dimanche 5 juin 2022

Être les porteurs d'une parole qui soigne

 Lectures bibliques : Mt 10, 1-8 ; Jn 20, 19-23 ; Rm 8, 14-17 : Ac 2, 1-13 (voir en bas de cette page)

Thématique : l’Esprit nous libère pour être porteurs et témoins d’une Parole qui soigne

Culte de Pentecôte : 05/06/22 – temple du Hâ – Bordeaux

Prédication de Pascal LEFEBVRE


 

Comment parler de l’Esprit saint aujourd’hui ? 

Le vent de Dieu… son Souffle vital… son Énergie… ?

 

Quel est son rôle ? En quoi cela nous concerne aujourd’hui encore ?

 

Précisément, les textes de ce jour nous appellent à accueillir ce Souffle de Dieu dans notre vie, et à nous laisser guider et inspirer par Lui. 

 

En cette fête de Pentecôte, les Chrétiens commémorent le don de l’Esprit saint… tout comme les Hébreux se souvenaient autrefois du don de Loi au Sinaï. 

 

C’est un nouveau peuple de témoins que Dieu a suscité… des témoins du salut de Dieu… et cela commence avec l’évènement de Paques : la résurrection du Christ. 

 

*C’est d’abord du côté de l’évangile selon Jean (Jn 20, 19-23) que nous pouvons regarder. Nous venons d’écouter un récit d’apparition. 

 

De façon inouïe et inattendue, le Crucifié apparait à ses disciples comme vivant après sa mort… vivant dans une autre sphère de réalité… puisque – nous dit-on – les portes de la maison sont verrouillées… donc Celui qui leur apparait n’est pas rentré par la porte. 

 

C’est une expérience spirituelle extraordinaire qui est racontée ici… expérience « incroyable » que vivent collectivement les disciples, alors qu’ils semblent confinés dans la peur. 

Jésus – le Crucifié – se rend visible. Il manifeste ainsi aux siens que la mort n’a pas eu le dernier mot… qu’il vit désormais dans une autre sphère de réalité, que les premiers chrétiens ont appelé du nom de « résurrection ». 

 

L’apparition du Christ ressuscité – on l’imagine – remplit de joie les disciples craintifs et certainement les saisit d’émotions, les déboussole ou les frappe de stupeur. 

Aussi le Christ adresse-t-il des mots de paix pour calmer les esprits. 

 

Mais lors de cette expérience spirituelle inouïe, Jésus ne se contente pas de manifester sa présence. Il donne aux disciples l’Esprit saint, le Souffle divin, et les envoie en mission. 

 

Leur vocation – l’appel qui leur est adressé – est une mission de pardon, de libération : 

Remettre les péchés des hommes et des femmes, les libérer des entraves du mal, les délivrer des fausses routes, des fautes passées… de toutes formes d’esclavages ou de culpabilités… pour rendre à chacun la liberté, dans une relation d’amour avec Dieu et avec le prochain. 

 

C’est une mission de libération et de réconciliation à laquelle les disciples sont ainsi appelés : permettre à chacun de vivre libre avecet devant Dieu, s’ouvrir au pardon et à la lumière du Père, pouvoir vivre réconcilié avec soi-même, avec Dieu et avec les autres. 

 

L’instrument offert aux disciples pour accomplir cette mission, c’est l’Esprit saint, le Souffle de Dieu… Autrement dit, c’est la présence et l’action de Dieu lui-même que le Christ offre aux disciples, pour parvenir à accomplir cette mission de libération de l’humanité. 

 

*Le lecteur attentif des évangiles remarquera que la mission que Jésus offrait aux disciples (bien plus tôt dans l’évangile), lors de sa vie publique, était très proche de cet envoi. 

On en retrouve la trace dans l’évangile de Matthieu au chapitre 10 (v7-8). Je cite : « En chemin, proclamez que le Règne de Dieu s’est approché. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons…. »

 

Jésus invitait ses disciples à faire ce que lui-même faisait. Il les appelait à proclamer la Parole de Dieu, mais aussi à accomplir, en son nom, des actions de guérison.  

La mission était de caractère thérapeutique. 

 

La proximité du règne de Dieu inaugurée par Jésus devait permettre à ses disciples de participer à la libération du monde. 

 

Le mot grec thérapeuoa plusieurs significations : servir, assurer un service / soigner, guérir, apporter un remède, restaurer la santé. En ce sens il rejoint le mot latin salvus(salut) qui veut dire « guéri ». 

 

Pour les disciples, il s’agit donc d’aider, de soutenir, de réconforter, de prendre soin… et plus fondamentalement de libérer d’un mal, d’apporter une forme de salut, de guérison… de la part de Dieu. 

