jeudi 9 avril 2026

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Les méditations proposées ici se situent dans l'horizon d'une Spiritualité chrétienne... Elles se fondent sur l'interprétation de l’Évangile comme "Bonne Nouvelle", qui nous rappelle qu'une Grâce originelle nous est offerte... laquelle nous ouvre à la liberté et la confiance !

Lors des cultes du dimanche, les Protestants essaient de mettre en lien leur vie présente avec l’Évangile... Il s'agit de se laisser inspirer par l'Esprit au quotidien... de s'ouvrir à quelque chose de Nouveau... 

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  Bonne lecture !

mercredi 8 avril 2026

Dernières prédications

Retrouvez les dernières prédications en ligne :

  • Ressuscités avec le Christ - Pâques 2026 (05/04/26) 
  • Pain partagé, vie donnée - jeudi saint (02/04/26)
  • Dimanche des Rameaux : en cours de relecture ...
  • Vivre en grand, vivre en plénitude (22/03/26) 
  • Marthe et Marie, trouver la bonne place (08/03/26)
  • J'étais aveugle et maintenant je vois !  (01/03/26)
  •  Vous êtes la lumière du monde (08/02/26) & (22/02/26)
  • Traverser les tentations : un chemin de vie (01/02/26)
  • Les Béatitudes : du coeur au Royaume (11/01/26)
  • Devenir enfants de Dieu / Là où la Parole nous engendre : Noël 2025 (25/12/25)
  • Les symboles de Noël : veillée de Noël 2025 (24/12/25)
  • Vous pouvez également retrouver les prédications précédentes dans la colonne "archives du blog" ou dans l'Index


    dimanche 5 avril 2026

    Ressuscités avec le Christ - Pâques

    Lectures bibliques : 1 Co 15, 1-8.  35-44. 49-50 / Rm 8, 9-11. 14- 17. 22-25 / Jean 5, 24-25 / Col 3,1-4. 12-14 = voir texte biblique en fin de page
    Thématique : Ressuscités avec le Christ 
    Prédication de Pascal LEFEBVRE, Bordeaux (temple du Hâ), - Culte de Pâques (05/04/26)

    Introduction - la résurrection un évènement passé qui ouvre à l’espérance

    Chers amis…  nous connaissons bien ces paroles proclamées le jour de Pâques : la victoire sur la mort, la résurrection, la vie après la mort, …

    Spontanément, lorsque nous parlons de résurrection, nous pensons soit au passé, soit à l’avenir…

    Nous pensons d’abord à un évènement passé : avec la résurrection de Jésus-Christ, il y a 2000 ans.

    Dans la Première épître aux Corinthiens (1 Co 15), l’apôtre Paul fait mémoire de cet événement décisif qui a tout changé : 
    le Christ est apparu comme vivant après sa mort sur la croix…  dans des expériences spirituelles inouïes, le Ressuscité s’est manifesté à Pierre, aux Douze, puis à d’autres… et finalement à Paul lui-même.

    Ces expériences ont bouleversé la vie de tous ceux qui n'y croyaient plus…
Quelque chose s’est passé… une brèche s’est ouverte… 
    qui a permis aux disciples de passer de la peur à la confiance, du désespoir à l’espérance.

    La résurrection c’est d'abord cela : cet évènement inouï… une rencontre avec le Christ ressuscité… qui, à son tour, « ressuscite » les disciples… qui les réveille… les relève… et qui leur redonne courage et confiance. 

    Mais Paul va plus loin…  il s’appuie sur l’expérience personnelle qu’il a lui-même vécu sur le chemin de Damas : sa rencontre avec le Christ vivant… pour affirmer que la vie spiritualisée qui est désormais celle du Christ… sera, un jour, aussi la nôtre. 

    Ce qui est arrivé à Jésus-Christ, arrivera aussi à ceux qui sont unis à lui dans la foi. 

    Après notre vie terrestre… nous sommes promis à la résurrection du « corps spirituel », du corps animé par l’esprit.

    Pour lui, cette espérance change profondément les choses…  

    Certes, nous devrons passer par la mort… et les choses seront complètement différentes… mais il y a - malgré tout - une forme de continuité de la vie… 

    Pour dire cette transformation, il utilise l’image de la semence : 
    « Ce qui est semé corruptible, ressuscite incorruptible » (1 Co 15,42)

    La vie ressuscitée n’est pas une autre vie qui commencerait après la mort et qui remplacerait la nôtre… c’est une vie transformée - transfigurée - qui a déjà commencé. 

    Un jour, nous serons à l'image de « l’homme céleste » comme nous avons été à l'image de « l
    homme terrestre ». Telle est l’espérance de Paul ! 

    Toutefois, l’erreur que nous pourrions faire… c’est de ne conjuguer le verbe « ressusciter » qu’au futur ! C’est de ne parler de la résurrection que pour plus tard… comme une autre vie après la mort… comme une promesse lointaine… 

    1. Ressuscités… déjà au présent ?

    Je vous rappelle que le mot « ressusciter » en grec - qui est employé à la voie passive - signifie : « être réveillé », « être relevé ».

    Or, l’auteur de la lettre aux Colossiens, nous dit quelque chose de profondément déroutant :
    « Du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ… recherchez les choses d’en haut  » (Colossiens 3,1)

    Il ne dit pas : vous serez ressuscités.  Mais il dit : vous êtes ressuscités… 

    Il n’en parle pas comme d’une possibilité future… mais comme une réalité présente et actuelle. 

