Vous trouverez essentiellement sur ce blog des Prédications ou des Méditations :
- soit classées par livres bibliques et chapitres, en consultant la page "index"
Bonne lecture !
Méditations de Pascal Lefebvre, pasteur de l Eglise Protestante Unie - région Sud-Ouest
Retrouvez les dernières prédications en ligne :
Vous pouvez également retrouver les prédications précédentes dans la colonne "archives du blog" ou dans l'Index
Lectures bibliques : Jn 1,1-18 (extraits) ; Jn 20, 30-31 ; Rm 8, 11-17 ; Ga 4, 4-7 = voir textes bibliques ci-dessous, en bas de page.
Thématique : Devenir enfants de Dieu / Là où la Parole nous engendre
Prédication de Pascal LEFEBVRE – Noël 2025 - Bordeaux (temple du Hâ)
Chers amis… nous voici à nouveau à l’écoute des récits de Noël…
Cette année, pas de récits de conception surnaturelle ou de naissance exceptionnelle… puisque c’est Jean qui s’invite à notre méditation…
Le fait est que Noël est une fête si familière qu’elle peut, paradoxalement, devenir difficile à entendre. On croit savoir ce qu’on célèbre - la naissance d’un enfant - mais l’Évangile, ce matin, nous invite à aller plus loin.
Jean ne nous raconte pas une histoire de crèche, mais une histoire de commencement, de projet divin.
Il ne nous parle pas du petit Jésus, mais d’une Parole.
Il ne nous parle pas d’une étoile au-dessus de Bethléem, mais de la lumière qui éclaire tout être humain.
Au cœur de ce texte poétique - qu’est le Prologue de Jean - se trouve une promesse immense, contenue dans un simple verset : « À tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, [la Parole manifestée] a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jn 1,12-13)
Voilà peut-être la vraie question de Noël : Que signifie devenir enfant de Dieu ?
Et pourquoi cette parole vieille de 2.000 ans nous concerne-t-elle encore, aujourd’hui ?
1. Le message de Noël : Dieu envoie son Fils… il manifeste sa Parole
Noël, d’abord, c’est le rappel que Dieu se donne… qu’il vient à notre rencontre… à travers sa Parole… susceptible d’éclairer le monde.
Il ne se contente pas d’être « au-dessus de tout », lointain, distant ou abstrait. Mais, pour parler en image - de façon symbolique - il traverse le ciel - il transcende la sphère spirituelle - pour « dresser sa tente parmi nous » (v.14), pour manifester sa présence et sa Parole dans notre réalité… jusqu’à faire « irruption » dans la chair humaine.
C’est ce que nous appelons « l’incarnation » : la Parole éternelle vient habiter parmi nous… Elle est lumière dans les ténèbres… vie au milieu de la mort… grâce et vérité dans les fractures du monde.
Le premier message de Noël est là : Dieu ne se révèle pas dans un concept, une religion ou un dogme… mais dans une personne et une vie… « La Parole divine a été chair et elle a habité parmi nous » (v.14).
2. Le but de cet envoi : nous faire devenir enfants de Dieu
Cependant, Jean va plus loin : il nous fait part du projet divin… il nous révèle l’intention de Dieu… Car cet envoi du Fils… cette manifestation du Verbe de Dieu… répond forcément à un but !
C’est au cœur du Prologue que se situe cette révélation (au verset 12) :
Dieu se manifeste en son Fils, pour nous faire « devenir enfants de Dieu ».
Il veut faire advenir une nouvelle filiation… une filiation spirituelle.
Autrement dit, la fête de la nativité ne parle pas seulement de la naissance d’un enfant extraordinaire. Elle parle de notre naissance possible… d’une naissance spirituelle… d’un passage…d’un engendrement.
Et c’est là que se trouve le deuxième message de Noël - la deuxième Bonne Nouvelle :
Ce n’est pas seulement un événement passé qui rend témoignage au Christ… C’est un événement qui nous concerne, aujourd’hui encore.
En envoyant son Fils, Dieu vient pour nous transmettre son projet de vie, de salut et d’amour… il vient pour nous adopter… pour faire de nous, des « enfants de Dieu ».
3. « Devenir enfant de Dieu » chez Jean : une naissance nouvelle, pour une vie nouvelle
Mais - me direz-vous - qu’est-ce que ça signifie vraiment « devenir enfant de Dieu » pour Jean ?
Précisons d’abord que cette filiation nouvelle ne relève pas du biologique, mais du spirituel.
Le Prologue le dit clairement : « Ceux-là ne sont pas nés du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. » (v.13)
Dit autrement, on ne naît pas enfant de Dieu… on le devient.
Et ce « devenir » ne relève ni d’une question héréditaire ou biologique (« du sang »), ni de l’instinct ou du désir (« d’un vouloir de chair »), ni de la transmission sociale ou de l’appartenance religieuse (« d’un vouloir d’homme »)… mais d’un acte de Dieu - un don - accueilli dans la foi.
Chez Jean, être « enfant de Dieu » n’est pas un statut religieux.. ni un privilège ethnique réservé à quelques-uns… ni une morale… mais c’est une relation reçue… un don qui se manifeste par la confiance.
Ailleurs, dans son évangile… Jean décrit cette filiation, comme une nouvelle naissance. Il en fait le cœur du dialogue de Jésus avec Nicodème, dans son chapitre 3. Je cite :
« À moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu… Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas si je t’ai dit : ‘il vous faut naître d’en haut’ » (cf. Jn 3, 5-7).
Pour Jean, « devenir enfant de Dieu », c’est naître autrement… naître de Dieu… de l’Esprit.
Et cette nouvelle naissance a un but : recevoir la vie véritable.
C’est ce que nous comprenons à la fin de l’évangile, lorsque Jean aborde la partie conclusive de son récit : « Ces choses ont été écrites, afin que vous croyiez (…) et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom. » (cf. Jn 20,31).
Devenir enfant de Dieu… c’est entrer dans une filiation divine… qui nous rend participant à la vie divine… à la vie en abondance (cf. Jn 10,10)… à la vie éternelle… c’est-à-dire à une vie nouvelle, d’une toute autre qualité… une vie marqué par l’intensité, la plénitude, la liberté et l’amour.
Pour résumer… retenons que « devenir enfant de Dieu » chez Jean… c’est une nouvelle naissance spirituelle… qui nous fait entrer dans une vie nouvelle… marquée par la vie divine… la vie en plénitude… la vie éternelle, qui commence ici et maintenant (cf. Jn 17,3).
4. Chez Paul : l’adoption comme œuvre de l’Esprit
Maintenant… qu’en est-il pour l’apôtre Paul ?
L’apôtre exprime la même réalité avec d’autres mots. Dans sa lettre aux Romains (au chapitre 8), il écrit : « Tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu, sont fils de Dieu. » (cf. Rm 8,14).
Pour lui, c’est l’accueil de l’Esprit de Dieu en nous… qui nous fait devenir fils ou fille de Dieu.
Là encore… ce n’est pas une question d’effort… de performance religieuse… ni de mérite… c’est une question de disponibilité, d’accueil… de transformation…
C’est en se laissant transformer intérieurement par l’Esprit de Dieu… qu’on devient semblable au Christ… qu’on devient « enfants de Dieu ».
Paul va jusqu’à dire : « Vous n’avez pas reçu un esprit d’esclavage - qui vous ramène à la peur -, mais un esprit d’adoption, qui nous fait crier : Abba ! Père ! » (v.15)
Là où la peur régnait, l’Esprit fait naître la confiance.
Là où la culpabilité régnait, l’Esprit fait naître la liberté.
Là où les déterminismes et les fatalités nous enfermaient, l’Esprit ouvre un avenir.
Bien sûr, la foi ne nous change pas en un instant… elle ne supprime pas nos fragilités, nos vulnérabilités… mais elle nous transforme peu à peu en profondeur… grâce à cette relation au Divin…
C’est l’accueil de l’Esprit saint… qui nous fait passer de la peur à la confiance… de la résignation à la résistance … du désespoir à l’espérance (comme le dit très bien la Déclaration de foi de l’EPUdF)
Dans sa lettre aux Galates, Paul dit que : « Dieu a envoyé son Fils (…) pour nous permettre de devenir ses enfants adoptifs (…) Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils (…) afin de nous donner l'héritage qu'il réserve à ses enfants » (cf. Ga 4,4-7).
Il confirme ainsi que l’incarnation - qui est comprise, pour Paul, comme la venue et la manifestation de l’Esprit divin dans la personne de Jésus - est orientée vers l’adoption.
Le projet de Dieu - que nous fêtons à Noël - c’est l’irruption du Souffle divin dans notre réalité, pour que nous devenions enfants de Dieu.
5. Devenir enfant de Dieu : qu’est-ce que ça fait ?
Franchissons encore un pas supplémentaire… et demandons-nous… mais qu’est-ce que ça provoque ? Qu’est-ce que l’Esprit saint réalise en nous ?
Si l’accueil de l’Esprit divin - du Souffle sacré - nous fait devenir enfants de Dieu… c’est parce qu’il nous fait entrer dans une relation… qui nous transforme… qui nous libère… qui nous guérit.
Comme tout enfant, nous recevons une identité nouvelle… nous apprenons à vivre à la manière du Fils (du Christ), inspiré par le Père… nous héritons d’une nouvelle mentalité, d’une autre manière de voir, de comprendre et d’aimer… fondée sur le don, le pardon et la gratuité.
Jésus le dit ailleurs, dans l’évangile (cf. Lc 6,36) : « Soyez compatissant / et miséricordieux, comme votre Père est compatissant / et miséricordieux. »
Être enfant de Dieu, c’est recevoir l’Esprit de Dieu - ce même Esprit qui animait Jésus-Christ - c’est se laisser transformer par lui, et commencer à vivre selon cet amour universel… avec courage, confiance et espérance.
On ne va pas trop entrer dans le détail ce matin, mais Paul développe tout un langage, pour parler de la libération opérée par l’Esprit saint.
Pour lui, l’Esprit du Christ nous libère de nos esclavages, de nos conditionnements, de notre aliénation, du péché… Et le péché n’est pas une faute morale, mais une force qui domine l’être humain (cf. Rm 6,12.17-18 ; Rm 8,2) et qui le tourne vers ses désirs égocentriques, qui le coupe des autres et de Dieu.
Paul emploie aussi le terme « chair » de façon critique et péjorative… Mais il faut éviter les malentendus et ne pas faire de confusion. Il ne parle pas du corps, ni de la sexualité… mais de la nature humaine, faible et fragile, souvent soumise à des convoitises, à des passions égoïstes et mortifères (cf. Ga 5,16-25 ; Rm 8,5-8).
Pour l’apôtre, l’Esprit de Dieu nous libère, non par la contrainte, mais en transformant notre désir… en ouvrant notre conscience… et déployant notre confiance et notre capacité à aimer.
Il nous guérit de la peur, de la division, de l’orgueil et de l’avidité.
En d’autres termes… à travers l’Esprit du Christ… c’est Dieu qui agit en nous…
Il re-configure notre identité, il guérit nos désirs et nos liens (à nous-mêmes, à Dieu, et aux autres).
L’Esprit nous fait entrer dans la dynamique vivante d’une nouvelle création… une force de transformation intérieure… principe d’unité, de liberté, d’ouverture du cœur et d’espérance.
6. Et pour nous aujourd’hui… qu’est-ce que ça change ?
À ce stade, et pour franchir une dernière étape… peut-être qu’une question brûle encore vos lèvres : c’est très bien tout cela… me direz-vous… mais ça semble un peu théorique… concrètement, qu’est-ce que ça change, pour nous, aujourd’hui ?
Je vous livre rapidement 7 implications / 7 conséquences :
- 1) Une identité gratuite (pour sortir de la logique de la performance)
Dans un monde obsédé par la réussite, la performance, l’image et les apparences… la Bonne nouvelle portée par Jean et par Paul, nous dit :
« Tu n’as rien à prouver, ni à mériter… tu n’as pas à faire tes preuves ou gagner ta dignité… Tu la reçois de Dieu, gratuitement. C’est un don ! »
Être enfant de Dieu, c’est être aimé sans condition.
Noël devient ainsi une bonne nouvelle pour ceux qui se sentent « insuffisants » ou « pas assez »… pas assez comme il faudrait… pas assez méritants… pas assez parfaits…pas assez bons.
- 2) Une fraternité nouvelle (pour dépasser les appartenances exclusives)
Autre bonne nouvelle : la filiation de Dieu ne passe pas par le clan, l’identité ethnique, religieuse, sociale, ou culturelle… Il n’y a pas, d’un côté, « des élus »… et de l’autre, « des réprouvés ». Cette filiation est offerte à celles et ceux qui reçoivent le message d’amour du Christ… qui placent en lui leur confiance… et se laissent transformer par Lui.
Si Dieu nous adopte ainsi comme ses enfants… alors les autres ne sont plus des étrangers. Ils deviennent des frères et des sœurs.
Dans un monde fracturé, polarisé et souvent violent… où l’on a tendance à exclure ceux qui ne sont pas comme nous ou qui pensent différemment… Noël nous appelle, au contraire, à la réconciliation, à l’accueil, à fraternité et la solidarité.