 

Comment recevoir cette exhortation de Jésus, 2000 ans plus tard ? 

Sommes-nous capables de participer à cette mission qui consisterait même à « ressusciter les morts » ? ou à « expulser les démons » ?

 

Comment pourrions-nous traduire aujourd’hui dans un langage plus contemporain les mots employés par Jésus ?

 

« Guérir les malades » : 

Cette invitation ne doit sans doute pas s’entendre seulement sur le plan de la santé physique. 

Même si nous ne nous sentons pas forcément équipés d’un don de guérisseur, de thaumaturge, nous pouvons y participer. 

Par notre présence, autour de nous, nous pouvons écouter les autres, les accompagner, les soutenir, les réconforter, leur redonner le moral, les redynamiser. 

Nous pouvons leur redonner courage et confiance, et les accompagner sur un chemin de guérison intérieure. 

 

« Ressusciter les morts » :

« Ressusciter » signifie « réveiller » et « relever »… réveiller les consciences et relever ceux qui en ont besoin, ceux qui n’ont plus d’espérance.

Nous pouvons toujours faire quelque chose, face à l’individualisme ambiant, à la mentalité du « chacun pour soi ».

Dans les rencontres du quotidien, ici ou là, nous pouvons accueillir les autres, permettre à chacun de reprendre conscience de sa vie devant Dieu, du fait que notre vie compte, que notre âme est liée à Dieu… ce que nous oublions parfois quand nous sommes épuisés par les soucis, les préoccupations du quotidien… ou lorsque nous traversons des épreuves qui nous plombent ou nous jettent à terre. 

Nous pouvons agir et aussi, parfois, trouver sur notre route quelqu’un qui nous aide à nous relever (un « bon samaritain »)... qui permet que la vie afflue à nouveau en nous… qui nous remet en contact avec notre vitalité intérieure… lorsque celle-ci a été coupée.

 

« Purifier les lépreux » : 

Cela peut s’entendre de deux manières : d’une part, accueillir ceux qui se considèrent comme indignes. Nous pouvons accueillir notre prochain sans condition, tel qu’il est, et lui souhaiter la bienvenue et lui signifier qu’il est précieux aux yeux de Dieu. 

D’autre part, nous pouvons lui permettre une transformation intérieure, grâce au lien avec Dieu… en le remettant sur la route d’un cheminement possible et personnel avec Dieu. 

 

« Expulser les démons » :

C’est libérer les êtres qui en ont besoin des schémas existentiels pathogènes, ou les libérer des images nocives de Dieu, des projections négatives d’autrui, ou tout ce qui peut réduire leur vie ou l’estime de soi…

C’est les libérer aussi des emprises, des idoles ou des addictions... ou de tout ce qui peut les abimer ou amoindrir l’image d’eux-mêmes. 

Nous avons tous besoin de libération !

 

Quel que soit le vocabulaire employé, il s’agit d’apporter délivrance, pardon, guérison, réconciliation, paix intérieure, avec soi, avec Dieu et avec autrui… de renouveler la confiance (en Dieu et en soi), d’ouvrir à l’espérance. 

 

Les disciples sont donc appelés à transformer les situations… à apporter de la nouveauté dans le monde : à être « sel de la terre » et « lumière du monde » (Mt 5,13-16)… Ce qui signifie « transmettre » la lumière qu’ils ont eux-mêmes reçu dans la foi. 

 

*Mais comment les disciples pourraient-ils faire tout cela ? 

Comment est-ce possible ? 

 

Ils ne peuvent pas accomplir cela par eux-mêmes. Mais c’est l’Esprit saint, le Souffle de Dieu, qui peut agir par eux. C’est ce que racontent les récits de Pentecôte. 

 

C’est le Christ qui donne son Souffle aux disciples – comme une énergie – pour les inspirer et les gonfler à bloc… pour leur permettre de faire ce qui peut parfois sembler impossible. 

 

L’enjeu est donc de laisser Dieu être Dieu en soi… c’est-à-dire d’accueillir et de laisser de la place à l’Esprit saint dans notre vie et notre cœur. Car c’est Lui qui peut agir ennous et parnous. 

 

En premier lieu, cela nécessite de faire confiance à Dieu… de s’ouvrir à Lui… donc de se rendre disponible à son Esprit d’amour. 

 

Cela signifie pour nous (en tant que disciples) d’accepter de prendre du temps dans notre vie quotidienne pour méditer, prier en silence, ouvrir notre cœur et ressentir la présence de Dieu en nous et dans notre vie… et nous laisser transformer par Lui. 

