Lecture biblique : le livre de Jonas (pour la chapitre 2 : uniquement des extraits) = voir texte en bas de cette page
Thématique : la grâce qu’on ne veut pas toujours / Et si Dieu était plus grand que nous ?
Prédication de Pascal LEFEBVRE / 27/09/26 - temple du Hâ - Bordeaux (culte avec les jeunes & avec sainte Cène)
Vous avez peut-être remarqué quelque chose d’assez étrange dans cette histoire :
Jonas est un prophète… il est censé être à l’écoute de Dieu… d’être un porte-parole de Dieu… et pourtant, il fuit… il prend la direction opposée à la mission que Dieu lui confie…
Nous aussi… nous pouvons avoir envie de fuir certaines situations, certaines personnes, certaines responsabilités… surtout quand nous sommes en désaccord avec certaines choses ou certaines décisions…
Et puis, à la fin de l’histoire, Jonas est encore en désaccord avec Dieu… C’est assez étonnant pour un prophète ! Il est même en colère contre Lui.
Entre les deux, il y a un véritable périple : un bateau, une tempête, un gros poisson, une ville entière qui change de comportement, une histoire de plante et de ver…
On se demande qui est appelé à changer dans cette histoire : les Ninivites, certainement !… mais Jonas aussi !
Et, à la fin… la question reste entière : est-ce que Jonas a vraiment changé ? Personne ne le sait !
En écoutant un peu rapidement ce récit, on pourrait croire que c’est simplement un homme qui désobéit à Dieu, puis qui comprend qu’il faut mieux lui obéir… Mais ce n’est pas vraiment ce qui se passe… Le problème de Jonas est beaucoup plus profond.
Jonas doit accepter le fait que Dieu n’est pas comme il le souhaite… qu’il agit différemment de nos mentalités humaines…
Voyez-vous… lorsque Jonas est envoyé à Ninive… c’est une mission très délicate… Car Ninive, ce n’est pas une ville quelconque… Pour Jonas, c’est la ville de l’ennemi :
Elle représente un peuple violent, qui a fait souffrir Israël … qui organise régulièrement des incursions, des vols, des rapts, des « kidnaping », des meurtres…
Alors quand Dieu lui dit : « Va à Ninive », il ne comprend pas comment Dieu peut lui demander de porter sa parole vers ce peuple… dont on a toutes les raisons de se méfier… et dont on n’a même pas à souhaiter le salut.
Ainsi, quand Dieu lui donne cet ordre… Il part en sens inverse.
Ce n’est pas parce qu’il ne prend pas Dieu au sérieux… c’est sans doute parce qu’au fond de lui, il refuse cette mission…
Et le livre nous en donne l’explication au dernier chapitre :
À la fin, Jonas dit lui-même à Dieu : « Je savais que tu es un Dieu qui fait grâce et qui est compatissant, lent à la colère et riche en fidélité. »
Voilà précisément pourquoi Jonas avait fui : Ce n’est pas qu’il ne savait pas que Dieu était miséricordieux. C’est justement parce qu’il le savait trop bien.
Jonas avait peur que Dieu fasse grâce à Ninive…. Et cela, pour lui, c’est impossible à accepter.
C’est un fait… nous aussi… nous aimons bien la grâce de Dieu… surtout quand elle nous concerne : Nous aimons savoir que Dieu est bon et miséricordieux… qu’il peut nous pardonner. Et qu’ainsi, nous pouvons recommencer… Nous avons droit à une deuxième chance.
Mais parfois, c’est beaucoup plus difficile, lorsque cette deuxième chance est accordée à quelqu’un d’autre… surtout quelqu’un qui nous a blessé… qui nous a fait du mal…
Quelqu’un que nous trouvons désagréable ou injuste… quelqu’un dont nous pensons : « Lui, elle, après ce qu’il a fait… franchement, il ne faudrait quand même pas abuser avec le pardon ! »
Et c’est sur ce point que l’histoire de Jonas fait écho à la nôtre.
Regardez ce qui se passe dans ce récit : tout montre la patience de Dieu.
- Jonas fuit. Dieu ne l’abandonne pas.
- Jonas tombe dans la mer. Dieu le sauve.