C’est un appel universel à aimer son prochain, comme soi-même… comme un autre enfant de Dieu.
- 3) Une confiance humble (pour passer de la peur à la relation)
Être enfant, c’est aussi entrer dans une relation de confiance… et c’est accepter de ne pas tout savoir, de ne pas tout maîtriser… et parfois de se laisser porter, par un Père céleste, bon et compatissant.
Cela ne veut pas dire, agir de façon irresponsable ou inconséquente… mais juste savoir que nous ne sommes pas seuls, livrés à nous-mêmes.
Dans un monde anxieux - troublé par des crises et des incertitudes nombreuses - Noël nous dit ce message : Vous n’êtes pas seuls. Avancez dans la confiance. Donnez le meilleur de vous-mêmes, et comptez aussi sur l’appui de Dieu.
- 4) Une transformation dans nos relations (pour commencer à aimer comme Dieu aime)
Si nous sommes enfants de Dieu, nous apprenons à aimer comme notre Père céleste… comme Dieu aime : c’est-à-dire gratuitement, généreusement, sans calcul.
Notre vocation est de devenir semblables à l’amour que nous recevons de Dieu.
Le « don de soi » est la manière d’être de Dieu et du Christ… et cela ne peut que nous inspirer… pour dépasser les relations habituelles, souvent fondées sur l’utilité ou l’intérêt (des relations fondées sur la réciprocité, le « donnant-donnant »). / Il s'agit différemment d'entrer dans la gratuité...
Cela change notre manière d’être parent, ami, collègue, voisin, citoyen… Nous sommes appelés à vivre des relations authentiques, généreuses et apaisées.
- 5) Une espérance résistante (pour tenir debout, même dans l’obscurité)
Le prologue de Jean nous dit : « La lumière brille dans les ténèbres. » (v.5) Noël n’ignore pas la nuit… mais il y fait entrer une lumière nouvelle que rien ne peut éteindre.
Même au cœur de l’épreuve, cette lumière resplendit. On peut ainsi avancer malgré l’incertitude, affronter l’échec, traverser la souffrance, la maladie, la peur… sans être détruit par eux.
Une lumière nous est toujours offerte par le Christ, malgré les épreuves…
Dieu est avec nous : « Emmanuel ». Il y a toujours un passage possible vers la lumière de Dieu.
- 6) Une responsabilité offerte au monde (pour ne pas se résigner face à l’injustice)
Être enfant de Dieu, c’est être héritier du projet de Dieu : le Royaume, le monde nouveau de Dieu : un monde juste, fraternel et pacifié.
Noël n’est pas une anesthésie… pour oublier, un instant, les malheurs et les injustices… ou s’y résigner. C’est plutôt le temps d’une respiration, pour reprendre souffle… le temps d’une prise de conscience… d’une lumière offerte… en vue d’un réveil !
C’est une énergie de transformation intérieure et sociale… que le Christ nous transmet par sa venue… qui vise à bouleverser les valeurs du monde… pour promouvoir un changement.
- 7) Un amour premier qui nous met en route (pas une foi immobile)
Enfin, Noël nous rappelle que « Dieu donne »… que nous recevons et que « nous devenons ».
C’est une identité nouvelle… une autre manière de naitre et d’être au monde… qui nous est offerte…
Cela ouvre radicalement la porte aux personnes qui doutent, qui se posent des questions… qui sont peut-être en colère contre Dieu, meurtries par l’Église, ou incapables de croire clairement.
Car la foi, c’est entrer dans un cheminement… ce n’est pas un examen à réussir… ce n’est pas une façon de penser uniforme et monolithique… c’est d’abord accepter d’ouvrir une porte… de s’interroger… de chercher…
Avoir la foi… ce n’est pas avoir les bonnes réponses… ou des réponses définitives… c’est accepter de chercher… de se mettre en route… c’est une lumière à accueillir… une Bonne Nouvelle à découvrir.
7. Conclusion
Chers amis… un dernier mot… pour conclure…
En ce jour de fête… souvenons-nous donc que cet engendrement dont le Nouveau Testament se fait l’écho, parle, en réalité, de nous :
Noël n’est pas seulement la naissance d’un enfant extraordinaire… c’est la naissance possible des enfants de Dieu.
Noël, ce n’est pas Dieu qui s’impose… mais sa Parole qui se donne…
Pour nous engendrer, nous adopter… Pour nous faire advenir à notre véritable humanité.
Devenir enfant de Dieu… c’est se laisser habiter, transformer, inspirer par l’Esprit du Christ.
C’est laisser Dieu être Dieu en nous.
Alors aujourd’hui, si nous accueillons cette Parole,
... si nous recevons cette lumière,
... si nous ouvrons notre vie à cet Esprit transformateur,… Soyons assurés - comme le dit le prologue de Jean - que ce sera vraiment un nouveau « commencement »… pour chacun de nous… et notre monde.
Amen.
________________
Lectures bibliques
Jean 1,1-18 (extraits)
« Au commencement était (le Logos) la Parole,
et la Parole était tournée vers Dieu et la Parole était Dieu.
2. Elle était au commencement tournée vers Dieu.
3. Tout fut par elle et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle.
4. En elle était la vie et la vie était la lumière des hommes.
5. Et la lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point reçue. […]
9. Elle était la vraie lumière qui, venant dans le monde, brille pour tous les hommes.
10. Elle était dans le monde et le monde a été fait par elle et le monde ne l’a pas connue.
11. Elle est venue dans son propre bien et les siens ne l’ont pas accueillie.
12. Mais à ceux qui l’ont reçue - à ceux qui croient en son nom - elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu,
13. eux qui ne sont nés (qui ont été engendrés), ni du sang ni de la volonté de la chair ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu.
14. Et la Parole a été chair (a pris chair) et elle a habité (elle a dressé sa tente) parmi nous (en nous) et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle que tient du Père le Fils unique (l'Engendré), pleine de grâce et de vérité. […]
16. De sa plénitude, tous, nous avons reçu, et grâce sur grâce.
17. La Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
18. Dieu, nul ne l’a jamais vu. Fils unique Dieu (l'Engendré divin), celui qui est tourné vers le sein du Père, celui-là nous l’a fait connaître (il nous l’a présenté) ! »
Jean 20, 30-31
30 Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d'autres signes qui ne sont pas rapportés dans ce livre. 31 Ceux-ci l'ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom.
Romains 8, 11-17
11 Si l’Esprit de Dieu (de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts) habite en vous, Dieu (celui qui a ressuscité Jésus Christ d’entre les morts) donnera aussi la vie à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous.
12 Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais non envers la chair pour devoir vivre de façon charnelle. 13 Car si vous vivez de façon charnelle, vous mourrez ; mais si, par l’Esprit, vous faites mourir votre comportement charnel, vous vivrez.
14 En effet, ceux-là sont fils de Dieu qui sont conduits par l’Esprit de Dieu :
15 vous n’avez pas reçu un esprit qui vous rende esclaves et vous ramène à la peur, mais un Esprit qui fait de vous des fils adoptifs et par lequel nous crions : Abba, Père.
16 Cet Esprit lui-même atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. 17 Enfants, et donc héritiers : héritiers de Dieu, cohéritiers du Christ, puisque, ayant part à ses souffrances, nous aurons part aussi à sa gloire.
Galates 4, 4-7
4Quand le moment fixé est arrivé, Dieu a envoyé son Fils : né d'une femme, il a vécu sous la loi juive, 5afin de délivrer les personnes qui étaient soumises à la Loi, et de nous permettre ainsi de devenir enfants adoptifs de Dieu.
6La preuve que vous êtes bien ses enfants, c'est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils, l'Esprit qui crie : « Abba, Père ! » 7Ainsi, tu n'es plus esclave, mais enfant ; et puisque tu es son enfant, Dieu te donnera l'héritage qu'il réserve à ses enfants : c'est l'œuvre de Dieu.
____________________
PLAN de la prédication
1. Le message de Noël : Dieu envoie son Fils… il manifeste sa Parole
2. Le but de cet envoi : nous faire devenir enfants de Dieu
3. « Devenir enfant de Dieu » chez Jean : une naissance nouvelle, pour une vie nouvelle
4. Chez Paul : l’adoption comme œuvre de l’Esprit
5. Devenir enfant de Dieu : qu’est-ce que ça fait ?
6. Et pour nous aujourd’hui… qu’est-ce que ça change ?
- 1) Une identité gratuite (pour sortir de la logique de la performance)
- 2) Une fraternité nouvelle (pour dépasser les appartenances exclusives)
- 3) Une confiance humble (pour passer de la peur à la relation)
- 4) Une transformation dans nos relations (pour commencer à aimer comme Dieu aime)
- 5) Une espérance résistante (pour tenir debout, même dans l’obscurité)
- 6) Une responsabilité offerte au monde (pour ne pas se résigner face à l’injustice)
- 7) Un amour premier qui nous met en route (pas une foi immobile)
7. Conclusion
Prédication dialoguée à 3 voix, pour la veillée de Noël 2025 = voir texte plus bas (après les lectures bibliques)
Thématique : les symboles de Noël
Texte de Pascal LEFEBVRE, le 24/12/25, Bordeaux (temple du Hâ)
Lectures bibliques
Luc 2, 4-14
[C’était le temps du recensement décrété par César Auguste.]
Joseph monta de la ville de Nazareth en Galilée à la ville de David qui s’appelle Bethléem en Judée, parce qu’il était de la famille et de la descendance de David, 5 pour se faire recenser avec Marie son épouse, qui était enceinte.
6 Or, pendant qu’ils étaient là, le jour où elle devait accoucher arriva ; 7 elle accoucha de son fils premier-né, l’emmaillota et le déposa dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle d’hôtes. 8 Il y avait dans le même pays des bergers qui vivaient aux champs et montaient la garde pendant la nuit auprès de leur troupeau. 9 Un ange du Seigneur se présenta devant eux, la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière et ils furent saisis d’une grande crainte. 10 L’ange leur dit : « Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : 11 Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur ; 12 et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » 13 Tout à coup il y eut avec l’ange l’armée céleste en masse qui chantait les louanges de Dieu et disait : 14 « Gloire à Dieu au plus haut des cieux
et sur la terre paix pour ses bien-aimés. »
Matthieu 2, 9-15
[Des mages venus d’Orient] se mirent en route ; et voici que l’astre, qu’ils avaient vu à l’Orient, avançait devant eux jusqu’à ce qu’il vînt s’arrêter au-dessus de l’endroit où était l’enfant. 10 A la vue de l’astre, ils éprouvèrent une très grande joie. 11 Entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage ; ouvrant leurs coffrets, ils lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. 12 Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner auprès d’Hérode, ils se retirèrent dans leur pays par un autre chemin.
13 Après leur départ, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et fuis en Egypte ; restes-y jusqu’à nouvel ordre, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » 14 Joseph se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Egypte. 15 Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que s’accomplisse ce qu’avait dit le Seigneur par le prophète : D’Egypte, j’ai appelé mon fils.
Chant (par exemple : 32/30 (1,2) - Voici Noël (= Ô douce nuit))
Prédication dialoguée de la veillée de Noël (en 9 parties)
1. PROLOGUE – LE 24 DÉCEMBRE : LE JOUR OÙ LA LUMIÈRE REVIENT
Pasteur A
Chers amis… nous voici le 24 décembre.
Une date qui, très probablement, n’a rien à voir avec la date réelle de la naissance de Jésus.
Mais une date qui dit bien autre chose : la lumière reprend peu à peu ses droits…
Depuis quelques jours, nous avons franchi le solstice d’hiver.
Peu à peu, le coucher du soleil se retarde… les jours rallongent…
La nuit, lentement, recule.
Et depuis des millénaires, les humains voient, dans ce moment, un symbole magnifique : "
la lumière revient dans notre monde".
-
C’est dans cet esprit que les premiers chrétiens ont placé Noël au cœur de l’hiver.
Pour dire que Jésus est comme un soleil intérieur, une clarté dans nos obscurités.
Non pas un soleil qui brûle, mais un soleil qui réchauffe.
Non pas une lumière qui éblouit, mais une lumière qui guide.
C’est pourquoi nous sommes ici, ce soir, entourés de bougies, de lumières, de chants.
Pour accueillir cette clarté nouvelle.
-
Mais pour comprendre cette lumière, nous allons suivre une histoire.
Une histoire que les deux évangélistes Matthieu et Luc n’ont pas écrite comme une enquête journalistique, mais comme des peintres, comme des poètes.
Ils ont peint la naissance de Jésus avec des symboles.
Comme nous le faisons, encore aujourd’hui, en mettant des sapins dans nos maisons ou sur les places publiques… pour dire que cet arbre, qui ne perd pas son feuillage et qui reste vert… est symbole d’espérance.
Ou comme nous le faisons en décorant ces mêmes sapins avec des signes… des boules brillantes, des guirlandes lumineuses… qui disent : « Même en hiver, il y a encore de la vie ».
Alors ce soir, nous allons entrer dans cette peinture… avec ses symboles…
et nous y promener ensemble.
2. LES PREMIÈRES COULEURS : LE NOM « JÉSUS »
Pasteur B
Commençons par ce qui semble anodin : le nom.
Dans la culture juive, c’était normal : le fils aîné porte le nom du père.