 

*L’autre texte proposé à notre lecture en ce dimanche de Pentecôte, c’est le récit des Actes des Apôtres, au chapitre 2. 

 

Nous connaissons bien ce passage que nous lisons tous les ans. 

Il montre – ici aussi – ce que l’Esprit Saint est capable de faire. 

 

Le texte de Luc parle symboliquement de langues de feu qui se posent sur chacun. 

L’évènement de Pentecôte se caractérise par le don de l’Esprit offert aux croyants. 

Tous ceux qui reçoivent une part du Souffle de Dieu sont alors animés d’un feu nouveau – d’un nouveau dynamisme – puisqu’ils reçoivent une force intérieure de la part de Dieu : une énergie qui les ouvre à la gratitude, à la louange, et les pousse vers l’extérieur.  

 

Cette présence de Dieu dans le cœur des disciples, c’est comme une nouvelle dynamique, qui leur donne une compétence nouvelle et un élan particulier. 

 

Grâce à la présence de l’Esprit divin, ils sont inspirés et se font comprendre. Il se produit un miracle de la communication, puisque chacun est au bénéfice de la Bonne Nouvelle… et reçoit alors le témoignage des « merveilles de Dieu » dans sa propre langue. 

 

L’Esprit saint répandu dans le cœur des disciples les envoie donc en mission… Ils ont désormais le cœur brulant, comme les disciples d’Emmaüs (cf. Lc 24). 

 

Malgré tout, nous aimerions en savoir plus…  

Quelles sont ces « merveilles de Dieu » que les disciples annoncent : de quoi parlent-ils ? 

 

Pour savoir de quoi les disciples témoignent avec tant d’enthousiasme, il faut relire la prédication de Pierre dans la suite du chapitre 2 (Ce que nous n’allons pas faire maintenant. Mais ce que je vous invite à faire chez vous.)

Celui-ci annonce la Bonne Nouvelle de la Résurrection de Jésus (le Christ injustement crucifié), et précise que le Christ a reçu du Père l’Esprit saint et l’a maintenant répandu. 

Ainsi, en accédant au monde spirituel, au monde de Dieu, Jésus a pu transmettre son Esprit sur la communauté.

 

En d’autres termes, dans sa prédication, Pierre annonce qu’à travers Jésus, le Ciel s’est ouvert… que l’Esprit de Dieu est désormais offert à ceux qui vivent de cette confiance. 

 

Gonflé à bloc par le souffle de Dieu, Pierre peut témoigner du Christ Ressuscité… il peut annoncer une parole de libération… une parole qui décoiffe… qui nous libère de tout ce qu’on croyait savoir : sur le péché, la mort ou la religion…  

 

Dieu était bien du côté de Jésus… En le relevant de la mort, il manifeste son salut… et révèle son amour pour les humains, malgré tout… malgré la crucifixion de son porte-parole. 

 

La Bonne Nouvelle est donc annoncée… elle est offerte à tous : Juifs ou païens convertis (Prosélytes), gens des iles (Crétois) et gens du désert (Arabes).  La description des nombreux témoins qui entendent cette Parole préfigure déjà la dimension universelle de l’Evangile. 

 

Surtout, l’évènement de Pentecôte signifie que c’est l’Esprit saint qui pousse les disciples au témoignage chrétien et leur permet de communiquer et de se faire comprendre… puisque l’Esprit dote les croyants d’une force de communication sans pareille… et même d’une forme d’enthousiasme communicatif, voire d’exaltation… au point que certains croient qu’ils sont plein de vin doux (comme Luc le laisse percevoir : Ac 1,13). 

 

Les disciples vivent donc une sorte d’expérience spirituelle publique… au sens où la présence vivante de Dieu – son énergie – est manifestée au cœur du monde.

 

Cela doit nous faire réfléchir pour notre propre témoignage 2000 ans plus tard. 

 

La Mission de l’Église est, en effet, d’annoncer la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu, manifesté en Jésus Christ. 

 

Pour mener à bien cette mission, nous sommes appelés à nous laisser inspirer par Dieu. C’est ce que nous rappelle ce récit de Pentecôte. 

 

Cela signifie pour chacun de nous un appel à vivre une proximité avec Dieu dans notre quotidien… lui faire de la place dans notre vie… ressentir la douceur et la force de sa présence… nous laisser inspirer par son Souffle – son Esprit d’amour – dans notre toutes les dimensions de notre vie : vie personnelle, familiale, professionnelle, communautaire. 

 

Ces récits, enfin, nous permettent de reprendre conscience de notre mission : 

Comme l’exprimait autrefois le pasteur et théologien D. Bonhoeffer, suivre le Christ implique un changement de vie – il disait même un renoncement à sa vie passée – c’est-à-dire un renoncement à être du monde, pour être au Christ. Il s’agit d’une confiance qui engage et d’une libération pourle monde. 

