et à s’engager. 

Selon les archéologues, au 1er siècle, le sel pouvait servir de catalyseur - de substance active - pour accélérer la cuisson des aliments au four. 

C’est ainsi qu’on peut comprendre un verset assez mystérieux dans l’évangile de Marc : Jésus dit « Chacun sera salé au feu » (Mc 9,49). Qu’est-ce que ça veut dire ? 
Ça signifie peut-être : « Chacun peut être comme du sel pour le feu ». 

Chacun est appelé à être un catalyseur (un élément favorable) pour que, par lui, l’Evangile accélère les changements de mentalité et l’évolution de la société, vers une humanité plus réussie… plus aimante, plus libre, plus solidaire. 

Le problème, c’est que certains catalyseurs finissent par perdre leur pouvoir…  
De même, que le sel peut perdre ses propriétés, sa saveur… certains chrétiens en viennent parfois à se lasser de chercher à rendre le monde plus humain. 

La deuxième parabole - celle de la lumière de l’Evangile, qu’il faut placer en hauteur, pour qu’elle éclaire toute la maison… (la plupart des maisons n’avait qu’une seule pièce, à cette époque)… se conclut sur le pourquoi… sur la raison pour laquelle nous sommes appelés à faire briller cette lumière du Christ : 
C’est pour qu’en voyant de belles oeuvres, les hommes puissent rendre gloire au Père céleste. 

Il ne s’agit pas d’obtenir un label de vertu, pour ses actes et ses mérites, mais d’être perçu comme un simple reflet de la bonté et de la générosité de Dieu. 

Le Chrétien est ainsi appelé à témoigner de la Grâce de Dieu pour tous ceux qui croisent sa route… comme le Christ a été le témoin de l’amour inconditionnel de Dieu. 

C’est un appel à l’engagement et au don de soi : 
Être humain, c’est donner le meilleur de soi, pour faire surgir le meilleur de l’autre. 

Ce que Jésus traduit en paroles par son fameux : « Donnez et vous recevrez » (Lc 6,38 ; Mt 7, 7s). 
Il nous appelle à prendre l’initiative…. à initier la nouveauté.  


* Pour conclure… je ne vais pas reprendre ces trois points en détail… et me répéter… mais, je voudrais souligner que  ce à quoi Jésus nous appelle, finalement, c’est à sortir de la logique de rivalité et de survie, qui marque encore notre monde. 

Si nous connaissons encore tant de malheurs, de conflits et de misères sur notre terre - Ce que nous ne pouvons pas oublier, même en ce jour de fête - c’est que nous sommes encore loin de mettre en pratique ces paroles de Jésus…   C’est que nous sommes encore enlisés dans la mentalité primitive du « chacun pour soi ». 

Je voudrais conclure sur un élément symbolique : 

Comme vous, peut-être, je me suis longtemps demandé pourquoi la Croix (a priori, un moyen de torture, destiné à provoquer la mort) a pu devenir le symbole du christianisme ?
Pourquoi les évangélistes ont choisi de relire toute la vie de Jésus a la lumière de la Croix… avec cette clef de lecture a priori « dramatique » ?

Bien sûr, on peut répondre que la Croix, ce n’est pas seulement la mort, c’est aussi le symbole de ce qui la surmonte : de la Résurrection. 

Mais plus encore, en relisant ces passages ce matin, je pense qu’on peut répondre que c’est parce que la Croix symbolise et synthétise, en réalité, toutes les réponses de Jésus. 

Pour le Christ, « être humain », c’est s’engager et accepter la vulnérabilité ; c’est inventer et ouvrir de nouveaux possibles, pour initier le changement et le salut de tous ; enfin, c’est entrer dans le don de soi et devenir le reflet de l’amour de Dieu. 

C’est ce que Jésus a osé vivre pleinement … jusqu’au bout. 

Je conclurai sur les paroles d’un théologien libéral - John Shelby Spong - pour qui, la Croix décrit, en fait, un portrait humain de l’amour de Dieu. 
Je cite cet extrait que vous avez sur vos feuilles (On peut suivre ensemble): 

« Observez le portrait que les auteurs des évangiles ont fait de la manière dont Jésus est mort : il avait été trahi, mais il aime le traitre. Il avait été abandonné, mais il aime ceux qui l’abandonnèrent. Son arrestation est mise en cause, mais il demande à ce que ses défenseurs rengainent leurs épées. Il a été accusé à tort, mais il reste silencieux face à ses accusateurs. Il n’y a rien en lui de quelqu’un qui se défend. Même quand on le couvre de sarcasmes et qu’on le tourmente, il aime ceux qui se moquent de lui et ses bourreaux. Il est opprimé, et il aime ses oppresseurs. Il est renié, et il aime celui qui le renie. Il est crucifié, et il aime ses exécuteurs. L’hostilité, le rejet, l’abus et la mort, rien de cela n’a réussi à réduire son humanité. 