    Et Jésus lui-même, dans l’Évangile de Jean, va encore plus loin. Je cite :
    « L’heure vient - et c’est maintenant - où les morts entendront la voix du Fils de Dieu » (Jn 5,25)

    « L’heure vient… et c’est maintenant… » dit-il. 
    L’heure dans l’évangile de Jean, c’est l’heure de la glorification, qui renvoie à la Croix et l’Élévation… donc à la Résurrection. 

    Pour le lecteur, cette parole signifie que tout ça est déjà à l’œuvre aujourd’hui.

    Alors une question s’impose à nous, en ce matin de Pâques : et si la résurrection commençait déjà maintenant ?

    Ce que l’épitre aux Colossiens affirme ici, nous pouvons l’entendre ailleurs dans la Bible avec la même force. Je cite l’épitre aux Éphésiens  : « A cause du grand amour dont Dieu nous a aimé… il nous a donné la vie avec le Christ… avec lui, il nous a ressuscités  » (Eph 2,5-6)

    Ou encore, dans l’évangile de Jean, Jésus dit lui-même : « Celui qui écoute ma parole… a la vie éternelle… il est passé de la mort à la vie » (Jn 5,24)

    Pour ces auteurs bibliques, la résurrection n’est pas seulement un événement passé… qui ouvre une promesse future… Il s’agit d’une réalité qui peut être vécue dès maintenant… qui est accessible par la foi. 

    Alors, bien sûr, il ne s’agit pas de nier la résurrection à venir. Paul lui-même parle d’un accomplissement futur (cf. Romains 8,11 ; 1 Corinthiens 15). Mais ce que la foi chrétienne affirme avec audace, c’est que la vie nouvelle commence déjà avant la mort.

    Le théologien Jürgen Moltmann a largement développé cette pensée dans sa Théologie de l’espérance : 
    Pour lui, la résurrection du Christ fonde une espérance qui ouvre l’avenir… et qui transforme déjà le présent. 

    La résurrection n’est pas seulement consolation pour l’avenir, elle est déjà une dynamique, une force de transformation qui opère dans le présent.

    2. Mais alors… qu’est-ce que cela veut dire : être ressuscité ?

    Pourtant… si nous sommes honnêtes, nous devons reconnaître que… si nous sommes vivants dans cette existence… nous ne le sommes pas pleinement… nous ne sommes pas toujours vraiment vivants. 

    Il y a en nous - et dans notre monde - toutes formes de morts : la peur, le découragement, la culpabilité, des relations blessées ou brisées, le sentiment d’être enfermé en soi-même ou dans une sorte de fatalité…. marquée par le pessimisme et la violence. 

    Il n’y a pas que la mort biologique… il y a aussi des morts existentielles.

    Un des exemple les plus connus est donné par Jésus dans la parabole du fils prodigue (cf. Lc 15)… 

    Quand le père accueille son fils de retour, les bras ouverts, en disant  : « Il était mort, et il est revenu à la vie » (Luc 15,24)… il parle précisément de cette mort existentielle - cette mort intérieure - qui nous menace… lorsque nous sombrons dans la séparation, l’enfermement, le découragement, la fatalité ou le désespoir. 

    Ici, « être ressuscité », ce n’est pas seulement revenir à la vie après la mort. C’est passer, dès maintenant, de ce qui nous enferme à ce qui nous fait vivre.

    Paul le dit ainsi : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Le monde ancien est passé, voici qu’une réalité nouvelle est là ». (2 Co 5,17)

    Être ressuscité, c’est :
    - Accueillir cette possibilité d’une vie nouvelle,
    - Recevoir un regard nouveau,
    - Retrouver confiance, relation et espérance,
    - Entrer dans une liberté nouvelle. 

    Ce n’est pas devenir parfait… mais devenir vivant autrement….  vivant dans la relation avec celui qui est Vie et Résurrection (cf. Jn 11,25). 

    3. « Cherchez les choses d’en haut » : un déplacement intérieur

    Dans l’extrait de la lettre aux Colossiens que nous avons entendu, l’auteur poursuit… en conséquence : 
    « Cherchez les choses d’en haut… attachez-vous aux choses d’en haut » (Col 3,1-2)

    Cela peut sembler étrange. On pourrait croire qu’il s’agit de fuir le monde. Mais ce n’est pas cela. Il ne s’agit pas de quitter la terre. 

    Il s’agit de changer de centre de gravité.

    « Être ressuscité », c’est « vivre autrement » : non plus centré sur soi-même… mais ouvert à Dieu, à la vie et aux autres. 

    Paul l’exprime encore ailleurs, en disant : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,20).

    La résurrection est un déplacement intérieur… 

    C’est l’adhésion au Christ vivant qui nous décentre… qui nous fait voir les choses autrement, de façon nouvelle…. et ainsi nous transforme. 

    Et tout cela devient concret…

    Un peu plus loin (dans les versets suivants), la lettre aux Colossiens parle de pardon, de bienveillance, de relations nouvelles…

    Comme si « la résurrection » - comme une « révolution intérieure » - ça se voyait déjà dans la manière de vivre avec les autres.