 

Le disciple n’est pas disciple pour lui-même, ni seulement pour Jésus, mais, étant un « je » en Christ - un être centré uni au Christ - il est disciple pour être envoyé, pour servir, pour se charger, pour porter les fardeaux de ses frères, pour leur apporter libération… et pour, à son tour, « aider son prochain à être un homme devant Dieu ». 

 

C’est le sens de la mission chrétienne selon Bonhoeffer : 

L’Esprit saint nous appelle et nous inspire pour « aider notre prochain à être un homme [ou une femme] devant Dieu ». 

 

C’est ce dont nous avons besoin individuellement… ce dont notre monde a besoin collectivement : retrouver notre unité avec le divin, pour « choisir la vie »… pour nous laisser guider et inspirer par Dieu. 

 

C’est, en effet, l’affirmation centrale de Jésus dans son sermon sur la Montagne et c’était sa foi : nous trouvons tout ce dont nous avons besoin dans la proximité de Dieu (cf. Mt 6, 33).  

 

Grâce à l’Esprit, notre vie retrouve confiance, liberté et sens … et nous sommes alors heureux de transmettre la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu, qui nous relève et nous libère. 

Nous devenons porteurs et témoins d’une Parole qui soigne. 

 

C’est peut-être cela le cœur de notre mission : être les porteurs d’une Parole qui apporte libération et guérison. 

 

Demandons donc à Dieu son Esprit Saint… son énergie d’amour… afin qu’il nous inspire et nous guide tous les jours de notre vie !... 

Et, gonflés à bloc, puissions-nous, nous aussi, nous mettre en mouvement et proclamer « les merveilles de Dieu ».  

Amen.

 


Lectures bibliques : Mt 10, 1-8 ; Jn 20, 19-23 ; Rm 8, 14-17 : Ac 2, 1-13

 

Mt 10, 1-8 

1Ayant fait venir ses douze disciples, Jésus leur donna autorité sur les esprits impurs, pour qu’ils les chassent et qu’ils guérissent toute maladie et toute infirmité.

2Voici les noms des douze apôtres. Le premier, Simon, que l’on appelle Pierre, et André, son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; 

3Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le collecteur d’impôts ; Jacques, fils d’Alphée et Thaddée ; 

4Simon le zélote et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.

5Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin des païens et n’entrez pas dans une ville de Samaritains ; 

6allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. 

7En chemin, proclamez que le Règne des cieux s’est approché. 

8Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.

 

Jn 20, 19-23 

19Le soir de ce même jour qui était le premier de la semaine, alors que, par crainte des autorités juives, les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées, Jésus vint, il se tint au milieu d’eux et il leur dit : « La paix soit avec vous. » 

20Tout en parlant, il leur montra ses mains et son côté. En voyant le Seigneur, les disciples furent tout à la joie. 

21Alors, à nouveau, Jésus leur dit : « La paix soit avec vous. Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. » 

22Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint ; 

23ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »

 

 Rm 8, 14-17 

14Ceux-là sont fils de Dieu qui sont conduits par l’Esprit de Dieu : 

15vous n’avez pas reçu un esprit qui vous rende esclaves et vous ramène à la peur, mais un Esprit qui fait de vous des fils adoptifs et par lequel nous crions : Abba, Père. 

16Cet Esprit lui-même atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. 

17Enfants, et donc héritiers : héritiers de Dieu, cohéritiers du Christ, puisque, ayant part à ses souffrances, nous aurons part aussi à sa gloire.

 

Ac 2, 1-13

1Quand le jour de la Pentecôte arriva, ils se trouvaient réunis tous ensemble. 

2Tout à coup il y eut un bruit qui venait du ciel comme le souffle d’un violent coup de vent : la maison où ils se tenaient en fut toute remplie ; 

3alors leur apparurent comme des langues de feu qui se partageaient et il s’en posa sur chacun d’eux. 

4Ils furent tous remplis d’Esprit Saint et se mirent à parler d’autres langues, comme l’Esprit leur donnait de s’exprimer.

5Or, à Jérusalem, résidaient des Juifs pieux, venus de toutes les nations qui sont sous le ciel. 

6A la rumeur qui se répandait, la foule se rassembla et se trouvait en plein désarroi, car chacun les entendait parler sa propre langue. 

7Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Tous ces gens qui parlent ne sont-ils pas des Galiléens ? 

8Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ? 