On aurait donc dû s’attendre à un petit Joseph Junior.
Mais voilà que l’ange dit à Joseph :
« Tu l’appelleras Jésus. »
C’est une surprise !
Un enfant qui n’est pas nommé comme son père,
c’est un enfant qui est appelé à porter une mission particulière
_
Et ce nom, justement, dit tout : « Jésus » - « Dieu sauve ».
Ce n’est pas un simple prénom, c’est déjà un programme… un projet… une promesse !
Dès le début, on annonce qu’avec cet enfant, Dieu veut ouvrir une voie nouvelle… Une sortie de crise, une guérison, une transformation.
Alors oui : ce nom dérange un peu la logique familiale.
Mais il dévoile la logique divine.
_
Il faut que cet enfant ait un nom différent,
parce qu’il vient pour rendre nos vies différentes.
Il n’est pas là pour reproduire… mais pour renouveler… pour faire renaître.
Il n’est pas là pour perpétuer l’ordre établi… mais pour proposer un autre ordre :
celui de la compassion, du pardon, de la justice.
Déjà, rien qu’avec ce nom, tout commence à basculer.
Chant (par exemple : 32/10 (1,2,4) - Sur tous les peuples dans la nuit avant)
3. LA NAISSANCE VIRGINALE – UN SYMBOLE ANCIEN ET PUISSANT
Pasteur C
Vient ensuite le grand mystère : la naissance virginale.
Pour nous, héritiers des Modernes, cela peut paraître un obstacle…
parce qu’on n’a pas forcément besoin d’une conception surnaturelle - ou d’un élément irrationnel - pour croire que Jésus était exceptionnel.
Mais pour les Anciens, ce n’était pas si étrange.
Dans le Proche-Orient, en Égypte, en Grèce,
les récits de naissances exceptionnelles étaient fréquents…
(qu’il s’agisse, par exemple, d’Alexandre le Grand, de Pythagore ou de Platon.)
Dans la Bible, il y avait déjà des personnages hors du commun, nés d’une mère a priori stérile… Qu’on pense à Isaac, le fils de Sara (l’épouse d’Abraham)… ou à Jean le Baptiste, le fils d’Élisabeth (une cousine de Marie).
Mais là, plus extraordinaire encore, il est question d’une naissance « virginale » !
Ce n’était pas un scandale… mais, au contraire, un signal… pour dire : « Attention, ce personnage-là… vient vraiment changer quelque chose. »
-
Pour Matthieu et Luc, dire que Marie est vierge,
c’est dire que « la Vie » qui monte en elle, dépasse le cadre de notre humanité ordinaire… Elle vient de l’Esprit.
C’est dire que cet enfant est entièrement reçu comme un don. A travers cette conception et cette naissance, c’est Dieu qui prend l’initiative !
Et Marie accepte, librement, simplement, humblement ce cadeau du Ciel.
Elle devient un modèle de foi, de confiance… le visage d’une humanité pleinement disponible à Dieu.
_
Ainsi, la virginité n’est pas une barrière biologique,
mais une fenêtre spirituelle.
Elle dit que la vie nouvelle ne vient pas de notre seule force ou de notre volonté… mais de la Grâce.
Elle dit qu’il y a, en chacun de nous, un lieu vierge… un lieu encore intact…
où Dieu peut naître… si nous l’accueillons comme Marie.
4. LA CRÈCHE, LA MANGEOIRE… ET L’ÂNE ET LE BŒUF
Pasteur A
Passons maintenant à la crèche.
Jésus ne naît pas dans la salle d’hôtes, à l’hôtel, comme les autres enfants…
mais dans une étable… dans une auge, une mangeoire.
Quel est ce symbole ?
Un lieu où l’on donne à manger… et c’est là que l’on dépose l’enfant.
Comme pour dire :
« Cet enfant sera nourriture pour les hommes. »
Et le village où il naît s’appelle « Bethléem » : la Maison du Pain.
Tout est déjà dit… pour celui qui sera présenté comme « le pain de vie », dans l’évangile de Jean (cf. Jn 6,35).
_
Et puis il y a nos deux compagnons indétrônables : l’âne et le bœuf.
Vous le savez : ils ne sont dans aucun Évangile.
Ils viennent du prophète Ésaïe :
« Le bœuf connaît son propriétaire, et l’âne la crèche de son maître. » (cf. Es 1,3)
C’est magnifique !
Ils sont les premiers à reconnaître la présence de Dieu.
Les humbles animaux comprennent ce que les rois ignorent.
-
C’est pour cela que l’âne et le bœuf sont là, année après année.
Ils rappellent que Dieu se révèle aux petits, aux simples,
à ceux qui savent s’approcher doucement, sans bruit.
Ils nous invitent à entrer dans la crèche, non comme des spectateurs exigeants,
mais avec l’humilité de ceux qui reconnaissent leur Maître.
L’âne et le bœuf sont les premiers théologiens de Noël.
5. LES BERGERS – LES PREMIERS VISITEURS
Pasteur B
Après les animaux viennent les bergers.
Qui sont-ils ?
Des hommes simples, marginaux, pauvres.
Ils ne comptent pas beaucoup dans la société.
Mais ce sont eux que les messagers - les anges - appellent.
Ce sont eux qui reçoivent la première annonce.
_
Les bergers représentent tous ceux qui vivent dehors,
tous ceux qui veillent… pendant que les autres dorment,
tous ceux qui savent que la vie peut être rude.
Ils n’ont rien… leurs mains sont vides…
et c’est pour cela qu’ils peuvent recevoir.
_
Quand ils arrivent à la crèche,
ils ne viennent pas offrir de l’or, ni des parfums,
mais leur étonnement,
leur disponibilité,
leur capacité à s’émerveiller.
Ils sont l’image de ceux à qui Jésus parlera en premier :
les pauvres, les blessés, les exclus.
La Bonne Nouvelle commence par eux.
« Heureux les pauvres de cœurs, le Royaume des cieux est à eux » (Mt 5,3) dira Jésus.
Chant (par exemple : 32/24 (1,2,3) Sortez bergers)
6. LES MAGES – LES TROIS CONTINENTS QUI SE METTENT EN ROUTE
Pasteur C
De l’autre côté de l’histoire - pour l’évangéliste Matthieu - il y a les mages.
Des découvreurs, des chercheurs de sens.
Et très vite, la tradition leur a donné des noms :
Melchior, Gaspard, Balthazar.
Et surtout des visages.
Ils représentent les trois continents connus de l’époque :
l’Europe, l’Asie et l’Afrique.
C’est toute l’humanité qui se met en route, pour honorer le Christ Jésus.
Leur venue est ainsi un signe éclatant : ils annoncent que le message de Jésus va dépasser les frontières, les religions, les cultures…. Son Royaume sera pour tous. Absolument tous.
-
Précisément… ils apportent trois cadeaux symboliques :
– l’or, pour dire la royauté et la sagesse ;
– l’encens, pour dire la divinité et la prière ;
– la myrrhe, pour dire la fragilité humaine.
La myrrhe, comme plante médicinale, pouvait être utilisée, soit pour embaumer les corps des défunts, soit pour guérir certaines maladies.
Ainsi, la vie de Jésus est résumée dans ces trois symboles : le Christ Roi, un Homme qui vient de Dieu, pour surmonter la mort et apporter guérison.
-
Et pour les guider, il y a une étoile.
Parce qu’au cœur de la nuit humaine, Dieu offre toujours un signe. Une lumière discrète, mais persistante… pour nous guider.
Les mages nous apprennent que la foi… ce n’est pas savoir… c’est cheminer… c’est suivre une lumière.
Cette lumière, qui éclaire notre monde… nous donne une orientation, une direction… Elle nous mène toujours à la vie.
7. L’OMBRE : LA FUITE EN ÉGYPTE
Pasteur A
Mais les récits qui entourent la naissance de Jésus, ne sont pas naïfs.
Dès le début, il y a une ombre qui rôde : le roi Hérode.
La violence, la domination, le pouvoir jaloux qui a peur et qui écrase…
La petite famille doit fuir ailleurs… comme tant de familles, aujourd’hui encore.
-
Cette fuite en Égypte relie Jésus à l’histoire de son peuple.
Comme Moïse, il échappe à la jalousie d’un roi.
Comme Israël, il connaît l’exil.
Comme tant d’hommes et de femmes, il commence sa vie sans sécurité.
-
Tout cela dit quelque chose d’essentiel :
La lumière de Noël n’efface pas magiquement les ténèbres… Elle les traverse.
Elle ne supprime pas la violence…. Elle y oppose la douceur.
Elle n’annule pas la peur…. Elle y oppose l’espérance.
Dieu attend le moment favorable pour manifester son salut !
CHANT (par exemple : 32/16 (1,2) - D’un arbre séculaire)
8. CONCLUSION – ET SI LA CRÈCHE, CE SOIR, C’ÉTAIT NOUS ?
Pasteur B
Après avoir traversé tous ces symboles,
nous comprenons que les récits de Noël ne sont pas des reportages.
Ce sont des témoignages de foi… des poèmes… des icônes.
_
Ils disent que Jésus est lumière,
qu’il est nourriture,
qu’il est présence de Dieu,
qu’il est ouverture à l’universel,
qu’il est refuge pour les humbles et les fragiles.
_
Et surtout, ils disent que Dieu peut naître en chacun de nous.
Dans nos hivers… dans nos solitudes… dans nos nuits.
Il suffit d’une crèche intérieure…
un petit espace libre… en nous !
9. MOT FINAL
Pasteur C
Alors en cette nuit de Noël, ouvrons un peu d’espace.
Faisons silence.
Comme l’âne et le bœuf.
Comme les bergers.
Comme les mages.
_
Acceptons que le Fils de Dieu vienne là où nous ne l’attendions pas,
dans une mangeoire,
dans un exil,
au cœur de notre vie… au milieu de nos fragilités.
_
Et que cette lumière du Christ qui revient dans le ciel… comme à chaque Noël… revienne aussi dans nos cœurs.
Qu’elle nous éclaire… qu’elle nous réchauffe…. qu’elle nous guide…
« Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique,
afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle » (Jn 3,16).
Amen.
Chant (par exemple : 32/29 (3,4) - Il est né le divin enfant)
"Culte autrement" du 21 décembre 25 - temple du Hâ (Bordeaux)
Un "culte autrement" est un culte participatif.
Lectures bibliques et temps de méditation partagé
Introduction
Aujourd’hui, nous allons vivre un temps de « culte autrement ». Ce sera l’occasion de nous interroger ensemble sur cette question existentielle : Vivre sa foi, est-ce bien raisonnable ?
Il ne s’agira pas - bien sûr - d’apporter une réponse définitive à cette question… d’ailleurs, il n’y a sans doute pas de bonnes ou de mauvaises réponses… Mais simplement d’essayer de nous mettre à l’écoute du Nouveau Testament… et de discerner ce que cette question fait résonner en nous.
« Vivre sa foi, est-ce bien raisonnable ? »
Notre parcours méditatifs comportera 4 étapes…
Temps 1 – Entrée biblique : une foi jugée excessive
Marc 3, 20-21
20 Jésus vient à la maison, et de nouveau la foule se rassemble, à tel point qu'ils ne pouvaient même pas prendre leur repas. 21 A cette nouvelle, les gens de sa parenté vinrent pour s'emparer de lui. Car ils disaient : « Il a perdu la tête. »
Voilà un témoignage étonnant… Jésus ne choque pas seulement les autorités religieuses de son temps, mais également ses proches…
Sa foi a été perçue par les siens comme excessive… comme un dépassement, une sortie au-delà des normes familiales, sociales, religieuses.
Sa manière de vivre, d’aimer, de se donner, de parler, leur paraît déraisonnable.
Pour sa parenté, il a quasiment « perdu la tête. » Son attitude et son comportement apparaissent non comme rassurants, mais comme dérangeants… Comme si la foi pouvait mener trop loin.
Questions pour débattre (avec ses voisins, par petits groupes de 3–4, pendant 6 à 8 minutes) :
1) Pensez-vous que la foi peut réellement nous transformer ?
…
2) Est-ce que « vivre sa foi » peut, aux yeux du monde, ressembler à une forme de folie ?…
…
3) Qu’est-ce qui, dans la foi chrétienne, peut paraître aujourd’hui excessif, dérangeant, déraisonnable… ou un peu « fou » ?
…
4) Qu’est-ce qui, en moi, demande à être vécu de façon authentique, même si ça dérange parfois ?
…
Chant
Temps 2 – La foi comme déraison… vue de l’extérieur
Lectures bibliques
Matthieu 10, 34-36
34 « N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais bien le glaive. 35 Oui, je suis venu séparer l'homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : 36 on aura pour ennemis les gens de sa maison.
1 Co 1, 15-28
18 La parole de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui sont en train d'être sauvés, pour nous, elle est puissance de Dieu. 19 Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages et j'anéantirai l'intelligence des intelligents. 20 Où est le sage ? Où est le docteur de la loi ? Où est le raisonneur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas rendue folle la sagesse du monde ? 21 En effet, puisque le monde, par le moyen de la sagesse, n'a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, c'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient. 22 Les Juifs demandent des signes, et les Grecs recherchent la sagesse ; 23 mais nous, nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les païens, 24 mais pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs, il est Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. 25 Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.