- Jonas prie. Dieu lui donne une deuxième chance.
Mais, en même temps, Dieu ne lâche pas l’affaire… Il compte toujours sur Jonas, pour sa mission… Il lui dit encore une fois encore : « Va à Ninive. »… une deuxième fois.
J’aime beaucoup cette petite expression : « une deuxième fois » !… Parce qu’elle nous dit quelque chose de Dieu.
Dieu n’est pas celui qui dit : « Tu as raté. Tu n’as pas écouté… C’est trop tard ! c’est terminé ! »… Dieu dit toujours : « Recommence. »
Tu as fait une erreur… tu as pris le mauvais chemin ?… Recommence.
Tu as eu peur… tu n’as pas osé ?…. allez maintenant… Recommence !
La relation entre Dieu et Jonas… nous montre la patience et la persévérance de Dieu :
Dieu n’abandonne pas quelqu’un, simplement parce qu’il s’est trompé.
Jonas est donc rattrapé par Dieu… et par sa mission… et voilà qu’il va enfin à Ninive…. Et là… il fait son travail de prophète : Il annonce que la ville court à sa perte… que les conséquences des mauvais comportements risquent d’être terribles !… qu’une catastrophe se prépare… Car la violence engendre toujours davantage de violence…
[On aimerait que les chefs d’état - aujourd’hui encore - entendent ce message et cet avertissement !… et qu’ils parlent enfin de dialogue, de vivre ensemble et de paix…]
Et c’est alors que quelque chose d’incroyable se produit : Les habitants de Ninive écoutent… et ils se mettent à changer.
Contre toute attente… ils semblent prendre vraiment au sérieux ce qui leur est dit. Ils renoncent à leur violence.
Et Dieu voit cela…. Et Dieu fait Grâce.
Jonas aurait pu être heureux d’avoir réussi sa mission… mais Non !… justement… il est furieux !
C’est quand même extraordinaire : Tout le monde est content… sauf lui :
- Les Ninivites sont contents d’avoir une autre chance…
- Dieu est content du changement annoncé…
- Mais le prophète Jonas, lui, est en colère.
Pourquoi ?… Parce que Dieu a été exactement comme Jonas savait qu'il était : « un Dieu qui fait grâce et qui est compatissant. »
Et cette bienveillance divine lui reste en travers de la gorge !…
Jonas aurait sans doute préféré un « dieu classique »… un dieu qui récompense les gentils et qui punisse les méchants… un dieu qui soit de notre côté - du côté des « bons » - mais surtout pas avec les autres, avec « les mauvais »… Il aurait aimé un dieu qui confirme nos certitudes… nos frontières… nos manières de penser…
Mais, le problème… c’est que Dieu ne rentre pas dans les cases de Jonas… ni dans les nôtres :
Dieu est toujours plus grand que l’idée que nous nous faisons de lui.
Il est le Dieu, au dessus de dieu… le Dieu au-dessus du dieu moral…
Et cela peut nous faire penser à cette autre parole qu’on trouve dans le livre d’Esaïe (Es 55, 8) : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, Et vos voies ne sont pas mes voies - dit l’Eternel. »… ou encore à cette parole que Jésus dira à Pierre (Mt 16,23) : « Tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes ».
[[ En ce qui nous concerne… c’est sans doute la même, chose…
Comme Jonas… nous avons tous des images de Dieu.
Et parfois ces « apriori »… ces « préjugés »… peuvent être bloquants.
Par exemple, si vous discutez avec une personne qui se dit « agnostique »… elle risque de vous dire : « Je ne sais pas si je crois en Dieu »… « je ne le connais pas »… Mais derrière cette affirmation, il y a déjà toute sorte d’idées au sujet de Dieu… souvent des préjugés religieux sur ce que serait ce Dieu auquel il est difficile de croire…
Inconsciemment… cette personne… comme nous, certainement aussi… nous avons en nous des représentations, des images :
Un Dieu qui surveille ? Un Dieu qui juge ? Un Dieu qui punit ?
Un Dieu qui récompense les gens bien ?… et qui attend les autres au tournant…
Ou simplement … Un Dieu « inconséquent » ou « inactif »… qui laisse faire les choses ?