9Parthes, Mèdes et Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, du Pont et de l’Asie, 

10de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Egypte et de la Libye cyrénaïque, ceux de Rome en résidence ici, 

11tous, tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons annoncer dans nos langues les merveilles de Dieu. » 

12Ils étaient tous déconcertés, et dans leur perplexité ils se disaient les uns aux autres : « Qu’est-ce que cela veut dire ? » 

13D’autres s’esclaffaient : « Ils sont pleins de vin doux. »

 

dimanche 22 mai 2022

Appelés à se laisser transformer par l'amour de Dieu

Lecture biblique : Mt 22, 1-14 (Volonté de Dieu : Ep 4, 17-24) : voir texte en bas de cette page

Thématique : Appelés à se laisser transformer par l’amour de Dieu

Culte au temple du Hâ (Bordeaux) – le 22 mai 2022

Prédication de Pascal LEFEBVRE 


 

Comme souvent, Jésus parle en paraboles, pour inviter ses auditeurs à une prise de conscience, un changement de mentalité, ou pour leur proposer d’adopter un nouveau comportement, un nouveau style de vie… qui se découvre dans la proximité de Dieu… et qu’il appelle le « règne de Dieu ». 

Il invite ses disciples à entrer dans ce « monde nouveau de Dieu » et à y prendre part. 

 

Pour ce faire, il nous propose de comparer le règne de Dieu auquel nous sommes invités, à l’appel d’un roi qui nous convie à un festin de noces. 

 

La parabole commence bien : la vie avec Dieu, ce serait d’abord une fête, un festin : un repas de noces pour son fils. Les auditeurs de l’Evangile sont invités à la fête. C’est une bonne nouvelle !

 

Déjà une question émerge : avons-nous réellement conscience de cette invitation de Dieu, ici et maintenant ?... Nous sentons-nous concernés par cet appel ? 

 

On apprend alors que beaucoup sont invités, mais que peu y répondent. 

Chacun a autre chose à faire : il est vrai que les tâches de la vie quotidienne sont prenantes et monopolisent notre attention : il y a toujours à faire ! 

On n’a pas forcément le temps de s’arrêter… pour se joindre au repas de noces du fils de Dieu. 

 

Les excuses semblent valables : l’un va à son champ… l’autre à son commerce… chacun est pris par le quotidien… il faut bien pouvoir subvenir à ses besoins matériels et ceux de sa famille.

 

C’est vrai ! Mais est-ce que l’évangile ne nous a pas déjà alerté à ce sujet ?

 

La vie – la vraie vie – n’est-elle pas plus que la préoccupation de la nourriture et du vêtement ?

 

Jésus avait déjà interpelé ses auditeurs à ce sujet dans son sermon sur la montagne :

 

« Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les mites et les vers font tout disparaître, où les voleurs percent les murs et dérobent. Mais amassez-vous des trésors dans le ciel » (cf. Mt 6,19.20a)

« Ne vous inquiétez donc pas, en disant : “Qu’allons-nous manger ? qu’allons-nous boire ? de quoi allons-nous nous vêtir ?” 

– tout cela, les païens le recherchent sans répit –, il sait bien, votre Père céleste, que vous avez besoin de toutes ces choses. 

Cherchez d’abord le Royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné par surcroît. »

 

Les auditeurs de l’Evangile devraient donc chercher ce monde nouveau de Dieu, auquel nous sommes conviés … mais voilà que l’inquiétude et les soucis du quotidien dominent… les réalités de ce monde prennent souvent toute la place… et comme les auditeurs de la parabole, parfois, nous différons notre réponse : nous remettons l’invitation à plus tard. 

 

Pourtant si le Maître nous invite au festin, c’est d’abord pour un lâcher-prise : Il nous invite à élargir notre regard… à faire confiance à Dieu (dont la Providence est à l’œuvre) … à poser nos soucis et nos préoccupations… Et à passer du souci de soi à une autre réalité essentielle : la recherche du Royaume et de la justice de Dieu.

 

C’est un appel fondamental à la foi… pour retrouver le sens de la vie : sortir de la peur du manque, de l’inquiétude, ou du désir de posséder, d’avoir toujours plus… lâcher un peu le matériel… apprendre à faire des pauses dans notre quotidien… pour entrer dans la confiance de Dieu … pour chercher, en nous et dans notre vie, ce monde nouveau de Dieu.

 

Ce n’est pas seulement pour après… mais ça commence ici et maintenant !

 

Dans la parabole, les choses se compliquent… car d’autres invités, non seulement refusent l’invitation du maitre, mais maltraitent les serviteurs et les envoyés du roi. 