_
Ces textes ne font pas l’éloge du conflit, ni d’une foi agressive. Ils disent que la foi n’est pas toujours compatible avec les logiques dominantes : réussite, sécurité, consensus, efficacité.
Plus précisément, la foi nous déplace dans nos représentations… jusqu’à venir contrarier la prétendue sagesse du monde.
Paul distingue deux logiques : la sagesse du monde / et la sagesse paradoxale de Dieu
« La folie de Dieu est plus sage que les hommes » écrit l’apôtre.
Pour lui, la croix devient le symbole d’une autre manière de vivre : vulnérable, exposée, mais habitée… unie au Divin.
Cet extrait de Paul nous offre une lecture symbolique : la croix est perçue comme un contre-modèle existentiel.
Questions pour débattre (avec ses voisins, par petits groupes de 3–4, pendant 6 à 8 minutes) :
5) Avez-vous déjà envisagé la foi comme parole qui fait débat (et non consensus)… qui dérange, qui divise… qui ne met pas tout le monde d’accord ?
…
6) Qu’est-ce qui, dans ma manière de croire ou de vivre ma foi, peut sembler naïf, inutile ou absurde aujourd’hui (pour d’autres) ?
…
7) Est-ce que ma foi cherche surtout à rassurer… ou est-ce qu’elle me déplace, me met en mouvement ?
…
8) Y a-t-il des tensions, des incompréhensions, que ma foi a déjà suscitées autour de moi ?… Éventuellement, avez-vous déjà pris une position tranchée, du fait de votre foi ?
…
Chant
Temps 3 – La foi comme déplacement et risque existentiel
Nous allons écouter maintenant ce fameux épisode de l’évangile de Matthieu… où Jésus semble marcher sur l’eau à la rencontre des disciples… et invite finalement Pierre à venir vers lui.
Je vous invite à l’entendre, aujourd’hui, non pas seulement comme un récit de miracle, mais comme une parabole de l’existence….
Matthieu 14, 22-33
22 Aussitôt Jésus obligea les disciples à remonter dans la barque et à le précéder sur l'autre rive, pendant qu'il renverrait les foules. 23 Et, après avoir renvoyé les foules, il monta dans la montagne pour prier à l'écart. Le soir venu, il était là, seul. 24 La barque se trouvait déjà à plusieurs centaines de mètres de la terre ; elle était battue par les vagues, le vent étant contraire. 25 Vers la fin de la nuit, il vint vers eux en marchant sur la mer. 26 En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent affolés : « C'est un fantôme », disaient-ils, et, de peur, ils poussèrent des cris. 27 Mais aussitôt, Jésus leur parla : « Confiance, c'est moi, n'ayez pas peur ! » 28 S'adressant à lui, Pierre lui dit : « Seigneur, si c'est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » – 29 « Viens », dit-il. Et Pierre, descendu de la barque, marcha sur les eaux et alla vers Jésus. 30 Mais, en voyant le vent, il eut peur et, commençant à couler, il s'écria : « Seigneur, sauve-moi ! » 31 Aussitôt, Jésus, tendant la main, le saisit en lui disant : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » 32 Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. 33 Ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui et lui dirent : « Vraiment, tu es Fils de Dieu ! »
_
A travers ce texte, on peut envisager la foi comme un risque à prendre… en s’ouvrant à la confiance…
- La barque, c’est ce qui rassure / L’eau, c’est ce qui est incertain.
- Ici, croire, c’est oser un déplacement.
- Marcher sur l’eau, c’est quitter ce qui est raisonnable, prévisible, assuré… c’est tenter l’impossible…. avec l’appui du Seigneur.
- Pierre ne coule pas parce qu’il a osé, mais parce que la peur reprend le dessus. Ce n’est pas la chute de Pierre qui est condamnée par Jésus, mais la peur qui l’enferme et lui fait perdre pied.
- Autrement dit… la foi n’empêche pas forcément la peur de se manifester - surtout quand elle n’est pas assurée - mais elle empêche la peur d’avoir le dernier mot.
Questions personnelles (en silence méditatif, pendant 3 à 5 minutes) :
9) À quel moment de ma vie ai-je osé un pas qui n’était pas raisonnable, mais vital ?
…
10) Est-ce que ma foi m’aide à traverser mes peurs, mes doutes, mes angoisses existentielles ?
…
11) Où suis-je aujourd’hui appelé à quitter une forme de sécurité intérieure ?… Quels pas ai-je encore besoin de faire, pour avancer dans la foi ?
…
Chant
Temps 4 – La foi comme une autre sagesse / une sagesse alternative
Nous allons entendre un dernier texte dans l’épitre de Paul aux Romains :
Rm 12, 1-2 (NBS)
1 Je vous encourage donc, mes frères, au nom de toute la magnanimité de Dieu, à offrir votre corps comme un sacrifice vivant, saint et agréé de Dieu ; voilà quel sera pour vous le culte conforme à la Parole. 2 Ne vous conformez pas à ce monde-ci, mais soyez transfigurés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, agréé et parfait.
_
« Ne vous conformez pas ! » dit Paul « Soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence »
L’apôtre ne parle pas d’une foi aveugle, mais d’une foi qui renouvelle l’intelligence. Pour lui, la foi ne supprime pas la raison : elle l’ouvre, elle l’élargit. Elle permet le discernement, là où la conformité enferme et réduit notre jugement.
Ici, la foi est perçue comme une réponse à la bonté et la compassion de Dieu. Elle devient une force capable de susciter un engagement exceptionnel : par le don de soi.
La foi offre une transformation du regard… Elle ouvre une autre intelligence… et donne une autre perception de Dieu et du monde.
Questions personnelles (en silence méditatif, pendant 3 à 5 minutes) :
12) Et si vivre sa foi, c’était pas seulement obéir… mais faire preuve de discernement (en se laissant inspiré par l’Esprit saint) ?… qu’en pensez-vous ?
…
13) À quoi est-ce que je refuse de me conformer ou de me résigner, à cause de l’Évangile ?
…
14) Qu’est-ce qui, aujourd’hui, me met ou me remet debout… et me rend plus vivant ?
…
Conclusion (méditation)
Alors… Chers amis,… peut-être que la foi n’est pas toujours raisonnable… mais que ce n’est pas, non plus, son but…
Peut-être qu’elle nous rend surtout plus vivants, plus libres, plus attentifs à ce qui est essentiel et juste… à ce qui compte vraiment…
Si tel est le cas… cela vaut parfois le risque d’être mal compris… de lutter contre les préjugés ou les idées-reçues…
Dans sa lettre aux Romains, Paul ne nous invite pas à renoncer à la raison, mais il nous invite à la renouveler.
Il écrit : « Ne vous conformez pas à ce monde-ci, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence. »
Pour l’apôtre, la foi n’est pas une fuite hors du réel, mais c’est une manière différente de l’habiter.
Paul ne parle pas d’exploits religieux, ni de performances spirituelles. Il parle du don de soi… à l’image du Christ : « offrir sa vie comme un sacrifice vivant », comme un service, une offrande… non pas pour se perdre, mais pour devenir pleinement vivant… comme une façon de répondre au don de Dieu… à son amour, sa bonté et sa compassion.
L’apôtre appelle ses auditeurs à devenir actifs, à entrer dans une dynamique de transformation… de discernement…
Pour lui, la foi nous permet d’entrer dans une dynamique de « non-conformisme intérieur », pour entrer dans un mouvement de résistance douce… dans une manière d’être, qui consiste à ne pas se laisser façonner par le monde… par ce que pensent les autres, par les peurs ambiantes, par les logiques de rentabilité, ou les normes qui disent qui il faudrait être, pour avoir de la valeur, pour plaire ou être reconnu.
Vivre sa foi peut sembler déraisonnable, parce que cela nous empêche parfois de choisir la facilité, le consensus, ou l’indifférence.
Mais, pour Paul la foi ouvre fondamentalement à une autre sagesse…
- Une sagesse qui ne s’impose pas, mais qui discerne.
- Une sagesse qui n’écrase pas, mais qui s’ajuste.
-
Une sagesse qui se demande toujours ce qui est juste… ce qui rend vivant… ce qui construit la fraternité et le bien commun.
Alors, peut-être que vivre sa foi, ce n’est pas forcément devenir quelqu’un d’extraordinaire,
mais quelqu’un en relation… avec une conscience éveillée… une personne vigilante et attentive…
Attentive à ce qui fait grandir la vie, en soi, et autour de soi.
Et peut-être que la vraie question n’est pas : « Est-ce bien raisonnable… de vivre sa foi ? ».. mais plutôt : « À quoi est-ce que je refuse de me résigner… au nom de cette foi, au nom de l’évangile ? »
Qu’est-ce qui, en moi, demande à être transformé… pour vivre une vie plus juste, plus libre, plus humaine, plus fraternelle ?… une vie bonne… qui prend appui sur celle du Christ. Amen.
ORGUE
Lectures bibliques : Luc 1, 26-38 (L’annonce à Marie) et Mt 1,18-25 (L’annonce à Joseph) = voir lectures bibliques en bas de cette page.
Thématique : Accueillir l’inattendu de Dieu dans nos vies avec confiance, courage, discernement et responsabilité.
Prédication de Pascal LEFEBVRE - Bordeaux, le 14/12/25
Est-ce que notre monde est encore ouvert aux surprises ?
Attend-il encore quelque chose… ou quelqu’un … un signe de Dieu ?….
Plus précisément… comment réagissons-nous, personnellement, quand quelque chose ou quelqu’un vient nous surprendre, nous déranger ou bouleverser notre vie ?
Les textes de ce jour… nous rappellent ce qui s’est joué… il y a 2000 ans… pour Marie et pour Joseph…
Des récits étonnants et fondateurs
Nous entendons aujourd’hui deux récits complémentaires des évangiles : l’annonce à Marie, chez Luc, et l’annonce à Joseph chez Matthieu.
Ces récits ont un point commun : une annonce totalement imprévue… déroutante, déstabilisante.
Ils annoncent que l’enfant qui va naître sera quelqu’un d’exceptionnel… Il sera « saint » - donc, vraiment « à part » - et sera appelé « Fils de Dieu » (cf. Lc 1,35) ou encore « Fils du Très-haut » (cf. Lc 1,33).
Dans l’évangile de Matthieu, ce n’est pas par l’apparition d’un messager ou d’un ange que parvient cette annonce, comme chez Luc… mais c’est par un songe, que cette information est reçue par Joseph.
L’enfant qui va naître devra s’appeler « Jésus » (Yeshua), ce qui signifie « Dieu sauve » (Yahvé sauve)…
Il sera également appelé, comme l’avait annoncé le prophète Esaïe : « Emmanuel », ce qui signifie : « Dieu avec nous ».
Dans l’un et l’autre des passages évangéliques, ces récits ont pour but de présenter l’identité de celui qui sera le héros de l’évangile : Jésus, fils de Dieu.
Ils posent dès le début une question essentielle : qui est Jésus pour nous ?
Mais ils servent également à souligner le rôle de l’Esprit saint, le Souffle de Dieu.
En effet, la naissance annoncée est présentée comme le fruit d’un agir divin.
Selon les auteurs bibliques, ce n’est pas seulement d’une volonté humaine que cet enfant va naître : cette venue est spéciale, parce qu’elle répond également - essentiellement même - à un projet de Dieu, à une volonté divine. Elle marque, de façon centrale, l’irruption de l’Esprit dans l’histoire humaine.
Il est donc important qu’aucun des deux parents - Marie, comme Joseph - ne s’oppose au projet de Dieu… qu’ils n’y fassent pas obstacle… mais, au contraire, acceptent d’y collaborer… de se rendre disponible… et même de se mettre au service de ce projet divin.
L’apparition d’un messager, aussi bien que la venue d’un songe, sont des moyens traditionnels, connus dans le premier testament, par lesquels Dieu fait connaître son dessein… à travers l’annonce d’une naissance… comme le signe d’un tournant décisif, d’un changement profond, d’une alliance nouvelle (cf. Gn 16,11 ; 17,19 ; Es 7,14).
Bien évidement, ces récits, qui traitent de l’origine du Messie, ont également une dimension mythique et symbolique.
Ils visent à mettre en lien la venue de Jésus avec la question de l’altérité, du « Tout Autre ».
Il se joue, dans cette naissance, quelque chose d’exceptionnel… quelque chose qui vient de Dieu… qui dépasse l’être humain, tout en venant l’habiter.
Le thème de la conception de Jésus « par le saint Esprit » (Mt 1,18.20 / Lc 1,35) est déjà - sous une forme narrative - un discours de foi, une affirmation christologique !
C’est une manière d’annoncer que Jésus, sera le porteur de l’Esprit saint, le Christ (oint et choisi par Dieu), le « fils » de Dieu, c’est-à-dire Celui que Dieu envoie, pour manifester sa présence et révéler son salut.
Au XXIe siècle, il faut pourtant avouer que le côté « irrationnel » de cette naissance continue de nous troubler…
Il n’est pas nécessaire, ni indispensable, que Jésus ait été conçu « biologiquement » par l’opération du Saint Esprit, pour qu’il soit le Christ…
D’ailleurs, dans l’évangile de Marc, tout commence au baptême de Jésus : c’est à ce moment-là qu’il devient véritablement le Christ, qu’il est reconnu comme le fils bien-aimé de Dieu.