Ou encore… un Dieu qui ne pense pas du tout comme nous… et qu’on ne comprend absolument pas…
C’est ce qui fait dire à certains : Mais « qu’est-ce que j’ai fais au ‘bon dieu’, pour qu’il m’arrive telle ou telle chose ? »… et généralement, ce n’est pas une bonne chose… et le « dieu » en question n’est certainement pas si « bon » que cela.
Tout cela nous montre que nous avons facilement tendance à fabriquer un « dieu » qui… soit nous semble impossible à croire… soit nous ressemble beaucoup : Un dieu qui doit certainement aimer les gens que nous aimons. Et qui doit détester ceux que nous détestons.
Évidement… la lecture de la Bible nous fait comprendre qu’il n’en est rien … Aucune de nos images de Dieu ne peut prétendre enfermer Dieu dans une définition… ]]
C’est le message fort que nous délivre le livre de Jonas…
Le Dieu qui se révèle dans cette histoire… n’est pas un Dieu qui nous donne raison… mais un Dieu qui nous dérange… qui nous interroge…
C’est la voix divine que nous entendons à deux reprises et qui questionne Jonas : « As-tu raison de penser ce que tu penses ? »… « As-tu raison de te mettre en colère ?… »
Car, évidemment, les choses ne se passent pas comme Jonas l’aurait souhaité… Et Dieu se révèle comme étant le Tout-Autre, un Dieu bien plus grand que ce que le prophète aurait voulu… un Dieu qui accepte même ceux qui semblent inacceptables…
Il aime Israël, mais aussi Ninive…. Et cette bienveillance universelle met le prophète en colère.
Alors, à la fin de l’histoire, Dieu tente, à nouveau, de faire réfléchir son prophète… à travers un élément du quotidien :
Il fait pousser une plante au-dessus de Jonas. Celui-ci en est heureux. Car il fait chaud… Enfin quelque chose qui va bien ! Il a de l’ombre… c’est parfait !
Mais voilà que la plante disparaît… Et Jonas recommence à se mettre en colère.
Et Dieu lui pose cette question très simple : « Tu as eu pitié de cette plante… et moi, je n’aurais pas pitié de Ninive ? »… Et le livre s’arrête là, sur cette interrogation…. Il n’y a pas de réponse…
On ne sait pas si Jonas a compris la leçon… car, en réalité, cette question est adressée à l’auditeur… Elle résonne pour nous…
« Et toi, qui est ta Ninive ? » demande Dieu à chacun d’entre nous…
Qui est la personne pour laquelle tu as du mal à croire que Dieu puisse avoir de la compassion ?
Qui est celui ou celle à qui tu n’as pas envie d’accorder une deuxième chance (à cause d’une tension ou d’une blessure) ?
Qui est celui ou celle que tu as enfermé dans une étiquette ?
« Lui, c'est toujours pareil. »… « Elle, elle ne changera jamais. »…
C’est peut-être un voisin… un membre de sa famille… un paroissien… un homme politique… ou quelqu’un d’autre…
« Qui est ma Ninive ? »… qui est celui ou celle qui provoque ma résistance ?… qui me donne envie de fuir ?
Ce n’est pas forcément quelqu’un que je déteste… Cela peut être :
- quelqu’un de différent de moi… ou qui m’agace,
- quelqu’un qui m’a blessé ou qui a fait quelque chose que je juge impardonnable,
- quelqu’un dont je ne comprends pas qu’il puisse avoir droit à une nouvelle chance… car il ne semble pas vraiment la mériter.
C’est bien le problème de Jonas… Comment admettre que son Dieu, le Dieu du Royaume du nord d’Israël, puisse aussi être un Dieu universellement miséricordieux, y compris pour son ennemi ?
Comment admettre que Dieu puisse aimer aussi celui que nous détestons… ou que nous ne parvenons pas à aimer ?
Cette question n’est pas théorique… Elle est toujours d’une grande actualité… Et on pourrait même la transposer dans notre monde d’aujourd’hui :
Comment admettre que Dieu aime autant la Russie que l’Ukraine ?… qu’il aime autant les habitants d’Israël que ceux qui vivent en Palestine ?… qu’il soit le Dieu d’amour inconditionnel ?