Voilà le portrait de quelqu’un d’épanoui, de pleinement humain, quelqu’un qui n’a aucun besoin de haïr ou de blesser. 
Quand une personne est injustement exécutée, la tendance normale humaine est de s’accrocher à la vie, d’opter pour n’importe quelle tactique qui donnerait une chance de survivre encore quelques instants. 
La dignité humaine s’efface alors devant la plus ancienne des tentatives humaines : la lutte pour la survie. Les victimes maudissent, crachent et se battent contre leur destin. Quand cela ne fonctionne pas, elles supplient, plaident, pleurnichent et prient. La moindre chance de conserver la vie encore quelque instants entre alors en ligne de compte et la victime tente, dans un effort désespéré, de s’accrocher à l’existence. 
Cela est bien loin du portrait de la mort de Jésus, telle que dépeinte par les auteurs des évangiles, qui ont essayé de retenir le souvenir de l’expérience de Jésus. 

Bien au contraire, ils s’en sont souvenus comme d’une personne complète, de quelqu’un qui possède sa vie à un point tel qu’il a été en mesure de l’offrir. 
Vis-à-vis de ceux qui font étalage de leurs pouvoir de vengeance contre les faibles, Jésus, le faible, s’est adressé à leur humanité brisée telle qu’elle s’exprimait par la violence. « Père, pardonne- leur » (Lc 23, 34) aurait dit Jésus. […] C’est ainsi que la victime mourante prononça les paroles de pardon aux âmes engourdies de ses exécuteurs. […]

A présent, voulez-vous examiner cette image ? […] C’était là une vie si pleine, si libre, que Jésus n’éprouvait pas le besoin de s’y accrocher. 
C’est l’image d’un homme qui s’est libéré de la mentalité de survie, marque de tous les êtres humain conscients. 
On ne peut pas offrir ce que l’on ne possède pas. Jésus se possédait lui-même. Il offrit sa vie. […]

La Croix est l’endroit où celui qui était si pleinement vivant a pu offrir aux autres tout ce qu’il était ; par cet acte, il nous rend visible tout ce que nous comprenons par le mot « Dieu » : [une réalité qu’on peut découvrir dans la profondeur et l’expérience de la plénitude humaine]. 
La pleine humanité se trouve dotée des marques et de la signification de Dieu. […]

Vue sous cet angle, la Croix n’est pas un lieu de torture et de mort ; c’est le portrait de l’amour de Dieu qui peut être aperçu quand on peut offrir tout ce qu’on est et tout ce qu’on a. 
La Croix devient ainsi le symbole d’une présence de Dieu qui nous incite à vivre, à aimer et à être. Elle symbolise un amour qui englobe la diversité des races humaines, des tribus, des nations, des sexes, des orientations sexuelles, des gauchers, des droitiers, et de toutes les autres formes et variétés de la vie. 

L’appel de l’expérience de Dieu en Christ est tout simplement un appel adressé à être tout ce que chacun de nous peut être, un appel à offrir, à travers l’être de notre humanité, le don de Dieu à tous, en construisant un monde dans lequel chacun pourra vivre plus pleinement, où chacun pourra aimer avec plus de démesure, et dans lequel chacun aura le courage d’être tout ce qu’il pourra être. 
C’est ainsi que nous pourrons faire vivre la présence de Dieu. 
Dieu consiste à vivre, à aimer et à être. »

Le Croix est donc le symbole du don de soi (sans limite).

C’est le chemin de quelqu’un qui était totalement libre… car il avait totalement confiance en Dieu, son Père. 

C’est ce chemin - de confiance, de liberté, de don de soi - que Jésus nous propose pour devenir pleinement humain.

Amen. 


Lectures bibliques

Psaume 1 (extraits)
Heureux l’homme qui ne prend pas le parti des méchants,
ne s’arrête pas sur le chemin des pécheurs
et ne s’assied pas au banc des impies,
mais qui se plaît à la loi du SEIGNEUR
et récite sa loi jour et nuit !

Il est comme un arbre planté près des ruisseaux :
il donne du fruit en sa saison
et son feuillage ne se flétrit pas ;
il réussit tout ce qu’il fait.

Tel n’est pas le sort des méchants : [ils ne pèsent rien]
ils sont comme la bale que disperse le vent. […]
Le SEIGNEUR connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perd.

Matthieu 5, 1-10
A la vue des foules, Jésus monta dans la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. 
Et, prenant la parole, il les enseignait :

« Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux.
Heureux les doux : ils auront la terre en partage.
Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux : il leur sera fait miséricorde.
Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu.
Heureux ceux qui font œuvre de paix : ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux. […] »

Matthieu 5, 38-45
« Vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil et dent pour dent. 
Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. 
Au contraire, si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre. 
A qui veut te mener devant le juge pour prendre ta tunique, laisse aussi ton manteau. 
Si quelqu’un te force à faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. 
A qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos. »

« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. 
Et moi, je vous dis : Aimez ceux qui vous traitent en ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, 
afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux, 
car, Lui,  Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes. […] » 

Matthieu 5, 13-16
« Vous êtes le sel de la terre. Si le sel perd sa saveur, comment redeviendra-t-il du sel ? Il ne vaut plus rien ; on le jette dehors et il est foulé aux pieds par les hommes. »

« Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une hauteur ne peut être cachée. Quand on allume une lampe, ce n’est pas pour la mettre sous le boisseau, mais sur son support, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. 
De même, que votre lumière brille [pour tous les] hommes, pour qu’en voyant vos bonnes actions ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux. »