Autrement dit, ce qui fait le Christ, ce n’est pas la biologie, mais l’Esprit.
D’un point de vue symbolique, il faut voir, dans ces annonces extraordinaires, une révélation essentielle : à savoir que Dieu est à l’initiative… Dieu agit… Il agit dans la vie de Marie et Joseph… comme il s’invite aussi, certainement, dans nos vies.
La question qui se pose à l’être humain est de savoir, finalement, si nous acceptons sa présence… et si nous nous mettons au service de son Esprit saint… comme Marie et Joseph… ou si nous préférons tenter de tout maîtriser… si nous prétendons tout savoir, tout gérer et tout contrôler, par nous-mêmes… selon notre propre volonté et nos seuls désirs (?)
En ce sens, la réponse de Marie est exemplaire : « Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu me l'as dit ! » (cf. Lc 1,38).
Toute la clé de l’évènement est peut-être là : dans la foi que cette jeune femme offre à Dieu… dans une confiance librement consentie.
Dans les faits… rien ne semble distinguer Marie des autres femmes de son âge et de son époque… Elle n’est ni savante, ni influente… Elle n’a pas de compétence particulière (à ce que nous en savons), pas de statut exceptionnel, pas de qualité hors du commun…
Sa force, c’est sa foi, sa pleine confiance en Dieu !
Elle accepte de croire et d’expérimenter en elle-même que véritablement « rien n’est impossible à Dieu » (cf. Lc 1,37).
Cette foi étonnante n’est pas une soumission aveugle, mais un acte de liberté… un consentement lucide à devenir une partenaire, une agente du projet de Dieu.
Et pourtant… ce projet divin avait de quoi la surprendre… puisqu’il s’agit, ni plus ni moins, d’une nouvelle incroyable : à savoir que Dieu, le « Très haut », choisit de se révéler dans le « Très bas »… que l’Esprit saint - puissance de Dieu - va se manifester dans la fragilité d’une histoire humaine, simple, modeste et ordinaire.
Il y a de quoi être bouleversé… avouons-le ! …
D’ailleurs, aussi bien Marie qui reçoit cette révélation et apprend qu’elle portera le Messie de Dieu… que Joseph, qui découvre que sa fiancée est enceinte avant le mariage… avaient de quoi être désemparés.
L’annonce de cette naissance bouleverse complètement leurs plans, leurs rêves et leurs vies. Et, bien sûr, cela nous interroge également… de façon personnelle…
Nous-mêmes… que ferions-nous si notre quotidien était soudainement transformé par Dieu ?… ou par une nouvelle inattendue ou stupéfiante ?
Quatre enseignements
Aujourd’hui, ces textes nous enseignent quatre leçons essentielles, à travers les modèles de foi qu’incarnent Marie et Joseph…
1) Premier enseignement exemplaire : le courage face à l’inconnu
Malgré la nouvelle imprévue qui bouleverse sa vie, malgré la peur… malgré les questions et l’avenir incertain… Marie dit « oui », elle accepte de se mettre au service du Seigneur.
Joseph aussi, malgré le choc initial difficile à encaisser, il obéit et choisit de protéger Marie et l’enfant. Il endosse et assume le rôle de père.
De façon différente… nous pouvons aussi rencontrer des évènements totalement inattendus et imprévus… de grands bouleversements dans notre vie… des bonnes ou des mauvaises nouvelles… changements personnels, professionnels, familiaux, relationnels… comment réagissons-nous ? Sommes-nous prêts - comme Marie et Joseph - à faire le pari de la confiance… à accepter d’accueillir ces annonces avec courage et discernement ?
La foi n’enlève pas les incertitudes, mais elle permet d’avancer malgré tout… de trouver le courage de les surmonter.
2) Le deuxième enseignement, c’est l’entrée dans un dialogue avec le Seigneur
Face à la nouvelle étonnante qui tombe sur elle, Marie questionne : « Comment cela se fera-t-il ? ». La foi n’exclut pas la réflexion ni le questionnement.
On met souvent en avant l’obéissance de Marie ou de Joseph… et c’est vrai !… Mais ce qui est aussi remarquable, c’est le dialogue de Marie avec le messager divin. Elle écoute, elle interroge, elle réfléchit avant de décider.
Nous-mêmes… lorsque nous avons une décision importante à prendre, est-ce que nous demandons conseil à Dieu, par la prière, la réflexion et le dialogue intérieur ? Est-ce que nous lui demandons son Esprit de discernement ?
L’échange entre Marie et le messager divin, montre que Dieu respecte notre liberté et notre capacité à poser des questions. La prière engage la raison, le coeur et la conscience… Le dialogue avec Dieu fait partie de la foi.
3) Le troisième enseignement que nous donnent les figures de Joseph et Marie, c’est l’acceptation de porter et d’assumer des responsabilités
D’une certaine manière, Marie et Joseph acceptent d’endosser ce rôle de parent d’un enfant hors du commun… un « surdoué spirituel »…
Ils reçoivent une mission qui les dépasse : préparer le monde à la venue de Jésus… sans forcement tout comprendre des enjeux de cette révélation… et de ce qu’il va falloir porter ou supporter…
Leur acceptation illustre ce que la foi implique, en matière d’engagement et de responsabilité au quotidien.
A nouveau, cela nous interroge aussi, comme lecteurs de l’Evangile :
Comment acceptons-nous et vivons-nous nos responsabilités de Chrétiens, de disciples du Christ, dans le monde ?
Avons-nous… nous aussi… le sentiment de prendre part au projet de Dieu… à cet appel de Dieu, qui nous invite à participer à son « monde nouveau » : son Royaume… et à rechercher sa Justice, ici-bas ?
Avons-nous conscience de cette invitation qui nous est faite… de participer à un projet communautaire, de défendre la justice, d’élever notre conscience humaine, d’aider ceux qui sont dans le besoin… là où nous sommes… par nos actions, nos paroles, nos gestes… par les décisions que nous portons ?
4) Enfin, quatrième enseignement de ces passages… la foi y est présentée comme un engagement relationnel… comme une relation vivante.
Marie et Joseph ne sont pas seuls… ils répondent ensemble au projet de Dieu… et ils vivent ensemble leur foi dans la relation avec Dieu, avec confiance et obéissance, mais aussi avec liberté et dialogue.
La naissance de Jésus va incarner cette rencontre du divin et de l’humain, dans l’existence… dans le concret de la vie humaine.
C’est aussi une manière de nous rappeler que le « sacré » n’est pas séparé du « quotidien »… que la foi en Dieu n’est pas déconnectée de notre réalité, à la fois, communautaire, mais aussi existentielle et charnelle.
La foi se vit dans nos relations au quotidien : dans la façon dont je traite mes proches, mes collègues, ma famille, mes amis, mes connaissances… dans la manière dont je m’engage, pour le bien commun… dans la façon dont je suis solidaire… dans la manière dont je laisse Dieu agir dans ma vie quotidienne… en lui faisant confiance, pour avancer et transformer positivement le monde…
Conclusion
Ainsi donc, chers amis, ces récits d’Annonciation (je les mets au pluriel, car ils concernent aussi bien Marie que Joseph) nous enseignent : le courage face à l’inconnu, le dialogue et le discernement, l’engagement responsable, et une foi relationnelle, vivante et incarnée.
Ces récits nous rappellent également que … quand Dieu surprend nos vies, il nous donne plus que nous ne pouvons imaginer. Il fait toute chose nouvelle, quand nous nous ouvrons à son Esprit saint.
Comme Marie et Joseph… osons donc accueillir les surprises de Dieu… avec courage et confiance.
Notre quotidien peut devenir le lieu où… discrètement… Dieu nous inspire, nous guide… où il agit - sans bruit - pour transformer notre réalité.
Osons dire « oui » avec discernement, responsabilité et amour.
Que cette période de Noël, qui s’approche, nous rappelle que Dieu continue de naître là où on ne l’attend pas… qu’il nous invite à la confiance, pour accueillir sa lumière dans notre monde.
Que ce temps de l’Avent nous guide dans la joie de cette nouvelle naissance qui nous est offerte !
Amen.
Lectures bibliques
Luc 1, 26-38 - L’annonce à Marie
26Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée du nom de Nazareth, 27à une jeune fille accordée en mariage à un homme nommé Joseph, de la famille de David ; cette jeune fille s'appelait Marie. 28L'ange entra auprès d'elle et lui dit : « Sois joyeuse, toi qui as la faveur de Dieu, le Seigneur est avec toi. » 29A ces mots, elle fut très troublée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. 30L'ange lui dit : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. 31Voici que tu vas être enceinte, tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. 32Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; 33il régnera pour toujours sur la famille de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. » 34Marie dit à l'ange : « Comment cela se fera-t-il puisque je n'ai pas de relations conjugales ? » 35L'ange lui répondit :
« L'Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ;
c'est pourquoi celui qui va naître sera saint et sera appelé Fils de Dieu. 36Et voici que Elisabeth, ta parente, est elle aussi enceinte d'un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile, 37car rien n'est impossible à Dieu. » 38Marie dit alors : « Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu me l'as dit ! » Et l'ange la quitta.
Mt 1,18-25 - L’annonce à Joseph
18Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ. Marie, sa mère, était accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle se trouva enceinte par le fait de l'Esprit Saint. 19Joseph, son époux, qui était un homme juste et ne voulait pas la diffamer publiquement, résolut de la répudier secrètement. 20Il avait formé ce projet, et voici que l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit Saint, 21et elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » 22Tout cela arriva pour que s'accomplisse ce que le Seigneur avait dit par le prophète : 23Voici que la vierge concevra et enfantera un fils auquel on donnera le nom d'Emmanuel, ce qui se traduit : « Dieu avec nous ». 24A son réveil, Joseph fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse, 25mais il ne la connut pas jusqu'à ce qu'elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus.
LES TROIS ARBRES – Conte traditionnel - adapté en Version à 4 voix - pour 4 jeunes
Personnages :
N – Narrateur
A1 – Premier arbre
A2 – Deuxième arbre
A3 – Troisième arbre
PROLOGUE : LES RÊVEURS DE LA MONTAGNE
N :
Il était une fois, tout au fond d’une belle vallée de montagne, trois petits arbres nés le même jour.
Des graines portées par un grand vent chaud venu du Sud, qui s’étaient posées là, côte à côte, comme trois amis destinés à grandir ensemble.
Chaque soir, quand les lumières des villages s’allumaient tout en bas, les trois arbres riaient avec le torrent, écoutaient le rossignol chanter…
Et surtout : ils rêvaient.
LES RÊVES DES TROIS ARBRES
A1 :
Moi, j’ai décidé : plus tard, je deviendrai un coffre à trésor !
Pas un coffre banal, non : un magnifique coffre, recouvert d’or, brillant comme les étoiles que j’admire chaque nuit.
J’abriterai un trésor tellement précieux que tout le monde m’enviera !
A2 :
Eh bien moi, mon rêve est encore plus grand : je veux devenir un voilier de légende !
Un trois-mâts immense, avec des voiles qui claquent dans le vent !
Je voguerai sur l’océan, guidé par un roi ou un capitaine courageux.
Je vaincrai les tempêtes, j’irai plus vite que les dauphins…
Mon destin, c’est le large !
A3 :
Moi… je n’ai pas envie de partir.
Je veux simplement devenir un grand et bel arbre, ici, dans ma montagne.
Que mes branches montent si haut que les gens, en levant la tête, se mettent à penser à Dieu.
L’hiver, je serai givré d’argent ; au printemps, couvert de feuilles douces… qui deviendront rousses à l’automne.
Je veux être un arbre à part… un arbre qui montre le ciel.
LES SAISONS PASSENT
N :
Les mois s’écoulèrent comme l’eau du torrent.
Le vent du Nord chassait celui du Sud ; le printemps apportait les primevères ; l’été les cerises ; l’automne ses feuilles dorées… puis la neige revenait.
Les trois arbres grandissaient, se fortifiaient, fiers de leurs rêves.
Tout était calme… jusqu’au matin où, dans le brouillard, on entendit des sabots d’ânes et des voix d’hommes.
Les bûcherons arrivaient.
LES CHOIX DES BÛCHERONS
N :
Les oiseaux se turent… et les trois arbres se mirent à trembler.
Pour le premier arbre
A1 :
Oh ! Le bûcheron me regarde…
Il me trouve parfait !
Ça y est ! C’est le moment !
Je vais continuer à vivre autrement… je vais devenir un coffre à trésor ! Un vrai ! Un splendide !
Pour le deuxième arbre
A2 :
Moi aussi ! Le bûcheron sourit en me voyant !
Je suis sûr qu’il imagine déjà un voilier magnifique !
À moi l’océan, la vitesse, les aventures !
Pour le troisième arbre
A3 :
Oh là là … Le bûcheron a seulement dit : « Ça ira !… ça fera l’affaire ! ».
Quelle tristesse !
Me voilà coupé comme si je n’étais qu’un simple morceau de bois.
Je n’aurai jamais le temps de devenir grand…
Personne ne lèvera plus les yeux vers moi…
Mon rêve s’envole….