Quand il y a des différents et de la souffrance… quand nous sommes directement impliqués… ce n’est pas simple !
Et d’ailleurs, je ne crois pas que Dieu nous demande d’agir comme si c’était facile… ou comme si le mal n’existait pas.
Il ne nous demande pas d’être insensibles… ni d’approuver ce qui est injuste…. Il y a toujours lieu de dénoncer les injustices !
Mais il nous pose une question : Est-ce que ton regard sur l’autre est déjà définitivement fermé ?
Parce que si Dieu est capable de regarder Ninive autrement… il nous appelle aussi à le faire… il nous invite à voir et à agir autrement.
Et c’est bien cela dont parle cette histoire : en réalité, tout le monde a besoin de conversion…
Ninive avait besoin de changer… Mais Jonas aussi !
Et c’est précisément, parce que Dieu est Grâce, qu’un changement est possible !
- Si les Ninivites changent leur manière de vivre et renoncent à la violence… c’est parce que Dieu a créé une ouverture par sa Grâce…
Il leur a offert la possibilité de sortir de la situation par le haut… et de recommencer autrement…
- Au contraire… sans aucune grâce… l’ennemi restera toujours l’ennemi. Rien de nouveau ne pourra survenir…
Par ailleurs, si Dieu prend aussi le temps de dialoguer avec Jonas… ce prophète colérique et imparfait… c’est pour permettre, ici encore, un changement de mentalité…
Et bien sûr… cela nous concerne également… car nous avons aussi besoin de conversion… de changer bien des choses, dans notre vie et notre monde… à commencer par cette mentalité de rivalité et de concurrence qui empoisonne les relations, aussi bien au niveau individuel qu’au niveau international.
Ce que nous rappelle ce passage de la Bible : c’est que Dieu ne nous demande pas d’être parfait, pour changer… Mais il nous propose de nous mettre à son écoute et d’accueillir sa Grâce, pour que quelque chose change enfin… pour que nous acceptions de remettre en cause nos préjugés… pour que nous puissions élever notre niveau de conscience… surmonter nos différents… et prendre un autre chemin.
Encore une fois… une deuxième fois… une troisième fois…. si besoin.
Être capable de changement… c’est d’abord se laisser infléchir par la Parole de Dieu… oser s’interroger… et agir autrement…
Et c’est pour cela qu’il est bon de lire la Bible… et de venir au culte… pour être confronté à une parole qui nous déplace… qui nous bouscule… qui nous appelle à une transformation…
C’est cela la foi de l’Eglise : croire que la Parole de Dieu est capable de nous transformer réellement… pour autant que nous nous mettions à son écoute…
Voilà donc la question qui nous est posée : Sommes-nous prêt à recevoir une deuxième chance de la part de Dieu ?… et sommes-nous prêts à donner une deuxième chance aux autres ?
Ce sont des questions très concrètes… qui concernent notre vie personnelle… communautaire… et même « le vivre ensemble » au quotidien.
Dans quelques instants, nous allons partager la Sainte Cène…. Et je trouve que cela rejoint profondément l’histoire de Jonas.
Parce qu’à la table du Christ, nous ne venons pas parce que nous sommes les « meilleurs » ou les « parfaits »… Nous ne venons pas parce que nous avons tout compris ou tout réussi… Nous venons parce que nous sommes invités.
Et autour de cette table, il y a toujours des personnes différentes… Il y a des femmes et des hommes, des jeunes et des moins jeunes, des croyants qui doutent, des croyants qui espèrent, des personnes qui recommencent, des personnes qui cherchent leur chemin…
C’est une table ouverte… plus large que nos frontières et nos croyances… et nous y sommes accueillis par un Dieu plus grand que l’idée que nous nous faisons de lui… un Dieu qui est Grâce universelle… Conscience universelle… qui « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons… et pleuvoir sur les justes et les injustes » (Mt 5,45).