    4. La grande question : comment Jésus nous ressuscite-t-il ?

    Bien sûr, ces différentes affirmations… peuvent susciter bien des questions…

    Si la résurrection est une réalité présente… alors… comment ce changement se produit-il dans nos vies ? Comment la foi nous transforme-t-elle ?  Comment Jésus nous ressuscite-t-il ?

    Je vous propose d’ esquisser quatre réponses.

    a. Jésus nous ressuscite par sa parole - Il nous appelle

    Premièrement… Jésus nous ressuscite par sa parole. 

    Nous en avons un bel exemple dans l’évangile de Jean, devant le tombeau de son ami Lazare, Jésus crie d’une voix forte : « Lazare, sors ! » (Jn 11,43)
    Et Lazare se redresse, les pieds et les mains attachés… il sort dehors.

    C’est une image puissante… pour dire que la parole du Christ appelle à la vie.

    Aujourd’hui encore, cette parole nous rejoint… elle nous relève… elle nous appelle hors de nos enfermements. 
    C’est ce que fait la Parole que nous entendons chaque dimanche ! 

    Comme le dit Jésus, dans l’évangile de Jean : « Celui qui écoute ma parole… est passé de la mort à la vie » (Jean 5,24)

    C’est une Parole qui éclaire… qui appelle à un élargissement de notre conscience… qui relève… qui donne confiance et courage. 

    b. Le Christ nous ressuscite par sa présence - Il nous rencontre

    Deuxième point… le Christ nous ressuscite par sa présence. 
    Il ne dit pas seulement : je donne la résurrection. Mais : « Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11,25).  Il vient à notre rencontre…

    La résurrection n’est pas une idée. C’est une présence.

    « Être ressuscité », c’est entrer dans une relation vivante avec le Christ.

    Pour le théologien Karl Barth, c’est le Christ vivant qui est sujet de la foi. 
    La résurrection, c’est la rencontre avec le Vivant.

    C’est pourquoi l’enjeu de la foi chrétienne, c’est de se rendre disponible à la présence et la rencontre avec Celui qui nous donne : vie, force, vitalité et Souffle. 

    c. Dieu nous ressuscite par l’Esprit - Il habite en nous

    Troisième réponse : Dieu nous ressuscite par l’Esprit saint, par son Souffle. 

    Dans l’épitre aux Romains, Paul écrit : « Si l’Esprit de Dieu… l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus…  habite en vous…  Dieu donnera aussi la vie à vos corps mortels… par son Esprit qui habite en vous » (Rm 8,11).

    Et il ajoute : « Vous avez reçu un Esprit d’adoption » (Rm 8,15).

    L’Esprit, c’est la vie de Dieu en nous. C’est cette force intérieure :
    - qui redonne souffle,
    - qui rend possible ce qui semblait impossible,
    - qui ouvre un avenir. 

    En entrant dans la confiance… nous nous ouvrons au Souffle de Dieu… 
    Et c’est lui qui agit en nous… c’est lui qui nous relève…

    Dès lors, nous ne sommes plus « esclaves de la peur »,
mais nous vivons comme fils et fille de Dieu (cf. Rm 8, 14-16).

    d. Dieu nous ressuscite en nous faisant passer par des morts - Il nous transforme

    Enfin, quatrième réponse… certainement la plus délicate… et la plus difficile à accepter : 
    Dieu nous ressuscite en nous faisant passer par des morts

    Avant de ressusciter, Jésus est passé par la croix. 

    En parlant du Christ… Paul écrit : « Nous avons été unis à lui, par une mort semblable à la sienne… afin de l’être aussi par une résurrection » (Rm 6,5)

    Pour l’apôtre, la résurrection passe inévitablement par des morts : 
    Il est nécessaire de « laisser mourir » certaines choses… d’accepter la mort du « vieil homme »… 

    Ce qui signifie qu’il nous faut accepter de lâcher notre égo… de laisser mourir certaines images de nous-mêmes… d’abandonner certaines sécurités illusoires… de lâcher certaines peurs… pour les surmonter et les dépasser. 

    Pour Paul, ces morts ne sont pas des fins. Elles sont des passages… vers une vie nouvelle. 

    Le pasteur et théologien Dietrich Bonhoeffer, a écrit dans son livre « le prix de la Grâce » : 
    « Quand le Christ appelle un homme, il lui ordonne de venir et de mourir ».

    Ce qu’il veut dire, c’est que chacun a quelque chose à vivre, à quitter… pour abandonner ce qui l’empêche d’avancer… pour laisser mourir ce qui l’enferme… afin de suivre le Christ… et de vivre vraiment.

    5. Une résurrection « déjà là »… mais « pas encore » achevée

    Ainsi, lorsqu’on parle de « résurrection » comme on le fait chaque année à Pâques… il faut tenir ensemble deux dimensions :

    - D’une part, Paul a raison de dire qu’avec le Christ, nous sommes déjà ressuscités.
    - Mais, d’autre part, il ajoute que tout n’est pas encore transformé. Nous sommes en train de vivre un travail de libération… de libération spirituelle. 

    Paul écrit : « Nous qui possédons les prémices de l’Esprit… nous gémissons intérieurement… en attendant l'adoption, la délivrance pour notre corps » (Rm 8,23).