N :
Les trois arbres, emportés par les ânes, quittèrent leur montagne, chacun imaginant encore ce qu’il deviendrait.
LES DÉSILLUSIONS
Le premier arbre : la surprise de l’atelier
N :
Le premier arbre arriva chez un menuisier, prêt à devenir un coffre précieux.
A1 :
La bonne odeur du bois, la scie, les outils… J’étais sûr que mon rêve allait se réaliser !
Mais… pourquoi me fait-on si petit ? Pourquoi me remplit-on de paille ?
Quoi… Une mangeoire ?
Moi ?… Une simple mangeoire pour des animaux ?
Ce n’était pas du tout ce que j’imaginais…
Le deuxième arbre : la déception du port
N :
Le deuxième arbre arriva finalement près de l’océan.
A2 :
J’entendais les mouettes ! Je respirais l’air marin !
Enfin ! Le grand chantier naval !
Mais… non… aucun capitaine n’avait commandé un voilier.
Voilà qu’on me transforme en petit bateau de pêche…
Un bateau qui tourne en rond près du rivage, rempli d’odeur de poisson ?
Moi qui voulais parcourir le monde !
C’est injuste !
Le troisième arbre : l’ombre et l’oubli
N :
Le troisième arbre, lui, fut scié en poutres et laissé dans un coin sombre.
A3 :
Je ne comprends pas… mon rêve était si clair !… si simple !
J’aimais la montagne, le vent, les oiseaux… et maintenant je suis oublié, empilé, poussiéreux.
Je rêvais que les gens relèvent la tête en me regardant… Je rêvais de conduire les gens vers Dieu…
Et voilà que je ne suis plus qu’un vulgaire bout de bois sans vie.
Pourquoi ?
LES ANNÉES COULENT
N :
Les années passèrent.
Les trois arbres avaient perdu leurs rêves, noyés dans l’ennui, la routine, la poussière.
Ils n’attendaient plus rien.
Mais Dieu, Lui, n’avait rien oublié.
PREMIÈRE RÉALISATION DU RÊVE : LA MANGEOIRE
N :
Un soir d’hiver, une étoile nouvelle brilla sur la mangeoire.
A1 :
Deux voyageurs sont entrés dans l’étable… Je les ai reconnus : c’était un charpentier et sa femme, Marie.
Elle a donné naissance à un bébé… et ils l’ont couché dans mes copeaux et ma paille.
Un enfant si beau, si fragile, si précieux.
Je sens mon cœur de bois frémir…
Je porte enfin un trésor !… une merveille !
Le plus grand trésor du monde !
DEUXIÈME RÉALISATION DU RÊVE : LA TEMPÊTE APAISÉE
N :
Des années plus tard, la petite barque de pêche transporta un voyageur et ses amis…. Mais le vent se mit à souffler…
A2 :
La tempête est terrible ! Je n’en peux plus !
C’est alors qu’un des voyageurs se lève… il commande au vent de se calmer… et tout obéit !
Je n’arrive pas à le croire… Quelle autorité !
Qui est-il donc ?
C’est Lui… c’est sûr … J’ai enfin porté un roi !…
Un roi plus grand que tous les rois !
J’ai traversé une tempête… avec le Seigneur lui-même !
TROISIÈME RÉALISATION DU RÊVE : LA CROIX
N :
Un jour, des soldats vinrent chercher les poutres oubliées.
A3 :
On me jette dans la rue… on me mène jusqu’à une colline…
Et on fixe un homme innocent sur moi.
Le pauvre !…
Je tremble de toutes mes fibres…
C’est trop horrible…
N :
Mais trois jours plus tard, la lumière éclata :
l’homme cloué sur la croix se releva de la mort.
Il sortit du tombeau, vivant d’une vie nouvelle.
A3 :
Alors j’ai compris :
Désormais, chaque fois que quelqu’un regardera une croix… comme la mienne…
il se souviendra de Dieu.
Mon rêve s’est accompli, mais d’une façon que je n’aurais jamais imaginée.
C’est incroyable !
LEÇON FINALE
N :
Lorsque rien ne se passe comme prévu…
A1 :
Rappelez-vous que Dieu a un plan pour vous.
A2 :
Un plan qui peut être surprenant…
A3 :
Mais qui est toujours meilleur que nos propres idées.
N :
Les trois arbres ont reçu exactement ce qu’ils désiraient :
un trésor, un roi, et la mission de conduire les gens vers Dieu.
Mais pas du tout de la manière qu’ils avaient imaginée.
A1 :
Quand nous mettons notre confiance en Dieu,
Il nous offre des dons ; il nous conduit sur des chemins nouveaux,
et parfois il nous fait des surprises extraordinaires.
A2 :
Vous ne savez pas encore ce qu’Il vous réserve,
mais comptez sur Lui !
A3 :
Ses méthodes ne sont peut-être pas les nôtres…
mais elles sont toujours meilleures.
Il suffit de croire en Lui !
N : Vous ne savez pas encore ce que Dieu vous réserve…
Mais vous pouvez être sûrs d’une chose :
Ses rêves pour vous sont plus grands que les vôtres !
Conte de Noël - La Grève des Anges - pour enfants (école du dimanche)
« La grève des anges » : https://pointkt.org/contes-et-narrations/la-greve-des-anges/
La grève des anges », conte pour Noël de Daniel Priss, selon une suggestion de Jean-Marc Heintz - modifié et arrangé par Pascal Lefebvre
__________
Personnages : le narrateur / 3 anges / l’ange Gabriel / Marie / 1 voix off (Dieu)
__________
ACTE 1
Narrateur :
La décision était prise : aucun ange ne circulera le 24 décembre.
Ne me demandez pas pourquoi cette date et pas une autre, c’est le pur hasard.
Les anges restèrent à quai ce jour-là. Rien ne transita entre le ciel et la terre. Car les anges décidèrent de faire grève.
C’est la grève ! La grève des anges.
Faire l’aller-retour entre ciel et terre sur une échelle. C’était trop difficile et trop risqué !
Ce n’était plus des conditions de travail acceptables ! Parfois avec des températures effroyables, brûlantes ou au contraire glaciales.
Non, non, jouer au messager, au service de Dieu, ce n’était plus possible. Et le salaire… n’en parlons pas, il se limite à quelques Alléluia !
Oui, les anges avaient décidé de faire grève. Nous ne verrons plus d’anges dans nos campagnes !
(3 anges entrent en scène)
ANGE 1
C’est vrai ! On n’arrête pas de répondre à tous les commandements divins… mais quand est-ce que ça va s’arrêter ?
Les êtres humains n’entendent rien ! Ils ne voient rien !
Quand prendront-ils conscience qu’ils peuvent agir autrement… en se mettant à l’écoute de Dieu ?
ANGE 2
Va, place-toi devant la porte du jardin d’Eden.
Va parler à Sarah, même si elle te rigole au nez.
ANGE 3
Va parler à Abraham, et hop - pour le sacrifice - apporte-lui un bélier.
Va et descends de ton échelle pour te battre et donner une bonne leçon à Jacob.
ANGE 2
Va jouer au pyromane, allume un feu pour Moïse.
Va causer à l’ânesse de Balaam.
ANGE 3
Va préparer un repas à Elie.
Va calmer les lions dans la fosse de Daniel.
ANGE 1
Va, va, va… fais ceci… fais cela !… Il y a quand même des limites… On est pas des esclaves !
ANGE 2
Non ce n’est plus possible !… J’ai une idée : « Faisons simplement la grève ! »
ANGE 3
Oui… la grève !… Bonne idée !!
Il faut que les choses changent !… Tout ce qu’on fait ne sert à rien… ça ne change pas la situation sur terre !
ANGE 1
Au moins, Dieu sera obligé de réagir… Il arrêtera peut-être de croire en l’humanité… ou alors, il trouvera une autre solution (?)
(Les anges attrapent des pancartes… ils les agitent… mimant une manifestation…)
Narrateur :
Et voici les anges se promenant avec des pancartes, scandant des slogans… certains voulant même se syndiquer.
___
ACTE 2
Narrateur :
De son côté, Dieu restait silencieux.
Puis, il murmura dans sa barbe :
Voix off (Dieu) :
« Si les anges font la grève… Qui s’occupera de l’humanité ?
Je ne peux quand même pas l’abandonner… Je ne peux pas les abandonner… »
Narrateur :
Mais le vacarme céleste était devenu assourdissant. Et chacun venait avec une nouvelle revendication.
Dieu était tiraillé entre l’inquiétude et le vacarme qui l’entourait.
Voix off (Dieu) :
« Je vous comprends, mais comprenez-moi aussi. Nous ne pouvons pas abandonner la Création. »
Narrateur :
Mais, personne ne l’écoutait.
Il rentra en lui-même avec son St Esprit… et prit alors une décision.
Voix off (Dieu) :
Soit, les anges font grève… Tant pis pour eux… ils finiront bien par revenir à moi !
En attendant, je vais faire autrement…
Je vais envoyer mon Saint Esprit dans l’histoire humaine…
A travers un homme - qu’ils appelleront mon Fils - j’irai à la rencontre de l’humanité.
Il incarnera ma Parole et ma Volonté… Ils le recevront comme mon envoyé !
Ainsi, à travers Lui, c’est moi qui irai marcher sur leurs routes.
J’irai croiser leurs regards, je ressentirai leurs joies et leurs difficultés.
Je me confronterai au soleil qui brûle la peau, à la chaleur qui sèche la gorge, aux cailloux qui heurtent les pieds… Mais aussi à la tendresse, à l’amitié et au partage.
Je vais être l’un d’entre eux, je vais connaître l’enfantement…
___
ACTE 3
Narrateur :
Gabriel, un des jeunes anges qui était resté à l’écart de la manifestation, accepta de le précéder.
Il alla aussitôt à la rencontre d’une jeune femme appelée Marie, qui avait été pressentie pour devenir l’intermédiaire de cette mission divine.
(Gabriel s’adresse à Marie)
Gabriel :
« Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas être enceinte, tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut.
Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la famille de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. » […]
« L'Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c'est pourquoi celui qui va naître sera Saint et sera appelé Fils de Dieu. » (cf. Lc 1,30-35)
Marie :
« Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu me l'as dit ! » (Lc 1,38)
(Fin de la scène avec Gabriel et Marie)
____
ACTE 4
Narrateur :
De leur côté, les anges continuaient à manifester et à revendiquer.
Ils étaient tellement pris dans leur élan qu’ils ne s’étaient pas aperçu du départ de Dieu… Quand soudain l’un d’entre eux dit :
ANGE 1
Mais où est passé Dieu ?
Narrateur :
En effet, la place qu’il occupait était vide. Le siège sur lequel il était assis, était vide…
Où est Dieu ?
La manifestation s’arrêta nette.
Les pancartes furent abandonnées, et chacun se mit à la recherche de Dieu.
(Les anges font mines de chercher…)
ANGE 2
Où est Dieu ?
ANGE 3
Oui… où est-il ?
Narrateur :
Ils se mirent à allumer des lanternes en plein jour pour chercher Dieu.
(Les anges aliment des lampes de poche… et font mines de chercher…)
ANGE 1
L’a-t-on perdu ?
Il n’a quand même pas disparu, par l’opération du saint Esprit !
ANGE 2
S’est-il égaré ?
Ou bien se cache-t-il quelque part ?
ANGE 3
A-t-il peur de nous ?
Où s’est-il embarqué ?… A-t-il émigré ?
Narrateur :
L’angoisse était de plus en plus palpable : Dieu avait disparu !
ANGE 1 (avec une voix tremblotante)
Dieu est mort, nous l’avons tué – vous et moi !
Nous tous… nous sommes ses meurtriers !
ANGE 2
Mais qu’est-ce que tu racontes ?
Comment aurions-nous fait cela ?
ANGE 3
On a juste manifesté… on n’a rien fait !
Il est bien quelque part !
Narrateur :
Chacun se tut, il n’était plus question de grève, il n’était plus question de revendication, il n’était plus question de rien… Dieu n’était plus là…
Ils se regardèrent hébétés, désespérés…
Dieu, serait-il mort ? L’aurions-nous tué ?
Le silence se faisait de plus en plus lourd et angoissant.
Certains se mirent à regretter le temps où il fallait voyager entre ciel et terre.
Plus personne n’était là pour demander des services aux anges…
ANGE 1
Qui va aller à la rencontre de l’humanité, maintenant ?
ANGE 2
Qu’allons-nous faire sans Dieu ? …
ANGE 3
Qu’allons-nous devenir ? …
Narrateur :
Quand soudain, à l’extrémité, de l’échelle qui touchait le ciel, apparut le jeune ange Gabriel.
(Gabriel entre sur scène… et rejoint les 3 anges)
ANGE 1
Nous avons perdu Dieu, il n’est plus là…
Gabriel (souriant) :
Mes amis, vous étiez tellement absorbés par votre manifestation, vos doléances, vos revendications… Vous avez oublié de regarder autour de vous.
Dieu est allé à la rencontre de l’humanité. Il s’en est allé pour annoncer la paix aux hommes de bonne volonté.
Il n’est pas mort… au contraire, il vient de naître dans la simplicité, il vient de revêtir un habit de fragilité.