Celui qui nous accueille, ne nous invite pas à rester les mêmes… Il nous appelle à une transformation…
Il nous invite à nous laisser changer par sa Grâce…
Car s’il est le Tout Autre… s’il est plus large, plus généreux et plus accueillant que nous ne pouvons l’imaginer… il nous appelle à élargir notre regard… et à devenir, à notre tour, des personnes plus généreuses, plus indulgentes et plus compatissantes avec les autres…
Et cela… c’est son Esprit Saint qui peut le faire en nous… C’est lui qui peut agir dans notre for intérieur… pour autant que nous écoutions sa Parole…
Amen.
Lecture biblique : extraits du livre de Jonas
Jonas 1,1-16 (Jonas essaie de fuir loin du Seigneur)
1 La parole du Seigneur fut adressée à Jonas, fils d'Amittaï :
2 « Lève-toi, pars pour Ninive, la grande ville. Prononce des menaces contre elle, car sa méchanceté est arrivée jusqu'à moi. »
3 Et Jonas se leva… pour fuir à Tarsis, loin du Seigneur. Il se rendit à Jaffa, où il trouva un navire prêt à partir pour Tarsis. Il paya sa place et embarqua avec l'équipage pour aller à Tarsis, loin du Seigneur. / 4 Mais le Seigneur lança un vent violent sur la mer. Il y eut une telle tempête que le navire sembla prêt à se briser. 5 Les marins furent saisis de peur, chacun appela son propre dieu à grands cris. Puis ils jetèrent le chargement à la mer pour alléger le navire.
Jonas, lui, était descendu au fond du bateau, il s'était couché et dormait profondément. 6 Le capitaine du navire s'approcha de lui et l'interpella ainsi :
« Que fais-tu là ? tu dors ? Lève-toi donc, appelle ton dieu au secours ! Il se souciera peut-être de nous, lui, et il ne nous laissera pas mourir. »
7 Les marins se dirent entre eux :
« Tirons au sort pour connaître le responsable du malheur qui nous arrive. »
Ils tirèrent au sort et le sort tomba sur Jonas. 8 Ils lui dirent alors :
« Raconte, d'où nous vient ce malheur ? Que fais-tu ici ? D'où viens-tu ? Quel est ton pays, ton peuple ? »
9 Jonas leur répondit :
« Je suis hébreu et c'est le Seigneur, le Dieu qui est dans les cieux et qui a créé les mers et les continents, qui est mon Dieu. »
10 Les marins furent saisis d'une grande crainte en apprenant qu'il s'enfuyait loin du Seigneur. Ils lui demandèrent :
« Pourquoi as-tu agi ainsi ? 11 Que devons-nous faire de toi pour que la mer s'apaise autour de nous ? »
La mer était en effet de plus en plus démontée. 12 Il leur répondit :
« Prenez-moi, jetez-moi par-dessus bord et la mer s'apaisera. Car c'est à cause de moi que vous subissez cette grande tempête. »
13 Les marins ramaient pour essayer de gagner la terre ferme ; mais ils ne réussirent pas, car la mer se déchaînait encore plus. 14 Alors ils appelèrent le Seigneur au secours :
« Ah, Seigneur, ne nous laisse pas perdre la vie à cause de cet homme ! Ne nous rends pas non plus responsables de la mort de quelqu'un d'innocent. Car c'est toi, Seigneur, qui as agi comme tu l'as voulu. »
15 Puis ils prirent Jonas, le jetèrent par-dessus bord, et la tempête cessa de faire rage.
16 Alors ils furent remplis de crainte à l'égard du Seigneur ; ils lui offrirent un sacrifice et lui firent des promesses solennelles.
Jonas 2 : extraits (la prière de Jonas)
1 Le Seigneur envoya un grand poisson qui avala Jonas.
Durant trois jours et trois nuits, Jonas demeura dans le ventre du poisson
2Depuis le ventre du poisson, il adressa cette prière au Seigneur, son Dieu :
3 « Quand j'étais dans la détresse, j’ai crié vers toi, Seigneur, et tu m'as répondu ; du gouffre de la mort, j’ai appelé au secours et tu m'as entendu. […]
8 Au moment où la vie me quittait, je me suis souvenu de toi, Seigneur, et ma prière est parvenue jusqu'à toi […] 10 Avec reconnaissance, je t'offrirai un sacrifice, je tiendrai les promesses que je t'ai faites. Oui, c'est toi, Seigneur, qui me sauves ! »