    Depuis la résurrection du Christ, nous vivons dans un entre-deux :
    - Nous sommes déjà dans la vie nouvelle,
    - Mais de manière partielle… Nous ne sommes pas encore dans la plénitude.

    Il affirme que c’est cela l’espérance chrétienne : non pas fuir le présent, mais vivre un présent habité par l’Esprit de Dieu…  qui renouvelle toute chose. 

    C’est, à la fois, entrer dans la confiance que nous donne Christ : confiance que le salut nous est donné… que la communauté des croyants participe déjà au salut… tout en attendant encore sa pleine réalisation, sa complète manifestation. 

    Autrement dit, nous vivons un temps intermédiaire… entre le « déjà là » marqué par la dynamique de résurrection que le Christ est venu ouvrir dans notre monde… ce qui nourrit notre espérance… et le « pas encore »… puisque notre monde est encore traversé par des tempêtes, des périodes d’épreuves et de chaos, qu’il nous faut surmonter… en attendant le plein accomplissement, la libération spirituelle complète. 

    C’est dans cette attente que Paul invite les disciples à vivre cette vie nouvelle - cette vie de ressuscité -  dans la vie concrète et quotidienne… dans des relations bienveillantes avec les autres.

    Conclusion

    Quelques mots… pour conclure…

    Les textes de ce jour nous ont rappelé que « Ressusciter », ce n’est pas seulement une promesse pour après la mort, c’est une vie nouvelle qui commence dès maintenant… avec la confiance que nous donne le Christ vivant.

    Le message de Pâques nous concerne dès aujourd’hui… parce que la Parole du Christ nous appelle… parce que son Esprit nous transforme. 

    Parce que le Christ est vivant… et qu’il nous communique la Vie qui vient de Dieu… alors quelque chose peut se relever en nous :
    - une confiance,
    - une relation,
    - une espérance vivante.

    Croire en la résurrection, c’est oser entendre cette parole qu’il nous adresse… comme à son ami Lazare : « Toi… viens dehors… Sors de ce qui t’enferme… Entre dans la vie nouvelle … dans cette vie relationnelle à laquelle Dieu t’appelle aujourd’hui. »  

    Et il se peut que cette vie nouvelle commence très simplement… 
    - là où quelque chose peut s’ouvrir,
    - là où quelque chose peut se relever,
    - là où une parole peut être entendue… et résonner dans notre existence. 

    Amen. 

     Lectures bibliques - Pâques 2026

     
    1 Corinthiens 15, 1-8.  35-44. 49-50

     1 Je vous rappelle, frères, l'Evangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, auquel vous restez attachés, 2 et par lequel vous serez sauvés si vous le retenez tel que je vous l'ai annoncé ; autrement, vous auriez cru en vain. 
    3 Je vous ai transmis en premier lieu ce que j'avais reçu moi-même : Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures. 4 Il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures. 5 Il est apparu à Céphas, puis aux Douze.
    6 Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois ; la plupart sont encore vivants et quelques-uns sont morts. 7 Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. 8En tout dernier lieu, il m'est aussi apparu, à moi l’avorton. […]

    35 Mais, dira-t-on, comment les morts ressuscitent-ils ? Avec quel corps reviennent-ils ? 36 Insensé ! Toi, ce que tu sèmes ne prend vie qu'à condition de mourir.
    37 Et ce que tu sèmes n'est pas la plante qui doit naître, mais un grain nu, de blé ou d'autre chose. 38 Puis Dieu lui donne corps, comme il le veut et à chaque semence de façon particulière. 39 Aucune chair n'est identique à une autre : il y a une différence entre celle des hommes, des bêtes, des oiseaux, des poissons. 40 Il y a des corps célestes et des corps terrestres, et ils n'ont pas le même éclat ; 41 autre est l'éclat du soleil, autre celui de la lune, autre celui des étoiles ; une étoile même diffère en éclat d'une autre étoile.
    42 Il en est ainsi pour la résurrection des morts : semé corruptible, on ressuscite incorruptible ; 43 semé méprisable, on ressuscite dans la gloire ; semé dans la faiblesse, on ressuscite plein de force ; 44 semé corps animal, on ressuscite corps spirituel. S'il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel. […]

    49 Et de même que nous avons été à l'image de l'homme terrestre, nous serons aussi à l'image de l'homme céleste. 50 Voici ce que j'affirme, frères : la chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu, ni la corruption hériter de l’incorruptibilité.

    Romains 8, 9-11. 14-17. 22-25 

     9 Vous, vous n'êtes pas sous l'empire de la chair, mais de l'Esprit, puisque l'Esprit de Dieu habite en vous.  Si quelqu'un n'a pas l'Esprit du Christ, il ne lui appartient pas. 
    10 Si Christ est en vous, votre corps, il est vrai, est voué à la mort à cause du péché, mais l'Esprit est votre vie à cause de la justice. 
    11 Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus Christ d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous. […] 

    14 En effet, ceux-là sont fils de Dieu qui sont conduits par l'Esprit de Dieu : 
    15 vous n'avez pas reçu un esprit qui vous rende esclaves et vous ramène à la peur, mais un Esprit qui fait de vous des fils adoptifs et par lequel nous crions : Abba, Père. 