 

L’Évangéliste Matthieu fait certainement allusion ici aux prophètes d’autrefois, aux porte-paroles que Dieu a envoyé régulièrement au peuple d’Israël et qui ont été rejetés, malmenés et même tués. 

Car les prophètes sont des gens dérangeants qui viennent secouer les peuples et les rois : rappeler l’injustice du monde et appeler à agir pour y remédier. 

 

Généralement, on préfère se débarrasser des gêneurs, des lanceurs d’alerte, de ceux qui dénoncent la corruption ou l’injustice des puissants… Car les écouter nous obligerait à sortir de notre zone de confort, à essayer de changer les choses… à remettre en cause le système… à dénoncer les privilèges et l’enrichissement des puissants… à réorganiser la société… à écouter enfin les « petites gens » et à prendre en considération les plus pauvres : ceux qui - il faut l’avouer - n’intéressent pas « grand monde ».  

 

Les choses n’ont pas vraiment changé depuis le temps de Jésus… même en France, pays riche et industrialisé… la précarité est en augmentation depuis 15 ans : 

Plus de 5 millions de personnes vivent avec moins de 920 euros par mois (soit 8% de la population) et plus de 9 millions de personnes vivent avec moins de 1100 euros (soit presque 15% de la population qui se trouve sous le seuil de pauvreté). 

On se demande alors comment toutes ces personnes vont pouvoir faire face à la hausse de l’inflation… Et je ne parle pas de la situation des pays en voie de développement. 

 

Alors, oui, bien des choses auraient besoin d’être changées… mais les prophètes ont toujours dérangé les souverains ou les tenants du pouvoir en place … et dans la parabole… ceux qui invitent à changer quelque chose, à quitter les habitudes mondaines ou quotidiennes, à adopter un nouveau comportement, pour entrer dans le monde nouveau de Dieu : ceux-là sont finalement maltraités et éliminés.

 

Pour autant, dans cette histoire, une chose est remarquable : le maître ne se décourage pas… il ne renonce pas !

Face au refus d’Israël de participer aux noces du « fils », et à la violence de certains, il revient à la charge, et décide d’élargir l’invitation à tous, sans distinction : 

« Allez donc aux places d’où partent les chemins et convoquez à la noce tous ceux que vous trouverez » (Mt 22,9).

 

C’est ce que font les serviteurs du roi… et finalement ils rassemblent tous ceux qu’ils trouvent – mauvais et bons, justes ou injustes – dit la parabole. 

Il n’y a pas critères dans l’invitation. Et la salle de noce est enfin remplie de convives. 

 

C’est alors que la leçon de la parabole nous est donnée à travers la situation insolite et inattendue d’un homme qui ne portait pas de vêtements de noces. 

“Mon ami - lui dit le roi - comment es-tu entré ici sans avoir de vêtement de noce ?” Celui-ci resta muet. 

Alors le roi dit aux servants : “Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents.” 

 

C’est le genre de réplique qui vient un peu gâcher l’ambiance de la fête !

 

Il faut pourtant relever que le critère d’exclusion de celui que le roi nomme « ami », n’est ni la méchanceté, ni l’injustice, mais « le vêtement de noce » que celui-ci n’a pas revêtu. 

 

Concernant ce vêtement - qu’on avait coutume de mettre, pour se rendre à une fête de mariage - plusieurs lignes d’interprétation ont pu être proposées : 

 

L’idée de revêtir un vêtement signifie une transformation de son identité, de son comportement, ou de son appartenance à un groupe social ou une communauté.  

 

Si l’homme invité auquel le maitre s’adresse se retrouve sans vêtement de noces, c’est qu’il n’a rien changé à ses habitudes de vie… et c’est bien là le problème : 

Tous sont appelés (c’est la conclusion de la parabole) … mais cet appel implique de changer quelque chose dans sa vie… de se laisser transformer… de revêtir une « nouvelle identité ».  

 

L’apôtre Paul le formule en appelant à revêtir « Christ » ou à revêtir « l’homme nouveau » fruit d’une conversion, d’une transformation spirituelle (cf. Ga 3,23-29 ; Ep 4, 17-24). 

 

La métaphore a été diversement interprétée :

 

Certains théologiens ont vu dans ce vêtements « les bonnes œuvres » du disciple ou encore « la justice supérieure » qu’il doit manifester, ou « les fruits » qu’il doit porter. 

Ce serait, en quelque sorte, l’adoption d’un nouveau comportement éthique, le vêtement de la justice et de la bonté que le croyant est appelé à revêtir et à porter. 

Car si Dieu est juste et bon : être invité au banquet de la noce organisé par le Roi, implique de se mettre à son école, d’écouter ses directives… Autrement dit, de se laisser transformer spirituellement… de revêtir la tunique de la justice et de l’amour, qui sont ses attributs. 