11 Le Seigneur parla au poisson et celui-ci rejeta Jonas sur la terre ferme.
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Jonas 3, 1-5 (Revirement à Ninive)
1 La parole du Seigneur fut adressée à Jonas une deuxième fois :
2 « Lève-toi, pars pour Ninive, la grande ville, et fais-y entendre le message que je te communique. » 3 Alors Jonas se leva et se mit en route pour Ninive, selon la parole que le Seigneur lui avait adressée. C'était une ville prodigieusement grande, il fallait trois jours pour la parcourir. 4 Jonas fit une première journée de marche en proclamant :
« Dans quarante jours, Ninive sera renversée ! »
5 Les habitants de la ville crurent en Dieu.
Ils décidèrent de jeûner et, du plus grand au plus petit, chacun revêtit la tenue de deuil.
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Jonas 3, 6-9 (Revirement à Ninive)
6 Quand le roi de Ninive fut informé de ce qui se passait, il se leva de son trône, ôta son manteau, se couvrit d'un habit de deuil et s'assit sur de la cendre. 7 Puis il fit proclamer dans Ninive ce décret : « Par ordre du roi et de ses ministres, que les êtres humains ainsi que le gros et le petit bétail ne mangent ni ne boivent quoi que ce soit ! 8 Les êtres humains et les bêtes doivent se couvrir d'habits de deuil. Que chacun appelle Dieu au secours de toutes ses forces, que chacun renonce à ses mauvaises actions et à la violence qui colle à ses mains.
9 Qui sait ?… Peut-être qu'ainsi Dieu reviendra sur sa décision, renoncera à sa grande colère et nous laissera vivre. »
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Jonas 3,10
10 Dieu vit comment les Ninivites réagissaient : il constata qu'ils renonçaient à leurs mauvaises actions. Il revint alors sur sa décision et n'accomplit pas le malheur dont il les avait menacés.
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Jonas 4, 1-11 (Jonas est confronté au Dieu bienveillant et plein de tendresse)
1 Jonas prit très mal la chose et se mit en colère. 2 Il adressa cette prière au Seigneur :
« Ah, Seigneur, voilà bien ce que je craignais lorsque j'étais encore dans mon pays et c'est pourquoi j'ai fui vers Tarsis. Je savais que tu es un Dieu bienveillant et plein de tendresse, lent à la colère et d'une immense bonté, toujours prêt à revenir sur tes menaces.
3 Eh bien, Seigneur, laisse-moi mourir, car je préfère la mort à la vie ! »
[réponse de Dieu] – 4 « As-tu raison d'être en colère ? » lui demanda le Seigneur.
5 Jonas sortit de la ville et s'arrêta à l'est de Ninive. Là, il se fit une cabane à l'abri de laquelle il s'assit. Il attendait de voir ce qui allait se passer dans la ville.
6 Le Seigneur Dieu fit pousser une plante, plus haute que Jonas, pour lui donner de l'ombre et le guérir de sa mauvaise humeur. Jonas en éprouva une grande joie.
7 Mais le lendemain, au lever du jour, Dieu envoya un ver s'attaquer à la plante et elle sécha.
8 Puis, quand le soleil parut, Dieu fit souffler de l'est un vent brûlant. Le soleil tapa sur la tête de Jonas qui faillit s'évanouir. Il souhaita mourir et dit : « Je préfère mourir que vivre ! »
9 Dieu lui demanda : « As-tu raison d'être en colère au sujet de cette plante ? »
Jonas répondit : « Oui, j'ai de bonnes raisons d'être en colère au point de désirer mourir. »
10 Le Seigneur reprit : « Écoute, cette plante ne t'a donné aucun travail, ce n'est pas toi qui l'as fait pousser. Elle a grandi en une nuit et elle a disparu la nuit suivante. Pourtant tu en as pitié. 11 Et tu voudrais que moi, je n'aie pas pitié de Ninive, la grande ville, où il y a plus de 120 000 êtres humains, qui ignorent ce qui est bon ou mauvais pour eux, ainsi qu'un grand nombre d'animaux ? »
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