    16 Cet Esprit lui-même atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. 
    17 Enfants, et donc héritiers : héritiers de Dieu, cohéritiers du Christ, puisque, ayant part à ses souffrances, nous aurons part aussi à sa gloire. […] 

    22 Nous le savons en effet : la création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l'enfantement. 23 Elle n'est pas la seule : nous aussi, qui possédons les prémices de l'Esprit, nous gémissons intérieurement, attendant l'adoption, la délivrance pour notre corps. 24 Car nous avons été sauvés, mais c'est en espérance. Or, voir ce qu'on espère n'est plus espérer : ce que l'on voit, comment l'espérer encore ? 25 Mais espérer ce que nous ne voyons pas, c'est l'attendre avec persévérance.

    Jean 5, 24-25    

    [Jésus reprit la parole et leur dit : …]
    24 « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit en celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle ; il ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. 
    25 En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient – et maintenant elle est là – où les morts entendront la voix du Fils de Dieu et ceux qui l'auront entendue vivront. »

    Colossiens 3,1-4. 12-14

    1 Du moment que vous êtes ressuscités (réveillés) avec le Christ, recherchez ce qui est en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu ; 2 c'est en haut qu'est votre but, non sur la terre. 3 Vous êtes morts, en effet, et votre vie est cachée avec le Christ, en Dieu. 4 Quand le Christ, votre vie, paraîtra, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire. […] 

    12 Puisque vous êtes élus, sanctifiés, aimés par Dieu, revêtez donc des sentiments de compassion, de bienveillance, d'humilité, de douceur, de patience. 13 Supportez-vous les uns les autres, (…) pardonnez-vous mutuellement (…) 14 Et par-dessus tout, revêtez l'amour : c'est le lien parfait. 

    jeudi 2 avril 2026

    Pain partagé, vie donnée - jeudi saint

    Lectures bibliques : Ex 12, 1-8. 11-14 ; Lv 24, 5-9 ; Es 58, 6-8 ; Mt 26, 17-30
    Voir LECTURES BIBLIQUES en FIN de PAGE

    Thématique : Pain partagé, vie donnée = Sens de la communion eucharistique… à la lumière de quelques textes du Premier Testament
    Prédication de Pascal LEFEBVRE - Bordeaux (temple du Hâ), - jeudi 2 avril 2026- Jeudi saint. 

    Tout à l’heure, nous allons partager un peu de pain et de vin… comme nous le faisons régulièrement le dimanche… lors de la communion eucharistique. 

    Ce geste simple est au cœur de notre foi… 
    Depuis des siècles, des générations de croyants refont ce geste et redisent ces paroles, sans toujours mesurer la richesse de ce qu’elles portent.

    Aujourd’hui, en ce Jeudi saint, je vous propose de nous arrêter un instant… et de nous poser une question toute simple : 
    Que faisons-nous vraiment lorsque nous partageons le pain et le vin ?

    Dans les paroles d’anamnèse de l’évangile de Matthieu… qui portent le souvenir du dernier repas de Jésus… le Christ assimile le pain partagé à son corps… De même, avec la coupe de bénédiction, il identifie le vin au sang versé pour la multitude…

    Ces paroles sont connues. Mais nous oublions parfois ce qui a pu les inspirer. Car elles s’inscrivent dans une histoire, une mémoire, une tradition… celle des Écritures d’Israël.

    Pour en comprendre le sens, il nous faut remonter à ces textes que nous avons entendus.

    Commençons par la coupe… par le vin… associé au sang.

    - Dans le livre de Exode, au chapitre 12, le sang est mis sur les portes des maisons, au moment de la Pâque.
    Et ce sang, contrairement à ce que l’on pourrait penser, n’est pas d’abord un symbole de mort… mais un symbole de vie.

    Dans la pensée biblique, dans le livre du Lévitique (Lv 17,11), le sang, c’est ce qu’il y a de plus essentiel : c’est la vie même. 

    Pour la communauté des croyants, mettre du sang sur la porte, c’est marquer la maison du signe de la vie. 

    Le livre de l’Exode le dit clairement : « le sang sera pour vous un signe ». Il n’y a pas d'efficacité magique… mais c’est un signe relationnel, qui marque l’alliance entre Dieu et son peuple. 

    Le sang appliqué sur les linteaux des portes va servir de signe apotropaïque : un signe qui protège du mal… 
    Et il deviendra un signe de reconnaissance, un signe d’appartenance… appartenance au Dieu de la vie… appartenance au peuple libéré.

    Ce sang versé sur le seuil des portes… va permettre de tracer une frontière symbolique : entre l’extérieur et l’intérieur… entre ce qui est menacé et ce qui est sauvé.

    Le texte nous dit que Dieu va « passer par-dessus » (d’où Pessa’h) les maisons marquées… Il fera « passage ». 
    C’est le sens même du mot « Pâque ».

    Ainsi, le sang devient un signe de protection et un signe de libération… le signe d’une vie reconnue, mise à part, et préservée.

    Ce geste ancien - lui-même - ne sort pas de nulle part. 

    Des chercheurs pensent qu’il plonge ses racines dans des pratiques plus anciennes - des rites pastoraux - où le sang servait à protéger les habitations et les troupeaux.

    Autrement dit… avant d’être un grand symbole religieux… le sang était déjà un geste de protection, inscrit dans la vie quotidienne.