Dieu a placé la puissance de son Esprit dans un humain : Il s’est fait homme !
« Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est Vivant ? » (Cf. Lc 24,5)
Prenez vos lampes et suivez-moi.
(Les anges sortent - avec leurs lampes de poche)
Narrateur :
C’est ainsi que la multitude d’anges descendit du ciel.
Ils croisèrent des bergers non loin de Bethléem. Et crièrent à qui voulait l’entendre…
« Paix aux Hommes de bonne volonté ».
Ils chantaient les louanges de Dieu…
(Retour des anges)
TOUS LES ANGES (ensemble)
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux
et paix sur la terre, pour ses bien-aimés ! » (cf. Lc 2,14)
Prédication de Pascal LEFEBVRE - Dimanche 7 décembre 25 - Bordeaux (temple du Hâ) = voir prédication plus bas - après les lectures bibliques
Thématique : « Mourir pour naître : De l’ancienne identité à l’homme nouveau en Christ »
Introduction avant les lectures bibliques
Dans la Bible, vous le savez… un certain nombre de personnages changent de nom sous l’influence de l’Esprit saint, du Souffle divin, comme le signe d’une nouvelle identité, d’une mission confiée, d’une nouvelle destinée :
Abram devient Abraham ; Jacob devient Israël ; Simon de vient Pierre ; Saul de Tarses devient Paul, etc.
Le baptême, lui-même, est envisagé par Paul, comme une mort et une résurrection identitaire : il s’agit désormais d’être en Christ. C’est la mort de l’ego ancien, qui permet la naissance d’un Soi transfiguré.
Ce matin, nous allons écouter des textes qui font référence à cette renaissance identitaire… qui passe souvent par une mort symbolique (faite de combats, de chutes, d’une période de chaos ou d’aveuglement, …) avant de permettre la naissance d’un être nouveau.
Lectures lors du culte du 07/12/25
Volonté de Dieu
Ephésiens 4, 17.22-24.32
17 Voici donc ce que je dis et atteste dans le Seigneur : ne vivez plus comme vivent les païens que leur intelligence conduit au néant. […] 22 il vous faut, renonçant à votre existence passée, vous dépouiller du vieil homme qui se corrompt sous l'effet des convoitises trompeuses ; 23 il vous faut être renouvelés par la transformation spirituelle de votre intelligence 24 et revêtir l'homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et la sainteté qui viennent de la vérité. […] 32 Soyez bons les uns pour les autres, ayez du cœur ; pardonnez-vous mutuellement, comme Dieu vous a pardonné en Christ.
Ephésiens 5, 8-10
8 Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Vivez en enfants de lumière. 9 Et le fruit de la lumière s'appelle : bonté, justice, vérité. 10 Discernez ce qui plaît au Seigneur.
Lectures bibliques
1 Jean 1, 3-7
Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons, à vous aussi,
afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous.
Et notre communion est communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ.
4 Et nous vous écrivons cela pour que notre joie soit complète.
5 Et voici le message que nous avons entendu de lui et que nous vous dévoilons :
Dieu est lumière, et de ténèbres, il n'y a pas trace en lui.
6 Si nous disons : « Nous sommes en communion avec lui »,
tout en marchant dans les ténèbres, nous mentons et nous ne faisons pas la vérité.
7 Mais si nous marchons dans la lumière comme lui-même est dans la lumière,
nous sommes en communion les uns avec les autres […]
Jean 8, 12-16
12J ésus, à nouveau, leur adressa la parole : « Je suis la lumière du monde. Celui qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres ; il aura la lumière qui conduit à la vie. » 13 Les Pharisiens lui dirent alors : « Tu te rends témoignage à toi-même ! Ton témoignage n'est pas recevable ! » 14 Jésus leur répondit : « Il est vrai que je me rends témoignage à moi-même, et pourtant mon témoignage est recevable, parce que je sais d'où je viens et où je vais ; tandis que vous, vous ne savez ni d'où je viens ni où je vais. 15 Vous jugez de façon purement humaine. Moi, je ne juge personne ; 16 et s'il m'arrive de juger, mon jugement est conforme à la vérité parce que je ne suis pas seul : il y a aussi celui qui m'a envoyé.
Matthieu 5, 1.14-16
1 A la vue des foules, Jésus monta dans la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent de lui. 2Et, prenant la parole, il les enseignait : […]
14 « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une hauteur ne peut être cachée. 15 Quand on allume une lampe, ce n'est pas pour la mettre sous le boisseau, mais sur son support, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
16 De même, que votre lumière brille aux yeux des hommes, pour qu'en voyant vos bonnes actions ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux.
Actes 22, 6-11 (paroles de Paul)
6« Je poursuivais donc ma route et j'approchais de Damas quand soudain, vers midi, une grande lumière venue du ciel m'enveloppe de son éclat. 7 Je tombe à terre et j'entends une voix me dire : “Saoul, Saoul, pourquoi me persécuter ?” 8 Je réponds : “Qui es-tu, Seigneur ?” La voix reprend : “Je suis Jésus le Nazôréen, c'est moi que tu persécutes.” 9 Mes compagnons avaient bien vu la lumière mais ils n'avaient pas entendu la voix qui me parlait. 10 Je demande : “Que dois-je faire, Seigneur ?” Et le Seigneur me répond : “Relève-toi, va à Damas, et là on t'indiquera dans le détail la tâche qui t'est assignée.” 11 Mais, comme l'éclat de cette lumière m'avait ôté la vue, c'est conduit par la main de mes compagnons que j'arrive à Damas.
Philippiens 3, 4-11
4 Pourtant, j'ai des raisons d'avoir aussi confiance en moi-même. […] 5 Circoncis le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d'Hébreux ; pour la loi, Pharisien ; 6 pour le zèle, persécuteur de l'Eglise ; pour la justice qu'on trouve dans la loi, devenu irréprochable.
7 Or toutes ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai considérées comme une perte à cause du Christ. 8 Mais oui, je considère que tout est perte en regard de ce bien suprême qu'est la connaissance de Jésus Christ mon Seigneur. A cause de lui j'ai tout perdu, et je considère tout cela comme ordures afin de gagner Christ 9 et d'être trouvé en lui, n'ayant pas ma justification à partir de la loi, mais à partir de la foi au Christ, la justice qui vient de Dieu et s'appuie sur la foi. 10 Il s'agit de le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion à ses souffrances, de devenir semblable à lui dans sa mort, 11afin de parvenir, s'il est possible, à la résurrection d'entre les morts.
Galates 2, 20
20 Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est Christ qui vit en moi. Car ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et s'est livré pour moi.
2 Corinthiens 5, 16-18
16 Désormais, ne connaissons-nous plus personne à la manière humaine. Si nous avons connu le Christ à la manière humaine, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi. 17 Aussi, si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Le monde ancien est passé, voici qu'une réalité nouvelle est là. 18 Tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation.
Prédication
1. Introduction : On ne change pas seulement de comportement, on change d’être
1.1 Les identités visibles et les identités souterraines
Notre identité est-elle figée… ou toujours en devenir ?
Lorsque nous présentons aux autres, nous mettons en avant certains aspects de notre identité.
Par exemple : Je suis Monsieur ou Madame Intel, je suis habitant de telle ville, je suis pasteur, enseignant, boulanger, ingénieur, avocat, retraité, étudiant, etc. Je suis célibataire, père ou mère de famille, etc…
Et puis il y a des aspects plus intimes de notre personnalité, que nous n’allons pas forcément dire aux autres : je suis petit ou grand, je suis gros ou maigre, je suis courageux ou plutôt oisif, je suis timide ou audacieux, je suis persévérant ou impatient, je suis sobre ou alcoolique, etc…
Ce sont des identités souterraines, parfois inconscientes, mais profondément inscrites en nous.
Tout ce qui prend la forme du « je suis »… « je suis quelqu’un comme ceci ou comme cela »… devient une sorte de marqueur identitaire qui nous façonne, qui se grave en nous et qui nourrit l’image que nous avons de nous-mêmes… comme si certains traits devenait définitifs, difficiles à faire bouger.
1.2 Quand l’identité devient une prison invisible
« J’agis comme ça parce que je suis quelqu’un comme ça ! »
À travers ce type de phrases, nous inscrivons en nous-mêmes des barrières intérieures, des limites invisibles…. Nous nous confortons dans une image de nous-mêmes, connue et sécurisante … et nous nous auto-programmons pour agir, générer ou accepter des situations, qui correspondent à la structure identitaire que nous sommes forgée.
Le problème surgit lorsque nous désirons changer quelque chose dans notre vie.
Nous utilisons alors notre volonté ou nous essayons de faire preuve de discipline, pour adopter un nouveau comportement… une nouvelle habitude.
Cela va peut-être fonctionner un certain temps… Mais bien souvent, nous retombons dans nos anciens travers ou schémas de pensée… nos anciens réflexes, nos anciennes manières d’être.
Pourquoi ? Parce que nous avons essayé de corriger quelque chose qui relève du « faire », sans modifier auparavant ce qui relève de « l’être », du « devenir »… sans oser toucher aux représentations profondes que nous avons de nous-mêmes… à ces images de nous-mêmes, que nous avons enregistrées dans notre conscience ou figées dans notre inconscient… ou que de d’autres nous ont transmises ou inculquées, par notre éducation, parfois par les blessures ou les traumatismes que nous avons pu subir.
Et cela devient encore plus grave quand l’image de soi est dévalorisée…parce que d’autres nous ont fait comprendre qu’on était « incapable », « insuffisant » ou « raté »… ou qu’on « ne méritait tout simplement pas d’être aimé ».
1.3 Pourquoi la volonté ne suffit pas
La solution pour changer durablement quelque chose dans notre vie n’est donc pas seulement de modifier nos comportements, mais de transformer une part de notre identité.
Je lisais cette semaine un article qui parlait notamment des addictions. L’auteur expliquait que si les personnes sabotent souvent leurs propres progrès - elles tentent d’arrêter un fonctionnement problématique, mais le reprennent par la suite - ce n’est pas parce qu’elles manquent de volonté, mais parce que leur cerveau préfère ce qui est familier, à ce qui est inconnu, même lorsque le familier est douloureux.
Le cerveau cherche avant tout la sécurité et la prévisibilité, pas le bonheur. Il est câblé pour la survie. C’est pourquoi on peut rester longtemps dans des situations toxiques… parce qu’elle sont connues et donc rassurantes.
Selon cet auteur, le véritable obstacle au changement est l’identité.
On ne peut pas maintenir durablement un comportement qui contredit l’image que l’on a de soi.
Les phrases du genre : « je suis alcoolique », « je suis timide », « je suis comme ceci ou comme cela » agissent comme des programmes internes qui déterminent nos choix et nos limites.
La volonté seule échoue parce qu’elle lutte contre une identité inconsciente souvent dominante.
En fait, il y a bien des aspect en nous… parfois des schémas auto-destructeurs, comme l’addiction, des obsessions, des mauvaises habitudes ou des vieux réflexes… que ne relèvent pas seulement d’un problème de comportement, mais d’un trouble de l’identité.
1.4 La transformation passe par une mort intérieure
Pour changer les choses en profondeur… il faut donc revoir notre manière de penser… et d’être.
Nous devons prendre conscience que changer une habitude : c’est souvent très compliqué… parce que c’est quelque chose qui vient entrer en tension et menacer toute une structure identitaire…
Cela provoque : doute, anxiété, vide intérieur … et parfois rechute.
Le cerveau interprète ça comme un danger vital.
Le mécanisme du sabotage apparaît précisément au moment où une personne essaie de changer les choses et progresse dans la voie d’une transformation. C’est alors qu’apparait un écart entre l’ancienne identité et la nouvelle identité. Cet écart génère une angoisse, qui pousse inconsciemment à revenir en arrière, au risque de tout perdre.
L’article en déduit que le vrai changement passe par une re-construction de l’identité.
Celle-ci nécessite un saut en avant… un pas vers l’inconnu… un geste de confiance :
- Oser choisir une nouvelle identité, avant même d’en avoir les preuves.
- Accepter d’incarner cette nouvelle identité… avant d’en voir les résultats.
- Accepter l’inconfort passager, et traverser une résistance intérieure normale.
Un ancien buveur, par exemple, ne peut plus continuer de se présenter en disant : « Je suis un alcoolique qui ne boit pas en ce moment », mais en disant : « Je suis sobre. »
« Se transformer » implique un travail de deuil… une « mort psychologique » de l’ancienne identité.
Tant que l’on refuse de laisser mourir l’ancien « soi », aucune transformation durable n’est possible.
Toute transformation authentique passe par une mort et une renaissance identitaire. C’est seulement l’adoption d’une nouvelle identité, qui permet l’adoption de nouveaux comportements durables.
La question n’est donc pas d’abord de savoir ce que nous voulons « faire », mais « qui » nous choisissons d’être et de devenir.
Je vous témoigne de cet article, parce que je l’ai trouvé tout a fait en lien avec ce que dit le Nouveau Testament.
Beaucoup de croyants pensent que la vie chrétienne consiste à faire mieux, à corriger certains comportements, à faire un peu plus d’efforts, à être un peu plus moral, plus juste ou plus généreux.