 

D’autres théologiens ont vu dans l’image du vêtement une métaphore baptismale. L’habit de noce symboliserait l’appartenance à la communauté des sauvés. 

Par le baptême, Dieu offre le vêtement de la grâce et de la foi qu’il s’agit de revêtir… vêtement du pardon reçu… que le croyant est aussi appelé à donner. 

Le vêtement symboliserait l’appartenance à la communauté de ceux qui partage une confiance commune, qui appelle à la justice et l’amour du prochain. Le vêtement de noces reflèterait l’adoption d’un style de vie chrétien.   

 

Mais ce qui est frappant dans la fin de la parabole, c’est le mutisme de l’homme interrogé sur son absence de vêtement adéquat. 

Le maître vient à sa rencontre et essaie d’entrer en dialogue avec lui. Mais celui-ci ne répond pas un mot. 

C’est cette absence de réponse qui semble provoquer son exclusion de la salle de noce. 

 

C’est comme si l’homme n’avait pas conscience qu’il avait besoin d’être revêtu d’un autre vêtement que le sien propre… il ne semble pas reconnaitre ce besoin, cette nécessité d’une transformation, pour pouvoir participer pleinement à la fête de la vie éternelle.

 

Si l’homme est ainsi rejeté, c’est qu’il n’a rien changé : 

L’appel qu’il avait reçu n’a finalement eu aucun effet sur lui. 

Son identité ou sa vie n’ont pas été transformées. 

Il n’a pas été touché par la Parole et la Grâce de Dieu. 

Il n’a tiré aucune conséquence de cette invitation dans sa vie réelle.

 

A travers le focus pointé sur cette situation, la parabole appelle donc les auditeurs de Jésus à adopter une attitude différente : à prendre au sérieux le fait que la foi – en tant que confiance, en réponse à la grâce de Dieu – implique un changement de mentalité et de comportement de la part du croyant :

Chacun est appelé à se laisser transformer par l’amour de Dieu. 

 

En ce sens, une troisième ligne d’interprétation est proposée par le théologien Anselm Grün. Je vous propose de l’écouter pour conclure cette méditation :

 

Celui-ci interprète cette parabole, à l’aide de la psychologie des profondeurs, comme une image du chemin de l’individu vers sa pleine humanité, vers son unification intérieure.

 

Pour lui, le but de l’Église, de la communauté, de la prière, est d’ouvrir un chemin pour que l’homme puisse rencontrer Dieu, pour que l’âme humaine puisse s’unir à l’Esprit divin, pour que nous puissions ainsi accéder à notre vrai Soi, à cette part de lumière qui est en nous et qui peut se connecter à Dieu, s’unir à Lui, pour nous transformer entièrement. 

De sorte quetout notre être puisse revêtir la tunique de l’amour.

 

Je vous livre sa réflexion :

 

« La parabole décrit le cheminement intérieur vers l'humanité et vers l'union à Dieu. Chacun de nous est invité au festin de noce ; notre vocation de chrétien ne consiste pas simplement à respecter les commandements, mais à répondre à l'invitation. Le but de notre vie est l'humanisation, qui nous unit au noyau divin [qui est] en nous : le Soi.

 

Souvent, nous nous désintéressons de l'invitation ; la première fois, nous entendons à peine les appels légers de notre cœur. Nous soupçonnons bien que notre vraie vocation est de nous laisser plonger dans le sein de Dieu, mais la voix est si faible qu'elle ne parvient pas à notre conscience. 

Ou bien - et c'est la deuxième invitation - nous avons en tête des préoccupations qui nous importent davantage : accroître nos biens, courir après le succès, vaquer aux affaires quotidiennes. 

Parfois, nous allons même jusqu'à étouffer en nous ces appels ; ils nous sont désagréables, ils ne nous laissent pas de repos, et nous les masquons par nos activités, ou nous les empêchons tout simplement de nous parler.

 

Celui qui tue les serviteurs envoyés par le roi, c'est l'ego. 

Il ne veut pas se laisser perturber dans ses entreprises égocentriques. 

Mais le roi envoie encore une fois ses serviteurs ; tout, en nous, est invité.

Ceux qui sont là au bord des chemins, ce sont les pauvres. 

La pauvreté en nous est plus ouverte à Dieu que le succès [cf. Mt 5,3]. 

Les serviteurs sont chargés d'aller partout dans le royaume, jusqu'au bout des routes. Toutes les régions de notre âme, toute l’histoire de notre vie, même les zones marginales de notre inconscient : tout en nous est appelé à s'unir à Dieu, rien n'est exclu, pas même le mal. 