    Ces gestes ont ensuite été relus et intégrés dans une grande histoire : celle de la sortie d’Égypte… pour servir d’appui à une théologie de la libération.

    Et ce qui est frappant, c’est que ce signe du sang acquiert alors une valeur collective… car le salut concerne tous les habitants d’une maison, tous les membres d’une communauté… 
    Ce qui signifie que le salut n’est pas individuel, mais collectif.  

    Le sang marque une solidarité de vie et de foi.

    - On retrouve cette idée ailleurs dans le livre de l’Exode, au chapitre 24… avec un geste qui pourrait aujourd’hui nous paraitre très étrange voire sanguinaire…  
    Moïse asperge le peuple avec du sang… C’était alors une manière concrète de sceller un pacte, une alliance : le sang manifeste une relation… il sert à unir le Dieu de la Vie avec le peuple… dans une relation vivante.

    Alors… certainement… lorsque Jésus, ce soir-là, prend la coupe et parle du sang… ses disciples entendent tout cela… même s’ils le comprendront pleinement plus tard. 

    Ils entendent : une vie donnée, une alliance, une libération, une solidarité.

    Jésus donne ainsi un sens à ce qu’il va vivre : sa mort prochaine ne sera pas un échec absurde. Elle sera le signe d’une vie offerte.
    Car dans la Bible, le sang ne dit pas d’abord la mort. Il dit la vie qui circule… la vie qui se donne.

    Ce sang versé portera ainsi la marque d’une nouvelle alliance… marquée par le don de soi… une vie offerte par amour…  une vie donnée pour que d’autres vivent, dans ce même amour… qui unit et relie les croyants au Dieu de la vie. 

    - Et si, dans ses paroles, Jésus associe le vin à ce sang… ce n’est pas non plus un hasard.

    Car le vin, dans les Écritures, est un signe de communion et de joie.

    Le psaume 104 (v.15) le dit : le vin réjouit le cœur de l’homme.
    Il est associé à la fête… à une vie bonne et abondante…  vue comme un don et une bénédiction de Dieu. 

    Il dit une existence qui ne se contente pas de survivre… mais une vie qui se goûte, qui se partage, qui se célèbre.

    - Cette association entre le vin et la vie se retrouve encore dans l’évangile de Jean… lorsque Jésus utilise l’image du vigneron, de la vigne et des sarments (cf. Jn 15). 
    Dans ses paroles, le Christ affirme être « la vraie vigne »… celle qui nourrit les sarments… qui est capable de donner vie et vitalité… afin de permettre à chacun des sarments de grandir et de produire du fruit…

    Alors, lorsque nous buvons à la coupe… avec le vin assimilé au sang du Christ… nous ne communions pas à la mort… mais à une vie donnée… qui nous renvoie au Dieu de la vie… au Dieu sauveur et libérateur. 

    Identifié au vin, le sang devient le signe d’une vie vécue dans la joie….
    Une vie qui se réalise pleinement, lorsque est habitée par le don de soi… par la relation à Dieu et aux autres.

    Ainsi, à travers les gestes et les paroles du Christ, qui manifestent son engagement … nous communions à la vie reçue de Dieu… à la vie offerte aux autres…  à la vie appelée à circuler.

    Mais Jésus ne prend pas seulement la coupe. Il prend aussi du pain… qu’il va associer à son corps… c’est à dire à sa personne, à ce qu’il est, ce qu’il dit et ce qu’il fait.

    Là encore, ce geste s’enracine profondément dans les Écritures…. de plusieurs manières : 

    - Dans le passage de Levitique 24, 5-9 que nous avons entendu, il est question des douze pains de proposition… qui servent de geste de présentation devant Dieu. 

    Ces pains sont placés continuellement devant Dieu dans le sanctuaire… 
    Ils représentent collectivement le peuple qui se place en présence de Dieu, devant la face du Seigneur. 

    Autrement dit, le pain sert de médiation relationnelle. 
    Parce qu’il est là, en permanence, dans le sanctuaire et renouvelé chaque sabbat… il sert de signe de présence et d’alliance perpétuelle.

    Cette tradition cultuelle fait du pain un signe de relation durable avec Dieu. 
    A travers ce pain, c’est comme si le peuple disait à Dieu : « Nous sommes là, devant toi, en relation avec toi »

    On peut penser que cet arrière plan est présent dans le geste inauguré par le Christ… Toutefois, Jésus opère un double déplacement avec ce signe du pain :

        - D’une part, il assimile désormais ce pain à son corps, à sa personne… comme pour dire qu’il se donne à travers ce pain… comme si, désormais, c’est à travers lui que Dieu se donne à rencontrer.

        - D’autre part, il partage et distribue le pain à ses disciples. Alors que dans le livre du Lévitique, ce pain pouvait être partagé par les prêtres - et seulement par eux - le jour du sabbat… Jésus le met désormais entre les mains de tous… comme si chacun était invité à entrer dans une relation directe avec Dieu.… comme si la présence de Dieu n’était plus réservée à quelques-uns… mais offerte à tous.

    Le pain devient ainsi le signe d’une présence et d’une relation offertes à tous.