C’est comme ça que nous pourrions interpréter, un peu rapidement, les paroles de Paul, qui appelle ses auditeurs à « renoncer à leur existence passée »… à se « dépouiller du vieil homme » (Ep 4,22).
Mais, en réalité, l’apôtre va beaucoup plus loin : il parle d’un changement radical de l’être, d’une mort de l’ancien moi et de la naissance d’un être nouveau, en Christ.
Il est question de « revêtir l'homme nouveau » (Ep 4,24). Il affirme ailleurs : « Si quelqu’un est en Christ, il est une création nouvelle. L’ancien est passé, voici que le nouveau est là. » (2 Co 5,17)
La foi chrétienne ne propose pas simplement un changement extérieur. Il est question ici d’une métamorphose intérieure… une transformation profonde de notre manière d’être au monde, à Dieu, aux autres et à nous-mêmes….
C’est une véritable reconfiguration de l’image de soi… qui intègre que nous sommes aimés de Dieu… précieux à ses yeux….et porteurs d’une vocation singulière.
2. Des ténèbres à la lumière : un basculement d’existence
Alors, d’où vient la possibilité d’une telle métamorphose ?… si ce n’est de Dieu, lui-même !
Si « Dieu est lumière » comme l’affirme la 1ère épître de Jean (1 Jn 1,5)… marcher avec Dieu, c’est entrer dans cette lumière. Ce n’est pas seulement un chemin moral ou comportemental : c’est un changement profond de qui nous sommes, un passage de l’ombre à la lumière, une transformation identitaire.
Lorsque Jésus se présente lui-même, il dit :
« Je suis la lumière du monde.
Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres,
mais il aura la lumière de la vie. » (Jean 8,12)
Jésus n’est pas seulement un modèle ou un guide, il incarne et manifeste « la lumière » elle-même. Et cette lumière a le pouvoir de transformer notre identité.
Comme il est lumière, nous sommes appelés à devenir lumière, non pour briller par nous-mêmes, mais pour refléter la lumière de Dieu autour de nous.
C’est ce que nous avons entendu, dans l’évangile de Matthieu :
« Vous êtes la lumière du monde…
Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. » (Mt 5,14)
Et Paul dira :
« Autrefois, vous étiez ténèbres ;
maintenant, vous êtes lumière dans le Seigneur.
Vivez en enfants de lumière. » (Ep 5,8)
Remarquez bien que Paul ne dit pas seulement : « vous étiez dans les ténèbres ». Il dit : « vous étiez ténèbres »
Et il ne dit pas seulement : « maintenant vous êtes dans la lumière » Il dit : « maintenant vous êtes lumière »
Ce n’est pas seulement un changement de cadre, c’est un changement d’identité.
« Devenir lumière » implique pourtant un processus :
- laisser mourir l’ancien moi,
- accueillir le Christ vivant en nous,
- marcher dans la vérité et la lumière de Dieu.
Si c’est un processus de transformation… il a forcément des résistances et des bouleversements…
3. Paul : le témoignage bouleversant d’un effondrement identitaire
Le Nouveau testament nous en livre un bel exemple, à travers Paul lui-même.
Dans le livre des Actes, au chapitre 22, l’apôtre raconte sa propre conversion :
« Une grande lumière venue du ciel m'enveloppa de son éclat
. Je tombai par terre… Et après cela, je ne voyais plus… »
Paul était au sommet de sa puissance : c’était un homme respecté, sûr de lui, convaincu d’avoir raison. Il était fort de sa religion et de sa justice personnelle.
Et en un instant il est jeté à terre, à la fois, illuminé et aveuglé.
Il se retrouve complètement désorienté et dépendant des autres.
Ce n’est pas simplement un changement superficiel, c’est une expérience spirituelle, l’effondrement d’un « moi », la chute d’une identité construite sur la performance, la certitude et la domination.
Cette rupture identitaire traduit son ancien aveuglement psychologique.
Et, de façon paradoxale, elle passe par une période d’aveuglement somatique, physique. Cet aveuglement se manifeste, afin qu’il puisse devenir « voyant » intérieurement, afin qu’il puisse accueillir la lumière du Christ.
Ce témoignage bouleversant nous rappelle qu’avant de voir la lumière et de laisser place à une nouvelle identité, il faut parfois passer par la nuit.
Avant de naître à la nouveauté, il faut parfois accepter un effondrement…
4. Philippiens 3 : mourir à ses anciens titres
Dans l’épitre aux Philippiens, Paul témoigne de ce cheminement… et reconnaît ce qui s’est joué en lui dans cette mort identitaire :
« Tout ce qui était pour moi un gain, je l’ai considéré comme une perte à cause du Christ. » (Ph 3,7) dit-il.
Il avait de quoi se glorifier : son origine ; sa religion ; son zèle ; sa réputation.
Mais il écrit : « Je considère [désormais] tout cela comme ordures, afin de gagner Christ. » (Ph 3,8)
C’est une rupture existentielle complète. Il ne s’agit pas seulement, pour lui de croire ou de penser, autrement. Il s’agit de ne plus se définir du tout de la même manière.
Pour l’apôtre, cette reconfiguration aboutit à un changement de système de valeurs… d’où l’idée de « perte » et de « gain »… accepter de perdre ce qui, autrefois, semblait solide et précieux… et qui constituait, en fait, un obstacle au changement… pour gagner une nouvelle identité et une nouvelle façon de voir, en Christ.
5. « Ce n’est plus moi qui vis » : le cœur du mystère / s’ouvrir à la foi… à la vie du Christ en soi
Dans l’épitre aux Galates, Paul ose affirmer :
« J’ai été crucifié avec le Christ ; ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. » (Ga 2,20)
C’est sans doute l’un des versets les plus radicaux du Nouveau Testament.
Ici encore, il ne dit pas : « J’essaie de mieux vivre », « Je progresse » ou « Je m’améliore moralement ». Il souligne clairement que son ancien « moi » est définitivement mort et qu’une autre vie se déploie en lui.
C’est à cela qu’il identifie la nouvelle identité en Christ :
- ne plus se laisser définir pas son passé ou son éducation,
- ni par ses blessures ou ses échecs,
- ni même par ses réussites ou ses succès,
Mais par la vie du Christ qui nous habite… qui nous appelle à la nouveauté… et nous offre la possibilité d’incarner un nouveau « Soi » libéré et lumineux.
En cens, on peut dire que l’identité chrétienne est « ontologique » : elle touche l’être, et pas seulement les comportements.
L’éthique est donc seconde… elle est l’effet de la naissance d’un nouveau « soi » inscrit dans la confiance… marqué par la Grâce.
6. 2 Corinthiens 5 : nous ne regardons plus personne de la même manière
Précisément… cette nouvelle identité débouche sur une nouvelle façon de voir le monde… C’est ce que Paul précise dans la 2eme lettre aux Corinthiens :
« Désormais, nous ne connaissons personne à la manière humaine (selon la chair). Si quelqu’un est en Christ, il est une création nouvelle. » (2 Co 5,16-17)
Quand l’identité change :
- le regard change,
- la relation aux autres change,
- la relation à soi-même se transforme également.
Tu es libéré de ce que les autres ont projeté sur toi… ont voulu de toi… ou de ce que toi-même, tu as cru de toi.
Tu n’es plus seulement : ce que tu as fait ; ce qu’on t’a fait ; ce qu’on dit de toi.
Tu deviens un être recréé.
Et Paul ajoute : « Tout cela vient de Dieu qui nous a réconciliés avec lui par le Christ. » (2 Co 5,18)
Ce n’est pas une auto-transformation. Ce n’est pas un exploit de la volonté. C’est une œuvre de Dieu… qui accomplit en nous un travail de réconciliation avec notre âme… lorsque nous accueillons en nous sa lumière.
7. Éphésiens 4 : se dépouiller et se revêtir
Mais on le voit, à travers l’exemple de Paul, cette réconciliation implique tout un processus de dépouillement…
L'apôtre utilise cette image très concrète : « Dépouillez-vous du vieil homme… et revêtez l’homme nouveau. » (Ep 4,22-24)
Dans la Bible, le vêtement est souvent un symbole d’identité…
Le vieil homme : c’est l’identité façonnée par l’égo, par la peur, par la défense, par les blessures, ou par la domination ou la fuite.
L’homme nouveau : c’est l’identité transformée, libérée du passé… façonnée par l’Esprit, par la confiance, par l’amour et la lumière.
« Revêtir l’homme nouveau », c’est donc se laisser habiter par la lumière de Dieu, et laisser cette lumière transformer notre identité.
Mais, bien sûr, cette transformation de l’être, passe souvent par des étapes difficiles, plus ou moins douloureuses… On ne quitte pas facilement l’ancien soi. D’autant qu’il nous a permis de survivre.
Il y a forcément des phénomènes de résistances et un combat intérieur : l’ancien moi lutte pour survivre… tandis que la promesse de la nouvelle identité ne porte pas encore de fruits… tant qu’elle n’a pas été vraiment expérimentée…
Dans la crise majeure qu’il a dû traverser, marquée par un effondrement… par l’incertitude et le doute… il a sûrement fallu à Paul une immense dose de courage et de foi… pour accepter de lâcher ce qui fut sa vie et son être… en perdant ses repères, ses représentations et toutes ses relations… avant de revêtir cette nouvelle identité, cet « homme nouveau »… et de parvenir à re-configurer son image de soi.
Quoi qu’il en soit, il y avait une certitude pour l'apôtre : personne ne peut expérimenter un nouveau Soi… s’il n’a pas d’abord abandonné l’ancien soi.
8. Notre vie actuelle : lâcher l’ancienne image de soi… et expérimenter la nouvelle identité, reçue dans la foi
Aujourd’hui, nous comprenons mieux ce combat grâce à la psychologie contemporaine : comme je le disais en introduction, il y a bien des gens qui essaient de modifier leur comportement de façon durable, mais qui échouent à maintes reprises, parce qu’ils conservent inconsciemment l’image ancienne, parfois négative, qu’ils ont d’eux-mêmes… ou que d’autres ont plaquée sur eux.
Tant que le pas vers un territoire inconnu n’est pas accepté… l’égo et le cerveau préfèreront toujours revenir en arrière et s’en tenir à l’univers connu d’une identité acquise… quand bien même elle serait douloureuse…
Pour accepter la mort du « vieil homme »… et entrer dans le devenir de « l’homme nouveau »… Paul comme Jésus, proposent une solution : expérimenter une nouvelle identité, comme si c’était déjà la nôtre !
C’est une question de confiance : Il faut oser croire, expérimenter et vivre de ce que Paul et Jésus nous disent...
Ils ne nous proposent pas « d’essayer » de faire quelque chose… ou de « faire des efforts »… Mais ils affirment que nous pouvons incarner une nouvelle façon d’être.
Paul dit à ses interlocuteurs : « vous êtes lumière dans le Seigneur. Vivez en enfants de lumière » (Ep 5,8)
Jésus dit à ses disciples : « Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5,14).
Oser dire « je suis lumière » avant de le ressentir… c’est déjà accepter de laisser mourir ce qui est ancien… et c’est laisser la vie de Dieu façonner notre identité.
Ils invitent ainsi les croyants, à ne plus se préoccuper du passé, à incarner directement cette nouvelle réalité, comme si c’était la leur… et de voir ensuite le résultat.
Cela implique une bonne dose de foi :
- Accepter d’abord que Dieu - qui est Amour - ne reste pas figé sur notre passé… alors pourquoi devrions-nous nous-mêmes nous y accrocher… pourquoi ne pas prendre le risque de s’en dépouiller… ça ne va pour nous tuer !… même si ça peut être douloureux…
- Et prendre conscience - dans le même élan - que Dieu - qui est Lumière - nous attend pour vivre et manifester cette vie nouvelle et lumineuse…
9. Conclusion : Dieu nous attend dans notre devenir
9.1 L’Avent : Dieu nous attend autant que nous l’attendons
Un dernier mot… pour conclure…
Le temps de l’Avent, ce n’est pas seulement pour nous les humains… ce n’est pas seulement nous qui attendons Dieu… c’est également l’Avent pour Dieu… mystérieusement… c’est Dieu qui nous attend !
Il attend que nous osions expérimenter pleinement cette identité d’enfants de Dieu qu’il nous a offert le jour de notre naissance (et rappelé à notre baptême) : « vous êtes lumière dans le Seigneur » nous dit-il (à travers Paul) « Vivez en enfants de lumière ! »… Vous pouvez incarner cette nouvelle identité… comme Jésus l’a vécue !
9.2 Les résistances ne sont pas des échecs, mais des passages
Alors… chers amis… peut-être que certains d’entre vous… ressentent encore :
- des résistances dans leur vie,
- de l’angoisse devant un changement,
- une lutte intérieure.
Et si ce malaise n’était pas un échec… mais le signe que quelque chose d’ancien est en train de mourir ?
Et si cette angoisse était le passage étroit vers une liberté nouvelle ?
9.3 Choisir la vie nouvelle
Le Christ nous révèle cette soif de vie nouvelle qui est en chacun de nous. Par sa confiance, il nous en ouvre l’accès.
Que le Seigneur éclaire notre route… qu’il nous donne la foi pour traverser ce passage… et le courage d’habiter pleinement cette identité nouvelle.
Amen.