C'est là un message réconfortant.

 

La seule condition que Dieu nous pose, c'est de faire honneur à son invitation, de lui ouvrir tout ce qui est en nous.

 

Le vêtement de noces signifie pour moi que je respecte le roi qui m'invite, que je traite avec soin tout ce que j'ai, si pauvre et si abîmé que ce soit, et que je l'associe à la fête. 

Il s'agit d'être attentif et prudent. 

Je n'ai pas à extirper le mal en moi, mais à le percevoir et à le revêtir de la tunique de l'amour. 

Je dois poser sur tout ce qui est en moi un regard aimant et le présenter ainsi à Dieu ; 

alors il m'est permis de participer au banquet nuptial et, tel quel, de m'unir au Père.

 

Mais [si je reste inconscient, insouciant ou étranger à tout cela,] si je me traite moi-même avec légèreté, dans mon être et mon avoir, je serai rejeté, chassé de mon centre, plongé dans les ténèbres intérieures et déchiré par ce que je n'aurai pas voulu voir : 

C’est ce que signifient les pleurs et les grincements de dents.

Si je ne suis pas prêt à regarder ma vérité en face et à l'offrir à Dieu, elle me brisera, et ma vie ne sera plus qu'une plainte. Le mal en moi deviendra source d'affliction, de désespoir et de non-sens.

 

[…] [Tout en mettant l’accent sur la prépondérance de la grâce], Matthieu exhorte l’homme à répondre à l’appel [de Dieu], […] à se faire disponible en réformant ses actes et son état d’esprit. […]

 

L’individu est ambivalent, rempli d’oppositions [de toutes sortes] : bien et mal, lumière et ombres, disponibilité et refus. 

Matthieu nous exhorte à prendre conscience de ce qu'il y a en nous et de le revêtir de la tunique que Dieu nous offre : un amour inconditionnel qui nous accepte tels que nous sommes.

 

Si, le refusant, nous continuons à vivre dans l'inconscience, alors nous refusons la vie […] », nous refusons l’amour que Dieu nous offre pour nous aider à nous accepter vraiment, pour élever notre conscience et nous permettre de nous transformer, en revêtant la tunique de son amour 

(Cf. Anselm Grün, Jésus, le maître du salut, ed. Bayard, 2003, p.97-99.).

 

* C’est donc là, frères et sœurs, ce que fait cette parabole de l’Evangile : elle nous met en mouvement ; elle nous invite à répondre à la grâce de Dieu qui nous appelle à revêtir son Esprit d’amour dans toutes les dimensions de notre vie.

 

Tout peut accéder, en nous, à l’unité avec Dieu… y compris les dimensions obscures ou disgracieuses de notre être… y compris tout ce qui est vulnérable : les faiblesses qui sont les nôtres, ou les difficultés qui ont marqué notre histoire… Tout doit être intégré dans notre relation à Dieu, en vue d’être purifié et transformé. 

 

Alors… ce matin… comme chaque jour… en toute confiance… acceptons de nous placer devant notre Père céleste… et laissons-nous pleinement transformer par son Souffle, son Esprit d’amour, pour advenir à notre véritable humanité unie à Celui qui nous apporte la paix, le pardon, la lumière et la réconciliation.

 

Amen.



Lecture biblique : Mt 22, 1-14


1Et Jésus se remit à leur parler en paraboles : 
2« Il en va du Royaume des cieux comme d’un roi qui fit un festin de noces pour son fils. 
3Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités. Mais eux ne voulaient pas venir. 
4Il envoya encore d’autres serviteurs chargés de dire aux invités : “Voici, j’ai apprêté mon banquet ; mes taureaux et mes bêtes grasses sont égorgés, tout est prêt, venez aux noces.” 
5Mais eux, sans en tenir compte, s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; 
6les autres, saisissant les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. 
7Le roi se mit en colère ; il envoya ses troupes, fit périr ces assassins et incendia leur ville. 
8Alors il dit à ses serviteurs : “La noce est prête, mais les invités n’en étaient pas dignes. 
9Allez donc aux places d’où partent les chemins et convoquez à la noce tous ceux que vous trouverez.” 
10Ces serviteurs s’en allèrent par les chemins et rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, mauvais et bons. Et la salle de noce fut remplie de convives. 
11Entré pour regarder les convives, le roi aperçut là un homme qui ne portait pas de vêtement de noce. 
12“Mon ami, lui dit-il, comment es-tu entré ici sans avoir de vêtement de noce ?” Celui-ci resta muet. 
13Alors le roi dit aux servants : “Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents.” 
14Certes, la multitude est appelée, mais peu sont élus. »