    Ce n’est toutefois pas la seule signification du pain dans les Écritures : 

    - De façon plus prosaïque, le pain c’est aussi - et tout simplement - l’aliment de base de la vie quotidienne : il représente ce qui fait vivre… 
    Il est lié à la condition humaine… même s’il est considéré comme un don venant de Dieu… 

    Cela nous est rappelé dans l’épisode de la manne (cf. Exode 16)… où le peuple qui marche dans le désert manifeste sa faim et commence à « murmurer » contre Moïse et Aaron… Dieu qui est à l’écoute, va alors se manifester. Il va donner chaque jour à chacun le pain nécessaire : la manne… un pain qu’on ne peut pas accumuler… un pain qui apprend la confiance.

    - Par ailleurs, le pain sert également à créer du lien…  Il est fait pour être partagé.

    Dans la Bible le pain est signe d’hospitalité, de partage, de reconnaissance de l’autre. 

    Dans le livre de la Genèse (cf. Gn 18), Abraham nous montre ce que signifie cette hospitalité : il accueille trois étrangers en leur offrant du pain… trois étrangers qui viennent manifester la présence du Seigneur… et  porter une parole de vie : l’annonce d’un fils pour Sara et Abraham.

    Comme si, à travers ce geste simple - offrir du pain - quelque chose de Dieu venait à la rencontre de l’homme.

    Les prophètes, eux aussi, rappellent sans cesse cette exigence du partage.

    Le prophète Esaïe dira : « partage ton pain avec celui qui a faim » : voilà le vrai culte que Dieu attend ! 

    Le pain permet de médiatiser la fraternité. 

    Il devient un critère de fidélité à Dieu… car notre relation à Dieu n’est pas déconnectée de la vie quotidienne, ni de notre rapport aux autres…

    La spiritualité contribue à l’ouverture du coeur… Elle élargit notre conscience, notre regard, et notre désir de vivre des relations justes…  
    Ce qui implique de poser des gestes concrets… envers celles et ceux qui sont dans la peine ou le besoin. 

    Celui qui est conscient d’avoir reçu des dons et des bénédictions… celui qui se sait au bénéfice de la générosité divine… découvre qu’il est, à son tour, appelé à donner et à partager. 

    - Enfin, le pain est aussi associé à la Parole.

    Souvenons-nous de ce verset du livre du Deutéronome (Dt 8,3) : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui sort de la bouche de Dieu. »

    Le pain nécessaire à la vie biologique… devient le signe d’un autre besoin : celui d’une parole qui fait vivre intérieurement… et qui donne sens à notre existence.

    Ainsi, dans le Premier Testament, le pain est porteur d’une richesse de sens. Il est, à la fois, ce qui fait vivre et ce qui rappelle que la vie ne vient pas de nous. 
    Il nourrit le corps, mais il ouvre aussi à une autre faim : une faim de parole, de relation, de partage, de justice.

    Lors du dernier repas, lorsque Jésus partage le pain avec ses disciples… il a certainement en mémoire toutes ces significations issues des Ecritures hébraïques…

    En prenant le pain et en le partageant… il exprime tout cela : la relation à Dieu ; la vie quotidienne ; la confiance ; le partage ; la parole. 

    En disant : « ceci est mon corps », il dit en substance à ses disciples : « C’est là que se donne ma vie. C’est là que se donne ma parole ». 

    Ainsi, lorsque nous communions au pain… nous entrons dans une dynamique qui nous précède… fondée sur la vie et la parole du Christ…  nous entrons dans un mouvement de vie partagée… qui appelle notre participation…

    Dès lors… peut-être que la question qui nous est posée, au moment de la communion, est la suivante :

    De quelle vie vivons-nous ?…  Une vie que nous gardons pour nous-mêmes ? Ou une vie que nous recevons, pour la donner à notre tour ?

    Ce n’est pas une question de perfection… mais une question de conscience, d’élan, d’intention, de participation. 

    Un dernier mot… pour conclure… 

    Je crois… chers amis… qu’il y a vraiment une grande richesse de sens dans la communion eucharistique à laquelle nous sommes régulièrement invités. 

    Lorsque nous partageons le pain et le vin… assimilé au corps et au sang de Jésus-Christ… nous affirmons notre désir de vivre en communion avec la vie, la personne et l’Évangile de Jésus-Christ. 

    Nous signifions notre désir « d’être en Christ »… de vivre en Lui (cf. 2 Co 5,17). 

    Et ce n’est pas quelque chose de triste… bien au contraire : si Jésus a donné ces signes à ses disciples… afin de se souvenir de ce dernier repas… c’était certainement l’occasion de leur proposer un enseignement… de les inviter à poursuivre sa mission de propager un Evangile porteur de vie et de libération…  c’était aussi pour les encourager à rester unis, fraternels et solidaires… après sa mort. 

    Pour nous, ce moment de la Sainte Cène est ce temps privilégié où nous nous remettons en présence du Christ crucifié et ressuscité… spirituellement présent avec ses disciples, pour toutes les générations… 

    C’est un moment fort et unique, où nous disons notre désir de communion avec le Christ et avec les autres… où nous disons notre souhait de prendre part à la dynamique relationnelle que Jésus a partagé avec le Père céleste… dans ce mouvement d’une vie qui se reçoit… qui se donne…  qui se partage.

    Une vie que nous sommes appelés à faire circuler… en étant porteur de paix et de joie… en devenant, à notre tour, signes de vie et de bénédiction, pour les autres. 

    Amen.

    Lectures bibliques du jeudi saint

    Ex 12, 1-8. 11-14 La sortie d’Égypte - Les rites de la Pâque

    1 Le SEIGNEUR dit à Moïse et à Aaron dans le pays d'Egypte : 2 « Ce mois sera pour vous le premier des mois, c'est lui que vous mettrez au commencement de l'année. 3 Parlez ainsi à toute la communauté d'Israël :
    Le dix de ce mois, que l'on prenne une bête par famille, une bête par maison. 4 Si la maison est trop peu nombreuse pour une bête, on la prendra avec le voisin le plus proche de la maison, selon le nombre des personnes. Vous choisirez la bête d'après ce que chacun peut manger. 5 Vous aurez une bête sans défaut, mâle, âgée d'un an. Vous la prendrez parmi les agneaux ou les chevreaux. 6 Vous la garderez jusqu'au quatorzième jour de ce mois.
    Toute l'assemblée de la communauté d'Israël l'égorgera au crépuscule. 7 On prendra du sang ; on en mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on la mangera.
    8 On mangera la chair cette nuit-là. On la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères. […] 11 Mangez-la ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous la mangerez à la hâte. C'est la Pâque du SEIGNEUR. 12 Je traverserai le pays d'Egypte cette nuit-là. Je frapperai tout premier-né au pays d'Egypte, de l'homme au bétail. Et je ferai justice de tous les dieux d'Egypte. C'est moi le SEIGNEUR.
    13 Le sang vous servira de signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang. Je passerai par-dessus vous, et le fléau destructeur ne vous atteindra pas quand je frapperai le pays d’Egypte. 14 Ce jour-là vous servira de mémorial. Vous ferez ce pèlerinage pour fêter le SEIGNEUR. D'âge en âge – loi immuable – vous le fêterez.

    Lv 24, 5-9 - Les pains offerts à Dieu

    5 Le Seigneur dit à Moïse : Tu prendras de la farine ; tu feras cuire douze gâteaux, chaque gâteau étant fait avec deux dixièmes d'épha de farine ; 6 tu les placeras en deux piles de six sur la table pure, devant le SEIGNEUR ; 7 tu mettras sur chaque pile de l'encens pur ; il servira de mémorial à la place du pain ; ce sera un mets consumé pour le SEIGNEUR ; 8 chaque jour de sabbat, on les disposera devant le SEIGNEUR, à perpétuité, de la part des fils d'Israël ; c'est une alliance perpétuelle. 9 Cela reviendra à Aaron et à ses fils ; ils mangeront ce pain dans un endroit saint, car c'est pour eux une chose très sainte prise sur les mets consumés du SEIGNEUR ; c'est une redevance pour toujours. »

    Es 58, 6-8 - Le jeûne que Dieu demande

    6 Le jeûne que je préfère, n'est-ce pas ceci :
    dénouer les liens provenant de la méchanceté,
    détacher les courroies du joug,
    renvoyer libres ceux qui ployaient,
    bref que vous mettiez en pièces tous les jougs !
    7 N'est-ce pas partager ton pain avec l'affamé ?
    Et encore : les pauvres sans abri, tu les hébergeras,
    si tu vois quelqu'un nu, tu le couvriras :
    devant celui qui est ta propre chair, tu ne te déroberas pas.
    8 Alors ta lumière poindra comme l'aurore,
    et ton rétablissement s'opérera très vite.
    Ta justice marchera devant toi
    et la gloire du SEIGNEUR sera ton arrière-garde.

    Mt 26, 17-30 - Préparation du repas pascal / Désignation du traître / Le dernier repas

    17 Le premier jour des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus : « Où veux-tu que nous te préparions le repas de la Pâque ? » 18 Il dit : « Allez à la ville chez un tel et dites-lui : “Le Maître dit : Mon temps est proche, c'est chez toi que je célèbre la Pâque avec mes disciples.” » 19 Les disciples firent comme Jésus le leur avait prescrit et préparèrent la Pâque.

    20 Le soir venu, il était à table avec les Douze. 21 Pendant qu'ils mangeaient, il dit : « En vérité, je vous le déclare, l'un de vous va me livrer. » 22 Profondément attristés, ils se mirent chacun à lui dire : « Serait-ce moi, Seigneur ? » 23 En réponse, il dit : « Il a plongé la main avec moi dans le plat, celui qui va me livrer. 24 Le Fils de l'homme s'en va selon ce qui est écrit de lui ; mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Il aurait mieux valu pour lui qu'il ne fût pas né, cet homme-là ! » 25 Judas, qui le livrait, prit la parole et dit : « Serait-ce moi, rabbi ? » Il lui répond : « Tu l'as dit ! »

    26 Pendant le repas, Jésus prit du pain et, après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit ; puis, le donnant aux disciples, il dit : « Prenez, mangez, ceci est mon corps. » 27 Puis il prit une coupe et, après avoir rendu grâce, il la leur donna en disant : « Buvez-en tous, 28 car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, versé pour la multitude, pour le pardon des péchés. 29 Je vous le déclare : je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne jusqu'au jour où je le boirai, nouveau, avec vous dans le Royaume de mon Père. »

    30 Après avoir chanté les psaumes, ils sortirent pour aller au mont des Oliviers.